‹ Dictionnaire infernalChapitre 301 sur 368 · I — PAP · texte numérisé non relu

I — PAP

Panjangam, — almanach des bramines, où sont marqués les jours heureux et les jours malheureux, et les heures du jour et de la nuit heureuses ou malheureuses.

Pantacles, — espèces de talismans magiques. Toute la science de la clavicule dépend de l'usage des pantacles, qui contiennent les noms ineffables de Dieu. Les pantacles doivent être faits le mercredi , au premier quartier de la lune , à trois heures du matin, dans une chambre aérée, nouvellement blanchie, où l'on habile seul. On y brûle des plantes odoriférantes. On a du parchemin vierge, sur lequel on décrit trois cercles l'un dans l'autre, avec les trois principales couleurs : or, cinabre et vert; la plume et les couleurs doivent être exorcisées. On écrit alors les noms sacrés ; puis on met le tout dans un drap de soie. On prend un pot de terre où l'on allume du charbon neuf, de l'encens mâle et du bois d'aloès, le tout exorcisé et purifié; puis, la face tournée vers l'orient, on parfume encore les pantacles avec les espèces odoriférantes, et on les remet dans le drap de soie consacré, pour s'en servir au besoin K

Pantarbe, — pierre fabuleuse à laquelle quelques docteurs ont attribué la propriété d'attirer l'or, comme l'aimant attire le fer. Philostrate, dans la Vie d'Apollonius , en raconte des merveilles : L'éclat en est si vif, dit-il , qu'elle ramène le jour au milieu de la nuit; mais, ce qui est plus étonnant encore, cette lumière est un esprit qui se répand dans la terre et attire insensiblement les pierres précieuses; plus cette vertu s'étend, plus elle a de force ; et toutes ces pierres dont la pantarbe se fait une ceinture ressemblent à un essaim d'abeilles qui environnent leur roi. De peur qu'un si riche trésor ne devînt trop vil, non-seulement la nature l'a caché dans la terre profonde , mais elle lui a donné la faculté de s'échapper des mains de ceux qui voudraient la prendre sans précaution. On la trouve dans celte partie des Indes où s'engendre l'or. Suivant l'auteur des Amours de Thêagène et de Chariclêe, elle garantit du feu ceux qui la portent.

Paouaouci, — enchantements ou conjurations au moyen desquels les naturels de la Virginie prétendent faire paraître des nuages et tomber de la pluie.

Pape. — Les huguenots ont dit que le pape était l'antéchrist. C'est ainsi que les filous crient au voleur pour détourner l'attention — Le conte absurde de la papesse Jeanne, in-

1 Leloyer, Hist. des spectres ou appar. des esprits.

r M gie noire, p. 89.

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venté par les précurseurs de Luther, est maintenant reconnu si évidemment faux, qu'il ne peut nous arrêter un instant *.

Papillon. — L'image matérielle de l'âme la plus généralement adoptée est le papillon. Les artistes anciens donnent à Platon une tête avec des ailes de papillon, parce que c'est le premier philosophe grec qui ait écrit sur l'immortalité de 1 ame.

Paracelse, — né dans le canton de Zurich en 1493. Il voyagea, vit les médecins de presque toute l'Europe, et conféra avec eux. Il se donnait pour le réformateur de la médecine. Il voulut en arracher le sceptre à Hippocrate et à Galien. Il décria leurs principes et leur méthode. On lui doit la découverte de l'opium et du mercure , dont il enseigna l'usage. — Paracelse est surtout le héros de ceux qui croient à la pierre philosophale , et qui lui attribuent hautement l'avantage de l'avoir possédée, s'appuyant en cela de sa propre autorité. C'était quelquefois un grand charlatan. Quant il était ivre, dit Wetternus, qui a demeuré vingt-sept mois avec lui , il menaçait de faire venir un million de diables , pour montrer quel empire et quelle puissance il avait sur eux; mais il ne disait pas de si grandes extravagances quand il était à jeun. Il avait un démon familier renfermé dans le pommeau de son épée. Il disait que Dieu lui avait révélé le secret de faire de l'or; et il se vanlait de pouvoir, soit par le moyen de la pierre philosophale , soit par la vertu de ses remèdes, conserver la vie aux hommes pendant plusieurs siècles. Néanmoins il mourut à quarante-huit ans , en 1541, à Saltzbourg.

Parchemin vierge. — Il est employé dans

la magie en plusieurs manières. On appelle parchemin vierge celui qui est fait de peaux de bêtes n'ayant jamais engendré. Pour le faire, on met l'animal qui doit le fournir dans un lieu secret où personne n'habite, on prend un bâton vierge ou de la sève de l'année , on le faille en forme de couteau ; puis on écorche l'animal avec le couteau de bois, et avec le sel on sale ladite peau, que l'on met au soleil pendant quinze jours. On prendra alors un pot de terre vernissé, autour duquel on écrira des caractères magiques. Dans ce pot on mettra une grosse pierre de chaux vive avec de l'eau bénite et ladite peau; on l'y laissera neuf jours entiers. On la tirera enfin, et avec le couteau de canne on la ratissera pour en ôter le poil; on la mettra sécher pendant huit jours à l'ombre , après l'avoir as-

1 Voyez Bcrgicr, Dict. théologique, au mot Pai/casc Jean ut'.

pergée ; on la serrera ensuite dans un drap de soie avec tous les instruments de l'art. Qu'aucune femme ne voie ce parchemin, parce qu'il perdrait sa vertu. C'est sur ce parchemin qu'on écrit ensuite les pantacles, talismans, figures magiques, pactes et autres pièces.

Parfums. — On dit que si Ton se parfume avec de la semence de lin et de psellium, ou avec les racines de violette et d'ache, on connaîtra les choses futures ; *t que pour chasser les mauvais esprits et fantômes nuisibles, il faut faire un parfum avec calament, pivoine, menthe et palma-Christi. On peut assembler les serpents par le parfum des os de l'extrémité du gosier de cerf, et, au contraire, on les peut chasser et mettre en fuite si on allume la corne du même cerf; la corne du pied droit d'un cheval ou d'une mule, allumée dans une maison , chasse les souris , et celle du pied gauche, les mouches. Si on fait un parfum avec le fiel de seiche, du thymiamas, des roses et du bois d'aloès, et qu'on jette sur ce parfum allumé de l'eau ou du sang , la maison semblera pleine d'eau ou de sang; et si on jette dessus de la terre labourée , il semblera que le sol tremble *.

Paris. — Une prédiction avait annoncé que Paris serait détruit par une pluie de feu le 6 janvier 1840. Mais la catastrophe a été remise au cinquième mois de l'année 1900.

Parlements. — ■ Le clergé n'a jamais demandé la mort des sorciers. Ce sont les parlements qui les ont toujours poursuivis avec chaleur. A la fin du dix-septième siècle, le clergé réclamait contre l'exécution de plusieurs sorcières convaincues d'avoir fait le sabbat avec maître Verdelet : le parlement de Rouen pria très-humblement le roi de permettre qu'on brùlàt incontinent lesdites sorcières. On citerait mille exemples pareils.

Paroles magiques. — On peut charmer les dés ou les cartes de manière à gagner continuellement au jeu, en les bénissant en même temps que l'on récite ces paroles : Contra nie ad incarte cja, à filii à Eniol, Lieber, Braya, Braguesca. On n'est point mordu des puces si Ton dit en se couchant : Och och. On fait tomber les verrues des mains en les saluant d'un bonsoir le matin, ot d'un bonjour le soir. On fait filer le diable avec ces mots : Per ipsam , et cum ipso, et in ipso. Qu'on dise: Sista , pista, rista , xista, pour n'avoir plus mal à la cuisse. Qu'on prononce trois fois : Onasagcs, pour guérir le mal de dents. On prévient les suites funestes de la morsure des

1 Nynauld, p. 72 de la Lycantliropie.

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