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de la place, avec une charrette , pour la conduire au bûcher. Mais Lout cet effrayant appareil n'avait pour but que de lui arracher des aveux. On lui lut une formule par laquelle elle promettait de ne jamais monter à cheval, de laisser croître ses cheveux , de ne plus porter les armes à l'avenir. I! fallait mourir ou signer cet écrit. Elie signa, mais on avait substitué une cédule, par laquelle elle se reconnaissait dissolue , hérétique, séditieuse, invocatrice des démons et sorcière. Cette supercherie servit de base au jugement. Elle fut condamnée à passer le reste de ses jours dans une prison perpétuelle, au pain de douleur et à l'eau d'angoisse. Les juges, après l'arrêt, furent poursuivis à coups de pierres parle peuple; en même temps les Anglais voulaient les exterminer, les accusant de n'avoir reçu l'argent du roi d'Angleterre que pour le tromper. « Ne vous embarrassez pas, dit l'un d'eux; nous la rattraperons bien. — Jeanne avait promis de no plus porter d'habits d'homme, et repris ceux de sou sexe. La nuit, les gardes de sa prison enlevèrent ses habits et y substituèrent des habits d'homme. Lorsque le jour vint, elle demanda qu'on la déferrât, c'est-à-dire qu'on relâchât la chaîne qui l'attachait par le milieu du corps. Puis, voyant des habits d'homme , elle supplia qu'on lui rendît ses vêtements du jour précédent, mais on les lui refusa. Elle resta couchée jusqu'à midi. Alors elle fut. forcée de s'habiller avec les seuls vêtements qu'elle eut à sa disposition. Des témoins apostés entrèrent pour constater sa désobéissance ; les juges accoururent. Incontinent, elle fut condamnée comme relapse, hérétique, sorcière, excommuniée, rejetée du sein de l'Église. On lui lut sa sentence de mort, qu'elle entendit avec constance. Elle demanda qu'il lui fût permis de s'approcher de l'euchari-tie : ce qui lui fut accordé. Massieu, curé de Saint-Claude de Rouen, qui avait la charge de la conduire devant ses juges, lui permettait de faire sa prière devant la chapelle. Cette indulgence lui attira de sanglants reproches. — Jeanne alla au supplice le 30 mai, sous l'escorte de cent vingt hommes. On l'avait revêtue d'un habit de femme; sa tète était chargée d'une mitre en carton, sur laquelle étaient écrits ces mots : Hérétique, relapse, apostate, idolâtre. Deux pères dominicains la soutenaient ; elle s'écriait sur la route: « Ah! Rouen, Rouen, seras -tu ma dernière demeure ? » On avait élevé deux échafauds sur la place du Vieux-Marché. Les juges attendaient leur victime chargée de fers. Son visage était baigné de pleurs : on la fit monter sur le bûcher, qui était fort
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élevé, pour que le peuple entier pût la voir. — Lorsqu'elle sentit que la flammé approchait, elle avertit les deux religieux de se retirer. Tant qu'elle conserva un reste de vie, au milieu des gémissements que lui arrachait la douleur, on l'entendit prononcer le nom de Jésus, en baisant une croix de bois qu'elle tenait de ses mains enchaînées. Un dernier soupir, longuement prolongé , avertit qu'elle venait d'expirer. — Alors le cardinal de Wincester fit rassembler ses cendres, et ordonna qu'elles fussent jetées dans la Seine. Son cœur fut respecté par les flammes : on le trouva sain et entier. En face du bûcher se trouvait un tableau portant une inscription qui qualifiait Jeanne de meurderesse, invocatrice des démons, apostate et mal créante de la foi de Jésus-Christ. — Louis XI fit réhabiliter la mémoire de Jeanne d'Arc. Deux de ses juges furent brûlés vifs, deux autres exhumés pour expier aussi dans les flammes leur jugement inique; mais le procès de la Pucelie n'en sera pas moins a jamais un sujet d'opprobre pour les Anglais, et aussi pour les Français de l'époque.
Jeanne Dibisson, — sorcière arrêtée à l'âge de vingt-neuf ans : on l'avait vue plusieurs fois danser au sabbat ; elle disait que ceux qui y vont trouvent le temps si court, qu'ils n'en peuvent sortir sans regret. Il ne paraît pas qu'elle ait été brûlée '.
Jeanne du Hard, — sorcière saisie à l'âge de cinquante-six ans. On la trouve impliquée dans l'affaire de Marie Chorropique, pour lui avoir touché le bras, lequel devint comme mort. Nous ne dirons pas si elle fut brûlée2.
Jeanne (Mère). — Une vieille fille vénitienne , connue sous le nom de mère Jeanne, infatua tellement Guillaume Postel de ses rêveries, qu'il soutint, dans un livre é^rit à son sujet, que la rédemption des femmes n'avait pas encore été achevée, et que cette Vénitienne devait accomplir le grand ouvrage. C'était la mère que cherchent les saints-simoniens. Voy. Postel.
Jeanne Southcott , — visionnaire anglaise du dernier siècle, qui se fit une secte avec des cérémonies bizarres. De temps à autre on entend encore parler de cette fanatique. Une centaine de sectaires se sont réunis dars un bois, il y a une trentaine d'années, auprès de Sydenham, et ont commencé leur culte superstitieux par le sacrifice d'un petit cochon
1 Delancre, Tableau de 1'incon.stance des démons, etc., liv. il, p. 127.
2 Dclancre, Tableau de l'inconstance des démons;e'c, liv. ii. p. 107.