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Obéron , — roi des fées et des fantômes aériens; il joue un grand rôle dans la poésie anglaise ; c'est l'époux de Titania. Ils habitent l'Inde; la nuit ils franchissent les mers, et viennent dans nos climats danser au clair de la lune; ils redoutent le grand jour, et fuient au premier rayon du soleil , ou se cachent dans les bourgeons des arbres jusqu'au retour de l'obscurité. Obéron est le sujet d'un poème célèbre de Wiéland.
Obole, — pièce de monnaie que les Romains et les Grecs mettaient dans la bouche des morts pour payer leur passage dans la barque à Caron.
Obsédés. — Dom Calmet fait celle distinction entre les possédés et les obsédés. Dans les possessions, dit -il, le diable parle, pense, agit pour le possédé. Dans les obsessions , il se tient au dehors, il assiège, il tourmente, il harcelle. Saiil était possédé, le diable le rendait sombre; Sara , qui épousa le jeune Tobie, n'était qu'obsédée , le diable n'agissait qu'autour d'elle. Voy. Possédés.
Occultes. — On appelle sciences occultes la magie, la nécromancie, la cabale, l'alchimie et toutes les sciences secrètes.
Ochosias, — roi d'Israël, mort 896 ans avant Jésus-Christ. Il s'occupait de magie et consultait Belzébuth , honoré à Accaron. Il eut une fin misérable.
Oculomancie, — divination dont le but était de découvrir un larron en examinant la manière dont il tournait l'œil, après certaines cérémonies superstitieuses.
Oddon, — pirate flamand des temps an- . ciens, qui voguait en haute mer par magie, sans esquif ni navire.
Odin, — dieu des Scandinaves. Deux corbeaux sont toujours placés sur ses épaules et lui disent à l'oreille tout ce qu'ils ont vu ou entendu de nouveau. Odin les lâche tous les jours; et, après qu'ils ont parcouru le monde, ils reviennent le soir à l'heure du repas. C'est pour cela que ce dieu sait tant de choses, et qu'on l'appelle le dieu des corbeaux. — A la (in des siècles, il sera mangé par un loup. Il en a toujours deux à ses pieds ; beau cortège ! — Les savants vous diront que l'un des corbeaux est l'emblème de la pensée : quelle pensée ! et l'autre le symbole de la mémoire. Les deux loups figuraient la puissance. — Il y a des gens qui ont admiré ce mythe.
Odontotyrannus , — VO]) . SERPENT.
Odorat. — Cardan dit, au livre 1 3 de la Subtilité , qu'un odorat excellent est une marque d'esprit , parce que la qualité chaude et sèche
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du cerveau est propre à rendre l'odorat plus subtil , et que ces mêmes qualités rendent l'imagination plus vive et plus féconde. Rien n'est moins sûr que cette assertion ; il n'y a point de peuple qui ait si bon nez que les habitants de Nigaragua, les Abaquis, les Iroquois ; et on sait qu'ils n'en sont pas plus spirituels. — Mamurra , selon Martial , ne consultait que son nez pour savoir si le cuivre qu'on lui présentait était de Corinthe.
OEil , — voy. Yeux.
OEnomancie, — divination par le vin, dont on considère la couleur en le buvant, et dont on remarque les moindres circonstances pour en tirer des présages. Les Perses étaient fort attachés à cette divination.
OEnotbère , — géant de l'armée de Charlemagne , qui d'un revers de son épée fauchait des bataillons ennemis comme on fauche l'herbe d un pré l.
OEonistîce , — divination par le vol des
oiseaux. Voy. Augures.
Oès, — voy. Oannès.
OEufs. — On doit briser la coque des œufs frais, quand on les a mangés, par pure civilité ; aussi cet usage est-il pratiqué par les gens bien élevés, dit M. Salgues 2 ; cependant il y a des personnes qui n'ont pas coutume d'en agir ainsi. Quoi qu'il en soit, cette loi remonte à une très-haute antiquité. On voit, par un passage de Pline , que les Romains y attachaient une grande importance. L'œuf était regardé comme l'emblème de la nature, comme une substance mystérieuse et sacrée. On était persuadé que les magiciens s'en servaient dans leurs conjurations, qu'ils le vidaient et traçaient dans l'intérieur des caractères magiques dont la puissance pouvait opérer beaucoup de mal. On en brisait les coques pour détruire les charmes. Les anciens se contentaient quelquefois de le percer avec un couteau, et dans d'autres moments de frapper trois coups dessus. — Les œufs leur servaient aussi d'augure. Julie, fille d'Auguste, étant grosse de Tibère, désirait ardemment un fils ; pour savoir si ses vœux seraient accomplis, elle prit un œuf, le mit dans son sein, l'échauffa; quand elle était obligée de le quitter, elle le donnait à une nourrice pour lui conserver sa chaleur. L'augure fut heureux, dit Pline: elle eut un coq de son œuf et mit au monde un garçon. — Les druides pratiquaient, dit-on. celte superstition étrange;
1 M. Salgues, Des Erreurs et des préjugés, etc., t. Ier, p. 416.
2 Des Erreurs et rie; préjugés, t. T,r, p. 392.
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ils vantaient fort une espèce d'oeuf inconnu à tout le monde , formé en été par une quantité prodigieuse de serpents entortillés ensemble, qui y contribuaient tous de leur bave et de l'écume qui sortait de leur corps. Aux sifflements des serpents, l'œuf s'élevait en l'air; il fallait s'en emparer alors , avant qu'il ne touchât la terre : celui qui l'avait reçu devait fuir ; les serpents couraient tous après lui jusqu'à ce qu'ils fussent arrêtés par une rivière qui coupât leur chemin '. Ils faisaient ensuite des prodiges avec cet œuf. — Aujourd'hui on n'est pas exempt de bien des superstitions sur l'œuf. Celui qui en mange tous les matins sans boire meurt, dit-on, au bout de l'an. — Il ne faut pas brûler les coques des œufs, suivant une croyance populaire superstitieuse, de peur de brûler une seconde fois saint Laurent, qui a été brûlé avec de pareils coques 2. — Albert-le-Grand nous apprend dans ses secrets que la coque d'œuf, broyée avec du vin blanc et bue, rompt les pierres tant des reins que de la vessie. — Pour la divination par les blancs d'œufs, voy.
OOMANCIE.
Ogres. — Sauf le nom , ces monstres étaient connus des anciens. Polyphème , dans l'Odyssée, n'est autre chose qu'un ogre ; on trouve des ogres dans les Voyages de Sindbad le marin ; et un autre passage des Mille et une nuits prouve que les ogres ne sont pas étrangers aux Orientaux. Dans le conte du Visir puni, un jeune prince égaré rencontre une dame qui le conduit à sa masure ; elle dit en entrant : « Réjouissez-vous, mes fils, je vous amène un garçon bien fait et fort gras. — Maman , répondent les enfants , où est-il, que nous le mangions? car nous avons bon appétit. » Le prince reconnaît alors que la femme, qui se disait fille du roi des Indes, est une ogresse, femme de ces démons sauvages qui se retirent dans les lieux abandonnés et se servent de mille ruses pour surprendre .et dévorer les passants ; comme les sirènes , qui, selon quelques mythologues, étaient certainement des ogresses. — C'est à peu près l'idée que nous nous faisons de ces êtres effroyables ; les ogres, dans nos opinions, tenaient des trois natures : humaine, animale et infernale. Ils n'aiment rien tant que la chair fraîche ; et les petits enfants étaient leur plus délicieuse pâture. Le Drac, si redouté dans le midi, était un ogre qui avait son repaire aux bords du Rhône, où il se nourrissait de chair humaine. — 11 parait que cette anthre-
1 Pline, liv. wi.Y, cliap. 3.
2 Thiers, Traité dos superst,, etc.