‹ Dictionnaire infernalChapitre 227 sur 368 · LÉG · texte numérisé non relu

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pondit : Passe ici. Il n'osa s'y hasarder, et prenant l'écho pour le diable, il crut qu'il voulait le faire périr et retourna sur ses pas *".

Lazare (Denys) , — prince de Servie qui vivait en l'année de l'hégire 788. Il est auteur d'un ouvrage intitulé les Songes, publié en 1686, 1 vol. in-8°. Il prétend avoir eu des visions nocturnes dans les royaumes de Stéphan, de Mélisch et de Prague.

Xieaupartie, — seigneur normand d'un esprit épais, qui fit paraître en 1735 un mémoire pour établir la possession et l'obsession de ses enfants et de quelques autres filles qui avaient copié les extravagances de ces jeunes demoiselles. — Il envoya à la Sorbonne et à la faculté de médecine de Paris des observations pour savoir si l'état des possédées pouvait s'expliquer naturellement. Il exposa que les possédées entendaient le latin; qu'elles étaient malicieuses; qu'elles parlaient en hérétiques; qu'elles n'aimaient pas le son des cloches; qu'elles aboyaient comme des chiennes ; que l'aboiement de l'une d'elles ressemblait à celui d'un dogue ; que leur servante Anne Néel , quoique fortement liée , s'était dégagée pour se jeter dans le pui!s : ce qu'elle ne put exécuter, parce qu'une personne la suivait ; mais que , pour échapper à cette poursuite , elle s'élança contre une porte fermée et passa au travers , etc. — Le bruit s'étant répandu que les demoiselles de Leaupartie étaient possédées, un curé nommé Heurtin, faible ou intrigant, s'empara de l'affaire, causa du scandale, fit des extravagances. Mais M. de Luynes, évêque de Bayeux, le fit renfermer dans un séminaire ; et les demoiselles , ayant été placées dans des communautés religieuses, se trouvèrent immédiatement paisibles.

Lebrun (Charles) , — célèbre peintre, né à Paris en 1619, mort en 1690. On lui doit un Traité sur la physionomie humaine comparée avec celle des animaux , 1 vol. in-folio.

Lebrun (Pierre) , — oratorien , né à Brignolles en 1661, mort en 1729. On a de lui : 1 0 Lettres qui découvrent V illusion des philosophes sur la baguette et qui détruisent leurs systèmes, 1693, in-12; 2° Histoire critique des pratiques superstitieuses qui ont séduit les peuples et embarrassé les savants , 1 702 , 3 vol. in-12, avec un supplément, 1737, in-12. — Nous avons occasion de le citer souvent.

Lécanomancie , — divination par le moyen de l'eau. On écrivait des paroles magiques sur des lames de cuivre, qu'on mettait dans un vase plein d'eau , et une vierge qui regàr-

1 Lenglet-Dufresnoy, Dissert., t. I, p. 169.

9 — LEC dait dans cette eau y voyait ce qu'on voulait savoir, ou ce qu'elle voulait y voir. — Ou bien on remplissait d'eau un vase d'argent pendant un beau clair de lune; ensuite, on réfléchissait la lumière d'une chandelle dans le vase avec la lame d'un couteau , et l'on y voyait ce qu'on cherchait à connaître. — C'est encore par la lécanomancie que chez les anciens on mettait dans un bassin plein d'eau des pierres précieuses et des lames d'or et d'argent gravées de certains caractères , dont on faisait offrande aux démons. Après les avoir coujurés par certaines paroles , on leur proposait la question à laquelle on désirait une réponse. Alors il sortait du fond de l'eau une voix basse , semblable à un sifflement de serpent , qui donnait la solution désirée. Glycas rapporte que Nectanébus, roi d'Egypte , connut par ce moyen qu'il serait détrôné; et Delrio ajoute que, de son temps, cette divination était encore en vogue parmi les Turcs. Elle était anciennement familière aux Chaldéens , aux Assyriens et aux Egyptiens. Vigenère ajoute qu'on jetait aussi du plomb fondu tout bouillant dans un bassin plein d'eau ; et par les figures qui s'en formaient, on avait la réponse à ce qu'on demandait '.

Lechies , — démons des bois, espèces de satyres chez les Russes, qui leur donnent un corps humain depuis la partie supérieure jusqu'à la ceinture, avec des cornes, des oreilles, une barbe de chèvre, et, de la ceinture en bas, des formes de bouc. Quand ils marchent dans les champs, ils se rapetissent au niveau des herbages; mais lorsqu'ils courent dans les forêts , ils égalent en hauteur les arbres les plus élevés. Leurs cris sont effroyables. Ils errent sans cesse autour des promeneurs , empruntent une voix qui leur est connue, et les égarent vers leurs cavernes, où ils prennent plaisir à les chatouiller jusqu'à la mort.

Lecoq, ■ — sorcier qui fut exécuté à Saumur, au seizième siècle, pour avoir composé des vénéfices et poisons exécrables contre les enfants. Le bruit courait dans ce temps-là que , lui et d'autres sorciers ayant jeté leur sort diabolique sur les lits de plume , il devait s'yengendrercertainsserpents qui piqueraient et tueraient les bonnes gens endormis; si bien qu'on n'osait plus se coucher. On attrapa- Lecoq , et on le brûla , après quoi on alla dormir 2 : ce que vous pouvez faire aussi.

1 Delancre , Incrédulité et mécréance du sortilège pleinement convaincues, p. 26S.

2 Nynauld , Discours de la Lycanthropie, p. 5.

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