‹ Dictionnaire infernalChapitre 267 sur 368 · M LU · texte numérisé non relu

M LU

connu pour tel, et décapité après avoir eu le cœur percé d'un clou. Ses restes furent brûlés et jetés dans la rivière. Voy. Vampires.

Milon. — athlète grec qui était doué d'une force prodigieuse. Galien , .Mercurialis et d'autres disent qu'il se tenait si ferme sur une planche huilée , que trois hommes ne pouvaient la lui faire abandonner. Athénée ajoute qu'aux jeux olympiques il porta long-temps sur ses épaules un bœuf de quatre ans, qu'il mangea le même jour tout entier; fait aussi vrai que le trait de Gargantua , lequel avala six pèlerins dans une bouchée de salade l.

Mimer. — En face de Kullan, on aperçoit une colline couverte de verdure qu'on appelle la colline d'Odin. C'est là, dit-on, que le dieu Scandinave a été enterré. Mais on n'y voit que le tombeau du conseiller d'état Sehimmelmann, qui était un homme fort paisible, trèspeu soucieux, je crois, de monter au Valhalla et de boire le miœd avec les valkyries. Cependant une enceinte d'arbres protège l'endroit où les restes du dieu suprême ont été déposés; une source d'eau limpide y coule avec un doux murmure. Les jeunes filles des environs qui connaissent leur mythologie disent que c'est la vraie source de la sagesse , la source de Mimer, pour laquelle Odin sacrifia un de ses yeux. Dans les beaux jours d'été, elles y viennent boire2.

Mimi , — VOIJ. ZOZO.

Mimique, — art de connaître les homme* par leurs gestes, leurs attitudes , etc. C'est la partie la moins douteuse de la physiognomonie. La figure est souvent trompeuse; mais les gestes et les mouvements d'une personne qui ne se croit pas observée peuvent donner une idée plus ou moins parfaite de son caractère Rien n'est plus significatif, dit Lavater, que les gestes qui accompagnent l'attitude et la démarche. Naturel ou affecté , rapide ou lent, passionné ou froid, uniforme ou varié, grave. ou badin, aisé ou forcé, dégagé ou roide , noble ou bas, fier ou humble, hardi ou timide, décent ou ridicule, agréable, gracieux, imposant, menaçant, le geste est différencié de mille manières. L'harmonie étonnante qui existe entre la démarche, la voix et le geste, se dément rarement. Mais pour démêler le fourbe, il faudrait le surprendre au moment où se croyant seul il est encore luimême, et n'a pas eu le temps de faire prendre à son visage l'expression qu'il sait lui donner. Découvrir l'hypocrisie est la chose la plus dif-

1 Brown, Essai surles erreurs popul.,1, mi, ch. xvnr, p. 334.

2 Marinier, Souvenirs danois.

ficile et en même temps la plus aisée : difficile tant que l'hypocrite se croit observé ; facile dès qu'il oublie qu'on l'observe. — Cependant on voit tous les jours que la gravité et la timidité donnent à la physionomie la plus honnête un aperçu de malhonnêteté. Souvent c'est parce qu'il est timide, et non point parce qu'il est faux, que celui qui vous fait un récit ou une confidence n'ose vous regarder en face. — N'attendez jamais une humeur douce et tranquille d'un homme qui s'agite sans cesse avec violence, et en général ne craignez ni emportement ni excès de quelqu'un dont le maintien est toujours sage et posé. Avec une démarche alerte , on ne peut guère être lent et paresseux; et celui qui se traîne nonchalamment à pas comptés n'annonce pas cet esprit d'activité qui ne craint ni dangers, ni obstacles pour arriver au but. — Une bouche béante et fanée, une attitude insipide, les bras pendants et la main gauche tournée en dehors, sans qu'on en devine le motif, annoncent la stupidité naturelle, la nullité, le vide, une curiosité hébétée. — La démarche d'un sage est différente de celle d'un idiot, et un idiot est assis autrement qu'un homme sensé. L'attitude du sage annonce la méditation, le recueillement ou le repos. L'imbécile reste sur sa chaise sans savoir pourquoi ; il semble fixer quelque chose et son regard ne porte sur rien ; son assiette est isolée comme lui-même. — La prétention suppose un fond de sottise. Attendez-vous à rencontrer l'une et l'autre dans toute physionomie disproportionnée et grossière qui affecte un air de solennité et d'autorité. Jamais l'homme sensé ne se donnera des airs, ni ne prendra l'attitude d'une tète éventée. Si son attention excitée l'oblige à lever la tète , il ne croisera pourtant pas les bras sur le dos; ce maintien suppose de l'affectation, surtout avec une physionomie qui n'a rien de désagréable, mais qui n'est pas celle d'un penseur. — Un air d'incertitude dans l'ensemble, un visage qui dans son immobilité ne dit rien du tout, ne sont pas des signes de sagesse. Un homme qui, réduit à son néant, s'applaudit encore lui-même avec joie, qui rit comme un sot sans savoir pourquoi, ne parviendra jamais à former ou à suivre une idée raisonnable. — La crainte d'être distrait se remarque dans la bouche. Dans l'attention elle n'ose respirer. — Un homme vide de sens, et qui veut se donner des airs, met la main droite dans son sein et la gauche dans la poche de sa culotte avec un maintien affecté et théâtral. — Une personne qui est toujours aux écoules ne promet tien de bien distingué. — Quiconque sourit sans sujet avec

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