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sa tante. Dans son second interrogatoire, elle déclara que la dernière fois qu'elle avait été au sabbat , c'était à Yaripon , près Noyon ; que Cerbérus , vêtu d'une courte robe noire , ayant une barbe noire, coiffé d'un chapeau à forme haute, tenait son chapitre près des haies dudit Varipon, et qu'il appelait par leurs noms les sorciers et sorcières. Elle fut condamnée par le conseil de la ville de Montdidier à être pendue, le 2 juin 1586. Elle en appela au parlement de Paris , qui rejeta le pourvoi. Son exécution eut lieu le 25 juillet même année *.
Martinet, — démon familier, qui accompagnait les magiciens et leur défendait de rien entreprendre sans sa permission, ni de sortir d'un lieu sans le congé de maître Martinet. Quelquefois aussi il rendait service aux voyageurs, en leur indiquant les chemins les plus courts; ce qui était de la complaisance.
Mascarades. — Les Gaulois croyaient que Mythras présidait aux constellations; ils l'adoraient comme le principe de la chaleur, de la fécondité, et des bonnes et mauvaisrs influences. Les initiés à ses mystères étaient partagés en plusieurs confréries, dont chacune avait pour symbole une constellation ; les confrères célébraient leurs fêtes, et faisaient leurs processions et leurs festins, déguisés en lions, en béliers, en ours, en chiens, etc., c'est-à-dire sous les figures qu'on suppose à ces constellations. Voilà sans doute, selon Saint-Foix, l'origine de nos mascarades. — On demandait à un Turc revenu d'Europe ce qu'il y avait vu de remarquable. « A Venise, répondit-il, ils deviennent fous pendant un temps de l'année ; ils courent déguisés par les rues, et celte extravagance augmente au point que les ecclésiastiques sont obligés de l'arrêter; de savants exorcistes font venir les malades un certain jour ( le mercredi des Cendres ), et, aussitôt qu'ils leur ont répandu un peu de cendres sur la tète , le bon sens leur revient, et ils retournent à leurs affaires. »
Massaliens OU BSessaliens, — illuminés des
premiers siècles qui croyaient que chaque homme tire de srs parents et apporte en lui un démon qui ne le quitte pas. Ils faisaient de longues prières pour le dompter ; après quoi ils dansaient et se livraient à des contorsions et à des gambades, en disant qu'ils s uitaient sur le diable. — Une autre secte de Massaliens au dixième siècle admettait deux dieux, nés d'un premier être; le plus jeune gouvernait le ciel, l'aîné présidait à la terre;
1 Garinet, Ilist. de la magie en France, p. 1 16.
ils nommaient le dernier Sathan , et supposaient que les deux fièrcs se faisaient une guerre continuelle, mais qu'un jour ils devaient se réconcilier '.
Mastication. — Les anciens croyaient que les morts mangeaient dans leurs tombeaux. On ne sait pas s'iis les entendaient mâcher; mais il est certain qu'il faut attribuer à l'idée qui conservait aux morts la faculté de manger 'l'habitude des repas funèbres qu'on servait de temps immémorial , et chez tous les peuples , sur la tombe du défunt. — L'opinion que les spectres se nourrissent est encore répandue dans le Levant. Il y a long-temps que les Allemands sont persuadés que les morts mâchent comme des porcs dans leurs tombeaux , et qu'il est facile de les entendre grogner en broyant ce qu'ils dévorent. Philippe Rherius, au dix-septième siècle, et Michel Raufft, au commencement du dix-huitième, ont mène publié des Traités sur les morts qui mâchent clans leurs sépulcres 2. Ils disent qu'en quelques endroits de l'Allemagne, pour empêcher les morts de mâcher, on leur met dans le cercueil une motte de terre sous le menton ; ailleurs on leur fourre dans la bouche une petite pièce d'argent, et d'autres leur serrent fortement la gorge avec un mouchoir. — Ils citent ensuite plusieurs morts qui ont dévoré leur propre chair dans leur sépulcre. On doit s'étonner de voir des savants trouver quelque chose de prodigieux clans des faits aussi naturels. Pendant la nuit qui suivit les funérailles du comte Henri de Salm, on entendit dans l'église de l'abbaye de Haute-Seille, où il était enterré , des cris sourds que les Allemands auraient sans doute pris pour le grognement d'une personne qui mâche ; et le lendemain , le tombeau du comte ayant été ouvert, on le trouva mort, mais renversé et le vidage en bas, au lieu qu'il avait été inhumé sur le dos. On l'avait enterré vivant, comme on en a enterré tant d'autres. — On doit attribuer à une cause semblable l'histoire rapportée par Raufft, d'une femme de Bohème, qui en 1 345 mangea, dans sa fosse, la moitié de son linceul sépulc al. Dans le dernier siècle, un pauvre homme ayant été inhumé précipitamment dans le cimetière, on entendit pendant la nuit du brait dans son tombeau : on l'ouvrit le lendemain , et on trouva qu'il s'était mangé les chairs des bras. Cet homme, ayant bu de l'eau- de- vie avec excès, avait été enterré vivant. — Une demoiselle d'Augsfoourg étant tombée en léthargie, on la crut moite, et son corps fut mis
1 Dictionnaire théolog. de Bergier.
2 De Masticatione mortuorum in tumulis.
MÊG — l
dans un caveau profond, sans être couvert de terre. On enlendit bientôt quelque bruit dans son tombeau; mais on n'y fit pas attention. Deux ou trois ans après, quelqu'un de la famille mourut : on ouvrit le caveau , et l'on trouva le corps de la demoiselle auprès de la pierre qui en fermait l'entrée. Elle avait inutilement tenté de déranger celte pierre, cl elle n'avait plus de doigts à la main droite, qu'elle s'était dévorée de désespoir. Voy. Vampires.
Mastiphal, — c'est le nom qu'on donne au prince des démons dans un livre apocryphe cité par Cedrenus, et qui a pour titre : la petite Genèse.
Matchi-Manitou, — esprit malfaisant, auquel les sauvages de l'Amérique septentrionale attribuent tous les maux qui leur arrivent. Ce mauvais génie n'est autre que la lune. Plusieurs de ces sauvages s'imaginent que les orages sont causés par l'esprit de la lune. Ils jettent à la mer ce qu'ils ont de plus précieux dans leurs canots, espérant apaiser par ces offrandes l'esprit irrité.
Matignon ( Jacques Goyon de ) , — gentilhomme, qui servit Henri Iïl et Henri IV. Ses envieux, apparemment pour le décrier, disaient que l'esprit, l'habileté, la prudence, le courage n'étaient point naturellement en lui, mais qu'ils lui venaient d'un pacte qu'il avait fait avec le diable. Il fallait que ce diable fût une bonne créature , dit Saint- Foix, puisque Matignon donna , dans toutes les occasions , des marques d'un caractère plein de douceur et d'humanité *.
Matzou, — divinité chinoise. C'était, suivant quelques auteurs, une magicienne.
flfaury ( Jean-Siffrein ). — Un colporteur, en 1792, pour mieux piquer la curiosité du peuple de Paris, criait, en vendant ses pamphlets: Mort de Vabbé Maury ! L'abbé passe, s'en approche, lui donne un soufflet et lui dit : « Tiens , si je suis mort , au moins tu croiras aux revenants »
Mécanique. — Ainsi que toutes les sciences compliquées, la mécanique a produit des combinaisons surprenantes qui ont été reçues autrefois comme des prodiges. Ce qui a le plus étonné les esprits, c'est l'aulomate qu'on appelait aussi androïde. Nous avons parlé de l'androïde d'Albert-le-Grand, qui passa aux yeux de ses contemporains pour une œuvre de magie. Jean Muller, savant du quinzième siècle, plus connu sous le nom de Regiomontanus, fît, dit-on, un aigle-automate qui avait la faculté de se diriger dans les airs ; il de-
1 Hist. de l'ordre du St -Esprit, promotion de 1579.
3 — MfvC vançait le oanard-autotnale de Vaueanson , qui barbottait , voltigeait, cancanait et digérait. Aulu-Gelle rapporte qu'Architas, dans l'antiquité, avait, construit un pigeon qui prenait son vol, s'élevait à une certaine hauteur et revenait à sa place. On attribue à Roger Bacon une tête qui prononçait quelques paroles. Vaucanson fit un joueur de flûte qui exécutait plusieurs airs. Jacques Droz , son contemporain, fit au dernier siècle un automate qui dessinait et un autre qui jouait du clavecin. Dans le même temps, l'abbé Mica! construisit deux têtes de bronze qui, comme l'androïde de Roger Bacon, prononçaient des paroles. Mais ce qui fit plus d'effet encore, ce fut le joueur d'échecs du baron de Kempelen. C'était un automate mu par des ressorts, qui jouait aux échecs contre les plus forts joueurs et les gagnait quelquefois. On ignorait, il est vrai , que le mécanisme était dirigé par un homme caché dans l'armoire à laquelle l'automate était adossé. Mais ce n'en était pas moins un travail admirable. — Autrefois , nous le répétons , on ne voyait dans les androïdes que l'œuvre d'une science occulte. Aujourd'hui, par un revirement inconcevable , on semble faire peu de cas de ces efforts du génie de la mécanique. On a laissé périr tous les automates célèbres , et nos musées et nos conservatoires, qui font encombrés de tant de futilités, ne possèdent pas d'androïdes.
Mécasphîns , — sorciers chaldéens , qui usaient d'herbes, de drogues particulières et d'os de morts, pour leurs opérations superstitieuses.
Méchant. — Le diable est appelé souvent le méchant , le mauvais et le maiin. 11 est le principe en effet et le père de la méchanceté.
Mechtilde ( Sainte ). — Elle parut environ cent ans après sainte Hildegarde. Elle était sœur de sainte Gertrude. Ses visions et révélations ont été imprimées en 1513. C'est un recueil assez curieux et assez rare, qui contient le livre du Pasteur et les Visions du moine Vetin, réimprimées depuis par le père Mabillon , au quatrième livre de ses Actes de Saint-Benoît, partie première. On y trouve aussi les révélations de sainte Élisabeth de Schonaw, qui contiennent cinq livres, aussi bien que celles de sainte Mechtilde. Celles de sainte Gertrude viennent ensuite, et sont suivies des visions du frère Robert, dominicain, qui vivait en 1330. Sainte Mechtilde est morte en l'an 1284 ou 1 286 «. On trouve dans ce recueil beaucoup de descriptions de l'enfer.
1 Lenglet-Dufresnoy, Traité dos apparitions, 274.
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