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de l'Apocalypse , dont il trouva toutes les prédictions en train de s'accomplir. Il mourut en 1658. — Ses visions sont très-bizarres. Il vit un jour sept animaux : un crapaud qui chantait comme un perroquet. ; un chameau qui portait des reliques ; un être qui tenait du cheval hennissant et du chien aboyant ; un grand serpent plein de fiel qui avalait des âmes ; un pourceau énorme qui se vautrait dans la fange et qui allait de travers; un sanglier qui exécrait, et enfin une septième bôte, morte et sans nom. Barthélémy vit ensuite une monarchie, deux sièges, et un archange qui se promenait entre plusieurs fauteuils ; il vit un roi à cheval sur le Danube, puis plusieurs petits vers qui allaient en manger un grand, lorsqu'un chat vint qui chassa tous les petits vers et délivra le grand l.
Hommes. — Il paraît qu'il n'y a que l'homme à qui la nature ait donné une figure droite et la faculté de contempler les cieux. Seul parmi les animaux il a l'épine du dos et l'os de la cuisse en ligne droite. C'est un fait, dit Aristole, que si l'homme est'le seul à qui il arrive des illusions nocturnes , c'est parce qu'il n'y a proprement que lui qui se couche sur le dos , c'est-à-dire de manière que l'épine et la cuisse fassent une ligne droite, et que l'une et l'autre avec les bras soient parallèles cà l'horizon. Or les animaux ne peuvent pas se coucher ainsi; quoique leur épine soit parallèle à l'horizon, leurs épaules sont détournées, et forment deux angles. — Lisez Xénophon, Hérodote, Plutarqueetautres historiens , vous verrez qu'il existe des contrées fabuleuses où les hommes ont une tète de dogue ou de bichon, des pays où ils n'ont qu'un œil, d'autres où ils n'ont qu'un pied sur lequel ils sautent, de sorte que, quand ils veulent courir, ils sont obligés de se mettre deux et de se tenir par le bras ; d'autres enfin où ils n'ont point de tète2, etc.
Homme noir. — L'homme noir qui promet aux pauvres de les faire riches s'ils se veulent donner à lui , n'est autre que le diable. — On lit ce qui suit dans la Légende dorée : — Un chevalier qui jouissait d'une grande fortune et qui la dépensait en libéralités, devint bientôt si pauvre qu'il manquait du nécessaire. Comme il n'avait pas le courage de recourir à ses amis, et que ses amis ne paraissaient pas
1 Biographia venerabilis servi Dei Bartholomœi Holzhauser, etc., Bambergœ, 1784,in-8°. Accédant ejusdem in Apocalypsim commentarii plane admirabiles. — Visiones venerabilis servi Dei B;irtholomœi Holzhauser, etc., digna aevi nostri memoria ad ejus Biographiam appendix, Bambergrc, 1793, in-8°.
2 M.Salgues, Des Erreurs et des préjugés, t. Ier, p. 10.
disposés à se souvenir de lui, il tomba dans Notre-Dame une grande tristesse, qui redoubla encore à l'approche de son jour natal , où il avait coutume de faire le magnifique. Occupé de ses chagrins, il s'égara dans une solitude, où il vit paraître devant lui un homme vêtu de noir, d'une taille haute , monté sur un cheval superbe. Ce cavalier, qu'il ne connaissait pas, lui demanda la cause de sa douleur. Après qu'il l'eut apprise , il ajouta : « Si vous voulez me rendre hommage, je vous donnerai plus de richesse que vous n'en avez perdu. »
— Cette proposition n'avait rien d'extraordinaire dans un temps où la féodalité était en usage. Le chevalier promit à l'étranger de faire ce qu'il exigerait , s'il pouvait lui rendre sa fortune. «Eh bien! reprit le diable (car c'était lui) , retournez à votre maison, vous trouverez dans tel endroit de grandes sommes d'or et une quantité de pierres précieuses. Quant à l'hommage que j'attends de vous , c'est que vous ameniez votre femme ici dans un an. » — Le chevalier s'engagea, regagna sa maison, trouva les trésors indiqués, et reprit son habitude de largesses qui lui ramena ses bons amis. — A la fin de l'année , il songea à tenir sa promesse. Il appela sa femme. « Vous allez monter à cheval et venir avec moi, lui dit-il, car nous avons un petit voyage à faire. C'était une dame pieuse, qui avait grande dévotion à la Sainte-Vierge. Elle fit sa prière , et suivit son mari sans demander où il la conduisait. — Après avoir marché plus d'une heure, les deux époux rencontrèrent une église. La dame voulant y entrer, descendit de cheval ; son mari l'attendit à la porte. A peine fut-elle entrée dans l'église qu'elle s'endormit en commençant à prier; la Sainte-Vierge ayant pris sa figure, rejoignit le chevalier et partit avec lui au rendez-vous.
— Lorsqu'ils arrivèrent au lieu désigné, le prince des démons y parut avec fracas. Mais dès qu'il aperçut la dame que le chevalier lui amenait, il commença à trembler de tous ses membres, et ne trouva plus de force pour s'avancer au-devant d'elle. « Homme perfide, s'écria-t-il , est-ce ainsi que tu devais reconnaître mes bienfaits? Je t'avais prié de m'amener ta femme, et tu viens ici avec la mère de Dieu, qui va me renvoyer aux enfers!.... »
— Le chevalier, stupéfait, ne savait quelle contenance garder ; la Sainte-Vierge dit au diable : « Méchant esprit, oserais-tu bien faire du mal à une femme que je protège 9 Rentre dans l'abîme, et souviens-toi de no jamais chercher à nuire à ceux qui mettent en moi leur confiance... « Le diable se retira.