‹ Dictionnaire infernalChapitre 271 sur 368 · MOT · texte numérisé non relu

MOT

Moine bourru , — voy. BOURRU.

Moines. — On lit partout ce petit conte. Un moine, qu'une trop longue abstinence faisait souffrir, s'avisa un jour dans sa cellule de faire cuire un œuf à la lumière de sa lampe. L'abbé qui faisait sa ronde, ayant vu le moine occupé à sa petite cuisine, l'en reprit; de quoi le bon religieux s'excusant dit que c'était le diable qui l'avait tenté et lui avait inspiré cette ruse. Tout aussitôt parut le diable lui-même , qui était caché sous la table, et qui s'écria en s'adressant au moine : « Tu en as menti par ta barbe ; ce tour n'est pas de mon invention, et c'est toi qui viens de me l'apprendre. » — Césaire d'Heisterbach donne cet autre petit fait. Le moine Herman, comparant la rigoureuse abstinence de son ordre aux bons ragoûts que l'on mange dans le monde, vit entrer dans sa cellule un inconnu de bonne mine qui lui offrit un plat de poisson. I! reçut ce présent; et lorsqu'il voulut accommoder son poisson , il ne trouva plus sous sa main qu'un plat de fiente de cheval.

— Il comprit qu'il venait de recevoir une leçon , et fut plus sobre '.

Mois. — Divinités de chaque mois chez les pa'iens. — Junon préside au mois de janvier; Neptune, à février ; Mars, au mois qui porte son nom ; Vénus , au mois d'avril ; Phébus, au mois de mai; Mercure, au mois de juin; Jupiter, à juillet; Cérès, au mois d'août; Yulcain, à septembre ; Pallas, au mois d'octobre ; Diane, à novembre; Vesla, à décembre.

— Anges de chaque mois. — Janvier est le mois de Gabriel; février, le mois de Barchiel ; mars, le mois de Machidiel ; avril, le mois d'Asmodel ; mai , le mois d'Ambriel ; juin, le mois de Muriel; juillet, le mois de Verchiel ; août, le mois d'Hamaliel ; septembre, le mois d'Uriel ; octobre, le mois ce Barbiel ; novembre, le mois d'Adnachiel ; décembre, le mois d'Hanaê'l. — Démons de chaque mois. — Janvier est le mois de Bélial; février, le mois de Léviathan ; mars , le mois de Satan; avril, le mois d'Astarté ; mai, le mois de Lucifer; juin, le mois de Baalberith; juillet, le mois de Belzébuth ; août, le mois d'Astaroth ; septembre, le mois de Thamuz ; octobre, le mois de Baal ; novembre, le mois d'Hécate; décembre, le mois de Moloch. — Animaux de chaque mois. — La brebis çs< consacrée au mois de janvier; le cheval, au mois de février; la chèvre, au mois de mars; le bouc, au mois d'avril; le taureau, au mois de mai ; le chien, au mois de juin ; le cerf, au

1 Mar . icr, Traditions c|e 1% mer BaMicjuc.

2 De la Clialdée et des C'haldéins.

1 Cœsarii Ilcisterbacli. D.- tentât., lib. iv; Miracul ,

cap. 87.

MOÎC — 3

mois de juillet; le sanglier, au mois d'août; l'âne, au mois de septembre; le loup, au mois d'octobre; la biche, au mois de novembre; le lion , au mois de décembre. — Oiseaux de chaque mois. — Le paon est consacré au mois de janvier; le cygne, au mois- de février; le pivert, au mois de mars; la colombe, au mois d'avril; le coq, au mois de mai; l'ibis, au mois de juin; l'aigle, au mois de juillet; le moineau, au mois d'août; l'oie, au mois de septembre ; la chouette, au mois d'octobre; la corneille , au mois de novembre ; l'hirondelle, au mois de décembre. — Arbres de chaque mois. — Le peuplier est l'arbre de janvier; l'orme, de février; le noisetier, de mars; le myrte, d'avril ; le laurier, de mai ; le coudrier, de juin; le chêne, de juillet; le pommier, d'août; le buis, de septembre ; l'olivier, d'octobre ; le palmier, de novembre ; le pin , de décembre.

Moïse. — Le diable selon les uns, un imposteur selon les autres, pour induire en erreur le peuple juif, prit la figure de Moïse en 434. Il se présenta aux Israélites de l'île de Candie , leur disant qu'il était leur ancien libérateur, ressuscité pour les conduire une seconde fois à la terre promise. Les Israélites donnèrent tête baissée dans le piège; ils se rassemblèrent des diverses contrées. Quand tout fut prêt pour le départ de l'île, l'armée du peuple se rendit au bord de la mer, dans la persuasion qu'on allait la passer à pied sec. Le diable, riant sous cape, conduisit les cohortes jusqu'au rivage. La confiance de ces gens était si grande, qu'ils n'attendirent pas que leur conducteur eût fait signe à la mer de se fendre : ils se jetèrent en masse au milieu des flots, certains que la mer se retirerait sous leurs pas ; malheureusement la verge de Moïse n'était pas là; plus de vingt mille Juifs, dit-on, se noyèrent en plein jour, et le faux Moïse ne se trouva plus.

Mokissos, — génies révérés des habitants de Loango, mais subordonnés au Dieu suprême. Ils pensent que ces génies peuvent les châtier, et même leurôter la vie s'ils ne sont pas fidèles à leurs obligations. Lorsqu'un homme est heureux et bien portant, il est dans les bonnes grâces de son mokisso. Est-il malade ou éprouve-t-il des revers, il attribue cette calamité à la colère de son génie. Ces peuples donnent le même nom à leur souverain , auquel ils croient un pouvoir divin et surnaturel, comme de pouvoir faire tomber la pluie , et d'exterminer en un instant des milliers d'hommes, etc. — Les mokissos sont des figures de bois qui représentent ou des

l - MON

hommes grossièrement faits, ou des quadrupèdes, ou des oiseaux. On leur offre des vœux et des sacrifices pour les apaiser.

Moloch, — prince du pays des larmes, membre du conseil infernal. Il était adoré par les Ammonites, sous la figure d'une statue de bronze assise sur un trône de même métal , ayant une tête de veau surmontée d'une couronne royale. Ses bras étaient étendus pour recevoir les victimes humaines : on iui sacrifiait des enfants. Dans Milton , Moloch est un démon affreux et terrible couvert des pleurs des mères et du sang des enfants.

Momies. — Le prince de Radziville, dans son Voyage de Jérusalem, raconte une chose singulière, dont il a été le témoin. Il avait acheté en Egypte deux momies, l'une d'homme et l'autre de femme , et les avait enfermées secrètement en des caisses qu'il fît mettre dans son vaisseau lorsqu'il partit d'Alexandrie pour revenir en Europe. Il n'y avait que lui et ses deux domestiques qui sussent ce que contenaient les caisses , parce que les Turcs alors permettaient difficilement qu'on emportât les momies , croyant que les chrétiens s'en servaient pour des opérations magiques. — Lorsqu'on fut en mer, il s'éleva une tempête qui revint à plusieurs reprises avec tant de violence que le pilote désespérait de sauver le navire; tout le monde était dans l'attente d'un naufrage prochain et inévitable. Un bon prêtre polonais, qui accompagnait le prince de Radziville, récitait les prières convenables à une telle circonstance ; le prince et sa suite y répondaient. Mais le prêtre était tourmenté, disait-il, par deux spectres (un homme et une femme) noirs et hideux, qui le harcelaient et le menaçaient. On crut d'abord que la frayeur et le danger du naufrage lui avaient troublé l'imagination. Le calme étant revenu, il parut tranquille; mais le tumulte des éléments reparut bientôt ; alors ces fantômes le tourmentèrent plus fort qu'auparavant, et il n'en fut délivré que quand on eut jeté les deux momies à la mer, ce qui fit en même temps cesser la tempête ». — Ajoutons que de nos jours les marins du Levant conservent cette opinion que les momies attirent les tempêtes , et on ne peut les embarquer qu'à leur insu.

Monarchie infernale. — Elle se Compose ,

selon YVierus, d'un empereur, qui est Belzébuth; de sept rois, qui régnent aux quatre points cardinaux et qui sont Baël , Pursan , Byleth, Paymon , Belial , Asnioday, Zapan; de vingt-trois ducs, qui sont Agares, Basas,

1 Dom Calmet, Dissert, sur les apparitions.

Page 1