HOL
Cette lettre écrite , Hocque s'endormit. — Mais à son réveil , les fumées du vin étant dissipées, et réfléchissant sur ce qu'il avait fait, il poussa des cris et des hurlements épouvantables , se plaignant que Béatrix l'avait trompé, et qu'il serait cause de sa mort. Il se jeta en même temps sur lui, et voulut l'étrangler ; ce qui excita les autres forçats contre Béatrix, en sorte qu'il fallut que le commandant de la Tournelle vint avec ses gardes pour apaiser ce désordre, et tirer Béatrix de leurs mains. — Cependant la lettre fut envoyée au seigneur, qui la fit remettre à son adresse. Bras-de-Fer vint à Pacy, entra dans les écuries; et, après avoir fait des figures et des imprécations , il trouva effectivement le soi t qui avait été jeté sur les chevaux et les vaches; il le leva, et le jeta au feu , en présence du fermier et de ses domestiques. Mais à l'instant il parut chagrin, témoigna du regret de ce qu'il venait de faire, et dit que le diable lui avait révélé que c'était Hocque, son ami . qui avait posé le sort en cet endroit, et qu'il était mort à six lieues de Pacy au moment que ce sort venait d'être levé. — En effet, par les observations qui furent faites au château de la Tournelle , il y a preuve qu'au même jour et à la même heure que Brasde-Fer avait commencé à lever le sort, Hocque, qui était un homme des plus forts et des plus robustes, était mort en un instant dans des convulsions étranges, et se tourmentant comme un possédé, sans vouloir entendre parler de Dieu ni de confession. — Bras-de-Fer avait été pressé de lever aussi le sort jeté sur les moutons; mais il dit qu'il n'en ferait rien, parce qu'il venait d'apprendre que ce sort avait été posé par les enfants de Hocque, et qu'il ne voulait pas les faire mourir comme leur père. Sur ce refus, le fermier eut recours aux juges du lieu. Bras-de-Fer, les doux fils et la fille de Hocque furent, arrêtés avec deux autres bergers , leurs complices, nommés Jardin et le Petit-Pierre; leur procès instruit, Bras-de-Fer, Jardin et le Petit-Pierre furent condamnés à être pendus et brûlés, et les trois enfants de Hocque bannis pour neuf ans J.
Hoffmann, — célèbre auteur allemand de contes fantastiques, où le surnaturel occupe, d'une manière très-originale^ la plus grande place.
Holda. — La holda était, chez les anciens Gaulois , une espèce de sabbat nocturne où des sorciers faisaient leurs orgies avec des démons transformés en danseuses. Voy. Be.n-
1 Le commissaire Delamarre, Traité de la police.