‹ Dictionnaire infernalChapitre 298 sur 368 · PAG · texte numérisé non relu

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me, le rend insensé au point de lui faire croire qu'il est roi ou empereur. Oze porle une couronne ; mais son règne ne dure qu'une heure par jour ».

1 Wierus, In Pseudomon. dgemon,

Pa (Olaus), — voy. Harppe.

Pacte. — II y a plusieurs manières de faire pacte avec le diable. Les gens qui donnent dans les croyances superstitieuses pensent le l'aire venir en lisant le Grimoire à Vendroit des évocations , en récitant les formules de conjuration rapportées dans ce Dictionnaire, ou bien en saignant une poule noire dans un grand chemin croisé, et l'enterrant avec des paroles magiques. Quand le diable veut bien se montrer, on fait alors le marché, que l'on signe de son sang. Au reste, on dit l'ange des ténèbres accommodant, sauf la condition accoutumée de se donner à lui. — Le comte de Gabalis, qui ôte aux diables leur antique pouvoir, prétend que ces pactes se font avec les gnomes, qui achètent l'âme des hommes pour les trésors qu'ils donnent largement; en cela, cependant, conseillés par les hôtes du sombre empire. — Un pacte, dit Bergier, est une convention expresse ou tacite faite avec le démon dans l'espérance d'obtenir, par son entremise , des choses qui passent les forces de la nature. — Un pacte peut donc être exprès et formel, ou tacite et équivalent. Il est censé exprès et formel 1° lorsque par soi-même on invoque expressément le démon , et que l'on demande son secours, soit que l'on voie réellement cet esprit de ténèbres , soit que l'on croie le voir; 2° quand on l'invoque par le ministère de ceux que l'on croit être en relation et en commerce avec lui ; 3° quand on fait quelque chose dont on attend l'effet de lui. — Le pacte est seulement tacite on équivalent lorsque l'on se borne à faire une chose de laquelle on espère un effet qu'elle ne peut produire naturellement, ni surnalurellernent et par l'opération de Dieu, parce* que alors on ; ne peut espérer cet effet que par l'intervention du démon. Ceux , par exemple, qui prétendent guérir les maladies par des paroles , doivent comprendre que les paroles n'ont pas naturellement cette vertu. Dieu n'y a pas atlaché non plus celte efficacité. Si donc elles

produisaient cet effet, ce ne pourrait être que par l'opération de l'esprit infernal. — De là les théologiens concluent que non-seulement toute espèce de magie , mais encore toute espèce de superstition , renferme* un pacte au moins tacite ou équivalent avec le démon, puisque aucune pratique superstitieuse ne peut rien produire à moins qu'il ne s'en mêle C'est le sentiment de saint Augustin , de saint Thomas et de tous ceux qui ont traité cette matière — Voici l'histoire d'un pacte. Plusieurs autres se trouvent dans ce dictionnaire : — Un gentilhomme allemand, Michel-Louis de Boubenhoren , envoyé assez jeune à la cour du duc de Lorraine, perdit au jeu tout son argent; dans son désespoir, il résolut de se vendre au diable s'il voulait l'acheter un peu cher. Comme il se livrait à cette pensée, tout d'un coup il vit paraître devant lui un jeune homme de son âge, élégamment vêtu , qui lui donna une bourse pleine d'or, et lui promit de revenir le lendemain. — Louis courut retrouver ses amis , regagna ce qu'il avait perdu , et emporta même l'argent des autres. Le jeune homme mystérieux parut de nouveau , lui demanda , pour récompense du service qu'il lui avait rendu, trois gouttes de son sang, qu'il reçut dans une coquille de gland; puis, offrant une plume au jeune seigneur, il lui dicta quelques mots barbares que Louis écrivit sur deux billets différents. L'un demeura au pouvoir de l'inconnu, l'autre fut enfoncé, par un pouvoir magique, dans le bras de Louis , à l'endroit où il s'était piqué pour tirer les trois gouttes de sang. La plaie se referma sans laisser de cicatrice. — « Je m'engage , dit alors l'étranger, à vous servir sept ans, au bout desquels vous m'appartiendrez. » — Le jeune homme y consentit, quoiqu'avec une certaine horreur; depuis ce jour, le démon ne manqua pas de lui apparaître sous diverses formes, et de l'aider en toute occasion. Il s'empara peu à peu de son esprit; il lui in-

1 Bergier, Dictionn. théologique.

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