‹ Dictionnaire infernalChapitre 248 sur 368 · LYC · texte numérisé non relu

LYC

Lycanthropie , — transformation d'un homme en «.loup. Le lycanthrope s'appelle communément loup-garou. Les loups-garous ont été bien long-temps la terreur des campagnes, parce qu'on savait que les sorciers ne pouvaient se faire loups que par le secours du diable. Dans les idées des démonographes, un loup-garou est un sorcier que le diable lui-même transmue en loup, et qu'il oblige à errer dans les campagnes en poussant d'affreux hurlements. L'existence des loups-garous est attestée par Virgile, Solin, Slrabon, Pomponius Mêla, Dionysius Afer, Varron, et par tous les jurisconsultes et démonomanes des derniers siècles. A peine commençait-on à en douter sous Louis XIV. L'empereur Sigismond fit débattre devant lui la question des loups-garous , et il fut unanimement résolu que la transformation des loups-garous était un fait positif et constant — Un garnement . qui voulait faire des friponneries , mettait aisément les gens en fuite en se faisant passer pour un loup-garou. Il n'avait pas besoin pour cela d'avoir la figure d'un loup , puisque les loups-garous de réputation étaient arrêtés comme tels, quoique sous leur figure humaine. On croyait alors qu'ils portaient le poil de loup garou entre cuir et chair. — Pencer conte qu'en Livonie, sur la tin du mois de décembre, il se trouve tous les ans un bélître qui va sommer les sorciers de se rendre en certain heu; et, s'ils y manquent, le diable les y mène de force , à coups si rudement appliqués que les marques y demeurent . Leur chef passe devant, et quelques milliers le suivent, traversant une rivière , laquelle passée, ils changent leur figure en celle d'un loup, se jettent sur les hommes et sur les troupeaux, et font mille dommages. Douze jours après , ils retournent au même fleuve et redeviennent hommes. — On attrapa un jour un loup garou qui courait dans les rues de Padoue ; on lui coupa ses pattes de loup, et il reprit au même instant la forme d'homme, mais avec les bras et les pieds coupés, à ce que dit Fincel. — L'an 1 588, en un village distant de deux lieues d'Apchon , dans les montagnes d'Auvergne , un gentilhomme, étant sur le soir à sa fenêtre, aperçut un chasseur de sa connaissance, et le pria de lui rapporter de sa chasse. Le chasseur en fit promesse, et, s'étant avancé dans la plaine, il vit devant lui un gros loup qui venait à sa rencontre. Il lui lâcha un coup d'arquebuse et le manqua. Le loup se jeta aussitôt sur lui et l'attaqua fort vivement. Mais l'autre, en se défendant, lui ayant coupé la patte droite avec son couteau de chasse , le loup estropié s'enfuit et ne revint plus. Comme

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