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contre les grues. — Swift fait trouver à son Gulliver des hommes hauts d'un demi-pied dans l'île de Lilliput. Avant lui, Cyrano de Bergerac, dans son Voyage au soleil, avait vu de petits nains pas plus hauts que le pouce.
— Les Celtes pensaient que les nains étaient des espèces de créatures formées du corps du géant Ime, c'est-à-dire de la poudre de la terre. Ils n'étaient d'abord que des vers ; mais, par l'ordre des dieux, ils participèrent à la raison et à la figure humaine, habitant toujours cependant entre la terre et les rochers.
— « On a découvert sur les bords de la rivière Merrimak, à vingt milles de l'île Saint- Louis, dans les États-Unis, des tombeaux en pierres , construits avec une sorte d'art et rangés en ordre symétrique , mais dont aucun n'avait plus de quatre pieds de long. Les squelettes humains n'excèdent pas trois pieds en longueur. Cependant les dents prouvent que c'étaient des individus d'un âge mûr. Les crânes sont hors de proportion avec le reste du corps. Voilà donc les pygmées retrouvés1. Voj. Pygmée.
Nairancie. — Espèce de divination usitée parmi les Arabes, et fondée sur plusieurs phénomènes du soleil et de la lune.
Nakaronkir, — esprit que Mahomet envoie dans leur sommeil aux musulmans coupables , pour les pousser au repentir.
Pffambroth , — démon que l'on conjure le mardi. Voy. Conjurations.
KTan , — mouches assez communes en Laponie. Les Lapons les regardent comme des esprits et les portent avec eux dans des sacs de cuir, bien persuadés que , par ce moyen, ils seront préservés de toute espèce de maladies.
Napoléon, — empereur des Français. On a prétendu qu'il avait un génie familier, comme Socrate et tous les grands hommes dont les actions ont excité l'admiration de leurs contemporains. On l'a fait visiter par un petit homme rouge. — On a vu aussi dans Napoléon un des terribles précurseurs de l'Antéchrist. Qui sait?
Narac , — enfer des Indiens ; on y sera tourmenté par des serpents.
Nastrande, — partie de l'enfer des Scandinaves. Là sera un bâtiment vaste et infâme ; la porte, tournée vers le nord , ne sera construite que de cadavres, de serpents, dont toutes les tètes, tendues à l'intérieur,
1 Journal des Débats du '23 janvier 1319,
NAÏ — i
vomiront des flots do venin. Il s'en formera un fleuve empoisonné, dans les ondes rapides duquel flotteront les parjures, les assassins et les adultères. Dans une autre région , la condition des damnés sera pire encore ; car un loup dévorant y déchirera sans cesse les corps qui y seront envoyés.
Sïaudé (Gabriel) , — l'un des savants distingués de son temps, né à Paris en 1600. Il fut d'abord bibliothécaire du cardinal Mazarin, ensuite de la reine Christine, et mourut à Abbeville en 4 653. Il a laissé une Instruction à la France sur la vérité de V histoire des frères de la Rose-Croix, 1 623 , in-4° et in- 8°, rare. Naudéy prouve que les prétendus frères de la Rose-Croix sont des fourbes qui cherchaient à trouver des dupes, en se vantant d'enseigner l'art de faire de l'or et d'autres secrets non moins merveilleux. Ce curieux opuscule est ordinairement réuni à une autre brochure intitulée : Avertissement au sujet des frères de la Rose-Croix. On a encore de lui : Apologie pour les grands hommes faussement soupçonnés de magie, 4625, in-8°; cet ouvrage a eu plusieurs éditions. — Il y prend la défense des sages anciens et modernes accusés d'avoir eu des génies familiers, tels que Socrate, Aristote, Plotin , etc. , ou d'avoir acquis par la magie des connaissances au-dessus du vulgaire.
Xffaurause (PlERRE DE), — Voy. FïN DU MONDE.
Bïavîus (Àccms). — CeNavius, étant jeune, dit Cicéron , fut réduit par la pauvreté à garder les pourceaux. En ayant perdu un , il fit vœu que , s'il le retrouvait, il offrirait au dieu la plus belle grappe de raisin qu'il y aurait dans l'année. Lorsqu'il l'eut retrouvé, il se tourna vers le midi, s'arrêta au milieu d'une vigne, partagea l'horizon en quatre parties; et, après avoir eu dans les trois premières des présages contraires, il trouva une grappe de raisin d'une admirable grosseur. Ce fut le récit de cette aventure qui donna à Tarquin la curiosité de mettre à l'épreuve son talent de divination. Il coupa un jour un caillou avec un rasoir pour prouver qu'il devinait bien.
Naylor (James), — imposteur du seizième siècle, né dans le diocèse d'York, en Angleterre. Après avoir servi pendant quelque temps en qualité de maréchal-des-logis dans le régiment du colonel Lambert, il se retira parmi les trembleurs, et s'acquit tant de réputation par ses discours qu'on le regardait comme un saint homme. Voulant profiter de
5 — NKC la bonne opinion qu'on avait de lui, et se donner en quelque sorte pour un dieu , il résolut en 1656 d'entrer dans Bristol en plein jour, monté sur un cheval dont un homme et une femme tenaient les rênes, suivi de quelques autres qui chantaient tous : Saint, saint, saint le dieu de Sabaoth. Les magistrats l'arrêtèrent et l'envoyèrent au parlement, où son procès ayant été instruit , il fut condamné le 25 janvier 4 657, comme blasphémateur et séducteur du peuple , à avoir la langue percée avec un fer chaud , et le front marqué de la lettre B (blasphémateur), à être ensuite reconduit à Bristol, où il rentrerait à cheval , ayant le visage tourné vers la queue, ce qui fut exécuté à la lettre, quoique ce fou misérable eût désiré paraître sur un âne. Naylor fut ensuite renfermé pour le reste de ses jours. On l'élargit ensuite, et il ne cessa de prêcher ceux de sa secte jusqu'à sa mort.
Naxac , — séjour de peines où les habitants du Pégu font arriver les âmes après plusieurs transmigrations.
Xïebîros, — VOIJ. NabERUS.
Nécromancie, — art d'évoquer les morts ou de deviner les choses futures par l'inspection des cadavres. Voy. ànthropomancie. Il y avait à Séville, à Tolède et à Salamanque, des écoles publiques de nécromancie, dans de profondes cavernes , dont la grande Isabelle fit murer l'entrée. — Pour prévenir les superstitions de l'évocation des mânes et de tout ce qui a pris le nom de nécromancie, Moïse avait fait de sages défenses aux Juifs. Isaïe condamne également ceux qui demandent aux morts ce qui intéresse les vivants, et ceux qui dorment sur les tombeaux pour avoir des rêves. C'est même pour obvier aux abus de la nécromancie, répandue en Orient, que chez le peuple israélile celui qui avait touché un mort était censé impur. — Cette divination était en usage chez les Grecs, et surlout chez les Thessaliens; ils arrosaient de sang chaud un cadavre , et prétendaient ensuite en recevoir des réponses certaines sur l'avenir. Ceux qui le consultaient devaient auparavant avoir fait les expiations prescrites par le magicien qui présidait à cette cérémonie, et surtout avoir apaisé par quelques sacrifices les mânes du défunt, qui, sans ces préparatifs, demeurait sourd à toutes les questions. — Les Syriens se servaient aussi de cette divination , et voici comment ils s'y prenaient : Ils tuaient de jeunes enfants en leur tordant le cou , leur coupaient la tête, qu'ils salaient et embaumaient , puis gravaient, sur
NEG — l
une lame ou une plaque d'or, le nom de l'esprit malin pour lequel ils avaient fait ce sacrifice , plaçaient la tête dessus , l'entouraient de cierges, adoraient cette sorte d'idole et en tiraient des réponses h Voy. Magie. — Les rois idolâtres d'Israël et de Juda se livrèrent à la nécromancie. Salil y eut recours lorsqu'il voulut consulter l'ombre de Samuel. L'Église a toujours condamné ces abominations. Lorsque Constantin , devenu chrétien , permit encore aux païens de consulter leurs augures, pourvu que ce fût au grand jour, il ne toléra ni la magie noire ni la nécromancie. Julien se livrait à cette pratique exécrable. — Il restait au moyen âge quelque trace de la nécromancie dans l'épreuve du cercueil.
Sîeffesoliens, — secte de mahométans qui prétendent être nés du Saint-Esprit, c'est-àdire sans opérations d'homme, ce qui les fait tellement révérer qu'on ne s'approche d'eux qu'avec réserve. On prétend qu'un malade guérit, pour peu qu'il puisse toucher un de leurs cheveux ; mais Delancre dit que ces saints hommes sont au contraire des enfants du diable , qui tâchent de lui faire des prosélytes 2.
Nègre. — Il est démontré que ies nègres ne sont pas d'une race différente des blancs, comme l'ont voulu dire quelques songe-creux ; qu'ils ne sont pas non plus la postérité de Gain , qui a péri dans le déluge. Les hommes, cuivrés en Asie, sont devenus noirs en Afrique et blancs dans le Septentrion ; et tous descendent d'un seul couple. Les erreurs plus ou moins innocentes des philosophes à ce sujet ne sont plus admises que par les ignorants. — Les sorciers appelaient quelquefois le diable le grand nègre. Un jurisconsulte, dont on n'a conservé ni le nom ni le pays, ayant envie de voir le diable, se fit conduire par un magicien dans un carrefour peu fréquenté, où les démons avaient coutume de se réunir. Il aperçut un grand nègre sur un trône élevé, entouré de plusieurs soldats noirs, armés de lances et de bâtons. Le grand nèçjre, qui était le diable, demanda au magicien qui il lui amenait : — « Seigneur, répondit le magicien, c'est un serviteur fidèle. — Si tu veux me servir et m'adorer, dit le diable au jurisconsulte, je te ferai asseoir à ma droite. » Mais le prosélyte , trouvant la cour infernale plus triste qu'il ne l'avait espéré, fit un signe de la croix, et les démons
1 Leloyer, Histoire des spectres ou nppnr. des esprits, liv. v, p. 541.
' Delancre, Tableau de l'inconstancades démons, etc., liv. ni, p. 231.
i — NÉR
s'évanouirent K — Les nègres, comme de
juste, font le diable blanc.
Kekir, — VOIJ. MoXKIR.
Xtfembroth , — un des esprits que les magiciens consultent. Le mardi lui est consacré; et on l'évoque ce jour-là : il faut, pour le renvoyer, lui jeter une pierre.
Nemrod , — roi d'Assyrie , qui ayant fait bâtir la tour de Babel, et voyant, disent les auteurs arabes, que cette tour, à quelque hauteur qu'il l'eût fait élever , était encore loin d'atteindre au ciel , imagina de s'y faire transporter dans un panier par quatre énormes vautours ; les oiseaux l'emportèrent en effet lui et son panier, mais si haut et si loin , que depuis on n'entendit plus parler de lui.
STénufar, — plante aquatique froide, dont voici un effet : Un couvreur travaillait en été sur une maison, à l'une des fenêtres de laquelle le maître avait un flacon d'eau de fleurs de nénufar à purifier au soleil. Comme il était échauffé et altéré, il prit le flacon et but de cette eau ; il retourna chez lui avec les sens glacés. Au bout de quelques jours, surpris de son refroidissement, il se crut ensorcelé. Il se plaint du maléfice qu'on lui a fait. Le maître de la maison examine son flacon et le trouve vide. Il reconnaît aussitôt d'où vient le maléfice, console le couvreur en lui faisant boire du vin de gingembre confit , et toutes choses propres à le réchauffer. Il le rétablit enfin et fit cesser ses plaintes 2.
Képhéîim , — nom qui signifie également géants ou brigands. Aussi est-ce celui que l'Écriture donne aux enfants nés du commerce des anges avec les filles des hommes. Selon l'auteur du livre d'Enoch, les néphélim étaient fils des géants et pères des éliuds.
Nequam, — prétendu prince des magiciens, à qui les chroniques mayençaises attribuent la fondation de Mayence.
Nergal, — démon du second ordre, chef de la police du ténébreux empire , premier espion de Belzébuth, sous la surveillance du grand justicier Lucifer. — Ainsi le disent les démonomanes. Toutefois Nergal ou Nergel fut une idoie des Assyriens ; il parait que dans celte idole ils adoraient le feu.
Néron, — empereur romain, dont le nom odieux est devenu la plus cruelle injure pour les mauvais princes. Il portait avec lui une petite statue ou mandagore qui lui prédisait
1 Legcnda aurea Jacobi de Voragine, leg. 01. 3 Saint-André, Lettres svir la magie.