‹ Dictionnaire infernalChapitre 305 sur 368 · PEU · texte numérisé non relu

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pour enseigner la bienséance aux enfants dans les contrées où l'on man^e beaucoup de choux et de navets.

Petchimancie , — divination par les brosses ou vergettes. Quand un habit ne peut pas se vergeter, c'est un signe qu'il y aura de la pluie.

Petit monde. — On appelait petit monde une société secrète qui conspirait en Angleterre au dernier siècle pour le rétablissement des Stuarts. On débitait beaucoup de contes sur cette société : par exemple, on disait que le diable en personne , assis dans un grand fauteuil , présidait aux assemblées. C'étaient des francs-maçons.

Petit-Pierre. — Les contes populaires de l'Allemagne donnent ce nom au démon qui achète les âmes et avec qui on fait pacte. ïl vient au lit de mort sous la forme d'un nain chercher ceux qu'il a achetés.

Petpayaton. — Les Siamois appellent ainsi les mauvais esprits répandus dans l'air. S'ils préparent une médecine, ils attachent au vase plusieurs papiers, où sont écrites des paroles mystérieuses pour empêcher que les Petpayatons n'emportent la vertu du remède.

Pétrobusiens , — disciples de Pierre de Bruys, hérétique du Dauphiné, contemporain de la première croisade. Ils reconnaissaient deux créateurs, Dieu et le diable. Ils disaient que les prières sont aussi bonnes dans un cabaret que dans une église, dans une étable que sur un autel : en conséquence, ils détruisaient les édifices sacrés et brûlaient les croix et les images.

Pettimancie, — divination par le jet des dés. Voy. Astragalomancie et Cubomancïe.

Peuplier. — Les anciens regardaient le peuplier comme un arbre dédié aux enfers et aux démons.

Peur. — On prétend que pour se préserver de la peur il faut porter sur soi une épingle qui ait été fichée dans le linceul d'un mort. — Un officier logé en chambre garnie, et sur le point de rejoindre son régiment, était encore dans son lit au petit point du jour, lorsqu'un menuisier, qui portait un cercueil pour un homme qui venait de mourir dans la pièce voisine, entra, croyant ouvrir la porte de la chambre du mort. «Voilà, dit -il , une bonne redingote pour l'hiver. » L'officier ne douta pas qu'on ne vint pour le voler. Aussitôt il saute à bas du lit, et s'élance contre le prétendu voleur.... Le menuisier, voyant quelque chose de blanc , laisse tomber son cercueil, et s'enfuit à toutes jambes,

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criant que le mort était à ses trousses.... On dit qu'il en fut malade. — Un marchand de la rue Saint-Victor, à Paris, donnant un grand souper, la servante de la maison fut obligée de descendre à la cave à dix heures du soir. Elle était peureuse ; elle ne fut pas plutôt descendue, qu'elle remonta tout épouvantée , en criant qu'il y avait un fantôme entre deux tonneaux !... L'effroi se répandit dans la maison, les domestiques les plus hardis descendirent à la cave,, les maîtres suivirent, et Ton reconnut que le spectre était un mort qui y avait glissé de la charrette de l'Hôtci-Dieu , et était tombé dans la cave par le soupirail. — Pour les traits qui se rapportent, à la peur, voy. Revenants, Apparitions, Imagination, Visions , Fannius , etc.

Pharmacie, — divination employée par les magiciens et enchanteurs, lesquels devinent , à l'aide du seul commerce qu'ils ont avec les démons, qu'ils évoquent pour cela au moyen de fumigations faites sur un réchaud.

Phénix, — grand marquis des enfers. Il paraît sous la forme d'un phénix avec la voix d'un enfant ; avant de se montrer à l'exorciste , il rend des sons mélodieux ; il faut se boucher les oreilles quand on lui commande de prendre la forme humaine. Il répond sur toutes les sciences ; c'est un bon poète, qui satisfait en vers à toutes les demandes ; après mille ans il espère retourner au septième ordre des trônes. Vingt légions lui obéissent1.

Phénix. — Il y a, dit Hérodote, un oiseau sacré qu'on appelle phénix. Je ne l'ai jamais vu qu'en peinture. Il est grand comme un aigle; son plumage est doré et entremêlé de rouge. Il vient tous les cinq cents ans en Egypte, chargé du cadavre de son père enveloppé de myrrhe , qu'il enterre dans le temple du soleil. — Solin dit que le phénix naît en Arabie; que sa gorge est entourée d'aigrettes, son cou brillant comme l'or, son corps pourpre, sa queue mêlée d'azur et de rose; qu'il vit cinq cent quarante ans; que certains historiens lui ont donné jusqu'à douze mille neuf cent cinquante-quatre ans de vie. — Saint Clément le Romain rapporte qu'on croit que le phénix naît en Arabie, qu'il est unique dans son espèce, qu'il vit cinq ans ; que, lorsqu'il est près de mourir, il se fait, avec de l'encens, de la myrrhe et d'autres aromates, un cercueil où il entre à temps marqué et meurt; que sa chair corrompue produit un ver qui se nourrit de l'humeur de l'animal mort et se revêt de plumes: qu'ensuite, devenu plus fort, il prend le cercueil de son pè-

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