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ner. La figure d'un animal à quatre pâlies promet des peines. La figure d'un oiseau présage un coup de bonheur. Si l'oiseau semble pris dans un filet, c'est un procès. La figure d'un reptile annonce une trahison. La figure d'une rose promet la santé ; la forme d'un saule pleureur, une mélancolie; la figure d'un buisson, des retards. La forme d'une roue est le signe d'un accident. Une fenêtre ou plusieurs carrés joints ensemble de manière à former une espèce de croisée , vous avertissent que vous serez volé. — Si vous voyez une tète ou une forme de chien à côté d'une figure humaine, vous avez un ami. Si vous voyez un homme monté sur un cheval ou sur tout autre quadrupède , un homme estimable fait pour vous de grandes démarches. Quand vous apercevez trois figures l'une auprès de l'autre , attendez quelque emploi honorable. Si vous distinguiez une couronne de croix, un homme de vos parents mourrait dans Tannée. Une couronne de triangles ou de carrés annonce la mort d'une de vos parentes également dans l'année qui court. Un bouquet composé de quatre fleurs, ou d'un plus grand nombre, est le plus heureux de tous les présages. Voilà.
Marchocias, — grand marquis des enfers ; il se montre sous la figure d'une louve féroce, avec des ailes de griffon et une queue de serpent. Il vomit des flammes. Lorsqu'il prend la figure humaine, on croit voir un grand soldat; il obéit aux exorcistes, est de l'ordre des dominations , et commande trente légions l.
Marcionites , — hérétiques du cinquième siècle, qui avaient pour chef Marcion. Ils étaient dualistes et disaient que Dieu avait créé nos âmes, mais que le diable jaloux avait aussitôt créé nos corps, dans lesquels il avait emprisonné lesdites âmes.
Mardi. — Si on rogne ses ongles les jours de la semaine qui ont un R, comme le mardi, le mercredi et le vendredi , il viendra des envies aux doigts.
Margarîtomancie , — divination par les perles. On en pose une auprès du feu ; on la couvre d'un vase renversé; on l'enchante en récitant les noms de ceux qui sont suspects. Si quelque chose a été dérobé au moment où le nom du larron est prononcé, la perle bondit en haut et. perce le lond du vase pour sortir; c'est ainsi qu'on reconnaît le coupable2.
Marguerite, — princesse hollandaise qui vivait au treizième siècle. Ayant refusé bru-
1 Wierus, In Pseudomonarchiâ dcem.
2 Delancre , Incrédulité et mécréance du sortilège pleinement convaincue, p. 270.
talement l'aumône à une pauvre femme qui avait plusieurs enfants et lui ayant reproché sa fécondité , cette pauvresse lui prédit qu'elle-même aurait autant d'enfants qu'il y a de jours dans l'an. Elle accoucha en effet de trois cent soixante-cinq enfants qui furent présentés sur deux grands plats à Loosduynen près de La Haye, où cette histoire n'est pas mise en doute , et où les deux plats ont été conservés ainsi que le tombeau des trois cent soixante-cinq enfants , morts aussitôt après leur baptême.
Marguerite, — Italienne, qui avait un esprit familier. Lenglet-Dufresnoy rapporte ainsi son histoire, sur le témoignage de Cadran : — « Il y avait à Milan une femme, nommée Marguerite , qui publiait partout qu'elle avait un diable ou esprit familier qui la suivait et l'accompagnait partout , mais qui pourtant s'absentait deux ou trois mois de l'année. Elle trafiquait de cet esprit , car souvent elle était appelée en beaucoup de maisons, et incontinent qu'on lui avait fait commandement d'évoquer son esprit, elle courbait la tête ou l'enveloppait de son tablier, et commençait à l'appeler et adjurer en sa langue italienne; il se présenlait soudain à elle et répondait à son évocation ; la voix de cet esprit ne s'entendait pas auprès d'elle, mais loin , comme si elle fût sortie de quelque trou de muraille ; et si quelqu'un se voulait approcher du lieu où la voix de cet esprit résonnait, il était étonné qu'il ne l'entendait plus en ce lieu, mais en quelque autre coin de la maison ; quant à sa voix, elle n'était point articulée ni formée de manière qu'on la pût entendre; mais elle était grêle et faible, de sorte qu'elle se pouvait dire plutôt un murmure qu'un son de voix ; et après que cet esprit avait ainsi sifflé et murmuré, cette vieille lui servait de truchement, et faisait entendre aux autres ce qu'il avait dit. Elle a demeuré en quelques maisons où il y a des femmes qui ont observé ses façons de faire, qui disent qu'elle enferme quelquefois cet esprit en un linceul, et qu'il a coutume de lui mordre la bouche tellement qu'elle a presque toujours les lèvres ulcérées. Cette misérable femme est en si grande horreur à tout le monde à cause de cet esprit, qu'elle ne trouve personne qui la veuille loger ou fréquenter avec elle '. » Nous n'avons pas besoin d'ajouter que c'était là un tour de venlriloquie.
Mariacho de Molères, — insigne sorcière qui fut accusée par une jeune fille nommée
1 Eecueil de Dissertât, de Lenglet-Dufresnoy, t. 1er, p. 156.
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Marie Aspiculette, âgée de dix-neuf ans, de l'avoir menée au sabbat , l'emportant sur son cou après s'être frottée d'une eau épaisse et verdâtre, dont elle se graissait les mains, les hanches et les genoux *.
Mariagrane (Marie), — sorcière qui dit avoir vu souvent le diable, et qui se trouve citée dans Delancre.
Mariage. — - On a plusieurs moyens de connaître quand et avec qui on se mariera. M. Chopin conte qu'en Russie les jeunes filles curieuses de connaître si elles seront mariées dans l'année forment un cercle dans lequel chacune répand devant soi une pincée de grains d'avoine. Cela fait, une femme placée au centre, et tenant un coq enveloppé, tourne plusieurs fois sur elle-même en fermant les yeux et lâche l'animal, qu'on a eu soin d'affamer ; il ne manque pas d'aller picoter le grain. Celle dont l'avoine a été la première entamée peut compter sur un prochain mariage. Plus le coq y met d'avidité , et plus promptement l'union pronostiquée doit se conclure. — S'il est naturel à une jeune fille russe de désirer le mariage , il ne l'est pas moins qu'elle souhaite de connaître celui qui sera son époux. Le moyen suivant satisfait sa curiosité. Elle se rend à minuit dans une chambre écartée où sont préparés deux miroirs placés parallèlement vis-à-vis l'un de l'autre et éclairés de deux flambeaux. Elle s'assied et prononce par trois fois 2 ces mots : Kto moy soujnoy 'kto moy riajnoy, tôt pokajetsia mnie. « Que celui qui sera mon époux m'apparaisse ! » Après quoi elle porte ses regards sur l'un des miroirs, et la réflexion lui présente une longue suite de glaces ; sa vue doit se fixer sur un espace éloigné et plus obscur, où l'on prétend que se fait l'apparition. On conçoit que plus le lieu observé paraît éloigné, et plus il est facile à l'imagination déjà préoccupée de se faire une illusion. On se sert du même procédé pour savoir ce que font des personnes absentes. — Ceux qui désirent apprendre (toujours chez les Russes) si une jeune fille se mariera bientôt, font un treillage en forme de pont avec de petites branches entrelacées, et le mettent sous son chevet sans qu'elle s'en aperçoive. Le lendemain on lui demande ce qu'elle a vu en songe; si elle raconte avoir passé un pont avec un jeune homme, c'est un signe infaillible qu'elle lui sera unie la même année. Cette
1 Delancre, Tableau de l'inconstance des dém., etc., liv. il, p. 116.
2 Les Russes supposent au nombre trois une vertu particulière, liog tionbil Iroitzon e t un dicton populaire qui signifie : Dieu aime le nombre trois.
divination s'appelle en russe most mastite1. — On lit dans les admirables secrets du Petit Albert cette manière de connaître avec qui on s'unira. ïl faut avoir du corail pulvérisé et de la poudre d'aimant, les délayer ensemble avec du sang de pigeon blanc ; on fera un petit peloton de pâle qu'on enveloppera dans un morceau de taffetas bleu , on se le pendra au cou; on mettra sous son chevet une branche de myrte vert , et on verra en songe la personne qu'on doit épouser. Les filles ou veuves obtiennent le même résultat en liant une branche de peuplier avec leurs chausses sous le chevet, et se frottant les tempes avant de dormir d'un peu de sang de huppe. — On croit aussi dans plusieurs provinces que les époux qui mangent ou boivent avant la célébration du mariage ont des enfants muets.
Marigny [EtNGtï ERR AND DE), — ministre de
Louis X, roi de France. Alix de Mons, femme d'Enguerrancl , et la dame de Canteleu , sa sœur, furent accusées d'avoir eu recours aux sortilèges |:our envoûter le roi, messire Charles son frère et autres barons, et d'avoir fait des maléfices pour faire évader Enguerrand qui était emprisonné. On fit arrêter les deux dames. Jacques Dulot, magicien, qui était censé les avoir aidées de ses sortilèges, fut mis en prison ; sa femme fut brûlée , et son valet pendu. Dulot, craignant pareil supplice, se tua ou fut tué dans son cachot. Le comte de Valois, oncle du roi, lui fit considérer que la mort volont; ire du magicien était une grande preuve contre Marigny. On montra au monarque les images de cire ; il se laissa persuader et déclara qu'il ôtait sa main de Marigny, et qu'il l'abandonnait à son oncle. On assembla aussitôt quelques juges ; la délibéralion ne fut pas longue : Marigny fut condamné, malgré sa qualité de gentilhomme, à être pendu comme sorcier; l'arrêt fut exécuté la veille de l'Ascension, et son corps fut attaché au gibet de Montfaucon, qu'il avait fait relever durant son ministère. Le peuple, que l'insolence du ministre avait irrité, se montra touché de son malheur. Les juges n'osèrent condamner sa femme et sa sœur; le roi luimême se repentit d'avoir abandonné Marigny à ses ennemis ; et dans son testament il laissa une somme considérable à sa famille, en considération, dit-il, de la grande infortune qui lui était arrivée 2.
Marionnettes. — On croyait autrefois que dans les marionnettes logeaient de petits dé-
1 M. Chopin, De l'État actuel de la Russie, ou Coupd'œil sur Salut -Pétersbourg, p. 82.
» M. Garinet, Hist. de la magie en France.
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mons. Vmj. BniociiÉ, Bouciiey, Mandragores , etc.
Marlssane. — Un jeune homme de quinze ou seize ans nommé Christoval de la Garrade fut enlevé, sans graisse ni onguent, par Marissane de Tartras, sorcière, laquelle le porta si loin et si haut à travers les airs , qu'il ne put reconnaître le lieu du sabbat; mais il avoua qu'il avait été bien étrillé pour n'avoir pas voulu y prendre part, et sa déposition fut une des preuves qui firent brûler la sorcière ; pourtant il pouvait n'avoir fait qu'un rêve. Voy. Ralde.
Marius. — ïl menait avec lui une sorcière scythe qui lui pronostiquait le succès de ses entreprises.
Marot. — Mahomet cite l'histoire des deux anges Arot et Marot pour justifier la défense qu'il fait de boire du vin. « Dieu, dit-il, chargea Àrot et Marot d'une commission sur la terre. Une jeune dame les invita à dîner, et i!s trouvèrent le vin si bon qu'ils s'enivrèrent. Ils remarquèrent alors que leur hôtesse était belle, s'éprirent d'amour et se déclarèrent. Cette dame, qui était sage, répondit qu'elle ne les écouterait que quand ils lui auraient appris les mots dont ils se servaient pour monter au ciel. Dès qu'elle les sut, elle s'éleva jusqu'au trône de Dieu, qui la transforma, pour prix de sa vertu , en une étoile brillante (c'est rétoile du matin), et qui condamna les deux anges ivrognes à demeurer jusqu'au jour du jugement suspendus par les pieds dans le puits de Babel , que les pèlerins musulmans vont visiter encore auprès de Bagdad. »
Marque du diable. — On sait que les sorcières qui vont au sabbat sont marquées par le diable, et ont particulièrement un endroit insensible , que les juges ont fait quelquefois sonder avec de longues épingles. Lorsque les prévenues ne jettent aucun cri et ne laissent voir aucune souffrance, elles sont réputées sorcières et condamnées comme telles, parce que c'est une preuve évidente de leur transport au sabbat. Delancre 1 ajoute que toutes celles qui ont passé par ses mains ont avoué toutes ces choses lorsqu'elles furent jetées au feu. Bodin prétend que le diable ne marque point celles qui se donnent à lui volontairement et qu'il croit fidèles; mais Delancre réfute cette assertion en disant que toutes les plus grandes sorcières qu'il a vues avaient une ou plusieurs marques, soit à l'œil , soit ailleurs; ces marques ont d'ordinaire la for-
1 Tableau de l'inconstance des démons, p. 103.
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me d'un petit croissant ou d'une griffe, ou d'une paire de cornes qui font la fourche.
Marquis de l'enfer. — Les marquis de l'enfer, comme Phœnix, Cimeries , Andras, sont, ainsi que chez nous, un peu supérieurs aux comtes. On les évoque avec fruit depuis trois heures du soir jusqu'à la chute du jour 1 .
Marthym OU Bathym , — duc aux enfers,
grand et fort ; il a l'apparence d'un homme robuste, et au derrière une queue de serpent. Il monte un cheval d'une blancheur livide. Il connaît les vertus des herbes et des pierres précieuses. Il transporte les hommes d'un pays dans un autre avec une vitesse incroyable. Trente légions lui obéissent.
Martin — Un jour que saint Martin de Tours disait la messe , le diable entra dans l'église avec l'espoir de le distraire. — Celte naïve historiette de la Légende dorée, représentée dans une église de Brest, parut à Grosnet un trait si joli qu'il le mit en vers. Le diable était, selon cet ancien poète, dans un coin de l'église, écrivant sur un parchemin les caquets des femmes et les propos inconvenants qu'on tenait à ses oreilles pendant les saints offices. Quand sa feuille fut remplie, comme il avait encore bien des notes à prendre, il mit le parchemin entre ses dents et le tira de toutes ses forces pour rallonger ; mais la feuille se déchira , et la tête du diable alla frapper contre un pilier qui se trouvait derrière lui. Saint Martin, qui se retournait alors pour le Dominus vobiscum , se mit à rire de la grimace du diable, et perdit ainsi le mérite de sa messe, au jugement du moins de l'esprit malin, qui se hâta de fuir.
Martin ( Marie ) , — sorcière du bourg de La Neufville-le-Roi , en Picardie , qui fut arrê'.ôe pour avoir fait mourir des bêtes et des hommes par sortilège. Un magirien qui passait par là la reconnut ; et, sur son avis, la sorcière fut rasée. On lui trouva la marque du diable , ayant l'empreinte d'une patte de chat. Elle dit au juge qu'elle se reconnaissait coupable. Traduite à la prévôté , elle avoua qu'elle était sorcière, qu'elle jetait des sorts au moyen d'une poudre composée d'ossements de trépassés ; que le diable Cerbérus lui parlait ordinairement. Elle nomma les personnes qu'elle avait ensorcelées et les chevaux qu'elle avait maléficiés. Elle dit que , pour plaire à Cerbérus, elle n'allait pas à la messe deux jours avant de jeter ses sorts, qu'elle a été au chapitre tenu par Cerbérus, et qu'elle y a été conduite la première fois p.ir l ouise Morel,
1 Wicrus, In Pseudomon. daem.
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