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l'objet volé, le temps où il l'a pris, et la manière dont on peut le faire rendre.
Jamblique, — philosophe platonicien du quatrième siècle, né en Syrie sous le règne de Constantin le Grand. Il fut disciple d'Anatole et de Porphyre. Il admettait l'existence d'une classe de démons ou esprits d'un ordre inférieur, médiateurs entre Dieu et les hommes. Il s'occupait des divinations, et on a vu à l'article Aleclryomancie , que c'est lui qui prédit par cette divination l'avènement au trône de Théodose. On ignore où, quand et comment il mourut ; mais Bodin assure qu'il s'empoisonna lui-même pour éviter le supplice que Yalens réservait aux magiciens. — On conte qu'étant un jour dans la ville de Gadare en Syrie, pour faire voir sa science magique, il fit sortir en présence du peuple deux génies ou démons d'une fontaine ; il les nommait Amour et Contre-Amour1 ; l'Amour avait les cheveux dorés , tressés et flottants sur les épaules ; ils paraissaient éclatants comme les rayons du soleil ; l'autre était moins brillant; ce qui attira l'admiration de toute la populace. Leloyer dit2 encore que c'est Jamblique et Maximus qui ont perdu Julien l'apostat. — On recherche de Jamblique le traité des Mystères des Egyptiens^ des Chaldéens et des Assyriens 3. Il s'y montre crédule pour toutes les rêveries des astrologues.
Jambrès et Jamnès, — sorciers égyptiens les plus anciens que les saints livres nous fassent connaître par leur nom après Cham. Ils faisaient apparaître des grenouilles, des serpents; ils changeaient l'eau du Nil en sang , et tâchaient d'anéantir par leurs prestiges la vérité des miracles que Dieu faisait par l'organe de Moïse 4.
Jamma-Locon, — enfer indien d'Où, après certain temps de peine et de souffrance , les âmes reviennent en ce monde pour y animer le premier corps où elles peuvent entrer.
Jarretière. — Secret de la jarretière pour les voyageurs. Vous cueillerez de l'herbe que l'on appelle armoise, dans le temps que le soleil fait son entrée au premier signe du Capricorne; vous la laisserez un peu sécher à l'ombre, et en ferez des jarretières avec la peau d'un jeune lièvre, c'est-à-dire qu'ayant coupé la peau du lièvre en courroie de la
1 Éros et Antéros.
2 Hist. des spectres ou apparitions des esprits, liv. IV, p. 312.
3 Jambliclius, De mysteriis yEgyptiorum, Clialdreorum, Assynoruru , avec d'autres Opuscules. In-Hi, H307.
4 Leloyer, Ilist. des spectres ou apparit. des esprits, liv. il. p. 120.
largeur de deux pouces, vous en ferez un redoublé dans lequel vous coudrez ladite herbe • et les porterez aux jambes. Il n'y a point de cheval qui puisse suivre long-temps un homme de pied qui est muni de ces jarretières. — Ou bien vous prendrez un morceau de cuir de la peau d'un jeune loup , dont vous ferez deux jarretières sur lesquelles vous écrirez avec votre sang les paroles suivantes : Abumalith cados ; vous serez étonné de la vitesse avec laquelle vous cheminerez étant muni de ces jarretières à vos jambes. De peur que l'écriture ne s'efface, il sera bon de doubler la jarretière d'un padoue de fil blanc du côté de l'écriture. — « Il y a encore une manière de faire la jarretière, que j'ai lue dans un vieux manuscrit en lettres gothiques. En voici la recette. Vous aurez les chevenx d'un larron pendu , desquels vous ferez des tresses dont vous formerez des jarretières que vous coudrez entre deux toiles de telle couleur qu'il vous plaira ; vous les attacherez aux jambes de derrière d'un jeune poulain ; puis vous laisserez échapper le poulain, le ferez courir à perte d'haleine , et vous vous servirez avec plaisir de ces jarretières ». — On prétendait autrefois que les magiciens pouvaient donner une jarretière enchantée, avec laquelle on faisait beaucoup de chemin en peu de temps. C'est là peut-être l'origine des bottes de sept lieues.
Jaunisse. — Les rois de Hongrie croyaient avoir le privilège de guérir la jaunisse par l'attouchement2.
Jayet d'Islande. — Les anciens Islandais attribuaient des vertus surnaturelles à ce jayet, qu'ils regardaient comme un ambre noir. Sa principale qualité était de préserver de tout sortilège celui qui en portait sur soi. En second lieu , ils le croyaient un antidote contre le poison. Sa troisième propriété était de chasser les esprits et les fantômes, lorsqu'on en brûlait dans une maison; la quatrième, de préserver de maladies épidémiques les appartements qui en étaient parfumés. La plupart de ces idées superstitieuses subsistent encore.
Jean (ÉVANGILE DE SAINT) , — VOIJ. Bl- BLIOMANCIE.
Jean, — magicien sectateur d'Apollonius deTyane. 11 courait de ville en ville, faisant le métier de charlatan , et portait une chaîne de fer au cou. Après avoir séjourné quelque temps à Lyon , il acquit une si grande célé-
: Secrets du Petit Albert, p. 90.
2 Saignes. Des erreurs et des préjugés, t. 1, p. 272.
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brité par ses cures merveilleuses, que le souverain du pays l'admit en sa présence. Jean donna à ce prince une superbe épée enchantée; elle s'entourait merveilleusement, dans le combat, de cent quatre-vingts couteaux tirés. Il lui donna aussi un bouclier portant un miroir, qu'il disait avoir la vertu de divulguer les plus grands secrets. Ces armes disparurent un jour ou furent volées; sur quoi Delancre conclut1 que si les rois de France dressaient, comme les ducs d'Italie, des arsenaux de vieilleries (ee qu'ils font à présent), on y trouverait de ces armes enchantées et fabriquées par quelque magicien ou sorcier.
Jean , — patriarche schismatique de Constantinople. Zonaras conte que l'empereur grec Théophile, se voyant obligé de mettre à la raison une province révoltée sous la conduite de trois capitaines, consulta le patriarche Jean, habile enchanteur. Celui-ci fit faire trois gros marteaux d'airain, les mit entre les mains de trois hommes robustes, et conduisit ces hommes au milieu du cirque, devant une statue de bronze à trois têtes. Ils abattirent deux de ces têtes avec leurs marteaux, et firent pencher le cou à la troisième sans l'abattre. Peu après une bataille se donna entre Théophile et les rebelles : deux des capitaines furent tués, le troisième fut blessé et mit hors de combat, et tout rentra dans l'ordre.
Jean xxii, — pape, mort en 1334, après un pontificat de dix-huit ans. On lui attribue les Taxes de la chambre apostolique, traduites en français sous le titre de Taxes des parties casuelles de la boutique dupape. C'est une supposition d'un protestant faussaire. On attribue encore à Jean XXII YElixir des philosophes ou Art transmutatoire des métaux, livre qu'il n'a pas fait. Ce livre a été traduit du latin en français; in— 42 , Lyon, 1557. — On dit encore que Jean XXII ou Jean XXI s'occupait d'astrologie et s'amusait à supputer les changements de temps. On a fait là-dessus de petits contes imaginaires.
Jean OU Iwan Basilowitz , — grand -duc
de Moscovie, au quatorzième siècle, tyran cruel; à l'article de la mort, il tomba, dit-on, dans des pâmoisons terribles; et son âme fit de pénibles voyages. Dans le premier, il fut lourmenté en un lieu obscur, pour avoir tenu au cachot des prisonniers innocents; dans la seconde excursion, il fut encore plus tourmenté pour avoir accablé le peuple d'impôts; et son successeur Théodore eut soin de l'en décharger en partie. Iwan mourut dans le
1 Tableau de l'inconstance des démons, etc., liv. v, p. 343.
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troisième voyage ; son corps jeta une puanteur si infecte qu'on ne pouvait l'approcher ; ce qui fit penser que son âme avait été emportée par le diable; d'autant plus que son corps disparut le jour fixé pour l'enterrement 1 .
Jean-Baptiste. — Il y a des paysans qui croient qu'il est né dans un chameau. Voy. à l'article Troupeaux, la garde contre la gale.
Jean d'Arras, — écrivain français du quatorzième siècle, qui compila le roman de Melusine. Voy. ce mot.
Jean d'Estampes. — D'anciennes chroniques rapportent que Jean d'Estampes, l'un des gardes de Charlemagnc, mourut en 14 39, après avoir vécu 336 ans ; mais d"autres disent qu'il ne vécut que 250 ans : malheureusement son secret de longévité n'est connu de personne 2.
Jean de Meung, — astrologue qui composa le roman de la Rose, où il montre bien son savoir, quoiqu'il ne fût âgé que de dixneuf ans lorsqu'il le fit. Il est aussi l'auteur d'un livre intitulé^. Traité sur la direction des nativités et révolutions des ans; il traduisit le livre des Merveilles d'Irlande. On prétend que c'est lui qui a prédit les hauts faits d'armes du connétable de France Bertrand du Guesclin 5.
Jean de ïfêilan, — astrologue du quinzième siècle, qui prédit à Velasquez , gouverneur d'Hispaniola ou Saint-Domingue, l'heureuse issue de la guerre du Pérou , entreprise par Fernand Cortez.
Jean de Sicile , — habile aslrologue et théologien qui prédit le couronnement de l'empereur Sigismond. C'est encore lui qui annonça à Boucicault ce qui lui devait advenir, et qui l'avertit de la trahison que firent aux Français le marquis de Montferrat et le comte Francisque, trahison qu'il évita en fuyant4.
Jeanne d'Arc , — dite la Pucelle d'Orléans, née en Champagne, à Domrémi près de Vaucouleurs sur la lisière de la Lorraine, en 1 41 0. Jamais la France ne fut accablée de calamités aussi grandes que durant le domi-siècle qui précéda l'année mémorable où l'on vit le courage abattu de ses guerriers, près de subir le joug de l'étranger, se ranimer à la voix d'une jeune fille de dix-huit ans. Charles VII était sur le point de céder Ghinon à l'ennemi , lorsque Jeanne d'Arc parut dans cette place
1 Leloyer. Hist. des spectres et des apparitions des esprits, liv. iv, p. 301.
2 Légal!, Calend. véritab., p. 140.
3 Manuscrit de la Bibliothèque du roi, cité dans les Remarques sur Bayle.
4 Manuscrit de !a Bibliothèque du roi ; extrait du livre de Joly.
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vers la fin de février '1 129. Ce n'était qu'une simple paysanne. Son père se nommait Jacques d'Arc; sa mère, Isabelle Romée. Dès sa plus tendre enfance elle avait montré une timidité sans exemple et fuyait le plaisir pour se livrer tout entière à Dieu ; mais elle s'exerçait à manier les chevaux , et l'on remarquait déjà en elle l'ardeur martiale qui devait signaler la libératrice des Français. A l'âge de seize ans, le cœur de Jeanne s'exalta. Vers l'heure de midi, elle croyait voir dansle jardin de son père l'archange Michel et l'ange Gabriel, sainte Catherine et sainte Marguerite , tout resplendissants de lumière. Ces saintes !a guidaient dans ses actions. Les voix (car elle s'exprimait ainsi) lui ordonnèrent d'aller en France , et de faire lever le siège d'Orléans. Malgré les avis contraires, elle obéit et se rendit d'abord à Vaucouleurs. Jean de Metz se chargea de la présenter au roi. tls arrivèrent tous deux, le 24 février 4 429, à Chinon, où Charles tenait sa cour. Jeanne s'agenouilla devant lui. « Je ne suis pas le roi, lui dit-il pour l'éprouver ; le voici , ajoutat-il en lui montrant un des seigneurs de sa suite. — Gentil prince, lui dit la jeune vierge , c'est vous et non un autre ; je suis envoyée de la part de Dieu , pour prêter secours à vous et à votre royaume , et vous mande le roi des cieux par moi que vous serez sauvé, et couronné en la ville de Reims, et serez lieutenant du roi des cieux qui est le vrai roi de France. » — Charles surpris la tira à l'écart, et, après un court entretien, il déclara que Jeanne lui avait dit des choses si secrètes, que nul ne pouvait le savoir que Dieu et lui : ce qui attira la confiance de la cour. Cependant un doute restait à éclairer, c'était de savoir si elle était pure : ce qui fut reconnu ; si elle était inspirée du ciel ou de l'enfer : ce qui sembla devoir être interprété en faveur du ciel. Après plusieurs consultations, on lui donna des chevaux et des hommes ; on l'arma d'une épée que, sur sa révélation, on trouva enterrée dans l'église de Sainte-Catherine de Fierbois ; elle se rendit aussitôt sous les murs d'Orléans, et combattit avec un courage qui éclipsa celui des plus grands capitaines. Elle chassa les Anglais d'Orléans , fit ensuite, selon l'ordre qu'elle avait reçu, sacrer son roi à Reims, lui rendit Troyes, Cbâlons, Auxerre, et la plus grande partie de son royaume. Après quoi , elle voulut se retirer, disant que sa mission était accomplie. Mais elle avait donné trop de preuves de sa vaillance, on ne voulut pas lui accorder cette liberté. Ce fut la cause de ses malheurs ; bientôt, s'étant jetée dans Côrnpiègne pour dé-
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fendre cette place contre le duc de Bourgogne , elle fut prise par un gentilhomme picard qui la vendit à Jean de Luxembourg, lequel la revendit aux Anglais. Pour se venger de ce qu'elle les avait trop souvent vaincus , ceux-ci l'accusèrent d'avoir employé les sortilèges et la magie à ses triomphes. On la traduisit devant un tribunal corrompu , qui la déclara fanatique et sorcière. Ce procès serait ridicule s'il n'était atroce. Ce qu'il y a de plus horrible, c'est que l'ingrat monarque qui lui devait sa couronne l'abandonna ; il crut n'avoir plus besoin d'elle. — Le procès se poursuivit avec activité ; à la treizième séance , on voulut lui faire comprendre la différence qui existait entre l'église triomphante et l'église militante. On lui demanda ce qu'elle en pensait. « Je me soumets au jugement du Saint-Siège, » répondit-elle. On lui demanda si, dès son enfance, les saints qui lui apparaissaient parlaient anglais ou français , s'ils avaient des boucles d'oreilles , des bagues , etc. « Vous m'en avez pris une, dit-elle pour toute réponse, rendez-la-moi. — Les saints sont-ils nus ou habillés? — Pensez-vous que Dieu n'ait pas de quoi les vêtir ? » — Comme on insistait sur la chevelure de saint Michel, elle dit : « Pourquoi la lui aurait-on coupée?
— Avez-vous vu des fées? — Je n'en ai point vu , j'en ai entendu parler ; mais je n'y ajoute aucune foi. — Avez-vous une mandragore ? qu'en avez-vous fait ? — Je n'en ai point eu ; je ne sais ce que c'est. On dit que c'est une chose dangereuse et criminelle. »
— Quelquefois plusieurs juges l'interrogeaient à la fois. « Beaux pères, disait-elle, l'un après l'autre, s'il vous plaît. » Durant l'instruction, Ligny-Luxembourg vint la voir, accompagné de Warwick et de Straffort : « Je sais bien, leur dit-elle , que ces Anglais me feront mourir, croyant qu'après ma mort ils gagneront le royaume de France; mais, seraientils cent mille avec ceux qu'ils sont à présent, ils n'auront pas ce royaume. » — Fatiguée de mauvais traitements, elle tomba dangereusement malade. Bedfort, Wincester, Warwick chargèrent deux médecins d'en avoir soin, et leur enjoignirent de prendre garde qu'elle ne mourût de sa mort naturelle ; le roi d'Angleterre l'avait trop cher achetée pour être privé de la joie de la faire brûler. — Le 24 mai, on la conduisit à la place du cimetière de l'abbaye de Rouen. Guillaume Érard déclama contre le roi de France et contre les Français ; puis , s'adressant, à la Pucelle : « C'est à toi, Jeanne, que je parle, et te dis que ton roi est hérétique et schismatique. » L'exécuteur attendait la victime à l'extrémité