LIÉ
ce qu'on souhaite doit arriver, l'encens s'allume sur-le-champ, quand même il serait tombé hors du feu , le feu semble l'aller chercher pour le consumer; mais si les vœux qu'on a formés ne doivent pas être remplis , ou l'encens ne tombe pas dans le feu , ou le feu s'en éloigne et ne le consume pas. Cet oracle , ajoute-t-il , prédit tout , excepté ce qui regarde la mort et le mariage.
Libertins, — fanatiques qui s'élevèrent en Flandre au milieu du seizième siècle et qui se répandirent en France , où ils eurent pour chef un tailleur picard nommé Quinlin. Ils professaient exactement le panthéisme des philosophes de nos jours , et les rêveurs allemands les copient. Ils regardaient le paradis et l'enfer comme des illusions, et se livraient à leurs sens. Le nom qu'ils se donnaient, comme affranchis , est devenu une injure.
Licorne. — La corne de licorne préserve des sortilèges. Torquemada , dit-on , en avait toujours une sur sa table. Les licornes du cap de Bonne-Espérance sont décrites avec des têtes de cheval , d'autres avec des têtes de cerf. On dit que le puits du palais de Saint- Marc ne peut être empoisonné, parce qu'on y a jeté des cornes de licornes. On est d'ailleurs indécis sur ce qui concerne ces animaux, dont la race semble perdue. Voy. Cornes.
Lierre. — Nous ne savons pourquoi les Flamands appellent le lierre fil du diable (Duivels-Naaigaren).
Lièvre. — On raconte des choses merveilleuses du lièvre. Evax et Aaron disent que si Ton joint ses pieds avec la tète d'un merle, ils rendront l'homme qui les portera si hardi qu'il ne craindra pas même la mort. Celui qui se les attachera au bras ira partout où il voudra , et s'en retournera sans danger. Que si on en fait manger à un chien , avec le cœur d'une belette, il est sûr qu'il n'obéira jamais, quand même on le tuerait l. — Si des vieillards aperçoivent un lièvre traversant un grand chemin , ils ne manquent guère d'en augurer quelque mal. Ce n'est pourtant, au fond, qu'une menace des anciens augures, exprimée en ces termes : Inauspicatum dat iter oblatus lepus. Cette idée n'avait apparemment d'autre fondement , si ce n'est que nous devons craindre quand un animal timide passe devant nous ; comme un renard , s'il y passe aussi , nous présage quelque imposture. Ces observations superstitieuses étaient défendues aux Juifs, comme on le voit dans
1 Secrets d'Albert-le-Grand, p. 108.