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attribué à cet art noir bien des accidents qui n'en ont pas été le produit ; et il est constant que les écrivains des siècles passés ont entouré les historiens magiques d'une crédulité trop étendue. La magie, disent-ils, donne a ceux qui la possèdent une puissance à laquelle rien ne peut résister ; d'un coup de baguette, d'un mot. d'un signe, ils bouleversent les éléments , changent l'ordre immuable de la nature, livrent le monde aux puissances infernales, déchaînent les tempêtes, les vents et les orages, en un mot, font le frbid et le chaud. Les magiciens et sorciers, dit Vecker, sont portés par l'air d'un très-léger mouvement, vont où ils veulent, et cheminent sur les eaux , comme Oddon le pirate , lequel voltigeait çà et là , en haute mer, sans esquif ni navire .... — On conte qu'un magicien coupa la tèfe d'un valet en présence de plusieurs personnes qu'il voulait divertir, et dans le dessein de la remettre; mais pendant qu'il so disposait à rétablir celte tète, il vit un autre magicien qui s'obslinait à le contrecarrer, quelque prière qu'il lui adressât; il fit naître tout d'un coup un lys sur une table, et en ayant abattu la tète, son ennemi tomba par terre sans tète et sans vie. Puis il rétablit celle du valet , et s'enfuit. — Mais voici un fait moins grotesque. — Les habitants d'Hamel sur le Wéser, en Basse-Saxe, étant, en l'année 4284, tourmentés d'une quantité surprenante de rais et de souris, jusque-là qu'il ne leur restait pas un grain qui ne fût endommagé, et plusieurs d'entre eux songeant aux moyens de se délivrer de ce fléau, il apparut tout d'un coup un homme étranger, d'une taille extraordinaire, qui entreprit, moyennant une somme d'argent dont on convint, de chasser sur l'heure toutes les souris hors du territoire de la ville. Après que le marché fut conclu, il tira une flûte de sa gibecière, et se mit à en jouer. Aussitôt lous les rats qui se trouvaient dans les maisons, sous les toits, dans les planchers, sortirent par bandes, en plein jour, et suivirent le joueur de flûte jusqu'au Wéser, où ayant relevé ses habits il enlra dans la rivière, et les rats qu'il entraînait s'y noyèrent. — Lorsqu'il eut ainsi exécuté sa promesse, il vint demander l'argent dont on était convenu avec lui ; mais il ne trouva plus les bourgeois dans la disposition de le lui compter. Cette mauvaise foi le rendit furieux; il les menaça d'une vengeance terrible s'ils ne le satisfaisaient sur-le-champ. Les bourgeois se moquèrent de lui et de ses menaces. — Mais, le lendemain, le magicien leur apparut, avec une mine effrayante, sous la figure d'un chasseur ; il avait un chapeau de
MAC — pourpre sur la lète ; il joua d'une autre flûte tout à fait différente de la première, et tous les enfants de la ville, depuis quatre ans jusqu'à douze, le suivirent spontanément. Il les mena dans une caverne, sous une montagne hors la ville, sans que depuis ce temps-la on en ait jamais revu un seul, et sans qu'on ait appris ce que tous ces enfants étaient devenus.— Depuis coite surprenante aventure, on a pris, dans Hamel, la coutume de compter les années depuis la sortie des enfants, en mémoire de ceux qui furent perdus de cette manière ; et les annales transylvaines disent que, vers ce temps-là , il arriva en Transylvanie quelques enfants dont on n'entendait pas la langue, et que ces enfants, s'y étant établis, y perpétuèrent aussi leur langage, tellement qu'encore aujourd"hui on y parle allemand-saxon. — La première preuve de cette histoire consiste dans la vitre d'une église d'Hamel, sur laquelle elle est peinte, avec quelques lettres que le temps n'a pas encore effacées. La seconde preuve était sur la porte appelée la Neuve, où l'on voyait des vers latins qui apprenaient qu'en 1284 un magicien enleva aux habitants cent trente enfants, et les emmena sous le mont Coppenberg. — Ces inscriptions ne prouvent pas tout à fait que celte histoire soit vraie , mais seulement qu'on le croyait ainsi. — Mouchemberg, dans la suite de l'Argenis, raconte les aventures singulières du magicien Lexilis. Ce magicien ayant été mis en prison par ordre du souverain de Tunis (le fait a eu lieu quelque temps avant la splendeur de Rome) , il arriva dans ces entrefaites une étrange aventure au fils du geôlier de la prison où Lexilis était détenu. Ce jeune homme venait de se marier, et les parents célébraient les noces hors de la ville. Le soir venu , on joua au ballon. Pour avoir la main plus libre, le jeune marié ùta de son doigt l'anneau nuptial, et le mit au doigt d'une slatue qui était près de là. Après avoir bien joué, il retourne vers la statue pour reprendre son anneau; mais la main s'était fermée, et il lui fut impossible de le retirer. Il ne dit rien de ce prodige ; mais quand tout le monde fut rentré dans la ville, il revint seul devant la statue, troina la main ouverte et étendue comme auparavant, toutefois sans la bague qu'il y avait laissée. Ce second événement le jeta dans une gran le s irprise. Il n'en alla pas moins rejoindre sa famille. Mais il voulut inutilement se* rapprocher de sa femme. Un corps soliJe se plaçait continuellement devant lui. — « C'est moi que tu dois embrasser, lui dit-on enfin, puisque tu m'as épousée aujourd'hui : je suis la
statue au doigt de qui tu as mis ton anneau. » — Le jeune époux, effrayé, révéla la chose à ses parents. Son père lui conseilla d'aler trouver Lexilis da: s son cachot; il lui en remit la clef. Le jeune hommes'y rendit'et trouva le magicien endormi sur une table. Après avoir attendu long-temps sans qu'il s'éveillât, il le tira doucement par le pied; le pied avec
la jambe lui demeura dans les mains —
Lexilis, s'éveillant alors, poussa un cri-, la porte du cachot se referma d'elle-même. Le marié tremblant se jeta aux genoux du magicien , lui demanda pardon de sa maladresse, et implora son assistance. Le magicien promit de le débarrasser de la slatue, moyennant qu'on le mit en liberté. Le marché fait, il rajusta sa jambe à sa place, et sortit. — Quand il fut libre, Lexilis écrivit une lettre qu'il donna au jeune homme : « Va-t'en à minuit, lui dit-il, dans le carrefour voisin où aboutissent quatre rues ; attends debout et en silence ce que le hasard t'amènera. Tu n'y seras pas long-temps sans voir passer plusieurs personnages, chevaliers, piétons, laquais, gentilshommes; les uns armés, les autres sans armes; les uns tristes, les autres gais. Quoi que lu voies et que tu entendes, garde-toi de parler ni de remuer. Après celte troupe, suivra un certain . puissant de taille, assis sur un char, tu lui remettras ta lettre, sans dire un mot. et tout ce que tu désires arrivera. » — Le jeune homme fit ce qui lui était prescrit, et vit passer un grand cortège. Le maître de la compagnie venait le dernier,
. monté sur un char triomphal. Il passa devant le fils du geôlier; et, jetant sur lui des regards terribles, il lui demanda de quel front il osait se trouver à sa rencontre"? Le jeune homme, mourant de peur, eut pourtant le courage d'avancer la main et de présenter sa letre. L'esprit, reconnaissant le cachet, la lut aussitôt et s'écria : « Ce Lexilis sera-t-il long-temps encore sur la terre!... >; Un instant après, il envoya un de ses gens ôter l'anneau du doigt de la statue, et le jeune époux cessa d'être troublé. — Cependant le geôlier fit annoncer au souverain de Tunis que Lexilis s'était échappé. Tandis qu'on le cherchait de toutes parts , le magicien entra dans le palais, suivi d'une vingtaine ce jeunes filles qui portaient des mets choisis pour le prince. Mais, ibUÎ en avouant qu'il n'avait rien mangé de si délicieux , le roi de Tunis n'en renou\ela pas moins l'ordre d'arrêter Lexilis. Les gardes voulant s'emparer de lui ne trouvèrent à sa place qu'un chien mort, sur le ventre duquei ils avaient tous la main... — Ce prestige excita la risée générale. Après qu'on se fut
MAC — î calmé, on alla à la maison du magicien; il était à sa fenêtre , regardant venir son monde. Aussitôt que les soldais le virent, ils coururent à sa porle, qui se ferma incontinent. De par le roi, le capitaine des gardes lui commanda de se rendre , le menaçant d'enfoncer la porle s'il refusait d'obéir, a Et si je me rends, dit Lexilis, que ferez-vous de moi? — Nous vous conduirons courtoisement au prince. — Je vous remercie de voire courtoisie ; mais par où irons-nous au palais? — Par cette rue, » reprit le capitaine, en la montrant du doigt. Et en même temps il aperçut un grand fleuve qui venait à lui en grossissant ses eaux , et rempissait la rue qu'il venait de désigner, tellement qu'en moins de rien ils en eurent jusqu'à la gorge. Lexilis , riant, leur criait : « Retournez au palais, car pour moi je ne me soucie pas d'y aller en barbet. » — Le prince ayant appris ceci résolut de perdre la couronne plutôt que de laisser le magicien impuni. Il s'arma lui-même pour aller à sa poursuite, et le trouva dans la campagne qui se promenait paisiblement. Les soldais l'entourèrent pour le saisir ; mais Lexilis faisant un geste, chaque soldat se trouva la tête engagée entre deux piquets, avec deux cornes de cerf qui l'empêchaient de se retirer. Ils restèrent long-temps dans celte posture, pendant quedesenfants leur donnaientdegrandscoups de houssine sur les cornes... — Le magicien saulait d'aise à ce spectacle , et le prince était .furieux. Ayant aperçu à terre, aux pieds de Lexilis, un morceau de parchemin carré , sur lequel étaient tracés des caractères, le roi de Tunis se baissa et le ramassa, sans être vu du magicien. Dès qu'il eut ces caractères dans la main, les sotdats perdirent leurs cornes; les piquets s'évanouirent : Lexilis fut pris, enchaîné, mené en prison, et de là sur l'échafaud pour ij être rompu. Mais ici il joua encore un tour de son métier ; car, comme le bourreau déchargeait la barre de fer sur lui, le coup tomba sur un tambour plein de vin, 'qui se répandit sur la place, et Lex lis ne reparut plus à Tunis — Voici une autre
histoire contée par Wierus. — Un magicien de Magdebourg gagnait sa vie en faisant des tours de son métier, des enchantements , des fascinations et des prestiges, sur un théâtre public. Un jour qu'il montrait, pour quelque monnaie , un petit cheval à qui il faisait exécuter, par la force de sa magie, des choses incroyables, après qu'il eut fini son jeu, il s'écria qu'il gagnait trop peu d'argent avec les hommes, et qu'il allait monter au ciel... Ayant donc jeté son fouet en l'air, ce fouet commença de s'enlever. Le petit cheval ayant
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saisi, avec sa mâchoire, l'extrémité du fouei, s'enleva pareillement. L'enchanteur, comme s'il eût voulu retenir son bidet, le prit par la queue , et fut emporté de même. La femme de cet habile magicien empoigna à son tour les jambes de son mari , qu'elle suivit ; enfin , la servante s'accrocha aux pieds de sa maîtresse, le valet aux jambes de la servante, et bientôt le fouet, le petit cheval, le sorcier, la femme, la cuisinière, le laquais, s'enlevèrent si haut qu'on ne les vit plus. — Pendant que tous les assistants demeuraient tout stupéfaits d'admiraiion , il survint un homme qui leur demanda pourquoi ils bayaient aux corneilles ; et quand il le sut : « Soyez en paix , leur dit-il, votre sorcier n'est pas perdu, je viens de le voir à l'autre bout de la ville, qui descendait à son auberge avec tout son monde.... i. » Voy. Hoque, Agrippa, Faust, etc., etc./— On raconte qu'Hemmingius, théologien célèbre , cita un jour deux vers barbares dans une de ses leçons , et ajouta, pour se divertir, qu'ils pouvaient chasser la fièvre, parce qu'ils étaient magiques. L'un de ses auditeurs en fit l'essai sur son valet, et le guérit. Puis après on fit courir le remède, et il arriva que plusieurs fébricitants s'en trouvèrent bien. Hemmingius, après cela , se crut obligé de dire qu'il n'avait parlé de la sorte qu'en riant, et que ce n'éiait qu'un jeu d'esprit. Dès lors le remède tomba ; mais il y en eut beaucoup qui ne voulurent point se dédire de la confiance qu'ils y avaient ajoutée. — Les maladies n'existent souvent que dans l'imagination : telle personne guérira avec un charlatan en qui elle a confiance ; telle autre ne guérira point avec un excellent médecin de qui elle se défie. — Il y a eu de tous temps, chez tous les peuples peu éclairés , grand nombre de magiciens, et on a beaucoup écrit contre eux. Nous citerons ici quelques-uns des mille et un volumes qui traitent de cette matière exprofesso : 4° le Traité de la magie blanche, ou de l'escamotage , de Decremps ; 2° la Magie naturelle de Porta ; 3° la Véritable magie noire, ou le Secret des secrets, manuscrit trouvé à Jérusalem , dans le sépulcre de Salomon , contenant quarante-cinq talismans, avec la manière de s'en servir et leurs merveilleuses propriétés; plus, tous les caractères magiques connus jusqu'à ce jour, traduit de l'hébreu du mage Iroé-GregO, Rome, 4750. Cet ouvrage slupide est donné comme un écrit de Salomon. On y trouve surtout des conjurations ; 4° trinum magiciun, ou Traité des secrets magiques, contenant des recherches sur la magie naturelle, artificielle
< Wierus, Du pnest., lib. Il, cap. 7.
et superstitieuse, les talismans, les oracles de Zoroastre, les mystères des Égyptiens, Hébreux, Clialdéens , etc., in-8°. Francfort, 1673; 5° Lettres de Saint-André, conseillermédecin ordinaire du roi , à quelques-uns de ses amis, au sujet de la magie, des maléfices et des sorciers , etc , Paris , in-1 2 , 1725 ; G0 Traité sur la magie . le sortilège , les possessions, obsessions et maléfices, etc. ; par M. Daugis; Paris, in- 1 2 , 1732.— Voy. Bodin, Delancre, Loyer , Wierus , etc.
Magie islandaise. — La première magie de ces peuples consiste à évoquer des esprits aériens, et à les faire descendre sur terre pour s'en servir. Elle était regardée comme la magie des grands ; cependant ces derniers en avaient une seconde , qui consistait à interpréter le chant des oiseaux, surtout des corneilles, les oiseaux les plus instruits dans la connaissance des affaires d'État et les plus capables de prédire l'avenir ; mais , comme il n'en existe point en Islande , les corbeaux remplissaient cet office : les rois ne faisaient pas même scrupule de se servir de cette magie.
Magnétisme. — Science occulte, pratiquée autrefois par l'hérétique Marc , renouvelée par Mesmer pour la guérison des maladies, perfectionnée pour la pratique manuelle par Puységur, et qui produit des effets surprenants, dit-on, mais quelquefois ténébreux; car tous ne supportent pas la lumière. Pigault- Lebrun , qui ne croyait à rien , croyait au magnétisme. Un Gascon, venu à Paris en octobre 4819, pour solliciter une place, alla trouver un magnétiseur illustre. « Monsieur le comte, lui dit-il, je suis atteint d'un mal
où les médecins ne peuvent rien j'ai
sans cesse des besoins.... des inquiétudes.... j'éprouve un vide insupportable.... un grand appétit.... je suis d'humeur enjouée, et je me désole....» — Cette maladie sembla si embrouillée qu'on négligea les autres cures pour s'en occuper. On fit dîner le Gascon , qui man- L-ea honorablement; le soir môme on voulut le magnétiser. On rendormit si bien, qu'il n'éprouva aucune crise de somnambulisme, et qu'il ne put répondre à rien. L'expérience fut répétée plusieurs fois sans que le malade voulut jamais parler dans son sommeil magnétique. Il n'en parut que plus intéressant; on le soigna mieux, et, pour apprendre enfin la cause du mal qui le tourmentait, on le conduisit éveillé devant une dame qui se faisait magnétiser quelquefois, qui, dans ces sortes de circonstances , devinait avec le plus grand talent. Elle n'eut pas plutôt touché le Gascon qu'elle s'écria qu'il avait le ver
solitaire , la rate dérangée et une foule d'autres maladies. On cria merveille ; mais le lendemain, lorsqu'on voulut achever l'opération, le Gascon troubla l'allégresse générale. « Le vide dont je vous ai parlé, dit-il, est dans ma bourse ; j'étais malade de n'avoir pas d'argent; je viens d'obtenir ma place, je suis guéri et reconnaissant de la bonne chère que vous m'avez faite, car je n'avais pas de crédit. » — Les partisans du magnétisme peuvent lire YHistoire critique du magnétisme animal, par M. Deleuze, 2 vol. in-8°; Paris , 1813. Les incrédules consulteront aussi les Recherches et doutes sur le magnétisme animal, par M. Thouret, in-1 2, 1784.
Magoa, — l'un des plus puissants démons, roi de l'Orient ; on l'évoque par l'oraison suivante , prononcée au milieu d'un cercle. Elle peut servir tous les jours et à toute heure, dit un Grimoire : — « Je te conjure et invoque, ô puissant Magoa, roi de l'Orient, je te fais commandement d'obéir, à ce que tu aies à venir ou m'envoyer sans retardement Massa y el, Asiel, Satiel, Arduel , Acorib, et sans aucun délai , pour répondre à tout ce que je veux savoir et faire, etc.
Maillât (Louise) , — petite démoniaque , qui vivait en 1598 : elle perdit l'usage de ses membres; on la trouva possédée de cinq démons, qui s'appelaient loup, chat, chien, johj, griffo7i. Deux de ces démons sortirent d'abord par sa bouche en forme de pelotes grosses comme le poing ; l'une rouge comme du feu; et l'autre, qui était le chat, sortit toute noire ; les autres partirent avec moins de violence. Tous ces démons, étant hors du corps de la jeune personne , firent plusieurs tours auprès du feu, et disparurent. On a su que c'était Françoise Secrétain qui avait fait avaler ces diables à celte petite fille dans une croûte de pain de couleur de fumier *.
Maimon, — chef de la neuvième hiérarchie des démons, capitaine de ceux qui sont tentateurs, insidiateurs , dresseurs de pièges, lesquels se tortillent autour de chaque personne pour contrecarrer le bon ange2.
Main. — Les gens superstitieux prétendent qu'un signe de croix fait de la main gauche n'a pas de valeur, parce que la main droite est destinée aux œuvres pieuses; c'esl pourquoi on habitue les enfants à tout faire de la main droite et fà regarder la gauche comme nulle. Ce serait pourtant un avantage que de pouvoir se servir également des deux mains.
1 M. Garinct, lïist. de la magie en France, p. 102. 7- Delancre, Tableau de l'inconstance dos déni., etc , Uv. i, p. 22.
— Les nègres ne r orient jamais les morceaux à la bouche que de h main droite, parce qm, l'autre étant destinée au travail, il serait indécent , disent-ils , qu'elle touchât le visage , et c'est sacrilège chez eux que de blesser ce préjugé. Les habitants du Malabar ne sont pas moins scrupuleux : c'est chez eux un crime de toucher les aliments de la main gauche. Dès les temps anciens, les Perses et les Mèdes faisaient toujours serment de la main droite; les Romains lui donnaient une si haute préférence sur la gauche , que lorsqu'ils se mettaient à table ils se couchaient sur le côté gauche pour avoir l'autre entièrement libre; ils se défiaient tellement de la main gauche , que quand ils voulaient représenter l'amitié, ils la figuraient par deux mains droites réunies. — Aristote cite l'écrevisse comme un être privilégié d'une patte droite beaucoup plus grosse que la gauche i. Voy. Génies. — Voici les principes de l'art de dire la bonne aventure dans la main, science célèbre parmi les sciences mystérieuses, appelée par les adeptes chiromancie et chiroscopie , et cultivée spécialement par les bohémiennes. — H y a dans la main plusieurs parties qu'il est important de distinguer : la paume ou dedans de la main ; le poing ou dehors de la main, lorsqu'elle est fermée; les doigts, les ongles, les jointures , les lignes et les montagnes. — Il y a cinq doigts, le pouce, l'index, le doigt du milieu, l'annulaire, l'auriculaire ou pefit doigt. Il y a quinze jointures : trois au petit doigt, trois à l'annulaire, trois au doigt du milieu , trois à l'index, deux au pouce et une entre la main et le bras. — Il y a quatre lignes principales. La ligne de la vie , qui est la plus importante, commence au haut de la main , entre le pouce et l'index , et se prolonge au bas de la racine du pouce, jusqu'au milieu de la jointure qui sépare la main du bras; la ligne de la santé et de l'esprit, qui a la même origine que la ligne de vie, entre le pouce et l'index , coupe la main en deux et finit au milieu de la base de la main, entre la jointure du poignet et l'origine du petit doigt; la ligne de la fortune ou du bonheur, qui commence à l'origine de l'index , finit sous la base de la main , en deçà de la racine du petit doigt; enfin la ligne de la jointure, qui est la moins importante, se trouve sous le bras , dans le passage du bras à la main ; c'est plutôt un pli qu'une ligne. — On remarque une cinquième ligne qui ne se trouve pas dans toutes les mains; elle se nomme ligne du triangle, parce que, commençant au milieu de la jointure, sous la racine du pouce,
1 M. Saignes, Des Erreurs et des préjugés, p. 123.
elle finit sous la racine du petit doigt. — Il y a au.-si sept tubérosités ou montagnes , qui portent le nom des sept planètes. Nous les désignerons tout à l'heure. — Pour la chiromancie , on se sert toujours de la main gauche, parce que la droite, étant plus fatiguée, présente quelquefois dans les lignes des irrégularités qui ne sont point naturelles. On prend donc la main gauche lorsqu'elle est reposée, un peu fraîche et sans aucune agitation, pour voir au juste la couleur des lignes et la forme des traits qui s'y trouvent. La figure de la main peut déjà donner une idée, sinon du sort futur des personnes, au moins de leur naturel et de leur esprit. En général, une grosse main annonce un esprit bouché, à moins que les doigts ne soient longs et un peu déliés. Une main potelée, avec des doigts qui se terminent en fuseaux , comme on se plaîc à en souhaiter aux femmes, n'annonce pas un esprit très-étendu. Des doigts qui rentrent dans la main sont le signe non équivoque d'un esprit lent, quelquefois d'un naturel enclin à la fourberie. Des doigts qui se relèvent au-dessus de la main annoncent des qualités contraires. Des doigts aussi gros à l'extrémité qu'à la racine n'annoncent rien de mauvais. Des doigts plus gros à la jointure du milieu qu'à la racine n'annoncent rien que de bon.
— Nous donnons sérieusement ces détails, ne pensant pas qu'il soit nécessaire de les réfuter. — Une main large vaut mieux qu'une main trop étroite. Pour qu'une main soit belle, il faut qu'elle porte en largeur la longueur du doigt du milieu. — Si la ligne de la jointure qui est quelquefois double , est vive et colorée, elle annonce un heureux tempérament. Si elle est droite, également marquée dans toute sa longueur, elle promet des richesses et du bonheur. Si la jointure présentait quatre lignes visibles, égales et droites, on peut s'attendre à des honneurs, à des dignités, à de riches successions. Si elle est traversée de trois petites lignes perpendiculaires, ou marquée de quelques points bien visibles , c'est le signe certain qu'on sera trahi. Des lignes qui partent de la jointure et se perdent Je long du bras annoncent qu'on sera exilé. Si ces lignes se perdent dans la paume de la main , elles présagent de longs voyages sur terre et sur mer. — Une femme qui porte la figure d'une croix sur la ligne de la jointure est chaste, douce, remplie d'honneur et de sagesse; elle fera le bonheur de son époux.
— Si la ligne dévie, qui se nomme aussi ligne du cœur, est longue, marquée, égale, vivement colorée, elle présage une vie exempte de maux et une belle vieillesse. Si cette ligne
est sans couleur, tortueuse , courte, peu apparente, séparée par de petites lignes transversales, elle annonce une vie courte, une mauvaise santé. Si celte ligne est étroite, mais longue et bien colorée , elle désigne la sagesse, l'esprit ingénieux. Si elle est large et pâle, c'est le signe quelquefois de la sottise. Si elle est profonde et d'une couleur inégale, elle dénote la malice, le babil, la jalousie, la présomption. Lorsqu'à son origine, entre le pouce et l'index, la ligne de vie se sépare en deux , de manière à formel- la fourche , c'est le signe de l'inconstance. — Si cette ligne est coupée vers le milieu par deux petites lignes transversales bien apparentes , c'est le signe d'une mort prochaine. Si la ligne de vie est entourée de petites rides qui lui donnent la forme d'une branche chargée de rameaux, pourvu que ces rides s'élèvent vers le haut de la main , c'est le présage des richesses. Si ces rides sont tournées vers le bas de la main , elles annoncent la pauvreté. Toutes les fois que la ligne de vie est interrompue , brisée , c'est autant de maladies. — La ligne de la santé et de l'esprit est aussi appelée ligne du milieu. Lorsqu'elle est droite, bien marquée, d'une couleur naturelle, elle donne la santé et l'esprit, le jugement sain, ,une heureuse mémoire et une conception vive. Si elle est longue , on jouira d'une santé parfaite. Si elle est tellement courte qu'elle n'occupe que la moitié de la main , elle dénote la timidité , la faiblesse , l'avarice — Si la ligne de santé est tortueuse , elle donne le goût du vol; droite, au contraire , c'est la marque d'une conscience pure et d'un cœur juste. Si cette ligne s'interrompt vers le milieu pour former une espèce de demi -cercle, c'est le présage qu'on sera exposé à de grands périls avec les bêtes féroces. — La ligne de la furtune ou du bonheur commence, comme nous l'avons dit, sous la racine de l'index, et se termine à la base de la main , en. deçà de la racine du petii doigt : elle est presque parallèle à la ligne de santé. Si la ligne de la fortune est égale, droite, assez longue et bien marquée, elle annonce un excellent naturel, la force, la modestie et la constance dans le bien. Si, au lieu de commencer sous la racine de l'index, cidre l'index et le doigt du milieu, elle commence presqu'au haut de la main, c'est le signe de l'orgueil. Si elle est très -rouge dans sa partie supérieure , elle dénote l'envie. — Si la ligne de la fortune est chargée de petites lignes formant des rameaux qui s'élèvent vers le haut de la main, elle présage les dignités, le bonheur, la puissance et les richesses; mais si celle ligne est
absolument nue, unie, sans rameaux, elle prépare la misère et l'infortune. — S'il se trouve une petite croix sur la ligne de la fortune, c'est la marque d'un cœur libéral , ami de la véracité, bon, affable, orné de toutes les vertus. — Si la ligne du bonheur ou de la fortune , au lieu de naître où nous l'avons dit, prend racine entre le pouce et l'index, au même lieu que la ligne de santé , de façon que les deux lignes forment ensemble un angle aigu , on doit s'attendre à de grands périls, à des chagrins. Si la ligne de santé ne se trouvait pas au milieu de la main , et qu'il n'y eût que la ligne de vie et la ligne de la fortune ou du bonheur, réunies à leur origine , de manière à former un angle , c'est le présage qu'on perdra la tète à la bataille , eu qu'on sera blessé mortellement dans quelque affaire. — Si la ligne de la fortune est droite et déliée dans sa partie supérieure , elie donne le talent de gouverner sa maison et de fait e une face honnête à ses affaires. Si cette ligne est interrompue vers le milieu par de petites lignes transversales, elle indique la duplicité. — Si la ligne de la fortune est pâle dans toute sa longueur, elle promet la pudeur et la chasteté. — La ligne du triangle manque dars beaucoup de mains, sans qu'on en soit, plus malheureux. Si la ligne du triangle est droite, apparente (car ordinairement elle parait peu), et qu'elle s'avance jusqu'à la ligne de la santé, elle promet de grandes richesses. Si elle se prolonge jusque vers la racine du doigt du milieu , elle donne les plus heureux succès. Mais si elle se perd au-dessous de la racine du petit doigt, vers le bas de la main, elle amène des rivalités. Si elle est tortueuse, inégale , de quelque côté qu'elle se dirige , elle annonce que l'on ne sortira pas de la pauvreté. — L'éminence qui se trouve à la racine du pouce et s'étend jusqu'à la ligne de la vie se nomme la montagne de Vénus, Quand celte lubérosité est douce, unie, sans rides, c'est l'indice d'un heureux tempérament. Si cette montagne est ornée d'une petite ligne parallèle à la ligne de vie, et voisine de cette ligne , c'est le présage des richesses. — Si le pouce est traversé dans sa longueur de petites lignes qui se rendent de l'ongle à la jointure, ces lignes promettent un grand héritage. Mais :-i le pouce est coupé de ligues transversales, comme le pli des joinlures, c'est le signe qu'on fera des voyages longs et péri lieux. Si le pouce ou la racine du pouce présentent des points ou des étoiles, c'est la gaieté. — L'éminesce qui se trouve à la racine de l'index se nomme la montagne de Jupiter. Quand cette Lubérosité est unie et agréablement co-
'orée, c'est le signe d'un heureux nature! et d'un cœur porté à la vertu. Si elle est, chargée de petites lignes doucement marquées, on recevra des honneurs et des dignités importantes. — La tubérosité qui s'élève dans la paume de la main à la racine du doigt du milieu se nomme la montagne de Saturne. Si cette éminence est unie et naturellement colorée, elle marque la simplicité et l'amour du travail; mais si elle est chargée de petites rides, c'est le signe de l'inquiétude, c'est l'indice d'un esprit prompt à se chagriner. — Si la jointure qui sépare la main du doigt du milieu présente des plis tortueux, elle désigne un jugement lent , un esprit paresseux , une conception dure. Une femme qui aurait sous le doigt du milieu, entre la seconde jointure et la jointure voisine de l'ongle, la figure d'une petite croix , porterait là un signe heureux pour l'avenir. La tubérosité qui se trouve à la racine du doigt annulaire se nomme la montagne du Soleil. Si celte montagne est chargée de petites lignes naturellement marquées, elle annonce un esprit vif et heureux, de l'éloquence, des talents pour les emplois , un peu d'orgueil. Si ces lignes ne sont qu'au nombre de deux, elles donnent moins d'éloquence, mais aussi plus de modestie. Si la racine du doigt annulaire est chargée de lignes croisées les unes sur les autres, celui qui porte ce signe sera victorieux sur ses ennemis et l'emportera sur ses rivaux. — L'éminence qui s'élève dans la main à la racine du petit doigt se nomme la montagne de Mercure. Si cette éminence est unie, sans rides, on aura un heureux tempérament, de la constance dans l'esprit et dans le cœur; les hommes, de la modestie; les femmes, de la pudeur. Si celle éminence est traversée par deux lignes légères qui se dirigent vers le petit doigt, c'est la marque de la libéralité. — L'espace qui se trouve sur le bord inférieur de la main au-dessous de la montagne de Mercure, depuis la ligne du bonheur jusqu'à l'extrémité de la ligne de l'esprit, se nomme la montagne de la Lune. — Quand cet espace est uni, doux, net, il indique la paix de l'âme et un esprit naturellement tranquille. Lorsqu'il est fort coloré , c'est le signe de la tristesse, d'un esprit chagrin et morose , et. d'un tempérament mélancolique. Si cet espace est chargé de rides , il annonce des voyages et des dangers sur mer. — L'espace qui se trouve sur le bord inférieur de la main, en deçà de la montagne de la Lune , depuis l'extrémité de la ligne de l'esprit jusqu'à l'extrémité inférieure de la ligne de la jointure, se nomme la montagne de Mars. Quand cet espace est
uni, doux et net, il est le caractère du vrai courage et de celte bravoure que la prudence accompagne toujours. S'il est fortement coloré, il désigne l'audace, la témérité. — Lorsque la montagne de Mars est chargée de grosses rides, ces rides sont autant de dangers plus ou moins grands , suivant la profondeur et la longueur des rides; c'est aussi le présage d'une mort possible entre les mains des brigands, si les lignes sont livides; elles sont l'indice d'un trépas funeste si elles sont fort rouges, d'une mort glorieuse au champ de bataille si elles sont droites. Des croix sur la montagne cie Mars promettent des dignités et des commandements. — N'oublions pas les signes des ongles. — De petits signes blanchâtres sur les ongles présagent des craintes; s'ils sont noirs, ils annoncent des frayeurs et des dangers; s'ils sont rouges, ce qui est plus rare, des malheurs et des injustices; s'ils sont d'un blanc pur, des espérances et du bonheur. — Quand ces signes se trouvent à la racine de l'ongle, l'accomplissement de ce qu'ils présagent est éloigné. Ils se rapprochent avec le temps, et se trouvent à la sommité de l'ongle quand les craintes et les espérances se justifient par l'événement. — Pour qu'une main soit parfaitement heureuse, il faut qu'elle ne soit pas trop potelée, qu'elle soit un peu longue, que les doigts ne so:ent pas trop arrondis , que l'on distingue les nœuds des jointures. La couleur en sera fraîche et douce, les ongles plus longs que larges; la ligne de la vie bien marquée, égale, fraîche, ne sera point interrompue et s'éteindra dans la ligne de la jointure. La ligne de la santé occupera les trois quarts de l'étendue de la main. La ligne de la fortune sera chargée de rameaux et vivement colorée. — On voit, dans tous les livres qui traitent de la chiromancie, que les doctes en cette matière reconnaissaient deux sortes de divinations par le moyen de la main : la chiromancie physique, qui, par la simple inspection de la main, devine le caractère et les destinées des personnes ; et la chiromancie astrologique , qui examine les influences des planètes sur les lignes de la main, et croit pouvoir déterminer le caractère et prédire ce qui doit arriver en calculant ces influences. Nous nous sommes plus appesantis sur les principes de la chiromancie physique, parce que c'est la seule qui soit encore en usage. C'est aussi la plus claire et la plus ancienne. — Arislote regarde ta chiromancie comme une science certaine; Auguste disait lui-même la bonne aventure dans la main ; mais Torquemada pense qu'on ne peut pas être chiromancien sans avoir aussi
MM
un peu de nécromancie, et que ceux qui devinent juste , en vertu de cette science , sont inspirés par quelque mauvais esprit *. — « Gardez-vous, en chiromancie, dit M. Salgues 2, des lignes circulaires qui embrasseraient la totalité du pouce ; les cabnlistes les nomment l'anneau de Gygès, et Ad' ien Sicler nous prévient que ceux qui les portent courent risque qu'un jour un lacet fatal ne leur serre la jugulaire ; pour le prouver, il cite Jacquin Caumont, enseigne de vaisseau . qui fut pendu pour ne s'être pas assez méfié de cette funeste figure. — Ce serait bien pis si ce cercle était double en dehors et simple en dedans : alors nul doute que votre triste carrière ne se terminât sur une roue. Le même Adrien Sicler a connu à Nîmes un fameux impie, qui fut roué en 1559, et qui portait ce signe mortel à la première phalange. Il n'est pas possible de vous tracer toutes les lignes décrites et indiquées par les plus illustres chiromanciens pour découvrir la destinée et fixer l'horoscope de chaque individu; mais il est bon que vous sachiez qu'Isaac Kim-Ker a donné soixante-dix figures de mains au public; le docte Melampus, douze; le profond Compotus, huit; Jean de Hagen, trente-sept; le subtil Romphilius, six; l'érudit Corvaaus, cent cinquante; Jean Cirus , vingt; Patrice Tricassus, quatre-vingts; Jean Belot, quatre; Traisnerus, quarante, et Perrucho, six; ce qui fait de bon compte quatre cent vingt-trois mains sur lesquelles votre sagacité peut s'exercer. — Mais, dites-vous, l'expérience et les faits parlent en faveur de la chiromancie. Un Grec prédit à Alexandre de Médicis , duc de Toscane, sur l'inspection de sa main, qu'il mourrait d'une mort violente; et il fut en effet assassiné par Laurent de Médicis, son cousin. De tels faits ne prouvent rien; car si un chiromancien rencontra juste une fois ou deux , il se trompa mille fois. A quel homme raisonnable persuadera- t-on en effet que le soleil se mêle de régler le mouvement de son index (comme le disent les maîtres en chiromancie astrologique)? que Vénus a soin de son pouce , et Mercure de son petit doigt? Quoi î Jupiter est éloigné de vous d'environ cent cinquante millions de lieues dans sa moindre distance; il est quatorze cents fois plus gros que le petit globe que vous habitez, et décrit dans son orbite des années de douze ans, et vous voulez qu'il s'occupe de votre doigt médius!... — Le docteur Bruhier, dans son ouvrage des Caprices de l'imagination , rapporte qu'un homme de quarante ans, d'une
Hexameron, 4' journée.
Des erreurs et «les préjnf
'S, etc., t. If, p -19 o' suiv
rux — MAI
humeur vive et enjouée, rencontra en société une femme qu'on avait fait venir pour tirer des horoscopes. Il présente sa main, la vieille le regarde en soupirant : « Quel dommage qu*un homme si aimable n'ait plus qu'un mois à vivre! » Quelque temps après, il s'échauffe à la chasse, la fièvre le saisit, son imagination s'allume , et la prédiction de la bohémienne s'accomplit à la lettre.... »
Main de gloire. — Ce que les sorc.crs appellent main de gloire est la main d'un pendu, qu'on prépare de la sorte : on l'enveloppe dans un morceau de drap mortuaire, en la pressant bien , pour lui faire rendre le peu de sang qui pourrait y être resté; puis on la met dans un vase de terre, avec du sel , du salpêtre, du zimat et du poivre long, le tout bien pulvérisé. On la laisse dans ce pot l'espace de quinze jours; après quoi on l'expose au grand soleil de la canicule, jusqu'à ce qu'elle soit parfaitement desséchée ; si ie soleil ne suffit pas, on la met dans un four chauffé de fougère et de verveine. — On compose ensuite une espèce de chandelle, avec de la graisse de pendu, de la cire vierge et du sésame de Laponie ; et on se sert de la main de gloire, comme d'un chandelier, pour tenir cette merveilleuse chandelle allumée. Dans tous les lieux où l'on va avec ce funeste instrument, ceux qui y sont demeurent immobiles, et ne peuvent non plus remuer que s'ils étaient morts. — Il y a diverses manières de se servir de la main de gloire, que les scélérats connaissent bien; mais, depuis qu'on ne pend plus chez nous , ce doit être chose rare. — Deux magiciens, étant venus loger dans un cabaret pour y voler, demandèrent à passer la nuit auprès du feu ; ce qu'ils obtinrent. Lorsque tout le monde fut couché, la servante , qui se défiait de la mine des deux voyageurs, alla regarder par un trou de la porte pour voir ce qu'ils faisaient. Elle vit qu'ils tiraient d'un sac la main d'un corps mort, qu'ils en oignaient les doigts de je ne sais quel onguent, et les allumaient, à l'exception d'un seul qu'ils ne purent allumer, quelques efforts qu'ils fissent; et cela parce que, comme elle le comprit, il n'y avait qu'elle des gens de la maison qui ne dormit point; car les autres doigts étaient allumés pour plonger dans le plus profond sommeil ceux qui étaient déjà endormis. Elle alla aussitôt à son maître pour l'éveiller, mais elle ne put en venir à bout, non plus que des autres personnes du logis, qu'après avoir éteint les doigts allumés , pendant que les deux voleurs commençaient à faire leur coup dans une
chambre voisine. Les deux magiciens , se voyant découverts, s'enfuirent au plus vite, et on ne les trouva plus l. — Les voleurs ne peuvent se servir de la main de gloire quand on a eu la précaution de frotter le seuil de la porte avec un onguent composé de fiel de chat noir, de graisse de poule blanche et de sang de chouette , lequel onguent doit être fait dans la canicule 2.
Main invisible. — Gaspard Schotter, dans sa Magie universelle , livre 4, page 407, rapporte le fait suivant, dont il a été témoin dans son enfance, et qu'il a entendu raconter à des témoins plus âgés que lui : Deux compagnons sortaient d'une ville, armés et portant leur bagage, pour aller travailler dans une autre contrée. L'un d'eux, ayant trop bu , attaque l'autre, qui refuse de se battre avec un homme ivre. Mais il reçut un coup à la tôle; voyant couler son sang, il riposta et perça de part en part le malheureux ivrogne. On accourt aussitôt de la ville, et parmi les assistants se trouve la femme même du mort. Dans le moment qu'elle donne des soins à son époux, le meurtrier, qui s'enfuyait, se sentit saisi par une main invisible, et fut entraîné auprès du magistrat, lequel le fit mettre en prison. Qu'était-ce que cette main invisible? Celle du mort, qui revenait dégrisé.
Mainfroi OU Manfred , — roi de Naples,
qui légna dans les Deux-Siciles de '12o4 à '1266,- fils naturel de l'empereur Frédéric II. Lorsqu'il fut excommunié, il s'occupa, diton, de la magie. Pic de La Mirandole conte que Mainfroi, étant en guerre contre Charles d'Anjou , voulut savoir du diable 1 événement de la bataille qu'il allait lui livrer, et que le démon pour le tromper ne lui répondit qu'en paroles ambiguës , quoique cependant il lui prédît sa mort; et en effet, malgré le secours qu'il reçut des Sarrasins, il fut tué dans le combat par un soldat. — On remarque que Charles d'Anjou écrivit à Mainfroi avant la bataille : « Aujourd'hui je t'enverrai en enfer si tu ne m'envoies pas en paradis. » — On a attribué à Manfred un livre latin intitulé : la Pomme philosophique, où il traite de la science de l'alchimie , qu'il dit être la sœur germaine de la magie 3.
Maison ensorcelée. — A la fin de nivôse
an 43 (1805), il s'est passé à Paris, rue Notre-Dame-de-Nazareth, dans une ancienne maison de religieuses Cordelières, une scène
1 Delrio, Disquisitions magiques.
2 Le Solide trésor du Petit Albert.
3 Leloyer, Hist. des spectres et apparitions des esprits, liv.lv, p. 303.
qui fit quelque bruit. On vit tout à coup voler en l'air des bouteilles, depuis la cave jusqu'au grenier ; plusieurs personnes furent blessées , les débris de bouteilles restèrent entassés dans le jardin sans que la foule des curieux pût découvrir d'où provenait ce phénomène.
On consulta des physiciens et des chimistes, ils ne purent pas même dire de quelle manufacture venaient les bouteilles qu'on leur montra. Les gens du peuple se persuadèrent qu'elles venaient de la manufacture du diable, et que cette aventure ne pouvait être que l'ouvrage des sorciers ou des revenants; les personnes plus instruites, tout aussi crédules, ne surent que penser. La police découvrit enfin que ces revenants n'étaient que des habitants de la maison voisine, aidés d'un physicien de leurs amis, qui au moyen de l'électricité , et d'un trou imperceptible pratiqué dans le mur, parvenaient à faire mouvoir à leur gré les meubles de la maison prétendue ensorcelée. Ils avaient pour objet d'empêcher le propriétaire de la vendre; ils se vengeaient en môme temps d'une personne dont ils croyaient avoir à se plaindre Voy. Alessandro, Athénodore, Ayola, Bolacre, Cham-
BRES INFESTÉES, REVENANTS, etC.
Malade. — « Divers sont les jugements qui se font d'aucuns, si un malade doit vivre ou mourir; mais je publierai ce présent signe infaillible, duquel se pourra servir un chacun, et en faire un ferme jugement : prenez une ortie, et la mettez dans l'urine du malade incontinent après que le malade l'aura faite et avant qu'elle soit corrompue ; laissez l'ortie dans ladite urine l'espace de vingt-quatre heures; et après, si l'ortie se trouve verte > c'est un signe de vie -. » — Delancre5 nous conseille de ne pas admettre l'opinion des gnostiques, qui disent que chaque maladie a son démon, et d'éviter l'erreur populaire qui prétend que tous ceux qui tombent du hautmal sont possédés. — Les maladies ont souvent causé de grands désordres. Le P. Lebrun rapporte l'exemple d'une femme attaquée d'une maladie de l'œil , qui lui faisait voir une foule d'images bizarres et effrayantes ; elle se crut ensorcelée : un habile oculiste l'opéra , et guérit en même temps son œil et son imagination. — La plupart des sorciers, loups-garous et possédés n'étaient que des malades.
Malafar, — VÔf. VALAFAR.
1 M. Salgues, Des erreurs et des préjugés.
2 Le Petit Albert, p. 172.
3 Tableau de l'inconstance des dém.. sorc. et magie, liv. iv, p. 284.
Malaingha, — nom général des anges du premier ordre chez les habitants de Madagascar. Ces anges font mouvoir les cieux, les étoiles, les planètes, et sont chargés du gouvernement des saisons : les hommes sont confiés à leur garde ; ils veillent sur leurs jours, détournent les dangers qui les menacent , et écartent les démons.
Mal caduc — Pour guérir ce mal on se sert d'un anneau dont voilà la recelte : Vous ferez un anneau de pur argent, dans le chaton duquel vous enchâsserez un morceau de corne de pied d'élan ; puis vous choisirez un lundi du prinlemps auquel la lune sera en aspect bénin ou en conjonction avec Jupiter ou Vénus, et à l'heure favorable delà constellation vous graverez en dedans de l'anneau ce qui suit : -h Dabi, + Habi , -\- Haber, Habi. Soyez assuré qu'en portant habituellement cet anneau au doigt du milieu de la main , il vous garantira du mal caduc l. Si vous n'y croyez pas, moi non plus.
lttaldonat, — célèbre jésuite, né en 1534, à Casas de la Reina dans l'Estramadure. Il étudia à Salamanque , et entra chez les jésuites de Rome en 1562. Deux ans après, il ouvrit, au collège de Clermont , à Paris, un cours de philosophie, dans lequel il obtint les plus brillants succès , quoiqu'il n'eût encore que trente ans. Ayant formé le dessein de travailler a un commentaire sur les quatre évangélistes , il crut voir, pendant quelques nuits, un homme qui l'exhortait à finir promplement cet ouvrage , et qui l'assurait qu'il l'achèverait, mais qu'il survivrait peu de jours à sa conclusion ; cet homme lui marquait en même temps un certain endroit du ventre, qui fut le même où Maldonat sentit les vives douleurs dont ii mourut en 1583 , peu de temps après avoir achevé son ouvrage.
Male-bêie, — monstre qui passait autrefois , dans l'opinion du peuple de Toulouse, pour courir les rues la nuit. La superstition avait fait croire que tous ceux qui rencontraient ou envisageaient la male-bèle, mouraient le lendemain.
Walebranche ( Nicolas), — savant prêtre de l'Oratoire, né à Paris en 1638, mort en 1715. On trouve dans sa Recherclie de la Vérité de fort bonnes choses sur la sorcellerie , qu'il regarde comme une maladie d'imagination.— On dit qu'il n'osait pas se moucher, parce qu'il était persuadé qu'il lui pendait un gigot de mouton au bout du nez.
Maléfices. — On appelle maléfices toutes pratiques superstitieuses employées dans le
1 L° Petit Albert, page 166.
dessein de nuire aux hommes, aux animaux ou aux fruits de la terre ; on appelle encore maléfices les maladies et autres accidents malheureux causés par un art infernal, et qui ne peuvent s'enlever que par un pouvoir surnaturel. Il y a sept principales sortes de maléfices employés par les sorciers : 1° ils mettent dans le cœur une passion criminelle ; 2° ils inspirent des sentiments de haine ou d'envie à une personne contre une autre ; 3° ils jettent des ligatures ; i° ils donnent des maladies ; 5° ils font mourir les gens ; 6° ils ôtent l'usage de la raison ; 7° ils nuisent dans les biens et appauvrissent leurs ennemis. Les anciens se préservaient des maléfices à venir en crachant dans leur sein. — En Allemagne, quand une sorcière avait rendu un homme ou un cheval impotent et. maléficié, on prenait les boyaux d'un autre homme ou d'un cheval mort, on les traînait jusqu'à quelque logis , sans entrer par la porte commune , mais par le soupirail de la cave, ou par-dessous terre, et on y brûlait ces intestins. Alors ia sorcière qui avait jeté le maléfice sentait, dans les entrailles , une violente douleur, et s'en allait droit à la maison où l'on brûlait les intestins pour y prendre un charbon ardent, ce qui faisait cesser le mal. Si on ne lui ouvrait promptement la porte, la maison se remplissait de ténèbres avec un tonnerre effroyable, et ceux qui étaient dedans étaient contraints d'ouvrir pour conserver leur vie 1 — Les sorciers, en étant un sort ou maléfice, sont obligés de le donner à quelque chose de plus considérable que l'être ou l'objet à qui ils l'ôtent : sinon , le maléfice retombe sur eux. Mais un sorcier ne peut ôter un maléfice s'il est entre les mains de la justice; il faut pour cela qu'il soit pleinement libre. Voy. Hocque. — On a regardé souvent les épidémies comme des maléfices. Les sorciers, disait-on, mettent quelquefois, sous le seuil de la bergerie ou de l etable qu'ils veulent ruiner, une touffe de cheveux , ou un crapaud , avec trois maudissons, pour faire mourir étiques les moutons et les bestiaux qui passent dessus : on n'arrête le mal qu'en ôtant le maléfice. Delancre dit qu'un boulanger de Limoges voulant faire du pain blanc suivant sa coutume, sa pâte fut tellement charmée et maléficiée par une sorcière, qu'il fit du pain noir, insipide et infect. — Une magicienne ou sorcière, pour gagner le cœur d'un jeune homme marié , mit sous son lit, dans un pot bien bouché, un crapaud qui avait les yeux fermés; le jeune homme quitta sa femme et ses enfants pour s'attacher à l,i sorcière; niais la femme trouva le malé-
1 Bodin. Démonomanie, iiv. iv.
lice, le (il brûler, et son mari revint à elle '. — Un pauvre jeune homme ayant quitté ses sabots pour monter à une échelle , une sorcière y mit quelque poison sans qu'il s'en aperçût, et le jeune homme, en descendant, s'étant donné une entorse, fut boiteux toute sa vie2. — Une femme ensorcelée devint si grasse, dit Delrio, que c'était une boule dont on ne voyait plus le visage, ce qui ne laissait pas d'être considéiable. De plus, on entendait dans ses entrailles le même bruit que font les poules, les coqs, les canards, les moutons, les bœufs, les chiens, les cochor.s et les chevaux, de façon qu'on aurait pu la prendre pour une basse-cour ambulante. — Une sorcière avait rendu un maçon impotent et tellement courbé qu'il avait presque la tète entre les jambes. Il accusa la sorcière du maléfice qu'il éprouvait; on I'ancta, et le juge lui dit qu'elle ne se sauverait qu'en guérissant le maçon. Elle se fit apporter par sa fille un petit paquet de sa maison, et, après avoir adoré le diable, la face en terre, en marmottant quelques charmes, elle donna le paquet au maçon, lui commanda de se baigner et de le mettre dans son bain , en disant : Va de par le diable! Le maçon le fit, et guérit. Avant de mettre le paquet dans le bain, on voulut savoir ce qu'il contenait ; on y trouva trois petits lézards vifs; et quand le maçon fut dans le bain, il sentit sous lui comme trois grosses carpes, qu'on chercha un moment après sans rien trouver 5. — Les sorciers mettent parfois le diable dans des noix, et les donnent aux petits enfants, qui deviennent maléficiés. Un de nos démonographes (c'est, je pense, Boguet ) rapporte que, dans je ne sais quelle ville, un sorcier avait mis sur le parapet d'un pont une pomme maléficiée, pour un de ses ennemis , qui était gourmand de tout ce qu'il pouvait trouver sans desserrer la bourse. Heureusement le sorcier fut aperçu par des gens expérimentés, qui défendirent prudemment à qui que ce fût d'oser porter la main à la pomme , sous peine d'avaler le diable. Il fallait pourtant l'ôter, à moins qu'on ne voulût lui donner des gardes. On fut long-temps à délibérer, sans trouver aucun moyen de s'en défaire; enfin il se présenta un champion qui, muni d'une perche, s'avança à une distance de la pomme et la poussa dans la rivière, où 4îant tombée on en vit sortir plusieurs petits dnbles en forme de poissons. Les spectateurs Pnisntdes pierres et les jetèrent à la tète de ces pt;ts démons, qui ne se montrèrent plus...
1 Delrio, ^rjuisjtions magiques.
2 Del ancre, „ l'Inconstance, etc.
3 Bodin,Dénv,)manie
— Boguet conte encore qu'une jeune fille ensorcelée rendit de petits lézards, lesquels s'envolèrent par un trou qui se fit au plancher. Voy. Charmes, Enchantements, Magiciens, Sorciers , etc.
Malices du Démon. — On trouve sur Ce
chapitre des légendes bien naïves. Il y avait à Bonn, ditCésaire d'Heisterbach , un prêtre remarquable par sa pureté, sa bonté et sa dévotion. Le diable se plaisait à lui jouer de petits tours de laquais; lorsqu'il lisait son bréviaire , l'esprit malin s'approchait sans se laisser voir, mettait sa griffe sur la leçon du bon curé et l'empêchait de finir; une autre fois il fermait le livre, ou tournait le feuillet à contre-temps. Si c'était la nuit , il soufflait la chandelle. Le diable espérait se donner la joie d'impatienter son homme ; mais le bon prêtre recevait tout cela si bien et résistait si constamment à l'impatience , que l'importun esprit fut obligé de chercher une autre dupe i.
— Cassien parle de plusieurs esprits ou démons de la même trempe qui se plaisaient à tromper les passants, à les détourner de leur chemin et à leur indiquer de fausses routes , le tout par malicieux divertissement2. — Un baladin avait un démon familier, qui jouait avec lui et se plaisait à lui faire des espiègleries. Le matin il le réveillait en tirant les couvertures, quelque froid qu'il fit ; et quand le baladin dormait trop profondément, son démon l'emportait hors du lit et le déposait au milieu de la chambre3. — Pline parle de quelques jeunes gens qui furent tondus par le diable. Pendant que ces jeunes gens dormaient, des esprits familiers, vêtus de blanc, entraient dans leurs chambres, se posaient sur leur lit, leur coupaient les cheveux proprement, et s'en allaient après les avoir répandus sur le plancher *.
Malin. — C'est une des épithètes qu'on donne volontiers au démon, appelé souvent l'esprit malin.
Mallebrancke , — marqueur de jeu de paume , demeurant en la rue Sainte-Geneviève, à Paris, lequel fut, le i 1 décembre \ 61 8, visité par un revenant. C'était sa femme , morte depuis cinq ans. Elle lui donna de bons conseils qui redressèrent sa mauvaise vie , mais parla sans se montrer. On a fait là-dessus une brochure in- 12 , intitulée : Histoire nouvelle et remarquable de l'esprit d'une femme
1 Csesarii Hei&terb. miracul., lib. v, cap. 53.
2 Cassiani collât. 7, cap. 32.
:J Guillelmi Tarisieiisis, partis 2 princip., cap. 8. 4 Pline, lib. xvi, epit. 27.
mm — 2
qui s'est apparue au faubourg Saint-Marcel, etc. ; Paris, 1 61 8.
Malphas , — grand président des enfers , qui apparaît sous la forme d'un corbeau. Quand il se montre avec la figure humaine, le son de sa voix est rauque : il bâtit des citadelles et des tours inexpugnables, renverse les remparts ennemis, fait trouver de bons ouvriers, donne des esprits familiers, reçoit des sacrifices, et trompe les sacrificateurs : quarante légions obéissent à ses commandements 1,
Mammon, — démon de l'avarice : c'est lui. ditMilton, qui, le premier, apprit aux hommes à déchirer le sein de la terre pour en arracher les trésors.
Mammouth , — animal dont la race est perdue; il est un sujet de vénération parmi les peuplesdelaSibérie, qui lui donnentquatre ou cinq mètres de longueur; sa couleur est grisâtre, sa tête fort longue et son front large; il lui sort des deux côtés, au-dessus des yeux, des cornes qu'il remue et croise à son gré , disent les Sibériens ; ils ajoutent qu'il a la faculté de s'étendre considérablement en marchant, et de se rétrécir en plus petit volume; ses pattes ressemblent à des pattes d'ours 2.
m&n, — ennemi de Sommona-Codom. Les Siamois le représentent comme une espèce de monstre, avec une tête hérissée de serpents, un visage fort large et des dents horriblement grandes.
Mancanas, — imposteur qui, dans les îles Mariannes, s'attribuait le pouvoir de commander aux éléments, de rendre la santé aux malades , de changer les saisons et de procurer une récolte abondante ou d'heureuses pèches.
Manche à baîaî. — Quand les sorciers et les démons faisaient le sabbat , les sorcières s'y rendaient à cheval sur un manche à balai.
Mandragores, — démons familiers assez débonnaires; ils apparaissent sous la figure de petits hommes sans barbe , avec les cheveux épars. Un jour qu'un mandragore osa se montrer à la requête d'un sorcier qu'on tenait en justice, le juge ne craignit pas de lui arracher les bras et de les jeter dans le feu 5. Ce qui explique ce fait, c'e^t qu'un appelle aussi mandragores de petites poupées dans lesquelles le diable se loge, et que les sorciers consultent en cas d'embarras. — On lit dans
1 Wierus, ïn Pseudomonaivln'à dœm.
2 Laharpc, Hist. c]es Voyages, t. 11, p.'ÏBL
3 Dolrio, Disquisitions magiques.