LUT
fer; ils étaient habillés en corbeaux. Ils assistèrent invisiblement aux funérailles ; et Thyraeus ajoute qu'ils emportèrent ensuite le défunt loin de ce monde , où il ne devait que passer. — On conte encore que le jour de sa mort, tous les démons qui se trouvaient en une certaine ville de Brabant sortirent des corps qu'ils possédaient, et y revinrent le lendemain ; et comme on leur demandait où ils avaient passé la journée précédente, ils répondirent, que par le commandement de leur prince, ils s'étaient rendus aux funérailles de Luther. — Le valet de Luther, qui l'assistait à sa mort, déclara, en conformité de ceci, qu'ayant mis la tète à la fenèlre pour prendre de l'air au moment du trépas de son maître, il aperçut plusieurs esprits hideux et horribles qui sautaient et dansaient autour de la maison , et des corbeaux qui accompagnaient le corps en croassant jusqu'à Wittemberg.... — La dispute de Luther avec le diable a fait beaucoup de bruit. Un religieux vint un jour frapper rudement à sa porte, en demandant à lui parler. Le renégat ouvre; le prétendu moine regarde un moment le réformateur, et lui dit : « J'ai découvert dans vos opinions certaines erreurs papisliques , sur lesquelles je voudrais conférer avec vous. — Parlez, répond Luther.... » L'inconnu propose d'abord quelques discussions assez simples, que Luther résolut aisément: mais chaque question nouvelle était plus difficile que la précédente, et le moine supposé exposa bientôt des syllogismes très-embarrassants. Luther offensé lui dit brusquement : — «Vos questions sont trop embrouillées ; j'ai pour le moment autre chose à faire que de vous répondre. » Cependant il se levait pour argumenter encore, lorsqu'il remarqua que le religieux avait le pied fendu, et les mains armées de griffes. « N'es-tu pas, lui dit-il, celui dont la naissance du Christ a dù briser la tète ?» Et le diable, qui s'attendait avec son ami à un cumbat d'esprit et non à un assaut d'injures, reçut dans la figure l'encrier de Luther, qui était de plomb1. On montre encore sur la muraille à Wittemberg les éclaboussures de l'encre. On trouve ce fait rapporté avec quelque différence de détails dans le livre de Lulher sur la messe privée , sous le titre de Conférence de Luther avec le diable2. 11 conte que, s'élant éveillé un jour vers l'heure de minuit, Satan disputa avec lui, l'éclaira sur les erreurs du catholicisme , et l'engagea à se séparer du pape. C'est donner à sa secte une assez triste
1 Melanchton. de Examin. theolog. operum, t. Ier. 3 Colloquium Lutherum inter et diabolum, ab ipso LuUicro conscïiptum, incju^ libroDe missa privât», etc.