‹ Dictionnaire infernalChapitre 250 sur 368 · MAB · texte numérisé non relu

MAB

juste; et ils disent : « Si nous dénonçons un coupable et que ce coupable ne soit pas mis hors d'état de nuire, c'est un ennemi implacable que nous allons nous faire. — Les paysans sont vindicatifs. Après dix ans de galères , ils reviennent se venger de leurs dénonciateurs. Il faudrait peut-être qu'un coupable qui sort des galères n'eût pas le droit de reparaître dans la contrée qui a été le théâtre de ses crimes. Voy. Cynanthropie ,

BOUSANTHROPIE , RaOLLET, ÇlC

Lycaon, — fils de Phoronée, roi d'Arcadie, à laquelle il donna le nom de Lycaonie. Il bâtit sur les montagnes la ville de Lycosure, la plus ancienne de toute la Grèce, et y éleva un autel à Jupiter Lycaeus , auquel il commença à sacrifier des victimes humaines. Il faisait mourir, pour les manger, tous les étrangers qui passaient dans ses États. Jupiter étant allé loger chez lui , Lycaon se prépara à lui ôter la vie pendant que son hôte serait endormi ; mais auparavant il voulut s'assurer si ce n'était pas un dieu , et lui fit servir à souper les membres d'un de ses hôtes, d'autres disent d'uu esclave. Un feu vengeur allumé par l'ordre de Jupiter consuma bientôt le palais, et Lycaon fut changé en loup : c'est le plus ancien loup-garou.

Lycas, — démon de Thémèse , chassé par le champion Euthymius, et qui fut en grande renommée chez les Grecs. Il était extrêmement noir, avait le visage et tout le reste du

corps hideux, et portait une peau de loup

pour vêtement ».

Lychnomancie, — divination qui se faisait par l'inspection de la flamme d'une lampe; il en reste quelques traces. Lorsqu'une étincelle se détache de la mèche, elle annonce une nouvelle et la direction de cette nouvelle. — Voy. Lampadomaiscie.

Lynx. — Les anciens disent des merveilles du lynx. Non-seulement ils lui attribuent la faculté de voir à travers les murs, mais encore la vertu de produire des pierres précieuses. Pline raconte sérieusement que les filets de son urine se transforment en ambre, en rubis et en escarboucles; mais il ajoute que, par un sentiment de jalousie, cet animal avare a soin de nous dérober ces richesses, en couvrant de terre ses précieuses évacuations. Sans cela nous aurions pour rien l'ambre, les rubis et les escarboucles .

Lysîmachîe, — plante ainsi nommée parce que, posée sur le joug auquel les bœufs et autres animaux étaient attelés, elle avait la vertu de les empêcher de se battre.

Lysimaque, — devin dont parle Démétrius de Phalère dans son livre de Socrate, lequel gagnait sa vie à interpréter des songes par le moyen de certaines tables astrologiques. JI se tenait ordinairement auprès du temple de Bacchus 3.

1 Leloyer, Histoire des spectres, p. 198.

2 M. Salgues, Des Erreurs, etc. , t. II, p. 103.

3 Plutarque, Vie d'Aristide, § LX.VI.

ni

Ma , — nom japonais qui signifie esprit malin; on le donne au renard, qui cause de grands ravages au Japon , où des sectaires n'admettent qu'une espèce de démons, uniquement destinés à animer le renard.

ïttab, — reine des fées, dans Shakspeare.

Maberthe. — On lit dans l'Histoire des possédés de Flandre, tome II, page 275, qu'il y a eu, en quelque royaume de l'Europe, une jeune fille nommée Maberthe, menant une vie célèbre, qui fut reçue en pitié dans la maison du seigneur de Swert, l'an 1618. Elle se faisait passer pour sainte, et se vantait que son Dieu lui parlait souvent. Mais elle refusa de conférer de ces merveilles avec un évèque. Comme on disait qu'un jour le diable l'avait prise par la main et s'était promené

avec elle, de Swert insista pour qu'elle en parlât à l'évêque, ce qu'enfin elle accorda ; après la conférence, qui embarrassa tout le monde, elle s'en alla de la maison en disant : « S'ils savaient que je sais ce que je sais, ils diraient que je suis une sorcière. » On finit par découvrir de grandes abominations dans cette fille. Lorsqu'on lui parlait de se convertir, elle répondait: « J'y penserai; il y a vingt-quatre heures au jour. » On croit qu'elle finit par être brûlée.

Macha-Halla OU Messa-Hala , — astrologue arabe du huitième siècle de notre ère. On a de lui plusieurs ouvrages dont ou trouve la liste dans Casiri. On a traduit en latin les principaux : 1° Un traiiè des Eléments et des choses célestes; 2° un autre, De

la Révolution des années du monde; 3° un troisième , De la Signification des planètes pour les nativités, Nuremberg, 1549. La bibliothèque Bodléienne a parmi ses manuscrils une traduction hébraïque de ses Problèmes astrologiques , faite par Aben-Ezra.

Machlyes, — peuple fabuleux d'Afrique, que Pline prétend avoir eu les deux sexes et deux mamelles , la droite semblable à celle d'un homme , et la gauche à celle d'une iemme.

Macreuses, — oiseaux de la famille des canards, qui sont très-communs sur les côtes d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande. Ils ont été le sujet de bien des contes. Plusieurs auteurs ont assuré que ces oiseaux sont produits sans œufs ; les uns les font venir des coquilles qui se trouvent dans la mer ; d'autres ont avancé qu'il y a des arbres semblables à des saules, dont le fruit se change en macreuses, et que les feuilles de ces arbres qui tombent sur la terre produisent des oiseaux, pendant que celles qui tombent dans l'eau deviennent des poissons. Il est surprenant, dit le P. Lebrun , que ces pauvretés aient été si souvent répétées, quoique divers auteurs aient remarqué et assuré que les macreuses étaient engendrées de la même manière que les autres oiseaux. Albert-le-Grand l'avait déclaré en termes précis , et depuis un voyageur a trouvé , au nord de l'Écosse , de grandes troupes de macreuses et les œufs qu'elles devaient couver, dont il mangea. — « 11 n'y a pas trois ans qu'un journal de Normandie nous racontait sérieusement, dit M. Salgues ', qu'on venait de pêcher, sur les côtes de Granville , un mat de vaisseau qui dormait depuis plus de vingt ans sous les eaux ; que l'on fut fort étonné de le trouver enveloppé d'une espèce de poisson fort singulier, que les Normands nomment bernacle ou bernache. Or, cebernacheoubernacleestun long boyau rempli d'eau jaunâtre , au bout duquel se trouve une coquille qui renferme un oiseau, lequel produit une macreuse. Cette absurde nouvelle se répandit; et les Parisiens , ajoute M. Salgues, furent bien étonnés d'apprendre qu'il y avait des oies qui naissaient au bout d'un boyau dans une petite coquille. » — Johnston , dans sa Thaumatographie naturelle , rapporte que les macreuses se forment dans le bois pourri , que le bois pourri se change en ver et le ver en oiseau. Boètius est celui dont l'autorité lui paraît la plus imposante. Or ce savant rapporte qu'en I 190 on pécha sur les côtes d'Ecosse une pièce de bois pourri, qu'on l'ouvrit

1 Des Erreurs et des préjugés, t. [«•, p. 44S.

en la présence du seigneur du lieu, et qu'on y trouva une quantité énorme de vers ; mais ce qui surprit singulièrement l'honorable baronnet et les spectateurs, c'est que plusieurs de ces vers commençnient à prendre la forme d'oiseau , que les uns avaient des plumes et que les autres étaient encore tout rouges. Ce phénomène parut si étonnant , que l'on déposa la pièce de bois dans l'église voisine, où elie fui conservée. Boelius ajoute qu'il fut luimême témoin d'un prodige semblable : que le ministre d'une paroisse voisine des bords c!c la mer ayant péché une grande quantité d'algues et de roseaux, il aperçut, à l'extrémité de leurs racines, des coquillages singuliers, qu'il les ouvrit et y troina au lieu de poisson un oiseau. L'auteur assure que le pasteur lui fit part de cette merveille , et qu'il fut luimême témoin de la vérité de ce fait

Ifëacrodor , — médecin écossais dont voici l'aventure : « En l'année '1371, un nommé Trois-Rieux s'obligea envers un médecin écossais nemmé Macrodor (ions deux habitants de Bordeaux) de lui servir de démon après sa mor t ; c'est-a-dire que son esprit viendrait lui obéir en toutes choses et lui faire connaître ce qui était caché aux hommes. Pour parvenir à ces fins, ils signèrent un pacte en lettres de sang sur un parchemin vierge. Ce Macrocor était regardé comme sorcier et magicien ; il eut une fin misérable, ainsi que loule sa famille. On surprit chez lui l'obligation que nous venons de mentionner, avec une platine de cuivre ronde, de médiocre grandeur, sur laquelle étaient gravés les sept noms de Dieu, sept anges, sept planètes et plusieurs autres figures, caractères, lignes, points, tous inconnus

Magares , — sorciers de Mingrélie , fort redoutés des gens du pays parce qu'ils nouaient l'aiguillette. Aussi la cérémonie du mariage se faisait toujours en secret, et sans qu'on en sut le jour, de peur que ces prétendus sorciers ne jetassent quelques sortilèges fâcheux sur les époux.

Mages, — sectateurs de Zoroaslre , adorateurs du feu et grands magiciens. C'est d'eux que la magie ou science des mages tire son nom. Ils prêchaient la métempsycose astronomique ; c'est-à-dire que, selon leur doctrine , les âmes au sortir de ce monde allaient habiter successivement toutes les planètes avant de revenir sur la terre.

Magie et Magiciens. — La magie est l'art de produire dans la nature des choses au-

1 Del ancre, Tableau de l'inconstance des rlém., etc., liy. M. p. 174.

Page 1