‹ Dictionnaire infernalChapitre 275 sur 368 · M OR · texte numérisé non relu

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et du jeune Cinq-Mars, et qu'il fixa , à quelques légères différences près, le jour et l'heure où moururent le cardinal de Richelieu et le connétable de Lesdiguières. On lui attribue à tort la réponse adroite de cet astrologue qui, interrogé par Louis XI s'il connaissait luimême l'époque de sa propre mort, répondit : « Oui, prince, trois jours avant la vôtre. »

Morin ( Simon ) , — visionnaire fanatique du dix-septième siècle, né vers 1623, qui voulut rétablir la secte des Illuminés. Il fit quelques. prosélytes ; mais à la suite de plusieurs détentions à la Bastille, il fut condamné à être brûlé, après avoir fait amende honorable comme accusé de conspiration contre le roi ; il monta sur le bûcher le \ 4 mars 1 663. C'était un agitateur qui eût bien voulu une petite révolution.

Mort. — <( La mort, si poétique parce qu'elle touche aux choses immortelles, si mystérieuse à cause de son silence, devait avoir mille manières de s'énoncer pour le peuple. Tantôt un trépas se faisait prévoir par le tintement d'une cloche qui sonnait d'ellemême; tantôt l'homme qui devait mourir entendait frapper trois coups sur le plancher de sa chambre. Une religieuse de Saint-Benoît, près de quitter la terre, trouvait une couronne d'épine blanche sur le seuil de sa cellule. Une mère perdait-elle son fils dans un pays lointain, elle en était instruite à l'instant par ses songes. Ceux qui nient le pressentiment ne connaîtront jamais les routes secrètes par où deux cœurs qui s'aiment communiquent d'un bout du monde à l'autre. Souvent le mort chéri, sortant du tombeau, se présentait à son ami , lui recommandait de dire des prières pour le racheter des flammes et le conduire à la félicité des élus '. » — De tous les spectres de ce monde, la mort est le plus effrayant. Dans une année d'indigence , un paysan se trouve au milieu de quatre petits enfants qui portent leurs mains à leurs bouches, qui demandent du pain , et à qui il n'a rien à donner.... La démence s'empare de lui; il saisit un couteau ; il égorge les trois aînés ; lo plus jeune, qu'il allait frapper aussi, se jette à ses pieds et lui crie : « Ne me tuez pas, je n'ai plus faim. » — Dans les armées des Perses, quand un simple soldat était malade à l'extrémité, on le portait dans quelque forêt prochaine, avec un morceau de pain, un peu d'eau et un bâton , pour se défendre contre les bêtes sauvages tant qu'il en aurait la force. Ces malheureux étaient ordinairement dévorés. S'il en échappait quelqu'un qui re-

1 M. de Chateaubriand, C^jnie du christianisme.

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