‹ Dictionnaire infernalChapitre 226 sur 368 · LAV · texte numérisé non relu

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gardiens des toifs et des maisons, Apulée dit que les lares n'étaient autre chose que les âmes de ceux qui avaient bien vécu et bien rempli leur carrière. Au contraire, ceux qui avaient mal vécu erraient vagabonds et épouvantaient les hommes. Selon Servius, le culte des dieux lares est venu de ce qu'on avait coutume autrefois d'enterrer les corps dans les maisons ; ce qui donna occasion au peuple crédule de s'imaginer que leurs âmes y demeuraient aussi comme des génies secourables et propices, et de les honorer en cette qualité. On peut ajouter que, la coutume s'étant introduite plus lard d'inhumer les morts sur les grands chemins, ce pouvait bien être de là qu'on prit occasion de les regarder comme les dieux des chemins. C'était le sentiment des platoniciens, qui des âmes des bons faisaient les lares , et les lémures des âmes des méchants. On plaçait leurs statues dans un oratoire que l'on avait soin de tenir proprement. Cependant quelquefois on perdait le respect à leur égard, comme à la mort de quelques personnes chères ; on les accusait de n'avoir pas bien veillé à leur conservation , et de s'être laissé surprendre par les esprits malfaisants. Caligula fit jeter les siens par la fenêtre, parce que, disait-il , il était mécontent de leur service. Quand les jeunes garçons étaient devenus assez grands pour quitter les bulles qu'on ne portait qu'en la première jeunesse, ils les pendaient au cou des dieux lares. Les esclaves y pendaient aussi leurs chaînes lorsqu'ils recevaient la liberté. Voy. Larves.

Larmes. — Les femmes accusées de sorcellerie étaient regardées comme véritablement sorcières lorsqu'elles voulaient pleurer et qu'elles ne le pouvaient. Une sorcière, dont parle Boguet dans son premier avis, ne put jeter aucune larme, bien qu'elle se fût plusieurs fois efforcée devant son juge : « Car il a été reconnu par expérience que les sorciers ne jettent point de larmes : ce qui a donné occasion à Spranger, Grilland et Bodin de dire que l'une des plus fortes présomptions que l'on puisse élever contre le sorcier est qu'il ne larmoie point \. »

X.arrivey ( Pierre ), — ancien poète dramatique du seizième siècle, né à Troyes en 1596. Il s'est fait connaître par un Almanach avec grandes prédictions, le tout diligemment calculé , qu'il publia de 1618 à 1647. Il précéda ainsi Mathieu Laensbergh. Il ne mangeait point de poisson , parce que, selon son horoscope , il devait mourir étranglé par une

1 Boguet, Premier avis, n° 60, p. 26.

arête, prédiclion qui ne fut pas accomplie. — Les almanachs qui continuent de porter son nom sont encore très-eslimés dans le midi de la France , comme ceux de Matthieu Laensbergh dans le nord.

Larves, — âmes des méchants, que l'on dit errer çà et là pour épouvanter les vivanls ; on les confond souvent avec les lémures, mais les larves ont quelque chose de plus effrayant. — Lorsque Caligula fut assassiné, on dit que son palais devint inhabitable, à cause des larves qui l'occupaient, jusqu'à ce qu'on lui eût décerné une pompe funèbre. Voy. Fantômes, Spectres, etc.

Launay ( Jean ), — célèbre docteur de Sorbonne, né le 21 décembre 1603 à Valdéric, diocèse de Coutances. Il a laissé un ouvrage pédantesque intitulé : Dissertation sur la vision de Sinwn Stokius , un vol. in-8°: Paris, 1653 et 1663.

Laurier, — arbre qu'Apulée met au rang des plantes qui préservent les hommes des esprits malins. On croyait aussi chez les anciens qu'il garantissait de la foudre.

Lauthu , — magicien tunquinois , qui prétendait avoir été porté soixante-dix ans dans le sein de sa mère. Ses disciples le regardaient comme le créateur de toutes choses. Sa morale est très-relâchée ; c'est celle que suit le peuple , tandis que la cour suit celle de Confucius.

Lavater (Louis) , — théologien protestant, né à Kybourg en 1527, auteur d'un traité sur les Spectres, les Lémures 1 , etc. Zurich, 1570, in-12, plusieurs fois réimprimé.

Lavater (Jean-Gaspard) , — né à Zurich en 1741 , mort en 1801 , auteur célèbre de l'art déjuger les hommes par la physionomie. Voy. Physiognomonie.

Lavisari. — Cardan écrit qu'un Italien nommé Lavisari, conseiller et secrétaire d'un prince, se trouvant une nuit seul dans un sentier, le long d'une rivière , et ne sachant ou était le gué pour la passer, poussa un cri , dans l'espoir d'être entendu des environs. Son cri ayant été répété par une voix de l'autre côté de l'eau, il se persuada que quelqu'un lui répondait , et demanda : Dois-je passer ici? la voix lui répondit : Ici. Il vit alors qu'il était sur le bord d'un gouffre où l'eau se jetait en tournoyant. Épouvanté du danger que ce gouffre lui présentait, il s'écrie encore une fois : Faut-il que je passe ici? la voix lui ré-

1 De spectris, lemuribns et magnis atquc insolilis fragoribus et prasagitionibus qnx obitum hominum, ejades, mutationesquo iniperioriim procédant, etc.

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