‹ Dictionnaire infernalChapitre 243 sur 368 · LUN · texte numérisé non relu

LUN

ne se prêtant plus à aucune des demandes qu'on lui fait '.

lugubre , — oiseau du Brésil, dont le cri funèbre ne se fait entendre que la nuit; ce qui le fait respecter des naturels, qui sont persuadés qu'il est chargé de leur apporter des nouvelles des morts. Léry , voyageur français, raconte que, traversant un village, il en scandalisa les habitants pour avoir ri de l'attention avec laquelle ils écoutaient le cri de cet oiseau. « Tais-toi , lui dit rudement un vieillard, ne nous empêche pas d'entendre les nouvelles que nos grands-pères nous envoient. » •

Lumière merveilleuse. — Prenez quatre onces d'herbe appelée serpentinelte , mettezla dans un pot de terre bouché, puis faites-la digérer au ventre de cheval, c'est-à-dire dans le fumier chaud, quinze jours; elle se changera en de petits vers rouges , desquels vous tirerez une huile selon les principes de l'art ; de cette huile vous garnirez une lampe, et lorsqu'elle sera allumée dans une chambre , elle provoquera au sommeil et endormira si profondément ceux qui seront dans ladite chambre, que l'on ne pourra en éveiller aucun tant que la lampe brûlera 2.

Lune, — la plus grande divinité du sabéisme après le soleil. Pindare l'appelle l'œil de la nuit, et Horace la reine du silence. Une partie des Orientaux l'honoraient sous le titre d'Uranie. C'est l'îsis des Égyptiens, l'Astarté des Phéniciens, la Mylitta des Perses, l'Ai î I a t des Arabes, la Séléné des Grecs, et la Diane, la Vénus, la Junon des Romains. César ne donne point d'autres divinités aux peuples du nord e! aux anciens Germains que le feu , le soleil et la lune. Le culte de la lune passa dans les Gaules, où la lune avait un oracle desservi par des druidesses dans l'île de Sein, sur ia côte méridionale de la Basse-Bretagne. Les magiciennes de Thessalie se vantaient d'avoir un grand commerce avec la lune, et de pouvoir, par leur enchantement, la délivrer du dragon qui voulait la dévorer (lorsqu'elle était éclipsée), ou la faire à leur gré descendre sur la terre. L'idée que cet astre pouvait être habité a donné lieu à des fictions ingénieuses : telles sont entre autres les voyages de Lucien, de Cyrano de Bergerac, et la fable de l'Arioste, qui place dans la lune un vaste magasin rempli de fioles étiquetées où le bon sens de chaque individu est renfermé. On a récemment, publié, sous le nom

1 M. Nue!, Dictionnaire de la Fable.

:' Le Petit Albert, p. 152.

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