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rentes des prétextes pour faire son éloge. Ce sage consultait Apollon et sacrifiait aux dieux de pierre, quoiqu'il connût la vérité. Les démonomanes l'ont mis au nombre des magiciens ; et il est vrai qu'avec Maximus et Jamblique il évoquait les esprits et recherchait l'avenir par la nécromancie. Il avait des visions ; Ammien Marcellin rapporte que, peu avant sa mort, comme il écrivait dans sa tente, à l'imitation de Jules César, il vît paraître devant lui le génie de Rome avec un visage blême. — Il fut tué par un trait que personne ne vit venir, à l'âge de trente-deux ans. Ennemi acharné de Jésus-Christ, il recueillit, dit-on, en tombant un peu de son sang dans sa main et le lança vers le ciel, en disant : « Tu as vaincu, Galiléen ! » — Après sa mort, on trouva, dans le palais qu'il habitait, des charniers et des cercueils pleins de têtes et de corps morts. En la ville de Carres de Mésopotamie, dans un temple d'idoles, on trouva une femme morte pendue par les cheveux, les bras étendus, le ventre ouvert et vide. On prétend que Julien l'avait immolée pour apaiser les dieux infernaux auxquels il s'était voué, et pour apprendre par l'inspection du foie de cette femme le résultat de la guerre qu'il faisait alors contre les Perses. — La mort de l'Apostat fut signifiée, dit-on , dans plusieurs lieux à la fois, et au même moment qu'elle advint. Un de ses domestiques, qui allait le trouver en Perse, ayant été surpris par la nuit, et obligé de s'arrêter dans une église faute d'auberge, vit en songe des apôtres et des prophètes assemblés qui déploraient les calamités de l'Église sous un prince aussi impie que Julien, et un d'entre eux, s'étant levé, assura les autres qu'il allait y porter remède. La nuit suivante, ce valet, ayant vu dans son sommeil la même assemblée, vit venir l'homme de la veille qui annonça la mort de Julien. Le philosophe Didyme d'Alexandrie vit aussi en songe des hommes montés sur des chevaux blancs, et courant dans les airs en disant : « Annoncez à Didyme qu'à cette heure Julien l'apostat est tué. »
Jung, — auteur allemand, vivant encore sans' doute ; il a écrit sur les esprits un ouvrage intitulé Théorie de Geister-Kunder , Nuremberg, 4 808, in-8°.
Jupiter- Ammon. — Les Égyptiens portaient sur le cœur, comme un puissant préservatif, une amulette ou philactère, qui était une lame sur laquelle ils écrivaient le nom de Jupiter-Ammon. Ce nom était si grand dans leur esprit, et même chez les Romains, qu'on en croyait l'invocation suffisante pour obtenir
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toutes sortes de biens. On sait que Jupiter- Ammon avait des cornes de bélier. Sa statue, adorée à Thèbes, dans la Haute-Égypte, était un automate qui faisait des signes de tête.
Jurement. — «C'est une chose honteuse, dit un bon légendaire, que d'entendre si souvent répéter le nom du diable sans nécessilé. Un père en colère dit à ses enfants : « Venez ici, mauvais diables. » Un autre s'écrie; « Te voilà, bon diable ! » Celui-ci, qui a froid, vous l'apprend en disant : « Diable ! le temps est rude. » Celui-là qui soupire après la table dit qu'il a une faim de diable. Un autre, qui s'impatiente, souhaite que le diable l'emporte. Un savant de société , quand il a proposé une énigme, s'écrie bravement : « Je me donne au diable si vous devinez cela. » Une chose paraît-elle embrouillée, on vous avertit que le diable s'en mêle. Une bagatelle est-elle perdue, on dit qu'elle est à tous les diables. Un homme laborieux prend-il quelque sommeil, un plaisant vient vous dire que le diable le berce. — Ce qu'il y a de pis , c'est que des gens emploient le nom du diable en bonne part; ainsi on vous dira d'une chose médiocre : « Ce n'est pas le diable. » Un homme fait-il plus qu'on ne demande, on dit qu'il travaille comme le valet du diable. Que l'on voie passer un grenadier de cinq pieds dix pouces, on s'écrie : « Quel grand diable ! » D'un qui vous étonne par son esprit, par son adresse ou par ses talents, vous dites : « Quel diable d'homme! » On dit encore : « Une force de diable, un esprit de diable, un courage de diable; un homme franc est un bon diable; un homme qu'on plaint , un pauvre diable ; un homme divertissant a de l'esprit en diable, etc.; et une foule de mots semblables. — Un père en colère dit un jour à son fils : « Va-t'en au diable. » Le fils étant sorti peu après rencontra le diable, qui l'emmena; et on ne le revit plus1. Un autre homme irrité contre sa fille , qui mangeait trop avidement une écuelle de lait, eut l'imprudence de lui dire : « Puisses-tu avaler le diable dans ton ventre! » La jeune fille sentit aussitôt la présence du démon, et elle fut possédée plusieurs mois 2. Un mari de mauvaise humeur donna sa femme au diable ; au même instant, comme s'il fût sorti de la bouche de l'époux, le démon entra par l'oreille dans le corps de cette pauvre dame. Ces contes vous font rire, puissent-ils
1 Ccesarii Heistcrb. miracul., lib. 5, cap. 12. a Ejusdem, cap. 2, ibid.