AN A
d'arquebuse, mais queleursballesne l'atteignirent point. On le déshabilla pour s'assurer s'il n'avait pas sur la peau une armure qui arrêtât le coup, on trouva une amulette portant la figpre d'un agneau; on la lui ôta, et le premier coup de fusil l'étendit roide mort. — On voit, dans la" vieille chronique de dom Ursino, que quand sa mère l'envoya, tout petit enfant qu'il était, à Saint-Jacques de Compostelle, elle lui mit au cou une amulette que son époux avait arrachée à un chevalier maure. La vertu de cette amulette était d'adoucir la fureur des bêtes cruelles. En traversant une forêt, une ourse enleva le petit prince des mains de sa nourrice et l'emporta dans sa caverne; mais, loin de lui faire aucun mal, elle l'éleva avec tendresse; il devint par la suile très-fameux sous le nom de dom Ursino, et fut reconnu par son père, à qui la légende dit qu'il succéda sur le trône de Navarre. — Les nègres croient beaucoup à la puissance des amulettes. Les Bas-Bretons leur attribuent le pouvoir de repousser le démon. Dans le Finistère, quand on porte un enfant au baptême, on lui met au cou un morceau de pain noir, pour éloigner les sorts et les maléfices que les vieilles sorcières pourraient jeter sur lui. Voy. Alès.
Amy, — grand président aux enfers, et l'un des princes de la monarchie infernale. Il parait là-bas environné de flammes , mais ici sous des traits humains. Il enseigne les secrets de l'astrologie et des arts libéraux; il donne de bons domestiques; il découvre, à ses amis, les trésors gardés par les démons; il est préfet de trente-six légions. Des anges déchus et des puissances sont sous ses ordres. 11 espère qu'après deux cent mille ans il retournera dans le ciel pour y occuper le septième Irène ; ce qui n'est pas croyable, dit Wierus l.
Amyraut (Moïse), théologien protestant, né dans l'Anjou, en 1596, mort en 1664. On lui doit un Traite des songes , aujourd'hui peu recherché.
Anagramme. — Il V Cllt des gens, surtout
dans les quinzième et seizième siècles, qui prétendaient trouver des sens cachés dans les mots qu'ils décomposaient, et une divination dans les anagrammes. On cite comme une des plus heureuses celle que l'on lit sur le meurtrier de Henri III, Frère dit Jacques Clément, où l'on trouve : C'est Venfar qui ma créé. — Deux religieux en dispute, le père Proust et le père d'Orléans, faisaient des anagrammes; le prre PfOUSt trouva dans le nom de son con-
' Jn Paeudomon. daernonum.
i — AN A
frère : l'Anne d'or, et le père d'Orléans découvrit dans celui du père Proust : Pur sot. — Un nommé André Pujon, de la haute Auvergne, passant par Lyon pour se rendre à Paris, rêva la nuit que l'anagramme de son nom était pendu à Riom. En effet, on ajoute que le lendemain il s'éleva une querelle entre lui et un homme de son auberge, qu'il tua son adversaire, et fut pendu huit jours après sur la place publique de Riom. — C'est un vieux conte renouvelé. On voit dans Delancre 1 que le pendu s'appelait Jean de Pruom, dont l'anagramme est la même. — J.-B. Rousseau, qui ne voulait pas reconnaître son père parce que ce n'était qu'un humble cordonnier, avait pris le nom de Verniettes, dont l'anagramme fut faite; on y trouva Tu te renies. On fît de Pierre de Ronsard, rose de Pindare. On donna le nom de cabale à la ligue des favoris de Charles II d'Angleterre, qui étaient Clitford, Ashley, Buckingham, Arlington, Lauderdale, parce que les initiales des noms de ces cinq ministres formaient le mot cabal. On voulut présenter comme une prophétie cet anagramme de Louis quatorzième, roi de France et de Navarre : « Va, Dieu confondra l'armée
qui osera te résister » — Les juifs caba-
listes ont fait des anagrammes la troisième partie de leur cabale : leur but est de trouver, dans la transposition des lettres ou des mots, des sens cachés ou mystérieux. Voy.
OiXOMAXCIE.
Anamelech, — démon obscur , porteur de mauvaises nouvelles. Il était adoré à Sepharvaïm, ville des Assyriens. Il s'est montré sous la figure d'une caille. Son nom signifie, à ce qu'on dit, bon roi; et des doctes assurent que ce démon est la lune, comme Adrameiech est le soleil.
Anancitide, — V01J. AglAOPIIOTIS.
Anania OU Anagni (Je.VND'), — jurisconsulte du quinzième siècle, à qui on doit quatre livres De la Nature des démons-, et un traité De la Magie et des maléf/ces3. Ces ouvrages sont peu connus. Anania mourut en Italie en 1 458.
Ananisapta. — Les cabalistes disent que ce mot écrit sur un parchemin vierge est un talisman très- efficace contre les maladies. Les lettres qui le composent sont, a leur avis, les initiales de tous les mots qui forment cette prière : Antidotum Nazareni Auferat Necem Intox icat ionis , Sanctificet Alimenta Pocula- <jae Trinitas Aima.
1 L Incrédulité et mécréance, etc., trailé 5.
'-' De Naturâ dapmpnum, lib. iv,in-12: Neapoli, K>0J.
! De Magià et maleliciis, in- 4°; Lugduni, 1669.