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spirait des idées neuves et curieuses qui le séduisaient; le plus souvent il le poussait à de mauvaises actions. — Le terme des sept années vint vite; le jeune homme, qui avait alors vingt-cinq ans, rentra à la maison paternelle. Le démon auquel il s'était donné lui conseilla et parvint à lui persuader d'empoisonner son père et sa mère , de mettre le feu à leur château , et de se tuer lui-même après. Il essaya de commettre tous ces crimes : Dieu, qui sans doute avait encore pitié de lui, ne permit pas qu'il réussît; le poison n'opéra point sur ses parents. Inquiet et troublé, Louis eut des remords; il découvrit à quelques domestiques fidèles l'état où il se trouvait, les priant de lui porter secours. Aussitôt qu'il eut fait cette démarche , le démon le saisit, quoique la dernière heure ne fût pas venue, lui tourna le corps en arrière, et tenta de lui rompre les os. Sa mère, qui était hérétique aussi bien que lui , fut contrainte de recourir aux exorcismes. Le diable parut, dit-on , avec les traits d'un sauvage hideux et velu , et jeta à terre un pacte différent de celui qu'il avait extorqué du jeune homme , pour donner à croire qu'il abandonnait sa proie. Mais on ne tomba point dans le panneau; et enfin, le 20 octobre 1 603 , on força le démon à rapporter la véritable cédule, contenant le pacte fait entre lui et, Louis de Boubenhoren. Le jeune homme renonça alors au démon, abjura l'hérésie, fit sa confession générale, et il sortit de son bras gauche, presque sans douleur, et sans laisser de cicatrice, le pacte secret, qui tomba aux pieds de l'exorciste. — On voyait, dans une chapelle de Molsheim, une inscription célèbre qui contenait toute l'aventure de ce gentilhomme.... Voy. Faust.
Pain (Épreuve du). — C'était un pain fait de farine d'orge, bénit ou plutôt maudit par les imprécations d'un prêtre. Les Anglo-Saxons le faisaient manger à un accusé non convaincu , persuadés que, s'il était innocent, ce pain ne lui ferait point de mal ; que s'il était coupable, il ne pourrait l'avaler, ou que s'il l'avalait, il étoufferait. Le prêtre qui faisait cette cérémonie demandait, par une prière composée exprès, que les mâchoires du criminel restassent roides , que son gosier se rétrécit, qu'il ne put avaler, qu'il rejetât le pain de sa bouche. C'était une profanation des prières de l'Eglise1. La seule chose qui fut réelle dans cette épreuve, qu'on appelait s o 1 1 - \ent Y épreuve du pain conjuré, c'est que, de toutes les espèces de pain , le pain d'orge moulue un peu ^ros est le plus difficile à avaler. Voy. Corsned, Alphitomancie , etc.
» Bergier, Dictionn, théologique,
Pain bén!t. — Du côté de Guingamp en Bretagne, et dans beaucoup d'autres lieux, quand on ne peut découvrir le corps d'un noyé, on met un petit cierge allumé sur un pain que l'on a fait bénir et qu'on abandonne au cours de l'eau ; on trouve le cadavre dans l'endroit où le pain s'arrête et ce qui peut surprendre les curieux , c'est que ce miracle s'est fait souvent. Comment l'expliquer ? — On a le même usage en Champagne et ailleurs.
Pajot (Marguerite), — sorcière qui fut exécutée à Tonnerre en 1576, pour avoir été aux assemblées nocturnes des démons et des sorciers. Elle composait des maléfices et faisait mourir les hommes et les animaux. Elle avait de plus tué un sorcier qui n'avait pas voulu lui prêter un lopin de bois avec lequel il faisait des sortilèges. Une remarque singulière qu'on avait notée, c'est qu'elle revenait du sabbat toujours toute froide2.
Palingénésie. — Ce mot veut dire renaissance. Duchêne dit avoir vu, à Cracovie , un médecin polonais qui conservait, dans des fioles, la cendre de plusieurs plantes; lorsqu'on voulait voir une rose dans ces fioles, il prenait celle où se trouvait la cendre du rosier, et la mettait sur une chandelle allumée : après qu'elle avait un peu senti la chaleur, on commençait à voir remuer la cendre; puis on remarquait comme une petite nue obscure qui, se divisant en plusieurs parties, venait enfin à représenter une rose si belle , si fraîche et si parfaite , qu'on l'eût jugée palpable et odorante , comme celle qui vient du rosier. — Celte nouveauté fut poussée plus loin. On assura que les morts pouvaient revivre naturellement, et qu'on avait des moyens de les ressusci:er en quelque façon. Van der Bect . surtout , a donné ces opinions pour des vérités incontestables ; et dans le système qu'il a composé pour expliquer de si étranges merveilles, il prétend qu'il y a, dans le sang, des idées séminales , c'est-à-dire des corpuscules qui contiennent en petit tout l'animal. Quelques personnes, dit-il, ont distiilé du sang humain nouvellement tiré, et elles y ont vu, au grand étonnement des assistants saisis de frayeur, un spectre humain qui poussait des gémissements. C'est pour ces causes, ajoute-l-il , que Dieu a défendu aux Juifs de manger le. sang des animaux, de peur que les esprits ou idées de leurs espèces qui y sont contenues ne produisissent de funestes effets. — Ainsi en conservant les cendres de nos ancêtres, nous pourrons en tirer des fantômes qui nous en représenteront la figure.
' C'umbry, Yuyago dans le Finistère , t. III , p. 159. ' Bodin, Demun<imani<\