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plusieurs millions d'années avant le règne de Sin-Mu, fondateur de leur monarchie. — Origène prétend que Dieu a toujours créé, par succession, des mondes infinis, et les a ruinés au temps déterminé par sa sagesse; à savoir: le monde élémentaire, de sept en sept mille ans; et le monde céleste, de quaranteneuf en quarante-neuf mille ans , réunissant auprès de lui tous les esprits bienheureux , et laissant reposer la matière l'espace de mille ans, puis renouvelant toutes choses. Le monde élémentaire doit durer six mille ans, ayant été fait en six jours, et se reposer le septième millénaire, pour le repos du septième jour; et, comme la cinquantième année était le grand jubilé chez les Hébreux, le cinquantième millénaire doit être le millénaire du repos pour le monde céleste. Il n'est point parlé dans la Bible de la création des anges, parce qu'ils étâient restés immortels après la ruine des mondes précédents. — Les Parsis ou Guèbres prétendent que, pour peupler plus promptement le monde nouvellement créé , Dieu permit qu'Eve , notre mère commune, mît au monde chaque jour deux enfants jumeaux ; ils ajoutent que durant mille ans la mort respecta les hommes, et leur laissa le temps de se multiplier. Les Lapons, qui ne sont pas très-forts, s'imaginent que le monde existe de toute éternité, et qu'il n'aura jamais de fin. — Les hommes tirent plus de vanité d'une noble origine et d'une naissance illustre que d'un noble cœur et d'un mérite personnel. Les peuples de la Côte-d'Or, en Afrique, croient que le premier homme fut produit par une araignée. Les Athéniens se disaient descendus des fourmis d'une forêt de l'Atlique. Parmi les sauvages du Canada , il y a trois familles principales : l'une prétend descendre d'un lièvre ; l'autre dit qu'elle descend d'une très-belle et très-courageuse femme, qui eut pour mère une carpe, dont l'œuf fut échauffé par les rayons du soleil ; la troisième famille se donne pour premier ancêtre un ours 4. Les rois des Goths étaient pareillement nés d'un ours. Les Pégusiens sont nés d'un chien. Les Suédois et les Lapons sont issus de deux frères dont le courage était bien différent, s'il faut en croire les Lapons. Un jour qu'il s'était élevé une tempête horrible, l'un des deux frères qui se- trouvaient ensemble fut si épouvanté, qu'il se glissa sous une planche que Dieu , par pitié, convertit en maison. De ce poltron sont nés tous les Suédois. L'autre, plus courageux, brava la furie de la tempête, sans chercher même à se cacher : ce brave
1 Saint-'Foix, Essaie t. II.
53 — MON fut le père des Lapons, qui vivent encore aujourd'hui sans s'abriter.
Mon kir et ïîekir , — anges qui, selon la croyance des musulmans, interrogent le mort aussitôt qu'il est dans le sépulcre, et commencent leur interrogatoire par celte demande : Qui est votre seigneur? et qui est votre prophète? Leurs fonctions sont aussi de tourmenter les réprouvés. Ces anges, qui ont un aspect hideux et une voix aussi terrible que le tonnerre, après avoir reconnu que le mort est dévoué à l'enfer, le fouettent avec un fouet moitié fer et moitié feu *. Les mahomé- (ans ont tiré cette idée du ïhalmud.
Monsieur de Laforêt. — C'est le nom qu'on donnait autrefois au fantôme , plus connu sous le titre de grand Veneur, de la forêt de Fontainebleau. Voy. Veneur. Sa résidence ordinaire était dans cette forêt; mais il s'en écartait quelquefois. Delancre rapporte qu'un enfant, qui vivait en Allemagne, fut trouvé vêtu d'une peau de loup, et courant comme un petit loup-garou ; il dit que c'était Monsieur de Laforêt qui lui avait donné sa peau ; que son père s'en servait aussi. Dans un interrogatoire , cet enfant avoua que si Monsieur de Laforêt lui apparaissait, il pouvait le mettre en fuite par des signes de croix ; qu'il lui demandait s'il voulait être à lui, qu'il lui offrait pour cela de grandes richesses, etc.
Monstres. — Méry, célèbre anatomiste et chirurgien-major des invalides , vit et disséqua , en 1720, un petit monstre né à six mois de terme, sans tête, sans bras, sans cœur, sans poumons, sans estomac, sans reins, sans foie, sans rate , sans pancréas, et pourtant né vivant. Celte production extraordinaire fut suivie d'une fille bien organisée, qui tenait au petit monstre par un cordon ombilical commun. Son observation est consignée dans les Mémoires de V Académie des sciences. Comment la circulation du sang s'opérait-elle dans cet individu dépourvu de cœur? Méry essaya de l'expliquer dans une dissertation 2. En d'autres temps, on eût tout mis sur le compte du diable. Voy. Imagination. — Il y a beaucoup de monstres dans les historiens des siècles passés. Torquemada rapporte qu'Alexandre, faisant la guerre des Indes, vit plus de cent trente mille hommes ensemble qui avaient des têtes de chiens et aboyaient comme eux : il dit aussi que certains habitants du mont Milo avaient huit doigts aux pieds et tournés en arrière, ce qui rendait
T Dclancre, Tableau de l'incons'ancc des démons, <fc., liv. îv, p. 318.
1 M. Saignes, Dec erreurs et des préjugés, etc., t. III, p. 116.
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ces hommes extrêmement légers à la course. — On voit dans des vieilles chroniques qu'il y avait au nord des hommes qui n'avaient qu'un œil au milieu du front; en Albanie, des hommes dont les cheveux devenaient blancs dès l'enfance, et qui voyaient mieux la nuit que le jour (conte produit par les Albinos) ; des Indiens qui avaient des têtes de chien; d'autres sans cou et sans tète , ayant les yeux aux épaules; et, ce qui surpasse toute admiration, un peuple dont le corps était velu et couvert de plumes comme les oiseaux, et qui se nourrissaient seulement de l'odeur des fleurs. — On a pourtant ajouté foi à ces fables : n'oublions pas celles qui se trouvent consignées dans le Journal des voyages de Jean Struys, qui dit avoir vu de ses propres yeux les habitants de l'île de Formose, ayant une queue au derrière, comme les bœufs ; il parle aussi d'une espèce de concombre qui se nourrit, dit-on, des plantes voisines. Cet auteur ajoute que ce fruit surprenant a la figure d'un agneau avec les pieds, la tèle et la queue de cet animal distinctement formés; d'où on l'appelle , en langage du pays, banaret ou bonarez , qui signifie agneau. Sa peau est couverte d'un duvet fond blanc aussi délié que de la soie. Les Tartares et les Moscovites en fond grand état, et la plupart le gardent avec soin dans leurs maisons, où cet auteur en a vu plusieurs. Il croît sur une lige d'environ trois pieds de haut. L'endroit par où il tient est une espèce de nombril sur lequel il se tourne et se baisse vers les herbes qui lui servent de nourriture , se séchant et se flétrissant aussitôt que ces herbes lui manquent. Les loups l'aiment et le dévorent avec avidité , parce qu'il a le goût de la chair d'agneau ; et l'auteur ajoute qu'on lui a assuré que cette plante a effectivement des os, du sang et de la chair : d'où vient qu'on l'appelle dans le pays Zoaphité, c'est-à-dire plante animale
Montagnards, — démons qui font leur séjour dans les mines sous les montagnes, et tourmentent les mineurs. Ils ont trois pieds de haut, un visage horrible, un air de vieillesse, une camisole et un tablier de cuir, comme les ouvriers dont ils prennent souvent la figure. On dit que ces dénions n'étaient point malfaisants , et entendaient la plaisanterie ; mais une insulte leur était sensible , et ils la souffraient rarement sans se venger. Un mineur eut l'audace de dire des injures à un de ces démons. Le démon indigné saufa sur le mineur et lui tordit le cou. L'infortuné
« Lebrun, Uist. des superstitions, t. I,r, p. 112.
M — MOU n'en mourut point ; mais il eut le cou renversé et le visage tourné par derrière tout le reste de sa vie. Il y a eu des gens qui l'ont
vu en cet état Us avaient de bons yeux 4.
Voy. Mineurs.
Montalembert (Adrien de ) , — aumônier de François Ier, auteur d'un ouvrage intitulé : La Merveilleuse histoire de l'esprit qui depuis naguère s est apparu au monastère des religieuses de Saint - Pierre de Lyon, Paris, 1528, in-4°; Rouen, 1529; Paris, 1580, in-12.
Montan , — chef des hérétiques montanistes au deuxième siècle. C'était un eunuque phrygien. Comme il avait des attaques d'épilepsie, il en fit des extases où il s'entretenait avec Dieu. Il reconnaissait que le Saint-Esprit était venu ; mais il le distinguait du Paraclet et il disait : C'est moi qui suis le Paraclet. Les montanistes admettaient les femmes à la prêtrise.
Montanay , — sorcier. Voy. Galigaï.
Montézuma, — VOlJ . PRÉSAGES.
Morail , — démon qui a la puissance de rendre invisible, selon les Clavicules de Salomon.
Morax ou Forai, — capitaine, comte et président de plusieurs bandes infernales ; il se fait voir sous la forme d'un taureau. Lorsqu'il prend la figure humaine , il instruit l'homme dans l'astronomie et dans tous les arts libéraux. — Il est le prince des esprits familiers qui sont doux et sages. Il a sous ses ordres trente-six légions 2.
Moreau , — chiromancien du dix-neuvième siècle, qui, dit-on, prédit à Napoléon sa chute et ses malheurs. Bien d'autres furent aussi sorciers que lui. Il exerçait à Paris, où il mourut en 1825.
Morel ( Louise ), — sorcière, tante de Marie Martin. Voy. Martin.
Morgane, — sœur du roi Arthus, élève de Merlin, qui lui enseigna la magie ; elle est fameuse dans les romans de chevalerie par ses enchantements et par les tours qu'elle joua à Genièvre sa belle-sœur. — C'est dans la Bretagne une grande fée , l'une des prophétesses de l'île de Sein, et la plus puissante des neuf sœurs druidesses.
Morin ( Louis ), — médecin de mademoiselle de Guise, né au Mans en 1615 et mort en 1705. Il pronostiquait, comme LucGauric; on dit qu'il annonça le sort de Gustave-Adolphe
1 Taillepied, Apparitions des esprits, p. 136. * Wierus, in l'seudomonarchia dœm.