‹ Dictionnaire infernalChapitre 217 sur 368 · JUI · texte numérisé non relu

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blées ces jours-là 1 ; mais ce sentiment n'est pas général. — Si on rogne ses ongles les jours de la semaine qui ont un r, comme le mardi, le mercredi et le vendredi, il viendra des envies aux doigts. ïl n'est pas facile d'en donner la raison. — Suivant une autre croyance, en ne coupant ses ongles que le vendredi, on n'a jamais mal aux dents. — On a fait des tables des jours heureux et malheureux pour chaque mois. Mais comme elles varient toutes, le jour heureux de l'une étant malheureux dans l'autre, nous laissons aux amateurs le soin de dresser ces tables à leur gré pour leur usage.

Josué Ben-Lévi , — rabbin si rusé et si sage , qu'il trompa le ciel et l'enfer tout ensemble. Comme il était près de trépasser, il gagna si bien le diable, qu'il lui fit promettre de le porter jusqu'à l'entrée du paradis, lui disant qu'il ne voulait que voir le lieu de l'habitation divine , et qu'il sortirait du monde plus content. Le diable , ne voulant pas lui refuser cette satisfaction , le porta jusqu'au guichet du paradis ; mais Josué s'en voyant si près se jeta dedans avec vitesse, laissant le diable derrière, et jura par le Dieu vivant qu'il n'en sortirait point. Dieu, disent les rabbins, fit conscience que le rabbin se parjurât, et consentit qu'il demeurât avec les justes. Voy. Messie des Juifs.

Judas ïscariote. — Après sa trahison infâme, il fut possédé du diable et se pendit à un sureau. Les Flamands appellent encore les excroissances parasites de l'écorce du sureau sueur de Judas.

Jugement de Bieu , — VOlf. ÉPREUVES.

Juif errant. — On voit, dans la légende du Juif errant, que ce personnage était cordonnier de sa profession et qu'il se nommait Ahassuérus, mais la complainte l'appelle Isaac Laquedem. A l'âge de dix ans, il avait entendu dire que trois rois cherchaient le nouveau roi d'Israël ; il les suivit et visita avec eux la sainte étable de Bethléem. Il allait souvent entendre notre Seigneur. Lorsque Judas eut vendu son maître, Ahassuérus abandonna aussi celui qu'on trahissait. Comme on conduisait Jésus au Calvaire , chargé de l'instrument de sa mort, le bon Sauveur voulut se reposer un instant devant la boutique du cordonnier, qui , craignant de se compromettre, lui dit : « Allez plus loin , je ne veux pas qu'un criminel se repose à ma porte. » Jésus le regarda et lui répondit : « Je vais, et reposerai ; mais vous marcherez et vous ne

1 Delancre, Tableau de l'inconstance des démons, etc.

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reposerez pas ; vous marcherez tant que ie monde durera , et au jugement dernier vous me verrez assis à la droite de mon père. »

— Le cordonnier prit aussitôt un bâton à la main et se mit à marcher sans pouvoir s'arrêter nulle part. Depuis dix-huit siècles il a parcouru toutes les contrées du globe, sous le nom du Juif errant. 11 a affronté les combats, les naufrages, les incendies. Il a cherché partout la mort et ne l'a pas trouvée. Il a toujours cinq sous dans sa bourse. Personne ne peut se vanter de l'avoir vu ; mais nos grandspères nous disent que leurs grands-pères l'ont connu, et qu'il a paru , il y a plus de cent ans, dans certaines villes. Les aïeux de nos grandspères en disaient autant, et les bonnes gens croient à l'existence personnelle du Juif errant.

— Ce n'est pourtant qu'une allégorie ingénieuse , qui représente toute la nation juive , errante et dispersée depuis l'anathème tombé sur elle. Leur race ne se perd point, quoique confondue avec les nations diverses, et leurs richesses sont à peu près les mêmes dans tous les temps aussi bien que leurs forces. La religion qu'ils professent les a jusqu'ici distingués des autres hommes, et en fera toujours un peuple isolé au milieu du monde.

Juifs. — Indépendamment de ce coup de foudre qui marque partout les Juifs et les fait partout reconnaître ; il y a sur eux plusieurs signes de l'abandon où les a jetés la malédiction de Dieu. Tant qu'ils ont été le peuple fidèle, ils ont conservé intact le dépôt des saintes écritures. Depuis leur crime, les enseignements de Moïse sont étouffés chez eux par les incroyables absurdités du Thalmud et le sens n'est plus avec eux. — La Terre-Sainte, qui était le plus fertile et le plus beau pays du monde, maudite avec la nation qu'elle portait, est devenue si horrible, qu'elle ne nourrit plusses rares habitants. Partout en exécration, les Juifs, qui avaient massacré et torturé les chrétiens toutes les fois qu'ils avaient été les plus forts , se sont vus en tous lieux haïs et mal tolérés. On vous dira que souvent on les poursuivit pour des crimes imaginaires ; mais on ne prête qu'aux riches, et leur histoire est sérieusement pleine de crimes trop réels. On les chassa violemment de l'Espagne, qu'ils voulaient dominer ; mais sans les mesures violentes des rois chrétiens, la Péninsule serait aujourd'hui la proie des Juifs et des Maures. ■ — Quelquefois sans doute on mit peu d'humanité dans les poursuites exercées contre eux; mais on ne les bannissait pas sans leur donner trois mois pour s'expatrier, et ils s'obstinaient à demeurer dans les pays où leurs têtes étaient proscrites. Parmi les moyens que

88 -- JGI l'on employait pour les découvrir, il en est un singulier que rapporte Tostat, dans son livre des Démons; c'était, une tète d'airain , une androïde qui, en Espagne, dit-il, révélait les Juifs cachés — Ils faisaient l'usure et dépouillaient largement les chrétiens dans les contrées où ils étaient soufferts; puis, quand ils avaient tout ravi , les princes qui avaient besoin d'argent les faisaient regorger avec violence. Dans de tels cas, ils essuyèrent surtout de grandes vexations chez les Anglais. Le roi Jean fit un jour emprisonner les riches Juifs de son royaume pour les forcer à lui donner de l'argent ; un d'eux , à qui on arracha sept dents Tune après l'autre, en l'engageant de la sorte à contribuer, paya mille marcs d'argent à la huitième. Henri III tira d'Aaron, juif d'York, quatorze mille marcs d'argent, et dix mille pour la reine. Il vendit les autres Juifs de son pays à son frère Richard, pour le terme d'une année, afin que ce comte évenlràt ceux qu'il avait déjà écorchés, comme dit Mathieu Paris.... — En général, lorsqu'on tolérait les Juifs, on les distinguait des autres habitants par des marques infamantes. Philippe-le-Hardi les obligea en France à porter une corne sur la tête : i! leur était défendu de se baigner dans la Seine ; et, quand on les pendait , c'était toujours entre deux chiens. — Le jour de la fête de Pâques, c'était un vieil usage à Toulouse de donner un soufflet à un Juif de la ville. On raconte qu'Aymeric, vicomte de Rochechouart, accompagné de Hugues son chapelain, se trouvant à Toulouse, le dimanche de Pâques, les chanoines chargèrent Hugues de cette cérémonie. Le chapelain donna un coup si violent au Juif, qu'il lui fit sauter la cervelle; ce malheureux tomba mort: ce qui est faux. Les Juifs de Toulouse l'enlevèrent de la cathédrale et l'inhumèrent dans le cimetière de leur synagogue sans oser se plaindre , ajoute Dulaure 1 , qui était un menteur. Le vrai de ce fait, et nous sommes loin de l'excuser, c'est que le soufflet renversa le Juif. Voy. Bohémiens. — « Avant de quitter Jaffa , je vous parlerai d'une coutume que vous ignorez peut-être et qui est établie chez les Grecs de cette ville. Chaque soir, pendant le carême, les petits enfants des familles grecques vont à la porte des maisons chrétiennes, et demandent avec des cris monotones, qu'on prendrait pour une complainte, du bois ou des paras (demi-cents) pour acheter du bois : « Donnez, donnez , disent- » ils; et l'an prochain vos enfants seront ma- » riés; et leurs jours seront heureux ; et vous » jouirez long-temps de leur bonheur. » Le

1 Dulanre, Principaux lieux de Franco, t, II, p. 256.

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bois que sollicitent ces enfants est destiné à brûler les Juifs. C'est le soir du jeudi saint des Grecs qu'on allume les feux ; chaque petite troupe allume le sien. On fabrique un homme de paille avec le costume juif, et la victime en effigie est ainsi conduite devant le feu, au milieu des clameurs et des huées. Les enfants délibèrent gravement sur le genre de supplice auquel il faut condamner l'Israélite; les uns disent: Crucifions-le, il a crucifié Jésus- Christ; les autres : Coupons-lui la barbe et les bras, puis la tète ; d'autres enfin : Fendonsle, déchirons-lui les entrailles, car il a tué notre Dieu. Le chef de la troupe, prenant alors la parole : « Qu'est-il besoin, dit-il, de recourir à tous ces supplices ? Il y a là un feu tout allumé; brûlons le juif. » Et le juif est jeté dans les flammes. « Feu, feu , s'écrient les enfants, ne l'épargne pas, dévore-le ; il a souffleté Jésus-Christ; il lui a cloué les pieds et les mains. » Et les enfants énumèrent ainsi toutes les souffrances que les Juifs firent endurer au Sauveur. Quand la victime est consumée, on jette au vent ses cendres avec des imprécations ; et puis chacun se retire, satisfait d'avoir puni le bourreau du Christ. — De semblables coutumes portent avec elles leur caractère , et n'ont pas besoin d'être accompagnées de réflexions ». » — Les diverses religions sont plus ou moins tolérées dans les états des Turcs et des Persans. Des juifs , à Constantinople, s'avisèrent de dire, en conversation, qu'ils seraient les seuls qui entreraient dans le Paradis. « Où serons-nous donc, nous autres? » leur demandèrent quelques Turcs avec qui ils s'entretenaient. Les Juifs, n'osant pas leur dire ouvertement qu'ils en seraient exclus , leur répondirent qu'ils seraient dans les cours. Le grand-vizir, informé de cette dispute, envoya chercher les chefs de la synagogue, et leur dit que, puisqu'ils plaçaient les musulmans dans les cours du paradis, il était juste qu'ils leur fournissent des tentes , afin qu'ils ne fussent pas éternellement exposés aux injures de l'air. On prétend que c'est depuis ce temps-là que les juifs , outre le tribut ordinaire , paient une somme considérable pour les tentes du grand-seigneur et de toute sa maison quand il va à l'armée 8.

Julien l'Apostat , — né en 331 , empereur romain, mort en 363. — Variable dans sa philosophie , inconstant dans sa manière de penser, après avoir été chrétien , il retomba dans le paganisme. Les ennemis seuls de l'Église ont trouvé dans quelques qualités appa-

1 Michaud et Poujoulat, Correspondance de l'Orient. * Saint-Foix, Essais, t. II.

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