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res, les unes furent brûlées, d'autres noyées; quelques-unes expirèrent sur la roue. Après ces exécutions , Frédégonde partit pour Compiègne, et accusa Mummol auprès du roi h Ce prince le fit venir, on lui lia les mains derrière le dos ; on lui demanda quel maléfice il avait employé pour tuer le prince ; il ne voulut rien avouer de ce qu'avaient déposé les sorcières , mais il convint qu'il avait souvent charmé des onguents et des breuvages, pour gagner la faveur du roi et de la reine. Quand il fut retiré de la torture, il appela un sergent, et lui commanda d'aller dire au roi qu'il n'avait éprouvé aucun mal. Chilpéric, entendant ce rapport , s'écria : « Il faut vraiment qu'il soit sorcier, pour n'avoir pas souffert de la question !... » En même temps il fit reprendre Mummol ; on l'appliqua de nouveau à la torture ; mais quand on se préparait à lui trancher la tète, la reine lui fit grâce de la vie, se contentant de prendre ses biens. On le plaça sur une charrette qui devait le conduire à Bordeaux, où il était né; il ne devait point y mourir, tout son sang se perdit pendant la route, et il expira d'épuisement. On brûla tout ce qui avait appartenu au jeune prince, autant à cause des tristes souvenirs qui s'y attachaient que pour anéantir tout ce qui portait avec soi l'idée du sortilège 2.
Muraille du Biable. — C'est cette fameuse muraille qui séparait autrefois l'Angleterre de TÉcosse , et dont il subsiste encore diverses parties que le temps n'a pas trop altérées. La force du ciment et la dureté des pierres ont persuadé aux habitants des lieux voisins qu'elle a été faite de la main du ciable ; et les plus superstitieux ont grand soin d'en recueillir jusqu'aux moindres débris, qu'ils mêlent dans les fondements de leurs maisons pour leur communiquer la même solidité. Elle a été bâtie par Adrien. — Un jardinier écossais , ouvrant !a terre dans son jardin , trouva une pierre d'une grosseur considérable sur laquel e on lisait, en caractères du pays, qu'elle était là pour la sûreté des murs du château et du jardin, et qu'elle y avait été apportée de la grande muraille, dont elle avait fait autrefois partie; mais qu'il serait aussi dangereux de la remuer qu'il y aurait d'avantage à la laisser à sa place. — Le seigneur de la maison , moins crédule que ses ancêtres , voulut la faire transporter dans un autre endroit, pour l'exposer à la vue, comme un ancien monument. On entreprit de la l'aire sortir de terre à force de machines, et on en vint à bout, comme on l'aurait fait
1 Chilpéric £«*,
2 Grégoire de Tours, liv. iv de l'IIist. <1<> France.
d'une pierre ordinaire. Elle demeura sur le bord du trou pendant que la curiosité y fit descendre le jardinier, plusieurs domestiques, les deux fils du gentilhomme qui s'amusèrent quelques moments à creuser encore le fond. La pierre fatale, qu'on avait négligé apparemment de placer dans un juste équilibre, prit ce temps pour retomber au fond du trou , et écrasa tous ceux qui s'y trouvaient. — Ce n'était là que le prélude des malheurs que devait causer cette pierre. La jeune épouse de rainé des deux frères apprit ce qui venait d'arriver. Elle courut au jardin , elle y arriva dans le temps que les ouvriers s'empressaient de lever la pierre, avec quelque espérance de trouver un reste de vie aux infortunés qu'elle couvrait. Us l'avaient levée à demi , et l'on s'aperçut en effet qu'ils respiraient encore, lorsque l'imprudente épouse, perdant tout soin d'elle-même , se jeta si rapidement sur le corps de son mari, que les ouvriers saisis de son action lâchèrent malheureusement les machines qui soutenaient la pierre, et l'ensevelirent ainsi avec les autres. — Cet accident confirma plus que jamais la superstition des Écossais; on ne manqua pas de l'attribuer à quelque pouvoir établi pour la conservation du mur d'Écosse et de toutes les pierres qui en sont détachées.
Murmur, — grand-duc et comte de l'empire infernal, démon de la musique. Il parait sous la forme d'un soldat monté sur un vautour , et accompagné d'une multitude de trompettes ; sa tête est ceinte d'une couronne ducale, il marche précédé du bruit des clairons. Il est de l'ordre des anges et de celui des trônes '.
Muspelheim. — Les Scandinaves nomment ainsi un monde lumineux, ardent, inhabitable aux étrangers. Surtur-le-Noir y lient son empire ; dans ses mains brille une épée flamboya; te. Il viendra à la fin du monde, vaincra tous les dieux, et livrera l'univers aux flammes.
Musique céleste. — Entre plusieurs découvertes surprenantes que fit Pylhagore , on admire surtout cette musique céleste que lui seul entendait. Il trouvait les sept tons rie la musique dans la distance qui est entre les planètes : de la lerre à la lune, un ton ; de la lune à \iereure, un demi-ton ; de Mercure à Vénus, un demi-ton ; de Vénus au soleil , un ton et demi ; du soleil à Mars, un ton; de Mars à Jupiter, un demi-ton; de Jupiter à Saturne , un demi-ton ; et de Saturne ; u z >diaque, un ton et demi. C'est à celle piusique
' Wicrus, in Fseud 'monarchia cl;vm.