‹ Dictionnaire infernalChapitre 296 sur 368 · OUI · texte numérisé non relu

OUI

la présence des chrétiens leur imposait silence. Voy. Baltus.

Orages, — voy. Crieriens, Tonnerre, etc.

Oraison du loup. — Quand on l'a prononcée pendant cinq jours au soleil levant, on peut défier les loups les plus affamés et mettre les chiens à la porte. La voici, cette oraison fameuse : — « Viens, bète à laine , c'est » l'agneau d'humilité, je te garde. Va droit, «bète grise, à gris gripeuse , va chercher la » proie, loups et louves et louveteaux, tu n'as » point à venir à cette viande qui est ici. Vade »retro. o Salarial » Voy. Gardes.

Oray ou Loray — grand marquis des enfers, qui se montre sous la forme d'un superbe archer portant un arc et des flèches ; il anime les combats, empire les blessures faites par les archers, lance les javelines les plus meur- Irières. Trente légions le reconnaissent pour dominateur et souverain *.

Orcavelle, — magicienne célèbre dans les romans de cheva'erie. Elle opérait des enchantements extraordinaires.

Ordalie. — On donnait le nom û'ordalie à une série d'épreuves par les éléments. Elles consistaient à marcher les yeux bandés parmi des socs de charrue rougis au feu, à traverser des brasiers enflammés , à plonger le bras clans l'eau bouillante, à tenir à la main une barre de fer rouge , à avaler un morceau de pain mystérieux , à être plongé les mains liées aux jambes dans une grande cuve d'eau, enfin à étendre pendant assez long-temps les bras devant une croix. Voij. Croix, Eau, Feu , etc.

Oreille. — On dit que nos amis parlent de nous quand l'oreille gauche nous tinte ; et nos ennemis quand c'est la droite.

Oresme ( Guillaume ) , — astrologue du quatorzième siècle, dont on sait peu de chose.

Orias, — démon des astrologues et des devins, grand marquis de l'empire infernal ; il se montre sous les traits d'un lion furieux assis sur un cheval qui a la queue d'un serpent. Ii porte dans chaque main une vipère. Il connaît l'astronomie et enseigne l'astrologie. Il iiK'lnmorphose les hommes à leur volonté, leur fait obtenir'des dignités et des titres, et commande trente légions2.

Originel (Péché), — la source de tous les maux qui affligent l'humanité, réparé par le baptême dans ses conséquences éternelles.

1 Wierus, Pseudom dœm.

2 Idem, ibid.

1 — ORP

Ceux qui nient le péché originel n'ont pourtant jamais pu expliquer leur négation.

Origines , — VOIJ . MONDE.

Ornithomancie, — divination qu'on tirait de la langue, du vol, du cri et du chant des oiseaux. Voy. Augures.

Orobas , — grand prince du sombre empire. On le voit sous la forme d'un beau cheval. Quand il paraît sous celle d'un homme , il parle de l'essence divine. Consulté, il donne des réponses sur le passé , le présent et l'avenir. Il découvre le mensonge, accorde des dignités et des emplois, réconcilie les ennemis, et a sous ses ordres vingt légions *.

Oromasis, — salamandre distingué que les cabalistes donnent pour compagnon de Noé dans l'arche.

Orphée, — époux d'Eurydice, qu'il p relit le jour de ses noces, qu'il pleura si long-temps, et qu'il alla enfin redemander aux enfers. Pluton la lui rendit à condition qu'il ne regarderait point derrière lui jusqu'à ce qu'il fut hors du sombre empire. Orphée ne put résister au désir de revoir sa femme ; il la perdit une seconde fois : il s'enfonça dans un désert, jura de ne plus aimer, et chanta ses douleurs d'un ton si touchant, qu'il attendrit les bêtes féroces. Les bacchantes furent moins sensibles , car il fut mis en pièces par ces furieuses. — Les anciens voyaient dans Orphée un musicien habile à qui rien ne pouvait résister. Les compilateurs du moyen âge l'ont regardé comme un magicien insigne, et ont attribué aux charmes de la magie les merveilles que la mythologie attribue au charme de sa voix. Orphée , dit Leloyer, fut le plus grand sorcier et le plus grand nécromancien qui ait jamais vécu. Ses écrits ne sont farcis que des louanges des diables. Il savait les évoquer. Il institua l'ordre des Orphéotélestes , espèces de sorciers , parmi lesquels Bacchus tenait anciennement pareil lieu que le diable tient aujourd'hui aux assemblées du sabbat. Bacchus, qui n'était qu'un diable déguisé, s'y nommait Sabasius; c'est de là que le sabbat a tiré son nom. — Après la mort d'Orphée, sa tète rendit des oracles dans l'île de Lesbos. Tzetzès dit qu'Orphée apprit en Egypte la funeste science de la magie, qui y était en grand crédit , et surtout l'art de charmer les serpents. Pausianas explique sa descente aux eniers par un voyage en Thesprotide , où Ton évoquait par des enchantements les âmes des morts. L'époux d'Eurydice, trompé par un fantôme qu'on lui fit voir pendant quelques

1 Wierus, in Pseudom. dcein.

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