‹ Dictionnaire infernalChapitre 297 sur 368 · OUR · texte numérisé non relu

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instants, mourut de regret, ou du moins renonça pour jamais à la société des hommes et se retira sur les montagnes de Thrace. Leclerc prétend qu"Orphée était un grand magicien , que ses hymnes sont des évocations infernales, et que, si l'on en croit Apollodore et Lucien, c'est lui qui a mis en vogue dans la Grèce la magie, l'art de lire dans les astres et l'évocation des mânes.

Orphéotélestes , — ordre de gens qui faisaient le sabbat institué par Orphée, comme on vient de le dire.

Ortie brûlante. — Les Islandais , qui appellent cette plante Netla, croient qu'elle a une vertu singulière pour écarter les sortilèges. Selon eux, il faut en faire des poignées de verges et en fouetter les sorciers à nu.

Os des morts. — Les habitants de la Mauritanie ne mettent jamais deux corps dans la même sépulture, de peur qu'ils ne s'escamotent mutuellement leurs os au jour de la résurrection.

Othon. — Suétone dit que le spectre de Galba poursuivait sans relâche Othon, son meurtrier, le tiraillait hors du lit , l'épouvantait et lui causait mille tourments C'était peut-être le remords.

Otis ou Boiis , — grand-président des enfers; il apparaît sous la forme d'une vipère; quand il prend la figure humaine, il a de grandes dents, deux cornes sur la tête et un glaive à la main ; il répond effrontément sur le présent, le passé et l'avenir. Il a autant d'amis que d'ennemis. Il commande soixante légions *.

Ouahiche , — génie ou démon dont les jongleurs iroquois se prétendent inspirés. C'est lui qui leur révèle les choses futures.

Ouikka , — mauvais génie qui , chez les Esquimaux, fait naître les tempêtes et renverse les barques.

Oulon-Toyon , — chef des vingt-sept tribus d'esprits malfaisants, que les Yakouts supposent répandus dans l'air et acharnés à leur nuire. Il a une femme et beaucoup d'enfants.

Oupires , — VOIJ. VAMPIRES.

Ouran et Ouran-Soangue ( HoMMB ENDIA- BLE) , — sorte de magiciens de l'île Gromboccanore, dans les Indes orientales. Ils ont la réputation de se rendre invisibles quand il leur plaît, et de se transporter où ils veulent. l>e peuple les craint et les hait mortellement;

' Wierus, in Pseudom. daem.

quand on peut en attraper quelqu'un , on le tue sans miséricorde.

Ours. — Quand les Ostiacks ont tué un ours, ils l'écorchent et mettent sa peau sur un arbre auprès d'une de leurs idoles; après quoi ils lui rendent leurs hommages, lui font de très-humbles excuses de lui avoir donné la mort, et lui représentent que dans le fond ce n'est pas à eux qu'il doit s'en prendre , puisqu'ils n'ont pas forgé le fer qui l'a percé, et que la plume qui a hâté le vol de la flèche appartient à un oiseau étranger. — Au Canada, lorsque des chasseurs tuent un ours, un d'eux s'en approche, lui met entre les dents le tuyau de sa pipe, souffle dans le fourneau, et, lui remplissant ainsi de fumée la gueule et le gosier, il conjure l'esprit de cet animal de ne pas s'offenser de sa mort ; mais comme l'esprit ne fait aucune réponse, le chasseur, pour savoir si sa prière est exaucée, coupe le filet qui est sous la langue de l'ours et le garde jusqu'à la fin de la chasse. Alors on fait un grand feu dans toute la bourgade, et toute la troupe y jette ces filets avec cérémonie : s'ils y pétillent et se retirent, comme il doit naturellement arriver, c'est une marque certaine que les esprits des ours sont apaisés; autrement on se persuade qu'ils sont irrités, et que la chasse ne sera point heureuse l'année d'après, à moins qu'on ne prenne soin de se les réconcilier par des présents et des invocations1. — Le diable prend quelquefois la forme de cet animal. Un choriste de Cîteaux, s'étant légèrement endormi aux matines, s'éveilla en sursaut et aperçut un ours qui sortait du chœur. Cette vision commença à l'effrayer quand il vit l'ours reparaître et considérer attentivement tous les novices, comme un officier de police qui fait sa ronde

Enfin le monstre sortit de nouveau en disant : « Ils sont bien éveillés ; je reviendrai tout à l'heure voir s'ils dorment.... » Le naïf légendaire ajoute que c'était le diable qu'on avait envoyé pour contenir les frères dans leur devoir — On croyait autrefois que ceux qui avaient mangé la cervelle d'un ours étaient frappés de vertiges durant lesquels ils se croyaient transformés en ours , et en prenaient les manières. Voy. Visions.

Ovide. — On lui attribue un ouvrage de magie intitulé le Livre de la Vieille, que nous ne connaissons pas.

Oxyones, — peuples imaginaires de Germanie, qni avaient, dit-on. la tète d'un homme et le reste du corps d'une bête.

1 La Harpe, Hist. des Voyages, t. XVIII, p. 3H6. * CjesarijHeisterb, Mirncul. illustrium,lib. v, cap. 41>.

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