ORK
pophagie est ancienne dans nos contrées, car le chapitre 67 de la loi salique prononce une amende de deux cents écus contre tout sorcier ou stryge qui aura mangé un homme. Quelques-uns font remonter l'existence des ogres jusqu'à Lycaon , ou du moins à la croyance où l'on était que certains sorciers se changeaient en loups dans leurs orgies nocturnes, et mangeaient, au sabbat, la chair des petits enfants qu'ils pouvaient y conduire. On ajoutait que, quand ils en avaient mangé une fois, ils en devenaient extrêmement friands, et saisissaient ardemment toutes les occasions de s'en repaître : ce qui est bien le naturel qu'on donne à l'ogre. On voit une multitude d'horreurs de ce genre dans les procès des sorciers ; on appelait ces ogres des loupsgarous; et le loup du petit Chaperon-Rouge n'est pas autre chose. — Quant à l'origine du nom des ogres, l'auteur des Lettres sur les contes des fées de Ch. Perrault l'a trouvée sans doute. Ce sont les féroces Huns ou Hongrois du moyen âge, qu'on appelait Hunnigours, Oïgours , et ensuite par corruption Ogres. Voy. Fées, Loups-Garous, Omestès.
Oîarou, — objet du culte des Iroquois.
C'est la première bagatelle qu'ils auront vue en songe, un calumet , une peau d'ours, un couteau, une plante, un animal, etc. Ils croient pouvoir, par la vertu de cet objet, opérer ce qu'il leur plaît , même se transporter et se métamorphoser.
Oïgours , — voy. Ogres.
Oiseaux. — Naudé conte que l'archevêque Laurent expliquait le chant des oiseaux, comme il en fit un jour l'expérience à Rome devant quelques prélats; car il entendit un petit moineau qui avertissait les autres par son chant qu'un chariot de blé venait de verser à la porte Majeure , et qu'ils trouveraient là de quoi faire leur profit1. — A la côte du Croizie, en Bretagne , sur un rocher au fond de la mer, les femmes du pays vont, parées avec recherche, les cheveux épars , ornées d'un beau bouquet de fleurs nouvelles; elles se placent sur le rocher, les yeux élevés vers le ciel , et demandent avec un chant sentimental aux oiseaux, de leur ramener leurs époux et leurs amants 2. Voy. Corneille , Hibou , Augures, etc.
Okkisik, — nom sous leque1 les Hurons désignent des génies ou esprits, bienfaisants ou malfaisants, attachés à chaque homme.
1 Apol. pour les grands personnages accusés de
magie.
' ( anibry. Voyage dans le Fmi.st'r.i.
0MB — 3
Oldenbourg. — « Je ne puis m'empêcher, dit Ballhasar Bekker, dans le tome )V, chapitre 17, du Monde enchanté, de rapporter une fable dont j'ai cherché aussi exactement les détails qu'il m'a été possible ; c'est celle du fameux cornet d'Oldenbourg. On dit que le comte Otton d'Oldenbourg étant allé un jour à la chasse sur la montagne d'Ossemberg, fut atteint d'une soif qu'il ne pouvait étancher; il se mit à jurer d'une manière indigne, en disant qu'il ne se souciait pas de ce qui pourrait lui arriver, pourvu que quelqu'un lui donnât à boire. Le diable lui apparut aussitôt sous la forme d'une femme qui semblait sortir de terre et qui lui présenta à boire dans un cornet fort riche , d'une, matière inconnue , et qui ressemblait au vermeil. Le comte , se doutant de quelque chose, ne voulut pas boire, et renversa ce qui était dans le cornet sur la croupe de son cheval. La force de ce breuvage emporta tout le poil aux endroits qu'il avait touchés. Le comte frémit ; mais il garda le cornet qui subsiste encore , dit-on , et que plusieurs se sont vantés d'avoir vu. On le trouve représenté dans plusieurs hôtelleries : c'est un grand cornet recourbé, comme un cornet à bouquin , et chargé d'ornements bizarres. »
Olive (Robekt) , — sorcier qui fut brûlé à Falaise en 1 556 - On établit à son procès, que le diable le transportait d'un lieu à un autre; que ce diable s'appelait Chrysopole , et que c'était à l'instigation dudil Chrysopole que Robert Olive tuait les petits enfants et les jetait au feu 'K
, Ololygmancie , — divination tirée du hurlement des chiens. Dans la guerre de Messénie , le roi Aristodème apprit que les chiens hurlaient comme des loups, et que du chiendent avait poussé autour d'un autel. Désespérant du succès , d'après cet indice et d'autres encore (voy. Ophioneus) , quoiqu'il eût déjà immolé sa fille pour apaiser les dieux, il se tua sur la foi des devins, qui virent dans ces signes de sinistres présages.
Olys, — talisman que les prêtres de Madagascar donnent aux peuples pour les préserver de plusieurs malheurs , et notamment pour enchaîner la puissance du diable.
Ombre. — Dans le système de la mythologie païenne, ce qu'on nommait ombre n'appartenait ni au corps ni à l'Ame, mais à un état mitoyen. C'était cette ombre qui descendait aux enfers. On croyait que les animaux voyaient les ombres des morts. Aujourd'hui même, dans les montagnes d'Éeosse, lors-
1 Bodin, Démonomanie, p. 1<)8,
7-3 — OND qu'un animal tressaille subitement, sans aucune cause apparente, le peuple attribue ce mouvement à l'apparition d'nn fantôme. — En Bretagne, les portes des maisons ne se fermentqu'aux approches delà tempête. Des feux follets, des sifflements l'annoncent. Quand on entendait ce murmure éloigné qui précède l'orage , les anciens s'écriaient : Fermons les portes, écoutez les cnériens, le tourbillon les suit. Ces crieriens sont les ombres, les ossements des naufragés qui demandent la sépulture, désespérés d'être depuis leur mort ballottés par les éléments1. — On dit encore que celui qui vend son âme au diable n'a plus d'ombre au soleil; cette tradition, très-répandue en Allemagne , est le fondement de plusieurs légendes.
Ombriel , — génie vieux et rechigné , à l'aile pesante, à l'air refrogné. Il joue un rôle dans la Boucle de Cheveux enlevée de Pope.
Omestès, — surnom de Bacchus, considéré comme chef des ogres ou loups-garous qui mangent la chair fraîche.
Omomancie , — divination par les épaules chez les rabbins. Les Arabes devinent par les épaules du mouton , lesquelles, au moyen de certains points dont elles sont marquées, représentent diverses figures de géomancie.
Omphalomancie , — divination par le nombril. Les sages-femmes, par les nœuds inhérents au nombril de l'enfant premier-né, devinaient combien la mère en aurait encore après celui-là.
Omphalophysiques , — fanatiques de Bulgarie que l'on trouve du onzième au quatorzième siècle, et qui, par une singulière illusion, croyaient voir la lumière dulhabor à leur nombril.
On, — mot magique, comme télragrammaton , dont on se sert dans les formules de conjurations.
Ondîns ou Nymphes, — esprits élémentaires, composés des plus subtiles parties de l'eau qu'ils habitent. Les mers et les fleuves sont peuplés, disent les cabalistes, de même que le feu , l'air et la terre. Les anciens sages ont nommé Ondins ou Nymphes cette espèce de peuple. 11 y a peu de mâles, mais les femmes y sont en grand nombre ; leur beauté e.^t extrême, et les filles des hommes n'ont rien de comparable Voy. Cabales. — En Allemagne, le peuple croit encore aux Ondines, esprits des eaux, qui ont une assez
1 Cambry, Voyage dans le Finistère, t. II, p.
2 L,'abbé cle Villars, dans le Comte de Gabalis.