‹ Dictionnaire infernalChapitre 303 sur 368 · PAU · texte numérisé non relu

PAU

cette chaise matérielle se remuer, quitter sa place et venir à lui comme soutenue en l'air. Il s'écria : « Monsieur le diable , les intérêts de Dieu à part, je suis bien votre serviteur, mais je vous prie de ne me pas faire peur davantage.. » La chaise s'en retourna à sa place comme elle était venue. Cette vision, dit-on, fit une forte impression sur l'esprit de Patris, et ne contribua pas peu à le faire rentrer dans son devoir.

Paul (Arnold) , — paysan de Médroïga , village de Hongrie, qui fut écrasé par la chute d'un chariot chargé de foin, vers 1728. Trente jours après sa mort, quatre personnes moururent subitement et de la même manière que meurent ceux qui sont molestés des vampires. On se ressouvint alors qu'Arnold avait souvent raconté qu'aux environs de Cassova, sur les frontières de la Turquie , il avait été tourmenté long-temps par un vampire turc; mais que, sachant que ceux qui étaient victimes d'un vampire le devenaient après leur mort, il avait trouvé le moyen de se guérir en mangeant de la terre du tombeau du vampire et en se frottant de son sang. On présuma que si ce remède avait guéri Arnold Paul, il ne l'avait pas empêché de devenir vampire à son tour ; en conséquence on le déterra pour s'en assurer, et, quoiqu'il fût inhumé depuis quarante jours , on lui trouva le corps vermeil; on s'aperçut que ses cheveux, ses ongles, sa barbe s'étaient renouvelés, et que ses veines étaient remplies d'un sang fluide. Le bailli du lieu , en présence de qui se fil l'exhumation, et qui était un homme expert, ordonna d'enfoncer dans le cœur de ce cadavre un pieu fort aigu et de le percer de part en part ; ce qui fut exécuté sur le champ. Le corps du vampire jeta un cri et fit des mouvements ; après quoi on lui coupa la tête et on le brûla dans un grand bûcher. On fit subir ensuite le même traitement aux quatre morts qu'Arnold Paul avait tués , de peur qu'ils ne devinssent vampires a leur tour. Voy. Vampires.

Paule. — Il y avait au couvent des Cordeliers de Toulouse un caveau qui servait de catacombes, et où les morts se conservaient. Dans ce caveau était enterrée depuis la fin du seizième siècle une femme célèbre dans le pays sous le nom de la belle Paule. Il était d'usage de visiter son tombeau le jour anniversaire de sa mort. Un jeune cordelier, la tête un peu échauffée, s'était un jour engagé à descendre dans ces catacombes sans lumière et sans témoin, et à enfoncer un clou sur le cercueil de Paule. Il y descendit en

péc — ;

effet ; mais il attacha par mégarde au cercueil un pan de sa robe; il se crut retenu par la défunte quand il voulut s'enfuir, ce qui lui causa une telle frayeur qu'il tomba mort sur la place.

Pausanias. — Quelques écrivains ont prétendu que les Lacédémoniens n'avaient point de sorciers , parce que , quand ils voulurent apaiser les mânes de Pausanias. qu'on avait laissé mourir de faim dans un temple, et qui s'était montré depuis à certaines personnes , on fut obligé de faire venir des sorciers d'Italie pour chasser le spectre du défunt. Mais ce trait ne prouve rien, sinon que les sorciers de Lacédémone n'étaient pas aussi habiles que ceux de l'Italie.

Paymon, — l'un des rois de l'enfer. S'il se montre aux exorcistes, c'est sous la forme d'un homme à cheval sur un dromadaire, couronné d'un diadème étincelant de pierreries, avec un visage de femme. Deux cents légions, partie de l'ordre des anges, partie de l'ordre des puissances, lui obéissent; si Paymon est évoqué par quelque sacrifice ou libation, il paraît accompagné des deux grands princes Bébal et Abalam 4.

Féanite , — pierre fabuleuse que les anciens croyaient douée du privilège de faciliter les accouchements.

Peau. — Pour guérir les taches de la peau et les verrues, il suffit de toucher un caHavre ou de se frotter les mains au clair de la lune. Voy. Verrues2.

Péché. — Chemin de l'enfer.

Péché originel. — « Un enfant, dites-vous, ne peut naître responsable de la faute d'un père. En êtes-vous bien sûr ? Au sein de l'humanité un sentiment universel se manifesta; la vie de tous les peuples exprime par les faits les plus significatifs l'existence d'une loi terrible et mystérieuse, de la loi d'hérédité et de solidarité pour le crime et la peine entre les hommes. Interrogez les nations qui furent les plus voisines des traditions primitives. En Chine le fils est puni pour le père, une famille et même une ville entière répondent pour le crime d'un seul. Dans l'Inde, les parents, l'instituteur, l'ami du coupable doivent être punis. Tout l'Orient jugeait ainsi. Il en est de même encore parmi les peuplades sauvages. De là aussi ces chants lugubres des poètes qui, voyant Rome désolée par les guerres civiles, en donnent instinctivement pour raison qu'elle expiait les parjures de Laomédon , les parju-

1 Wicrus, in Pseudomon. dœm.

2 Jirown, Erreurs populaires, t. II.

i — PEN

res des Troyens, le parricide de Romulus , c'est-à-dire les crimes commis par ses aïeux. — Alexandre meurt au milieu de ses plus belles années ; apr ès lui de sanglantes divisions se déclarent; des maux sans nombre accablent les parents du conquérant ; les historiens païens attribuent sans hésiter tous ces malheurs à la vengeance divine, qui punissait les impiétés et les parjures du père d'Alexandre sur sa famille. — Thésée dans Euripide, troublé de l'attentat dont il croit son fils coupable, s'écrie : « Quel est donc celui de nos pères qui a commis un crime digne de m'attirer un tel opprobre ? » J'omets à dessein une foule d'autres monuments, et je m'abstiens même de citer les livres de l'ancienTestament, fort explicites sur ce point. — Mais parmi ces témoignages et ces faits, une loi est écrite évidemment; elle est écrite en caractères de sang dans les annales de tous les peuples; c'est la loi de l'hérédité du crime et de la peine. Un sentiment, profond et universel la proclame. Ce cri des peuples ne saurait être ni la fausseté ni l'injustice *. »

Pégomancie, — divination par les sources. Elle se pratiquait soit en y jetant un certain nombre de pierres dont on observait les divers mouvements, soit en y plongeant des vases de verre , et en examinant les efforts que faisait l'eau pour y entrer et chasser l'air qui les remplissait. La plus célèbre des pégomancies est la divination par le sort des dés, qui se pratiquait à la fontaine d'Abano , près de Padoue; on jetait les dés dans l'eau pour voir s'ils surnageaient ou s'ils s'enfonçaient, et quels numéros ils donnaient; sur quoi un devin expliquait l'avenir.

Pendus. — On sait qu'on gagne à tous les jeux quand on a dans sa poche de la corde de pendu. — Un soldat de belle corpulence ayant été pendu, quelques jeunes chirurgiens demandèrent la permission d'anatomiser soa corps. On la leur accorda, et ils allèrent à dix heures du soir prier le bourreau de le leur remettre. Celui-ci , qui était déjà couché , leur répondit qu'il ne voulait pas se lever, et qu'ils pouvaient l'aller dépendre eux-mêmes. Pendant qu'ils s'y décidaient , le plus éveillé d'entre eux se détacha sans rien dire, courut devant, se mit en chemise et se cacha sous son manteau au pied de la potence en attendant les autres. Quand ils furent arrivés, le plus hardi monta à l'échelle et se mit à couper la corde pour faire tomber le corps , mais aussitôt l'autre se montra et dit : «Qui ètes-

1 M Le P. Ravigni.n , Conférences de 1813 àNotrc- Pamc de Paris.

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