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avec une armée contre Amalaric. La justice des hommes fut prévenue par la justice éternelle : tandis que le bourreau de Clotilde s'avançait au-devant des Francs, il tomba percé d'un trait lancé par une main invisible. Des légendaires ont écrit que cette mort était l'ouvrage du diable; mais le trait ne venait pas d'en bas K
Amalaric ( Madelkine ) , — sorcière qui allait au sabbat et qui , accusée de onze homicides, fut mise à mort à soixante-quinze ans dans la baronnie de La Trimouille, à la fin du seizième siècle2.
Amaranthe, — fleur que l'on admet parmi les symboles de l'immortalité. Les magiciens attribuent aux couronnes faites d'amaranlhe de grandes propriétés et surtout la vertu de concilier les faveurs et la gloire à ceux qui les portent.
Amasis. — Hérodote raconte qu'Amasis, roi d'Égypte, eut l'aiguillette nouée, et qu'il fallut employer les plus solennelles imprécations de la magie pour rompre le charme. Voy. Ligatures.
Amazones, — nation de femmes guerrières, dont Strabon regarde à tort l'existence comme une fable. François de Torre-Blanca dit 3 qu'elles étaient sorcières ; ce qui est plus hasardé : elles se brûlaient le sein droit pour mieux tirer de l'arc; et le père Menestrier croit que la Diane d'Éphèse n'était ornée de tant de mamelles qu'à cause que les amazones lui consacraient celles qu'elles se retranchaient. On dit que cette république sans hommes habitait la Cappadoce et les bords du Thermodon. Les modernes ont cru retrouver des républiques d'Amazones en voyant des femmes armées sur les bords du Maragnon, qu'on a nommé pour cela le fleuve des Amazones. Des missionnaires en placent une nation dans les Philippines, et Thévenot une autre dans la Mingrelie. Mais, dit- on, une république de femmes ne subsisterait pas six mois , et ces états merveilleux ne sont que fictions inventées pour récréer l'imagination. Cependant voy. Thémiscyre.
Ambrusius ou Ambroise, roi d'Angleterre.
— Voy. Merlin.
Amduscias , — grand-duc aux enfers. 11 a la forme d'une licorne; mais lorsqu'il est évoqué il se montre sous une figure hu-
T Lambërtirii de Cruz-Houen, Thcatrum regium hispanicum, ad ann. 510.
> Rikius. Disc, sommaire des sortilèges, vénéfices, idolâtries, tiré des procès criminels jugés au siège royal de Montmorillon , en Poitou , la présente année 1599, p. 29.
} Jîpit. Delict, sive de magiâ, Mb. i, cap. 8,
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maine. Il donne dos concerls si on les lui commande; on entend alors, sans rien voir, le son des trompettes et des antres instruments de musique. Les arbres s'inclinent à sa voix; il commande vingt-neuf légions.
Ame. — Tous les peuples ont reconnu l'immortalité de l'âme; les hordes les plus barbares ne l'ont jamais été assez pour se rabaisser jusqu'à la brute. La brute n'est attachée qu'à la terre : l'homme seul élève ses regards vers un plus noble séjour. L'insecte esta sa placcdans la nature; l'homme n'est pas à la sienne. Chez certains peuples, on attachait les criminels à des cadavres pour rendre leur mort plus affreuse : tel est ici bas le sort de l'homme. Cette âme qui n'aspire qu'à s'élever, qui est étrangère aux accidents du corps, que les vicissitudes du temps ne peuvent altérer, ne s'anéantira pas avec la matière. — La conscience, les remords, ce désir de pénétrer dans un avenir inconnu, ce respect que nous portons aux tombeaux, cet effroi de l'autre monde, cette croyance aux âmes, qui ne se distingue que dans l'homme , tout nous instruit, quand même la révélation ne serait pas là pour repousser nos doutes. Les matérialistes qui voulant tout juger par lesyeuxdu corps, nient l'existence de l'âme, parce qu'ils ne la voient point, ne voient pas non plus lesommeil, ils ne voient pas les vents ; ils ne comprennent pas la lumière, ni cent mille autres faits que pourtant ils ne peuvent nier. — On a cherché de tout temps à définir ce que c'est que l'âme* ce rayon de la Divinité : selon les uns, c'est la conscience, c'est l'esprit; selon d'autres, c'est cet espoir d'une autre vie qui palpite dans le cœur de tous les hommes; c'est, dit Léon l'Hébreu , le cerveau avec ses deux puissances, le sentiment et le mouvement volontaire. C'est une flamme, a dit un autre. Dicéarque affirme que l'âme est une harmonie et une concordance des quatre éléments. — Quelques-uns sont allés loin, et ont voulu connaître la figure de l'âme. Un savant a même prétendu, d'après les dires d'un revenant, qu'elle ressemblait à un vase sphérique de verre poli, qui a des yeux de tous les côtés. — Lame, a-t-on dit encore, est comme une vapeur légère et transparente, qui conserve la figure humaine. Un docteur lalmudique, vivant dans un ermitage avec son fils et quelques amis, vit un jour l'âme d'un de sis compagnons qui se détaehail tellement de son corps qu'elle lui faisait déjà ombre à la tôle. Il comprit que son ami allait, mourir, cl (il tant par ses prières qu'il obtint que celle pauvre âme rentrât dans le corps qu'elle abandonnait. « .le crois de celte bourde ce
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qu'il faut en croire, dit Leloyer *, comme de toutes les autres bourdes et baveries des rabbins. )> — Les juifs croient, au rapport du Hollandais Hoornbeeck, que les âmes ont toutes été créées ensemble, et par paires d'une âme d'homme et d'une âme de femme; de sorte que les mariages sont heureux et accompagnés de douceur et de paix lorsqu'on se marie avec l'âme à laquelle on a été accouplé dès le commencement ; mais ils sont malheureux dans le cas contraire. On a à lutter contre ce malheur , ajoute-t-il , jusqu'à ce qu'on puisse être uni, par un second mariage, à l'âme dont on a été fait le pair dans la création ; et cette rencontre est rare. — Philon, juif, qui a écrit aussi sur l'âme, pense que, comme il y a de bons et de mauvais anges, il y a aussi de bonnes et de mauvaises âmes, et que les âmes qui descendent dans les corps y apportent leurs bonnes ou mauvaises qualités. Toutes les balivernes des hérétiques et des philosophes et toutes les doctrines qui n'ont pas leur base dans les enseignements de l'église, brillent par de semblables absurdités. — Les musulmans sont persuadés que les âmes demeurent jusqu'au jour du jugement, dans le tombeau, auprès du corps qu'elles ont animé. Les païens croyaient que les âmes séparées de leurs corps grossiers et terrestres conservaient après la mort un corps plus subtil et plus délié , de la figure de celui qu'elles quittaient, mais plus grand et plus majestueux ; çjue ces corps étaient lumineux et de la nature des astres ; que les âmes gardaient de l'inclination pour les choses qu'elles avaient aimées pendant leur vie, et que souvent elles se montraient autour de leurs tombeaux. Quand l'âme de Patrocle se leva devant Achille, elle avait sa voix, sa taille, ses yeux, ses habits, du moins en apparence, mais non pas son corps palpable. — Origène pense que ces idées ont une source respectable, et que les âmes doivent avoir en effet un corps subtil; il se fonde sur ce qui est dit dans l'Évangile du Lazare et du mauvais riche, qui ont tous deux des corps puisqu'ils se parlent et se voient, et que le mauvais riche demande une goutte d'eau pour rafraîchir sa langue. Saint ïrénée, qui est de l'avis d'Origène, conclut du même exemple que les âmes se souviennent après la mort de ce qu'elles ont fait en celte vie. — Dans la harangue que fit Titus à ses soldats pour les engager à monter à l'assaut de la tour Anlonia, au siège de Jérusalem, on remarque une opinion qui est à peu près celle des anciens Scandinaves. « Vous savez, leur
1 l.Hoyer, Dis.c. et hist. (ios spectros, liv. v, < li. 1".
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dit-il, que les âmes de ceux qui meurent à la guerre s'élèvent jusqu'aux astres, et sont reçues dans les régions supérieures, d'où elles apparaissent comme de bons génies; tandis que ceux qui meurent dans leur lit, quoique ayant vécu dans la justice, sont plongés sous terre dans l'oubli et les ténèbres1. » — Il y a, parmi les Siamois, une secte qui croit que les âmes vont et viennent où elles veulent après la mort; que celles des hommes qui ont bien vécu acquièrent une nouvelle force, une vigueur extraordinaire, et qu'elles poursuivent, attaquent et maltraitent celles des méchants partout où elles les rencontrent. — Platon dit, dans le neuvième livre de ses Lois, que les âmes de ceux qui ont péri de mort violente poursuivent avec fureur, dans l'autre monde, les âmes de leurs meurtriers. Cette croyance s'est reproduite souvent et n'est pas éteinte parlout. — Les anciens pensaient que toutes les âmes pouvaient revenir après la mort, excepté les âmes des noyés. Servius en dit la raison : c'est que l'âme, dans leur opinion, n'était autre chose qu'un feu , qui s'éteignait dans l'eau, comme si le matériel pouvait détruire le spirituel. — On sait que la mort est la séparation de l'âme d'avec le corps. C'est une opinion de tous les temps et de tous les peuples que les âmes en quittant ce monde passent dans un autre meilleur ou plus mauvais, selon leurs œuvres. Les anciens donnaient au batelier Caron la charge de conduire les âmes au séjour des ombres ; on trouve une tradition analogue à cette croyance chez les vieux Bretons : ces peuples plaçaient le séjour des âmes dans une île qui doit se trouver entre l'Angleterre et l'Islande. Les bateliers et pêcheurs, ditTzetzès, ne payaient aucun tribut, parce qu'ils étaient chargés de la corvée de passer les âmes ; et voici comment cela se faisait : — Vers minuit ils entendaient frapper à leur porte, ils suivaient sans voir personne jusqu'au rivage; là ils trouvaient des navires qui leur semblaient vides, mais qui étaient chargés d'âmes ; ils les conduisaient à l'île des ombres , où ils ne voyaient rien ; mais ils entendaient les âmes anciennes qui venaient recevoir et complimenter les âmes nouvellement débarquées; elles se nommaient par leurs noms, reconnaissaient teurs parents, etc. Les pécheurs, d'abord étonnés, s'accoutumaient à ces merveilles et reprenaient leur chemin. — Ces transports d'âmes, qui pouvaient bien cacher une sorte de contrebande, n'ont plus lieu depuis que le christianisme est venu apporter
1 Joseplic, DcBello jud., lib. vi, cap. 1, cité dans Calmet, première partie, ch. 16.
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la vraie lumière. — On a vu parfois, s'il faut recevoir tous les récits des chroniqueurs, des âmes errer par Troupes. Dans le onzième siècle, on vit passer près de la ville de Narni une multitude infinie de gens vêtus de blanc, et qui s'avançaient du côté de l'Orient; cette troupe défila depuis le matin jusqu'à trois heures après midi ; mais sur le soir elle diminua considérablement. Tous les bourgeois montèrent sur les murailles, craignant que ce ne fussent des troupes ennemies ; ils les virent passer avec une extrême surprise. Un citadin, plus résolu que les autres , sortit de la ville remarquant dans la foule mystérieuse un homme de sa connaissance, il l'appela par son nom, et lui demanda ce que voulait dire cette multitude de pèlerins ; l'homme blanc lui répondit : « Nous sommes des âmes qui, n'ayant point expié tous nos péchés et n'étant pas encore assez pures, allons ainsi dans les lieux saints, en esprit de pénitence : nous venons de visiter le tombeau de saint Martin, et nous allons à Notre-Dame de Farfe. » Le bourgeoisde Narni fut tellement effrayé de cette vision qu'il demeura malade pendant un an. Toute la ville de Narni, disent de sérieuses relations, fut témoin de cette procession merveilleuse, qui se fit en plein jour. — N'oublions pas, à propos du sujet qui nous occupe, une croyance tres-répandue en Allemagne : c'est qu'on peut vendre son âme au diable. Dans tous les pactes faits avec l'esprit de ténèbres, celui qui s'engage vend son âme. Les Allemands ajoutent même qu'après cet horrible marché le vendeur n'a plus d'ombre. On conte, à ce propos, l'histoire d'un étudiant qui fit pacte avec le diable pour devenir l'époux d'une jeune dame dont il ne pouvait obtenir la main. Il réussit avec l'aide du diable. Mais au moment de la célébration du mariage, un rayon de soleil frappa les deux époux qu'on allait unir ; on s'aperçut avec effroi que le jeune homme n'avait pas d'ombre : on reconnut qu'il avait vendu son âme, et tout fut rompu. — Généralement les insensés qui vendent leur âme font leurs conditions un certain nombre d'années après le pacte. Mais si on vend sans fixer de terme, le diable, qui est pressé de jouir, n'est pas toujours délicat ; et voici un trait qui mérite attention : — Trois ivrognes s'entretenaient, en buvant , de l'immortalité de l'âme et des peines de l'enfer. L'un deux commença de s'en moquer, et dit là-dessus des stupidités dignes de la circonstance. C'était dans un cabaret de village. Cependant survient un
1 DeCu'râ pio mortuis, cité parCalmet, première partie, ch. 14.
A MX — homme de haute stature, vêtu gravement, qui s'assied près des buveurs, et leur demande de quoi ils riaient. Le plaisant villageois le met au fait, ajoutant qu'il fait si peu de cas de son àme qu'il est prêt à la vendre au plus offrant et à bon marché, et qu'ils en boiront l'argent. « Et combien me la veuxtu vendre"? » dit le nouveau venu. Sans marchander, ils conviennent du prix; l'acheteur en compte l'argent, et ils le boivent. C'était joie jusque-là ; mais, la nuit venant, l'acheteur dit : Il est temps, je pense, que chacun se retire chez soi ; celui qui a acheté un cheval n'a-t-il pas le droit de l'emmener. Vous permettrez donc que je prenne ce qui est à moi. Or, ce disant, il empoigne son vendeur tout tremblant, et l'emmène où il n'avait pas cru aller si vite; de telle sorte que jamais plus le pays n'en ouït nouvelles. Voy. Mort.
Ame des bêtes. — Dans un petit ouvrage très-spirituel sur l'âme des bêle.-, un père jésuite a ingénieusement développé cette singulière idée de quelques philosophes anciens, que les bêtes étaient animées par une partie des démons moins coupables, qui faisaient ainsi leur expiation. Voy. Albigeois.
Améthyste, — pierre précieuse, d'un violet foncé, autrefois la neuvième en ordre sur le pectoral du grand-prêtre des juifs. Une vieille opinion populaire lui attribue la vertu de garantir de l'ivresse.
Amiante, — espèce de pierre incombustible, que Pline et les démonographes disent excellente contre les charmes de la magie
Amîlcar , — général carthaginois. Assiégeant Syracuse, il crut entendre, pendant son sommeil, une voix qui l'assurait qu'il souperait le lendemain dans la ville. En conséquence, il fit donner l'assaut de bon matin, espérant enlever Syracuse et y souper, comme le lui promettait son rêve. Il fut pris par les assiégés et y soupa en effet, non pas en vainqueur, ainsi qu'il s'y était attendu, mais en captif, ce qui n'empêcha pas le songe d'avoir prédit juste2. Hérodote conte qu'Amilcar, vaincu par Gélon, disparut vers la fin de la bataille, et qu'on ne le retrouva plus; si bien que les Carthaginois le mirent au rang de leurs Dieux et lui offrirent des sacrifices.
Ammon, — VOy. JuPITER-AsiMON.
Amniomanc'e, — divination sur la coiffe ou membrane qui enveloppe quelquefois la télé dés enfants naissants, ainsi nommée de céltocôijfoj que les médecins appelaient en grec
1 Del a ne n\ De l'Inconstance, etc., liv. iv, dise. 3. ' Vai. rc Maxime.
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amnios. Les sages-femmes présidaient le sort futur du nouveau-né par l'inspection de cette coiffe; elle annonçait d'heureuses destinées si elle était rouge, et des malheurs si elle présentait une couleur plombée. Voy. Coiffe.
Amon ou Aamon , — grand et puissant marquis de l'empire infernal. Il a la figure d'un loup avec une queue de serpent; il vomit de la flamme; lorsqu'il prend la forme humaine, sa tète ressemble à celle d'un hibou qui laisse voir des dents canines trèseffilées. C'est le plus solide des princes des démons : il sait le passé et l'avenir, et réconcilie, quand il le veut, les amis brouillés. Il commande à quarante légions l.
Amour. — Parmi les croyances superstitieuses qui se rattachent innocemment à l'amour, nous citerons celle-ci, qu'un homme est généralement aimé quand ses cheveux frisent naturellement. A Roscoff, en Bretagne, les femmes après la messe balaient la poussière de la chapelle de la Sainte-Union, la soufflent du côté par lequel leurs époux ou leurs amants doivent revenir, et se flattent, au moyen de ce doux sortilège, de fixer le cœur de ce qu'elles aiment 2. Dans d'autres pays, on croit stupidement se faire aimer en attachant à son cou certains mots séparés par des croix. Voy. Philtres. Voy. aussi Rhombus. — Il y a eu des amants passionnés qui se sont donnés au démon pour être heureux. On conte qu'un valet vendit son àme au diable pour devenir l'époux de la fille de son maître, ce qui le rendit très-infortuné. On attribue aussi à l'inspiration des démons certaines amours monstrueuses, comme la passion de Pygmalion pour sa statue. Un jeune homme devint pareillement éperdu pour la Vénus de Praxitèle; un Athénien se tua de désespoir aux pieds de la statue de la Fortune, qu'il trouvait insensible. Ces traits nesont que des folies déplorables.
Amoymon OU Amaïmon, — l'un des quatre
rois de l'enfer, dont il gouverne la partie orientale. On l'évoque le matin de neuf heures cà midi, et le soir, de trois à six heures. Asmodée est son lieutenant et le premier prince de ses états 5.
Amphîaraùs, — devin de l'antiquité, qui se cacha pour ne pas aller à la guerre de Thèbes, parce qu'il avait prévu qu'il y mourrait; ce qui eut lieu lorsqu'on l'eut découvert et forcé à s'y rendre; mais il ressuscita. On lui éleva un temple dans l'Attique, près d'une fontaine sacrée par laquelle il était revenu
1 Wierus, in Psendomonarchià da?m.
u Voyage de M. Cambry dans le Finistère, t Ier.
•! Wierus, in Pseudomonarchiâ d»m.
A MU — des enfers. Il guérissait les malades en leur indiquant des remèdes en songe; il rendait aussi par ce moyen des oracles, moyennant argent. Après les sacrifices, le consultant s'endormait sur une peau de mouton , et il lui venait un rêve qu'on savait toujours interpréter après l'événement. On lui attribue des prophéties écrites en vers, qui ne sont pas venues jusqu'à nous. Voy. Pyromancie.
Amphioa, — Pausanias , Wierus et beaucoup d'autres mettent Amphion au rang des habiles magiciens, parce qu'il rebâtit les murs de Thèbes au son de sa lyre.
Amphisbène , — serpent auquel on attribue deux tètes aux deux extrémités, par lesquelles il mord également. Le docteur Brown a combattu cette erreur, que Pline avait adoptée. « On ne nie point, dit Brown l, qu'il n'y ait eu quelques serpents à deux têtes, dont chacune était à l'extrémité opposée. Nous trouvons dans Abdovrand un lézard de cette même forme, et tel était peut-être l'amphisbène dont Cassien du Puy montra la figure au savant Faber. Cela arrive quelquefois aux animaux qui font plusieurs petits à la fois, et surtout aux serpents, dont les œufs étant attachés les uns aux autres ne peuvent s'unir sous diverses formes et s'éclore de la sorte. Mais ce sont là des productions monstrueuses, contraires à cette loi suivant laquelle toute créature engendre son semblable, et qui sont marquées comme irrégulières dans le cours général de la nature. Nous douterons donc que l' amphisbène soit une race de serpents à deux tètes jusqu'à ce que le fait soit confirmé. »
Amulette, — préservatif. On appelle ainsi certains remèdes superstitieux que l'on porte sur soi ou que l'on s'attache au cou pour se préserver de quelque maladie ou de quelque danger. Les Grecs les nommaient phylactères, les Orientaux talismans. C'étaient des images capricieuses (un scarabée chez les Égyptiens), des morceaux de parchemin, de cuivre, d'étain, d'argent, ou encore des pierres particulières où l'on avait tracé de certains caractères ou de certainshiéroglyphes. —Comme cette superstition est née d'un attachement excessif à la vie et d'une crainte puérile de tout ce qui peut nuire, le christianisme n'est pas venu à bout de la détruire universellement 2. Dès les premiers siècles de l'église, les Pères et les Conciles défendirent aux fidèles ces pratiques du paganisme. Ils représentèrent les amulettes comme un reste idolâtre de la confiance qu'on
1 Essai sur les erreurs, liv. iil, ch. 15.
2 Bcrgier, Dictionnaire théologique.
>9 — AMU avait aux prétendus génies gouverneurs du monde. Thiers 1 a rapporté un grand nombrede passages des Pères à ce sujet et les canons de plusieurs Conciles. — Les lois humaines condamnèrent aussi l'usage des amulettes. L'empereur Constance défendit d'employer les amulettes et les charmes à la guérison des maladies. Celte loi, rapportée par Ammien Marcellin, fut exécutée si sévèrement, que Valentinien fit punir de mort une vieille femme qui était la fièvre avec des paroles charmées, et qu'il fit couper la tête à un jeune homme qui touchait un certain morceau de marbre en prononçant sept lettres de l'alphabet pour guérir le mal d'estomac 2. — Mais comme il fallait des préservatifs, on trouva moyen d'éluder la loi; on fit des amulettes avec des morceaux de papier chargés de versets de l'Écriture sainte. Les lois se montrèrent moins rigides contre celle coutume, et on laissa aux prêtres le soin d'en modérer les abus. — Les Grecs modernes, lorsqu'ils sont malades, écrivent le nom de leur infirmité sur un papier triangulaire qu'ils attachent à la porte de leur chambre. Ils ont grande foi à cette amulette. — Quelques personnes portent sur elles le commencement de l'Évangile de saint Jean comme un préservatif contre le tonnerre; et ce qui est assez particulier, c'est que les Turcs ont confiance à cette même amulette, si l'on en croit Pierre Leloyer 5. — On lit dans Thyraeus4 qu'en '1568,1e prince d'Orange condamna un prisonnier espagnol à mourir dans le diocèse de Juliers; que ses soldats l'attachèrent à un arbre et s'efforcèrent de le tuer à coups
1 Traité des superstitions, liv. v, ch. 1.
2 Voyez Ammien-Marcellin,lib. xvi, XIX, XXIX, et le P. Lebrun, liv. m, ch. 2.
3 « Une autre question est de savoir si c'est une superstition de porter sur soi les reliques des saints, une croix, une image, une chose bénite par les prières de l'église, un agnus-Dci , etc., et si l'on doit mettre ces choses au rang des amulettes , comme le prétendent les protestants. Nous reconnaissons que si l'on attribue à ces choses la vertu surnaturelle de préserver d'accidents, de mort subite, de mort dans l'état de péché, e'c, c'est une superstition. Elle n'est pas du même genre que celle des amulettes, dont le prétendu pouvoir ne peut pas se rapporter à Dieu; mais c'est ce que les théologiens appellent vaine observance, parce que l'on attribue à des choses saintes et respectables un pouvoir que Dieu n'y a point attaché. Un chrétien bien instruit ne les envisage point ainsi; il sait que les saints ne peuvent nous secourir que par leurs prières et par leur intercession auprès de Dieu ; c'est pour cela que l'Eglise a décidé qu'il
'est utile et louable de les honorer et de les invoquer. Or c'est un signe d'invocation et de respect à leur égard de porter sur soi leur image ou leurs reliques; de même que c'est une marque d'affection et de respect pour une personne que de garder son portrait ou quelque chose qui lui ait appartenu. Ce n'est donc ni une vaine observance ni une folle confiance d'espérer qu'en considération de l'affection et du respect que nous témoignons à un saint, il intercédera et priera pour nous. » Il en est de même des croix et des agnus- Dci. Bergier, Dictionnaire théologique.
i Disp. de Dœmoniac, pars 3, cap. 15.