PHI
re et le porte en Égypte, sur l'autel du soleil, à Héliopolis. — Outre que tous ceux qui parlent de cet oiseau mystérieux ne l'ont point vu, et n'en parlent que par ouï-dire, qui peut être sûr qu'il a vécu cinq cents ans ? qui peut assurer qu'il soit seul de son espèce? — Le P. Martini rapporte, dans son Histoire de la Chine , qu'au commencement du règne de l'empereur Xao-Hao IV, on vil paraître l'oiseau du soleil, dont les Chinois regardent l'arrivée comme un heureux présage pour le royaume. Sa forme, dit-il, le ferait prendre pour un aigle sans la beauté et la variété de son plumage. Il ajoute que sa rareté lui fait croire que cet oiseau est le même que le phénix.
Phénomènes, — VOy. MERVEILLES, PrODI-
ges, Visions, Imaginations , Apparitions, etc.
Philinnion. — Voici un trait rapporté par Phlégon, et qu'on présume être arrivé à Hypate en Thessalie. Philinnion, fille unique de Démocrate et de Charito, mourut en âge nubile ; ses parents inconsolables firent enterrer avec le corps mort les bijoux et les atours que la jeune fille avait le plus aimés pendant sa vie. Quelque temps après sa mort, un jeune seigneur, nommé Mâchâtes, vint loger chez Démocrate, qui était son ami. Le soir, comme il élait dans sa chambre, Philinnion lui apparaît, lui déclare qu'elle l'aime; ignorant sa mort, il l'épouse en secret. Mâchâtes, pour gage de son amour, donne à Philinnion une coupe d'or, et se laisse tirer un anneau de fer qu'il avait au doigt. Philinnion, de son côté, lui fait présent de son collier et d'un anneau d'or, et se retire avant le jour. — Le lendemain , elle revint à la même heure. Pendant qu'ils étaient ensemble , Charito envoya une vieille servante dans la chambre de Mâchâtes pour voir s'il ne lui manquait rien. Cette femme retourna bientôt éperdue vers sa maîtresse, et lui annonça que Philinnion était avec Mâchâtes. On la traita de visionnaire; mais comme elle s'obstinait à soutenir ce qu'elle disait, quand le matin fut venu Charito alla trouver son hôte et lui demanda si la vieille ne l'avait point trompée. Mâchâtes avoua qu'elle n'avait pas fait un mensonge, raconta les circonstances de ce qui lui était arrivé, et montra le collier et l'anneau d'or, que la mère reconnut pour ceux de sa fille. Cette vue réveilla la douleur de la perte qu'elle avait faite, elle jeta des cris épouvantables et supplia Mâchâtes de l'avertir quand sa fille reviendrait ; ce qu'il exécuta. — Le père et la mère la virent et coururent à elle pour l'embrasser. Mais Philinnion, baissant les yeux ,
leur dit avec une contenance morne: «Hélas! mon père, et vous, ma mère, vous détruisez ma félicité en m'empêcha nt, par votre présence importune, de vivre seulement trois jours. Voire curiosité vous sera funeste, car je m'en retourne au séjour de la mort, et vous me pleurerez autantque quand je fusportée en terre pour la première fois. Mais je vous avertis que je ne suis pas venue ici sans la volonté des dieux. » — Après ces mots, elle tomba morte ; et son corps fut exposé sur un lit à la vue de tous ceux de la maison. On alla visiter le tombeau, où l'on ne trouva point son corps, mais seulement l'anneau de fer et la coupe que Mâchâtes lui avait donnés.
Philosophie hermétique, — VOy . PlERRE PJIILOSOPIIALE.
Philotanus , — démon d'ordre inférieur, soumis à Bélial.
Philtre , — breuvage on drogue , dont l'effet prétendu est de donner de l'amour. Les anciens, qui en connaissaient l'usage, invoquaient dans la confection des philtres les divinités infernales. Il y entrait différents animaux, herbes ou matières, tels que le poisson appelé remore, certain? os de grenouilles, la pierre aslroïte et surtout l'hippomane. Delrio, qui met les philtres au rang des maléfices , ajoute qu'on s'est aussi servi pour les composer de rognures d'ongles, de métaux, de reptiles, d'intestins de poissons et d'oiseaux, et qu'on y a mêlé quelquefois des fragments d'ornements d'église. Les philtres s'expliquent comme les poisons par la pharmacie. — L'hippomane est le plus fameux de tous les philtres; c'est un morceau de chair noire et ronde , de la grosseur d'une figue sèche, que le poulain apporte quelquefois sur le front en naissant. Suivant les livres de secrets magiques, il fait naître une passion ardente, quand, étant mis en poudre, il est pris avec le sang de celui qui veut se faire aimer. Jean -Baptiste Porta détaille au long les surprenantes propriétés de l'hippomane ; il est fâcheux qu'on n'ait jamais pu le trouver, ni au front du poulain naissant, ni ailleurs. Voy. Hippomane. — Les philtres sont en grand nombre et plus ridicules les uns que les autres. Les anciens les connaissaient autant que nous, et on rejetait chez eux sur les charmes magiques les causes d'une passion violente , un amour disproportionné , le rapprochement de deux cœurs entre qui la fortune avait mis une barrière^ ou que les parents ne voulaient point unir. — Il y a de certains toniques qui enflamment les intestins, causent la démence ou la mort et inspirent une ardeur qu'on a prise
7 — PUR pour de l'amour. Telles sont les mouches eantharides avalées dans un breuvage. Un Lyonnais, voulant se faire aimer de sa femme qui le repoussait , lui fit avaler quatre de ces insectes pulvérisés dans un verre de vin du Rhône ; il s'attendait à être heureux : il fut veuf le lendemain. A ces moyens violents on a donné le nom de philtres.
Phlégêton . — fleuve d'enfer, qui roulait des torrents de flamme et environnait de toutes parts la prison des méchants. On lui attribuait les qualités les plus nuisibles. Après un cours assez long en sens contraire du Cocyte, il se jetait comme lui dans l'Achéron.
Phrénoîogie OU Crânologie , — art OU
science qui donne les moyens de juger les hommes par les protubérances du crâne. Nous ne voyons pas, comme quelques-uns l'ont dit, que la crânologie consacre le matérialisme , ni qu'elle consolide les funestes principes de la fatalité. Nous sommes persuadé au contraire que les dispositions prétendues innées se modifient par l'éducation religieuse , surtout par rapport aux mœurs. Dans les arts on dit bien que le génie est inné : c'est vrai en partie seulement, car il n'y a pas de génie brut qui ait produit des chefs-d'œuvre. Les grands poètes et les grands peintres ne sont pourtant devenus grands qu'à force de travail. Le génie, a dit Buffon, c'est la patience; et Socrate, né vicieux, est devenu homme de bien. — Avant Gall et Spurzheim, les vieux physiologistes n'avaient jeté que des idées vagues sur la crânologie, ou crânoscopie, ou phrœnologie, qui est l'art de juger les hommes au moral par la conformation du crâne et ses protubérances. Gall et Spurzheim en firent un système qui , à son apparition , divisa le public en deux camps, comme c'est l'usage ; les uns admirèrent et applaudirent ; les autres doutèrent et firent de l'opposition. Peu à peu on reconnut des vérités dans les inductions crânologiques des deux Allemands. Le système devint une science ; la médecine légale y recourut; ; aujourd'hui il y a des chaires de crânologie, et peut-être cette science, dont on avait commencé par rire, deviendra un auxiliaire de la procédure criminelle. — On a soutenu que l'âme a son siège dans le cerveau. Dans toute l'échelle de la création, la masse du cerveau et des nerfs augmente en raison de la capacité pour une éducation plus élevée. La gradation a lieu jusqu'à l'homme, qui, parmi tous les êtres créés, roi de la création, est susceptible du plus haut degré d'ennoblissement, et à qui Dieu a donné le cerveau le plus parfait et proportionnellement le
Pîîll — 3
plus grand. Il y a dans l'homme, comme dans les animaux , certaines dispositions innées. L'histoire nous offre plusieurs grands hommes qui, dès leur tendre jeunesse, ont eu un penchant décidé pour tel art ou telle science. La plupart des grands peintres et des poètes distingués se sont livrés aux beaux-arts par cette inclination que la nature donne à ses favoris , et sont devenus fameux quelquefois malgré leurs parents. Ces dispositions peuvent être développées et perfectionnées par l'éducation; mais elle ne les donne point, car les premiers indices de ces talents commencent à se montrer quand les enfants ne sont pas encore propres à une éducation proprement dite. — Dans le règne animal , toutes les espèces ont des inclinations qui leur sont particulières: la cruauté du tigre, l'industrie du castor, l'adresse de l'éléphant, sont dans chaque individu de ces espèces, sauf quelques variations accidentelles. — De même qu'il y a dansles hommeset dans les animaux des dispositions innées, de même il existe autant d'organes rassemblés et placés les uns près des autres dans le cerveau, qui est le mobile des fonctions supérieures de la vie ; les organes s'expriment sur la surface du cerveau par des protubérances. Plus ces protubérances sont grandes , plus on doit s'attendre à de grandes dispositions. Ces organes , exprimés à la surface du cerveau , produisent nécessairement des protubérances à la surface extérieure du crâne, enveloppe du cerveau depuis sa première existence dans le sein maternel. Cette thèse au reste n'est applicable qu'aux cerveaux sains en général , les maladies pouvant faire des exceptions. — Mais il ne faut pas, comme a fait Gall, l'appliquer aux vertus et aux vices, qui seraient sans mérite si les bosses du crâne les donnaient. Ce serait admettre une fatalité matérielle. S'il est vrai qu'un voleur ait la protubérance du vol, c'est son mauvais penchant qui peu à peu a fait croître la protubérance en agissant sur le cerveau. Mais la protubérance antérieure n'est pas vraie. Voici une notice de ce système : L'instinct de propagation se manifeste par deux éminences placées derrière l'oreille immédiatement au-dessus du cou. Cet organe est plus fortement développé chez les mâles que chez les femelles. — Vamour des enfants est dans la plus étroite union avec ces organes. Aussi la protubérance qui le donne estelle placée auprès de celle qui indique l'instinct de la propagation. Elle s'annonce par deux éminences sensibles derrière la lèt<\ audessus de la nuque, à l'endroit où se termine la fosse d\i cou. Elle est plus forte chez les
femelles que chez les mâles, et si on compare les crânes des animaux, on le trouvera plus prononcé dans celui du singe que dans tout au tre. — L'organe de Yamitié et de la fidélité est placé dans la proximité de celui des enfants; il se présente des deux côtés par deux protubérances arrondies, dirigées vers l'oreille. On le trouve dans les chiens, surtout dans le barbet et le basset. — L'organe de l'humeur querelleuse se manifeste de chaque côté par une protubérance demi-globulaire, derrière et au-dessus de l'oreille. On le trouve bien prononcé chez les duellistes. — L'organe du meurtre s'annonce de chaque côté par une protubérance placée au-dessus de l'organe de l'humeur querelleuse , en se rapprochant vers les tempes. On le trouve chez les animaux carnivores et chez les assassins. — L'organe de la ruse est indiqué de chaque côté par une éminence qui s'élève au-dessus du conduit extérieur de l'ouïe, entre les tempes et l'organe du meurtre. On le rencontre chez les fripons , chez les hypocrites, chez les gens dissimulés. On le voit aussi chez de sages généraux, d'habiles ministres et chez des auteurs de romans ou de comédies , qui conduisent finement les intrigues de leurs fictions. — L'organe du vol se manifeste de chaque côté par une protubérance placée au haut de la tempe, de manière à former un triangle * avec le coin de l'œil et le bas de l'oreille. On le remarque dans les voleurs et dans quelques animaux ; il est très-prononcé au crâne de la pie. — L'organe des arts forme une voûte arrondie à côté de l'os frontal, au-dessous do l'organe du vol ; il est proéminent sur les crânes de Raphaël , de Michel-Ange et de Rubens. — L'organe des tons et de la musique s'exprime par une protubérance à chaque angle du front, au-dessous de l'organe des arts. On trouve ces deux protubérances aux crânes du perroquet, de la pivoine, du corbeau, et de tous les oiseaux mâles chantants ; on ne les rencontre ni chez les oiseaux et les animaux à qui ce sens manque , ni même chez les hommes qui entendent la musique avec répugnance. Cet organe est d'une grandeur sensible chez les grands musiciens, tels que Mozart, Gluck, Haydn, Viotti, Boïeldieu, Rossini, Meyerbeer, etc. — L'organe de 1Yducation se manifeste par une protubérance au bas du front, sur la racine du nez, entre les deux sourcils. Les animaux qui ont le crâne droit, depuis l'occiput jusqu'aux yeux, comme le blaireau, sont incapables d'aucune éducation ; et cet organe se développe de plus en plus dans le renard, le lévrier, le caniche, l'éléphant et l'orang-outang, dont le crâne ap-
PHR — 31
proche le plus des lêtes humaines mal organisées. Le rang suprême est occupé par le crâne de l'homme bien constitué. — L'organe du sens des lieux se manifeste extérieurement par deux protubérances placées au-dessus de la racine du nez, à l'os intérieur des sourcils. Il indique en général la capacité de concevoir les distances, le penchant pour toutes les sciences et arts où il faut observer, mesurer et établir des rapports d'espace : par exemple, le goût pour la géographie. Tous les voyageurs distingués ont cet organe, comme le prouvent les bustes de Cook, de Colomb et d'autres. On le trouve aussi chez les animaux errants. Les oiseaux de passage l'ont plus ou moins, selon le terme plus ou moins éloigné de leurs migrations. Il est très-sensible au crâne de la cigogne. C'est par la disposition de cet organe que la cigogne retrouve l'endroit où elle s'est arrêtée l'année précédente , et que, comme l'hirondelle, elle bâtit tous les ans son nid sur la même cheminée. — L'organe du sens des couleurs forme de chaque côté une protubérance au milieu de l'arc des sourcils, immédiatement à côté du sens des lieux, Lorsqu'd est porté à un haut degré, il forme une voûte particulière. C'est pour cela que les peintres ont toujours le visage plus jovial, plus réjoui, que les autres hommes, parce que leurs sourcils sont plus arqués vers le haut. Cet organe donne la manie des fleurs et le penchant à réjouir l'œil par la diversité des couleurs qu'elles offrent. S'il est lié avec l'organe du sens des lieux , il forme le paysagiste. Il paraît que ce sens manque aux animaux, et que leur sensibilité à l'égard de certaines couleurs ne provient que de l'irritation des yeux. — L'organe du sens des nombres est placé également au-dessus de la cavité des yeux, à côté du sens des couleurs, dans l'angle extérieur de l'os des yeux. Quand il existe dans un haut degré , il s'élève vers les tempes un gonflement qui donne à la tète une apparence carrée. Cet organe est fortement exprimé sur un buste de Newton, et en général il est visible chez les grands mathématiciens. Il est ordinairement lié aux têtes des astronomes avec l'organe du sens des lieux. — L'organe de la mémoire a son siège au-dessus de la partie supérieure et postérieure de la cavité des yeux. Il presse les yeux en bas et en avant. Beaucoup de comédiens célèbres ont les yeux saillants par la disposition de cet organe. — Le sens de la méditation se manifeste par un renflement du crâne environ un demi-pouce sous le bord supérieur du front. On le trouve au buste de Socrate et à plusieurs penseurs. — L'organe
de la sagacité se manifeste par un renflement oblong au milieu du front. — L'organe de la force de Vesprit se manifeste par deux protubérances demi-circulaires , placées au-dessous du renflement de la méditation et séparées par l'organe de la sagacité. On le trouve dans Lesage, Boileau , Cervantes, etc. — L'organe de la bonhomie se manifeste par une élévation oblongue partant de la courbure du front vers le sommet de la tête, au-dessus de l'organe de la sagacité. On le trouve au mouton , au chevreuil et à plusieurs races de chiens. — L'organe de la piété vraie ou fausse se manifeste par un gonflement au-dessus de l'organe de la bonhomie. — L'organe de Yoryueil et de la fierté se manifeste par une protubérance ovale au haut de l'occiput. — L'organe de Vambiiion et de la vanité se manifeste par deux protubérances placées au sommet de la tète et séparées par l'organe de la fierté. — L'organe de la prudence se manifeste par deux protubérances placées à côté des protubérances de l'ambition, sur les angles postérieurs du crâne. — Enfin, l'organe de la constance ot de la fermeté se manifeste par une protubérance placée derrière la tète , au-dessous de l'organe de la fierté. — Ce système du docteur Gall a eu de nombreux partisans ; mais il n'a guère eu moins d'ennemis. Quelques-uns l'ont comparé aux rêveries de certains physionomistes, quoiqu'il ait, en apparence du moins, un fondement moins chimérique. On a vu cent fois le grand homme et l'homme ordinaire se ressembler par les traits du visage , et jamais , dit-on, le crâne du génie ne ressemble à celui de l'idiot. Peut-être le docteur Gall a-t-il voulu pousser trop loin sa doctrine ; et on peut s'abuser en donnant des règles invariables sur des choses qui ne sont pas toujours constantes. — Un savant de nos jours a soutenu , contre le sentiment du docteur Gall , que les inclinalions innées n'existaient point dans tes protubérances du crâne, puisqu'il dépendrait alors du bon plaisir des sagesfemmes de déformer les enfants , et de les modeler dès leur naissance en idiots ou en génies; mais le docteur Gall trouve cette objection risible ; parce que , quand même on enfoncerait le crâne par exemple à un endroit où se trouve un organe précieux , cet organe comprimé se rétablirait peu à peu de luimême , et parce que le cerveau résiste à toute pression extérieure par l'élasticité des tendres filets, et qu'aussi long-temps qu'il n'a pas été écrasé ou totalement détruit, il fait une répression suffisante. — Cependant Blumenbach écrit que les Caraïbes pressent le crâne de
leurs enfants avec une certaine machine , et donnent à la tète la forme propre à ce peuple. Les naturalistes placent aussi les qualités de l'esprit, non dans les protubérances, mais dans la conformation du crâne ; et plusieurs prétendent qu'un soufflet ou une pression au crâne de Corneille venant de naître, en eût pu faire un imbécile. On voit d'ailleurs des gens qui perdent la raison ou la mémoire par un coup reçu à la tète. — Au surplus , le docteur Fodéré parle dans sa Médecine légale de voleurs et de fous sur le crâne desquels on n'a point remarqué les protubérances du vol ni celles de la folie. Ajoutons que le crâne de Napoléon avait de très-mauvaises bosses qui ont fort intrigué les phrénologistes.
Phylactères , — préservatifs. Les Juifs portaient à leurs manches et à leur bonnet des bandes de parchemin sur lesquelles étaient écrits des passages de la loi ; ce que Notre- Seigneur leur reproche dans saint Matthieu , chap. 23. Leurs descendants suivent la môme pratique , et se persuadent que ces bandes ou phylactères sont des amulettes qui les préservent de tout danger , et surtout qui les gardent contre l'esprit malin. — Des chrétiens ont fait usage aussi de paroles écrites ou gravées, comme de phylactères et préservatifs. L'Église a toujours condamné cet abus. Voy. Amulettes.
phyllorhodomancie , — divination par les feuilles de roses. Les Grecs faisaient claquer sur la main une feuille de rose, et jugeaient, par le son, du succès de leurs vœux.
Physîognomonïe , — art de juger les hommes par les traits du visage , ou talent de connaître l'intérieur de l'homme par son extérieur. ■ — Cette science a eu plus d'ennemis que de partisans, elle ne paraît pourtant ridicule que quand on veut la pousser trop loin. Tous les visages, toutes les formes, tous les êtres créés diffèrent entre eux , non-seulement dans leurs classes, clans leurs genres, dans leurs espèces, mais aussi dans leur individualité. Pourquoi cette diversité de formes ne serait-elle pas la conséquence de la diversité des caractères , ou pourquoi la diversité des caractères ne serait-elle pas liée à cette diversité déformes? Chaque passion, chaque sens, chaque qualité prend sa place dans le corps de tout être créé; la colère enfle les muscles : les muscles enflés sont donc un signe de colère?... Des yeux pleins de feu, un regard aussi prompt que l'éclair , et un esprit vif et pénétrant se retrouvent cent fois ensemble. Un œil ouvert et serein se rencontre mille fois avec un cœur franc et honnête. ~ Pourquoi
ne pas chercher à connaître les hommes par leur physionomie? On juge tous les jours le ciel sur sa physionomie. Un marchand apprécie ce qu'il achète par son extérieur, par sa physionomie — Tels sont les raisonnements des physionomistes pour prouver la sûreté de leur science. Il est vrai, ajoutentils , qu'on peut quelquefois s'y tromper; mais une exception ne doit pas nuire aux règles. J'ai vu, dit Lavater, un criminel condamné à la roue pour avoir assassiné son bienfaiteur, et ce monstre avait le visage ouvert et gracieux comme l'ange du Guide. Il ne serait pas impossible de trouver aux galères des tètes de Régulus, et des physionomies de vestales dans une maison de force. Cependant le physionomiste habile distinguera les traits , quoique presque imperceptibles, qui annoncent le vice et la dégradation. — Quoi qu'il en soit de la physiognomonie , en voici les principes, tantôt raisonnables , tantôt forcés : le lecteur en prendra ce qu'il voudra. — La beauté morale est ordinairement en harmonie avec la beauté physique. ( Socrate et cent mille autres prouvent le contraire. ) Beaucoup de personnes gagnent à mesure qu'on apprend à les connaître, quoiqu'elles vous aient déplu au premier aspect. Il faut qu'il y ait entre elles et vous quelque point de dissonance , puisque , du premier abord , ce qui devait vous rapprocher ne vous a point frappé. Il faut aussi qu'il y ait entre vous quelque rapport secret, puisque., plus vous vous voyez, plus vous vous convenez. Cependant faites attention au premier mouvement d'instinct que vous inspire une nouvelle liaison. — Tout homme dont la figure , dont la bouche , dont la démarche , dont l'écriture est de travers , aura dans sa façon de penser , dans son caractère , dans ses procédés, du louche, de l'inconséquence, de la partialité, du sophistique, de la fausseté, de la ruse . du caprice, des contradictions, de la fourberie, une imbécillité dure et froide. — La tète est. la plus noble partie du corps humain,, le siège de l'esprit et des facultés intellectuelles. ( Le docteur Van Helmont plaçait les facultés intellectuelles dans l'estomac. ) Une tète qui est en proportion avec le reste du corps, qui parait telle au premier abord, qui n'est ni trop grande ni trop petite, annonce un caractère d'esprit plus parfait qu'on n'en oserait attendre d'une tète disproportionnée. Trop volumineuse , elle indique presque toujours la grossièreté; trop petite, elle est un signe de faiblesse. Quelque proportionnée que soit la tète au corps, il faut encore qu'elle ne soit ni trop arrondie ni trop allongée : plus elle est régulière , et plus elle
est parfaite. On peut appeler bien organisée celle dont la hauteur perpendiculaire, prise depuis l'extrémité de l'occiput jusqu'à la pointe du nez , est égale à sa largeur horizontale. Une tète trop longue annonce un homme de peu de sens, vain, curieux, envieux et crédule. La tète penchée vers la terre est la marque d'un homme sage , constant dans ses entreprises. Une tête qui tourne de tous côtés annonce la présomption, la médiocrité, le mensonge, un esprit pervers, léger, et un jugement faible. — On peut diviser le visage en trois parties, dont la première s'étend depuis le front jusqu'aux sourcils; la seconde depuis les sourcils jusqu'au bas du nez; la troisième depuis le bas du nez jusqu'à l'extrémité de l'os du menton. Plus ces trois étages sont symétriques, plus on peut compter sur la justesse de l'esprit et sur la régularité du caractère en général. Quand il s'agit d'un visage dont l'organisation est extrêmement forte ou extrêmement délicate , le caractère peut être apprécié plus facilement par le profil que par la face. Sans compter que le profil se prête moins à la dissimulation, il offre des lignes plus vigoureusement prononcées, plus précises, plus simples, plus pures; par conséquent la signification en est aisée à saisir; au lieu que souvent les lignes de la face en plein sont assez difficiles à démêler. Un beau profil suppose toujours l'analogie d'un caractère distingué. Mais on trouve mille profils qui, sans être beaux , peuvent admettre la supériorité du caractère. Un visage charnu annonce une personne timide , enjouée , crédule et présomptueuse. Un homme laborieux a souvent le visage maigre. Un visage qui sue à la moindre agitation annonce un tempérament chaud , un esprit vain et grossier , un penchant à la gourmandise. — Les cheveux offrent des indices multipliés du tempérament de l'homme, de son énergie , de sa façon de sentir , et aussi de ses facultés spirituelles. Ils n'admettent pas la moindre dissimulation ; ils répondent à notre constitution physique, comme les plantes et les fruits répondent au terroir qui les produit. Je suis sûr, dit Lavater, que par l'élasticité des cheveux on pourrait juger de l'élasticité du caractère (très-fréquemment démenti).
Les cheveux longs, plats, disgracieux, n'annoncent rien que d'ordinaire. Les chevelures d'un jaune doré, ou d'un blond tirant sur le brun, qui reluisent doucement, qui se roulent facilement et agréablement, sont les chevelures nobles (en Suisse, patrie de Lavater). Des cheveux noirs, plats, épais et gros dénotent peu d'esprit , mais de l'assiduité et de l'amour de l'ordre. Les cheveux blonds annoncent
généralement un tempérament délicat , sanguin-flegmatique. Les cheveux roux caractérisent, dit-on , un homme souverainement bon , ou souverainement méchant. — Les cheveux fins marquent la timidité ; rudes ils an~ noncent le courage (Napoléon les avait trèsfins ) , ce signe caractéristique est du nombre de ceux qui sont communs à l'homme et aux animaux. Parmi les quadrupèdes, le cerf, le lièvre et la brebis, qui sont au rang des plus timides , se distinguent particulièrement des autres par la douceur de leur poil ; tandis que la rudesse de celui du lion et du sanglier répond au courage qui fait leur caractère. En appliquant ces remarques à l'espèce humaine, les habitants du nord sont ordinairement trèscourageux, et ils ont la chevelure rude; les Orientaux sont beaucoup plus timides, et leurs cheveux sont plus doux. Les cheveux crépus marquent un homme de dure conception. Ceux qui ont beaucoup de cheveux sur les tempes et sur le front sont grossiers et orgueilleux.— Une barbe fournie et bien rangée annonce un homme d'un bon naturel et d'un tempérament raisonnable. L'homme qui a la barbe claire et mal disposée tient plus du naturel et des inclinations de la femme que de celles de l'homme. — Si la couleur de la barbe diffère de celle des cheveux f elle n'annonce rien de bon. De même , un contraste frappant entre la couleur de la chevelure et la couleur des
sourcils peut inspirer quelque défiance —
Le front, de toutes les parties du visage, est la plus importante et la plus caractéristique. Les fronts , vus de profil , peuvent se réduire à trois classes générales. Ils sont ou penchés en arrière, ou perpendiculaires , ou proéminents. Les fronts penchés en arrière indiquent en général de l'imagination, de l'esprit et de la délicatesse. — Une perpendicularité complète, depuis les cheveux jusqu'aux sourcils, est le signe d'un manque total d'esprit. Une forme perpendiculaire, qui se voûte insensiblement par le haut, annonce un esprit capable de beaucoup de réflexion, un penseur rassis et profond. Les fronts proéminents appartiennent à des esprits faibles et bornés , et qui ne parviendront jamais à une certaine maturité. Plus le front est allongé, plus l'esprit est dépourvu d'énergie et manque de ressort. Plus il est serré, court et compacte , plus le caractère est concentré , ferme et solide — Pour
qu'un front soit heureux, parfaitement beau et d'une expression qui annonce à la fois la richesse du jugement et la noblesse du caractère, il doit se trouver dans la plus exacte proportion avec le reste du visage. Exempt de toute espèce d'inégalités et de rides per~
rat — 3
manenles , il doit pourtant en être susceptible ; mais alors il ne se plissera que dans les moments d'une méditation sérieuse , dans un mouvement de douleur ou d'indignation. Il doit reculer par le haut La couleur de la peau doit en être plus claire que celle des autres parties du visage. Si l'os de l'œil est saillant, c'est le signe d'une aptitude singulière aux travaux de l'esprit, d'une sagacité extraordinaire pour les grandes entreprises. Mais sans cet angle saillant , il y a des tètes excellentes , qui n'en ont que plus de solidité lorsque le bas du front s'affaisse, comme un mur perpendiculaire, sur des sourcils placés horizontalement, et qu'il s'arrondit et se voûte imperceptiblement, des deux côtés, vers les tempes. — Les fronts courts, ridés, noueux, irréguliers, enfoncés d'un côté, échancrés, ou qui se plissent toujours différemment, ne sont pas une bonne recommandation , et ne doivent pas inspirer beaucoup de confiance. Les fronts carrés, dont les marges latérales sont encore assez spacieuses, et dont l'os de l'œil est en même temps bien solide , supposent un grand fonds de sagesse et de courage. Tous les physionomistes s'accordent sur ce point. Un front très-osseux et garni de beaucoup de peau annonce un naturel acariâtre et querelleur... — Un front élevé, avec un visage long et pointu vers le menton, est un signe de faiblesse. Des fronts allongés, avec une peau fortement tendue et très-unie, sur lesquels on n'aperçoit, même à l'occasion d'une joie peu commune, aucun pli doucement animé , sont toujours l'indice d'un caractère froid, soupçonneux, caustique, opiniâtre, fâcheux, rempli de prétentions, rampant" et vindicatif. Un front qui du haut penche en avant et s'enfonce vers l'œil est, dans un homme fait, l'indice d'uneimbécillité sans ressource. — Au-dessous du front commence sa belle frontière , le sourcil , arc-en-ciel de paix dans sa douceur, arc tendu de la discorde lorsqu'il exprime le courroux. Des sourcils doucement arqués s'accordent avec la modestie et la simplicité. Placés en ligne droite et horizontalement, ils se rapportent à un caractère mâle et vigoureux. Lorsque leur forme est moitié horizontale et moitié courbée , la force de l'esprit se trouve réunie à une bonté ingénue. Des sourcils rudes et en désordre sont toujours le signe d'une vivacité intraitable ; mais cette même confusion annonce un feu modéré si le poil est fin. Lorsqif ilssont épais et compactes, que les poils sont couchés parallèlement , et pour ainsi dire tirés au cordeau, ils promettent un jugement mûr et solide, un sens droit et rassis. Des sourcils qui se joignent passaient pour un trait
2 — PHï
de beauté chez les Arabes, tandis que les anciens physionomistes y attachaient l'idée d'un caractère sournois. La première de ces deux opinions est fausse, la seconde exagérée , car on trouve souvent ces sortes de sourcils aux physionomies les plus honnêtes et les plus aimables. Les sourcils minces sont une marque infaillible de flegme et de faiblesse; ils diminuent la force et la vivacité du caractère dans un homme énergique. Anguleux et entrecoupés, les sourcils dénotent l'activité d'un esprit productif. — Plus les sourcils s'approchent des yeux , plus le caractère est sérieux , profond et solide. Une grande distance de l'an, à l'autre annonce une âme calme et tranquille. Le mouvement des sourcils est d'une expression infinie; il sert principalement à marquer les passions ignobles, l'orgueil, la colère, le dédain. Un homme sourcilleux est
un être méprisant et méprisable — C'est
surtout dans les yeux, ditBuffon, que se peignent les images de nos secrètes agitations, et qu'on peut les reconnaître; l'œil appartient à l'âme plus qu'aucun autre organe; il semble y toucher et participer à tous ses mouvements ; il en exprime les passions les plus vives et les émotions les plus tumultueuses, comme les sentiments les plus délicats; il les rend dans toute leur force, dans toute leur pureté , tels qu'ils viennent de naître; il les transmet par des traits rapides. — Les yeux bleus annoncent plus de faiblesse que les yeux bruns ou noirs. Ce n'est pas qu'il n'y ait des gens très-énergiques avec des yeux bleus, mais, sur la totalité, les yeux bruns sont l'indice plus ordinaire d'un esprit mâle ; tout comme le génie , proprement dit, s'associe presque toujours des
yeux d'un jaune tirant sur le brun — Les
gens colères ont des yeux de différentes couleurs , rarement bleus , plus souvent bruns ou verdàtres. Les yeux de cette dernière nuance sont, en quelque sorte, un signe distinctif de vivacité et de courage. On ne voit presque jamais des yeux bleu-clair à des personnes colères Des yeux qui forment, un angle allongé, aigu et pointu vers le nez, appartiennent à des personnes, ou très-judicieuses, ou très-fines. Lorsque la paupière d'en haut décrit un plein cintre, c'est la marque d'un bon naturel et de beaucoup de délicatesse , quelquefois aussi d'un caractère timide. Quand la paupière se dessine presque horizontalement sur l'œil et coupe diamétralement la prunelle, elle annonce souvent un homme très-adroit , très-rusé ; mais il n'est pas dit pour cela que celte forme de l'œil détruise la droiture du cœur. — Des yeux très-grands | d'un bleu fort clair, et vus de profil presque transpa-
FHY — 3
rents, annoncent toujours uue conception facile, étendue, mais en même temps un caractère extrêmement sensible , difficile à manier, soupçonneux , jaloux , susceptible de prévention. — De petits yeux noirs, étincelants , sous des sourcils noirs et touffus, qui paraissent s'enfoncer lorsqu'ils sourient malignement, annoncent de la ruse, des aperçus profonds, un esprit d'intrigue et de chicane. Si de pareils yeux ne sont pas accompagnés d'une bouche moqueuse, ils désignent un esprit froid et pénétrant, beaucoup de goût, de l'élégance, de la précision, plus de penchant à l'avarice qu'à la générosité — Des yeux grands, ouverts, d'une clarté transparente, et dont le feu brille avec une mobilité rapide dans des paupières parallèles, peu larges et furtement dessinées, réunissent ces caractères : une pénétration vive , de l'élégance et du goût, un tempérament colère, de l'orgueil. Des yeux qui laissent voir la prunelle tout entière , et sous la prunelle encore plus ou moins de blanc , sont dans un état de tension qui n'est pas naturel, ou n'appartiennent qu'à ces hommes inquiets, passionnés, à moitié fous; jamais à des hommes d'un jugement sain, mûr, précis, et qui méritent confiance. — Certains yeux sont très-ouverts, très-luisants, avec des physionomies fades ; ils annoncent de l'enlètement , de la bêtise unie à des prétentions. — Les gens soupçonneux , emportés, violents, ont souvent les yeux enfoncés dans la tète , et la vue longue et étendue. Le fou , l'étourdi, ont souvent les yeux hors de la tête. Le fourbe a, en parlant, les paupières penchées et le regard en dessous. Les gens fins et rusés ont coutume de tenir un œil et quelquefois les deux yeux à demi fermés. C'est un signe de faiblesse. En effet, on voit bien rarement un homme bien énergique qui soit rusé : notre méfiance envers les autres naît du peu de confiance que nous avons en nous. — Les anciens avaient raison d'appeler le nez honestam,entum faciei. Un beau nez ne s'associe jamais avec un visage difforme. On peut être laid et avoir de beaux yeux , mais un nez régulier exige nécessairement une heureuse analogie des autres traits; aussi voit-on mille beaux yeux contre un seul nez parfait en beauté; et là où il se trouve, il suppose toujours un caractère distingué : Non cuiquam datum est habere nasum. — Voici , d'après les physionomistes, ce qu'il faut pour la conformation d'un nez parfaitement beau : sa longueur doit être égale à celle du front; il doit y avoir une légère cavité auprès de sa racine. Vue par devant, l'épine du nez doit être large et presque parallèle des deux côtés ,
> — , PÏ1Y
mais il faut que cette largeur soit un peu plus sensible vers le milieu. Le bout ou la pomme du nez ne sera ni dure ni charnue. De face, il faut que les ailes du nez se présentent distinctement, et que les narines se raccourcissent agréablement au-dessous. Dans le profil , le bas du nez n'aura d'étendue qu'un tiers de sa hauteur. Vers le haut, il joindra de près l'arc de l'os de l'œil; et sa largeur, du côté de l'œil , doit être au moins d'un demi-pouce. —Un nez qui rassemble toutes ces perfections exprime tout ce qui peut s'exprimer. Cependant nombre de gens du plus grand mérite ont le nez difforme; mais il faut différencier aussi l'espèce de mérite qui les distingue. Un petit nez échancré en profil , n'empêche pas d'être honnête et judicieux, mais ne donne point le génie. Des nez qui se courbent au haut de la racine conviennent à des caractères impérieux, appelés à commander, à opérer de grandes choses , fermes dans leurs projets et ardents à les poursuivre. Les nez perpendiculaires ( c'est-à-dire qui approchent de cette forme, car, dans toutes ses productions, la nature abhorre les lignes complètement droites ) tiennent le milieu entre les nez échancrés et les nez arqués ; ils supposent une âme qui sait agir et souffrir tranquillement et avec énergie. — Un nez dont l'épine est large , n'importe qu'il soit droit ou courbé, annonce toujours des facultés supérieures. Mais cette forme est très-rare. La narine petite est le signe certain d'un esprit timide, incapable de hasarder la moindre entreprise. Lorsque les ailes du nez sont bien dégagées, bien mobiles , elles dénotent une grande délicatesse de sentiment, qui peut dégénérer en sensualité. Où vous ne trouverez pas une petite inclinaison , une espèce d'enfoncement dans le passage du front au nez, à moins que le nez ne soit fortement recourbé, n'espérez pas découvrir le moindre caractère de grandeur. — Les hommes dont le nez penche extrêmement vers la bouche ne sont jamais ni vraiment bons, ni vraiment gais, ni grands, ni nobles: leur pensée s'attache toujours aux choses de la terre; ils sont réservés, froids, insensibles, peu communicatifs, ont ordinairement l'esprit malin; ils sont hypocondres ou mélancoliques. — Les peuples tartares ont généralement le nez plat et enfoncé ; les nègres d'Afrique l'ont camard ; les Juifs, pour la plupart, aquilin ; les Anglais, cartilagineux et rarement pointu. S'il faut en juger par les tableaux et les portraits, les beaux nez ne sont pas communs parmi les Hollandais. Chez les Italiens , au contraire , ce trait est distinctif. Enfin, il est absolument caractéristique pour les hommes célèbres de