‹ Dictionnaire infernalChapitre 270 sur 368 · MOG · texte numérisé non relu

MOG

massif d'arbres, ce n'est pas un massif d'arbres. Il y a là une jeune fée très-belle qui règne sur les eaux et sur l'île. Ce roc nu , c'est sa robe blanche qui tombe à grands replis dans les vagues et se diapré aux rayons du soleil; cette pyramide aiguë qui le surmonte , c'est son sceptre ; et ces rameaux de chêne, c'est sa couronne. Elle est assise au haut du pic qu'on appelle le Dronnings Stol (le Siège de la Reine). De là elle veille sur son empire , elle protège la barque du pêcheur et le navire du marchand. Souvent la nuit on a entendu sur cette côte des voix harmonieuses, des voix étranges qui ne ressemblent pas à celles qu'on enlend dans le monde. Ce sont les jeunes fées qui chantent et dansent autour de leur reine, et la reine est là qui les regarde et leur sourit. Oh ! le peuple est le plus grand de tous les poètes. Là ou la science analyse et discute , il invente , il donne la vie à la nature animée, il divinise les êtres que le physicien regarde comme une matière brute. Il passe le long d'un lac et il y voit des esprits; il passe au pied d'un roc de craie, et il y voit une reine, et il l'appelle le Mœnsklinl (le rocher de la Jeune Fille) l. »

Mog. — De ce nom peut-être est venu le mot magus , magicien. On retrouve encore dans l'Arménie l'ancienne région desMogs. «Le nom de Mog , dit M. Eugène Boré2, est un mot zend et pehlvi qui a passé dans la langue chaldéenne à l'époque où le symbole religieux de la Perse fut adopté par le peuple de Babylonc. I! représentait la classe pontificale, initiée sans doute à des doctrines secrètes dont l'abus et l'imposture firent tomber ensuite ce titre en discrédit. Les prêtres ainsi désignés étaient ces anciens desservants du temple de Bélus, qu'avait visités et entretenus Hérodote, et qu'il nomme Chaldéens aussi bien que le prophète Daniel. Ils avaient encore le nom de sages ou philosophes , de voyants et d'astronomes. Lorsqu'ils mêlèrent aux principes élevés de la science et de la sagesse les superstitions de l'idolâtrie et toutes les erreurs de l'astrologie et de la divination, ils furent appelés enchanteurs, interprètes de songes, sorciers, en un mot , magiciens. » Mais au dixième siècle Thomas Ardzérouni. cité par M. Boré, appelle encore la contrée qu'ils habitaient le pays des Mogs. Les Mogols viendraient-ils des Mogs'?

Mogol. — Delancre dit qu'un empereur mogol guérissait certaines maladies avec l'eau dans laquelle il lavait ses pieds.

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