‹ Dictionnaire infernalChapitre 276 sur 368 · M OR · texte numérisé non relu

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vînt chez soi, tout le monde fuyait devant lui, comme si c'eût été un démon ou un fantôme ; et on ne lui permettait de communiquer avec personne qu'il n'eût été purifié. On était persuadé qu'il devait avoir eu de grandes liaisons avec les démons, puisque les bêtes ne l'avaient pas mangé, et qu'il avait recouvré ses forces sans aucun secours. — Les anciens attachaient tant d'importance aux cérémonies funèbres , qu'ils inventèrent les dieux Mânes pour veiller aux sépultures. On trouve, dans la plupart de leurs écrits, des traits frappants qui nous prouvent combien était sacré, parmi eux , ce dernier devoir que l'homme puisse rendre à l'homme. Pausanias conte que certains peuples de l'Arcadie , ayant tué inhumainement quelques petits garçons qui ne ne leur faisaient aucun mal, sans leur donner d'autre sépulture que les pierres avec lesquelles ils les avaient assommés , et leurs femmes , quelque temps après , se trouvant atteintes d'une maladie qui les faisait toutes avorter, on consulta les oracles, qui commandèrent d'enterrer au plus vite les enfants si cruellement privés de funérailles. — Les Égyptiens rendaient de grands honneurs aux morts. Un de leurs rois, se voyant privé d'héritiers par la mort de sa fille unique, n'épargna rien pour lui rendre les derniers devoirs , et tâcha d'immortaliser son nom par la plus riche sépulture qu'il pût imaginer. Au lieu de mausolée, il lui fit bâtir un palais ; et on ensevelit le corps de la jeune princesse dans un bois incorruptible , qui représentait une génisse couverte de lames d'or et revêtue de pourpre. Cette figure était à genoux, portant entre ses cornes un soleil d'or massif, au milieu d'une salle magnifique et entourée de cassolettes où brûlaient continuellement des parfums odoriférants. — Les Égyptiens embaumaient les corps et les conservaient précieusement; les Grecs et les Romains les brûlaient. Cette coutume de brûler les morts est fort ancienne. — Les Égyptiens, avant de rendre à leurs rois les honneurs funèbres, les jugeaient devant le peuple , et les privaient de sépulture s'ils s'étaient conduits en tyrans. — Quand le roi des Tartares mourait, on mettait son corps embaumé dans un chariot, et on le promenait dans toutes ses provinces. Il était permis à chaque gouverneur de loi faire quelque outrage, pour se venger du tort qu'il en avait reçu. Par exemple, ceux qui n'avaient pu obtenir audience maltraitaient les oreilles, qui leur avaient été fermées ; ceux qui avaient été indignés contre ses débauches, s'en prenaient aux cheveux, qui étaient sa principale beauté, et lui l'aidaient mille huées , après

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