‹ Dictionnaire infernalChapitre 244 sur 368 · LUT · texte numérisé non relu

LUT

d'Herschell, une plaisante description des prétendus habitants de la lune. — Les Péruviens regardaient la lune comme la sœur et la femme du soleil , et comme la mère de leurs incas ; ils l'appelaient mère universelle de toutes choses, et avaient pour elle la plus grande vénération. Cependant ils ne lui avaient point élevé de temple, et ne lui offraient point de sacrifices. Ils prétendaient aussi que les maTques noires qu'on aperçoit dans la lune avaient été faites par un renard qui , ayant monté au ciel, l'avait embrassée si étroitement qu'il lui avait fait ces taches à force de la serrer. Suivant les Taïtiens, les taches que nous voyons à la lune sont des bosquets d'une espèce d'arbres qui croissaient autrefois à Taïii; un accident ayant détruit ces arbres, les graines furent portées par des pigeons à la lune, où elles ont prospéré1. — Les mahométans ont une grande vénération pour la lune ; ils ne manquent-jamais de la saluer dès qu'elle paraît, de lui présenter leurs bourses ouvertes, et de la prier d'y faire multiplier les espèces à mesure qu'elle croîtra. — La lune est la divinité des Nicaborins, habitants de Java. Lorsqu'il arrive une éclipse de lune, les Chinois idolâtres, voisins de la Sibérie, poussent des cris et des hurlements horribles, sonnent les cloches, frappent contre du boi-s ou des chaudrons, et touchent à coups redoublés sur les timbales de la grande pagode. Ils croient que le méchant esprit de l'air Arachula attaque la lune, et que leurs clameurs doivent l'effrayer. — Il y a des gens qui prétendent que la lune est douée d'un appétit extraordinaire; que son estomac, comme celui de l'autruche, digère des pierres ; en voyant un bâtiment vermoulu, ils disent que c'est la lune qui l'a ainsi mutilé, et que ses rayons peuvent ronger le marbre. — Combien de personnes n'osent couper leurs cheveux dans le flécours de la lune ! dit M. Salgues2. Mais les médecins sont convenus que la lune influe sur le corps humain. La plupart des peuples ont cru encore que le lever de la lune était un signal mystérieux auquel les spectres sortaient de leurs tombeaux. Les Orientaux content que les lamies et les gholes vont déterrer les morts dans les cimetières, et faire leurs horribles festins au clair de la lune. Dans certains cantons de l'orient de l'Allemagne, on prétendait que les vampires ne commençaient leurs infestations qu'au lever de la lune , et qu'ils étaient obligés de rentrer en terre au chant du coq. L'idée la plus extraordinaire, et cette idée fut adoptée

1 Voyages de Coolî.

7 Des Erreurs et des préjugés, etc., t. Itr, p. 240.

dans quelques villages, c'est que la lune ranimait les vampires. Ainsi, lorsqu'un de ces spectres, poursuivi dans ses courses nocturnes, était frappé d'une; balle ou d'un coup de lance, on pensait qu'il pouvait mourir une seconde fois; mais qu'exposé aux rayons de la lune , il reprenait ses forces perdues et le pouvoir de sucer de nouveau les vivants.

Lundi. — En Russie, le lundi passe pour un jour malheureux. Parmi le peuple et les personnes superstitieuses, la répugnance à entreprendre ce jour-là quelque chose , surtout un voyage, est si universelle, que le petit nombre de personnes qui ne la partagent pas s'y soumet par égard pour l'opinion générale.

I.ure (Guillaume), — docteur en théologie qui fut condamné comme sorcier, à Poitiers, en '1453, convaincu par sa propre confession, par témoins et pour avoir été trouvé saisi d'un pacte fait avec le diable , par lequel il renonçait à Dieu et se donnait à icelui diable K

Lusignan. — On prétend que la maison de Lusignan descend en ligne directe de Mélusine. Voy. Mélusine.

Luther (Martin) , — le plus fameux novateur religieux du seizième siècle, né en 1484 en Saxe, et mort en 1546. Il fut d'abord d'une condition misérable, dut son éducation à la charité des moines, et entra chez les Augustins d'Erfurt. Devenu professeur de théologie, d s'irrita de ne pas être le judas des indulgences, c'est-à-dire de n'en pas tenir la bourse; il écrivit contre le pape et prêcha contre l'Église romaine. — Luther devint épris de Catherine Bore , religieuse ; il l'enleva de son couvent avec huit autres sœurs, se hâta de l'épouser, et publia un écrit où il comparait ce rapt à celui que Jésus-Christ fit, le jour de la passion , lorsqu'il arracha les âmes de la tyrannie de LSatan.... — Quant à sa mort, ses ennemis ont assuré que le diable l'avait étranglé ; et d'autres, qu'il était mort subitement en allant à la garde-robe, comme Arius, après avoir trop soupé ; que, son tombeau ayant été ouvert le lendemain de son enterrement, on n'y avait pu trouver son corps , et qu'il en était sorti une odeur de soufre insupportable. — George Lapôtre a dit qu'il était fils d'un démon et d'une sorcière. — A la mort de Luther, disent les relations les plus répandues, une troupe de démons en deuil vint chercher cet ami de l'en-

1 Delancre, Tableau de l'inconstance des dém., e(c. liv. vi, p. 495.

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