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ligne que forme la bouche de la vache et du bœuf est l'expression de l'insouciance, de la siupidité et de l'entêtement. Le cerf et la biche: timidité craintive, agilité, attention, douce et paisible innocence — La ressemblance de l'aigle annonce une force victorieuse. Son œil étincelant a tout le feu de l'éclair. Le vautour a plus de souplesse et en même temps quelque chose de moins noble. Le hibou est plus faible , plus timide que le vautour. Le perroquet : affectation de force, aigreur et babil, etc. Toutes ces sortes de ressemblances varient à l'infini; mais elles sont difficiles à trouver. — Tels sont les principes de physiognomonie, d'après Aristote , Albert-Ie-Grand, Porta, etc.; mais principalement d'après Lavater, qui a le plus écrit sur cette matière, et qui du moins a mis quelquefois un grain de bon sens dans ses essais. ~ Il parle avec sagesse lorsqu'il traite des mouvements du corps et du visage, des gestes et des parties mobiles, qui expriment, sur la figure de l'homme, ce qu'il sent intérieurement et au moment où il le sent. Mais combien il extravague aussi lorsqu'il veut décidément trouver du génie dans la main! Il juge les femmes avec une injustice extrême. —Tant que la physiognomonie apprendra à l'homme à connaître la dignité de l'être que Dieu lui a donné, cette science , • quoique en grande partie hasardeuse, méritera pourtant quelques éloges , puisqu'elle aura un but utile et louable. Mais lorsqu'elle dira qu'une personne constituée de telle sorte est vicieuse de sa nature; qu'il faut la fuir et s'en défier, etc. ; que quoique cette personne présente un extérieur séduisant et un air plein de bonté et de candeur, il faut toujours l'éviter, parce que son naturel est affreux, que son visage l'annonce et que le signe en est certain , immuable , la physiognomonie sera une science abominable, qui établit le fatalisme. — On a vu des gens assez infatués de cette science pour se donner les défauts que leur visage portait nécessairement, et devenir vicieux, en quelque sorte, parce que la fatalité de leur physionomie les y condamnait; semblables à ceux-là qui abandonnaient la vertu, parce que la fatalité de leur étoile les empêchait d'être vertueux. Voy. Mimique, Écritures, etc.

Pîaches , — prêtres idolâtres de la côte de Cumana en Amérique. Pour être admis dans leur ordre, il faut passer par une espèce de noviciat qui consiste à errer deux ans dans les forêts, où ils. persuadent au peuple qu'ils reçoivent des instructions de certains esprits qui prennent une forme humaine pour leur enseigner leurs devoirs et les dogmes de leur

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religion. Ils d'sent que le soleil et la lune sont le mari et la femme. Pendant les éclipses, les femmes se tirent du sang et s'égratignent les bras, parce qu'elles croient la lune en querelle avec son mari. Les piaches donnent un talisman en forme de X comme préservatif contre les fantômes. Ils se mêlent de prédire, et il s'est trouvé des Espagnols assez crédules pour ajouter foi à leurs prédictions. Ils disent que les échos sont les voix des trépassés.

Picard (Mathurin) , — directeur d'un couvent de Louviers, qui fut accusé d'être sorcier, et d'avoir conduit au sabbat Madeleine Bavan, tourière de ce couvent. — Comme il était mort lorsqu'on arrêta Madeleine , et qu'on lui fit son procès, où il fut condamné ainsi qu'elle, son corps fut délivré à l'exécuteur des sentences criminelles , traîné sur des claies par les rues et lieux publics, puis conduit en la place du Vieux-Marché ; là brûlé et les cendres jetées au vent , 1647.

Picatrix, — médecin ou charlatan arabe, qui vivait en Espagne vers le treizième siècle. Il se livra de bonne heure à l'astrologie, et se rendit si recommandable dans cette science que ses écrits devinrent célèbres parmi les amateurs des sciences occultes. On dit qu'Agrippa, étant allé en Espagne, eut connaissance de ses ouvrages , et prit beaucoup d'idées creuses, notamment dans le traité que Picatrix avait laissé de la Philosophie occulte.

Pic de la Mirandole (Jean) , — l'un des

hommes les plus célèbres par la précocité et l'étendue de son savoir, né le 24 février 1 463. Il avait une mémoire prodigieuse et un esprit très-pénétrant. Cependant, un imposteur l'abusa en lui faisant voir soixante manuscrits qu'il assurait avoir été composés par l'ordre d'Esdras , et qui ne contenaient que les plus ridicules rêveries cabalistiques. L'obstination qu'il mit à les lire lui fit perdre un temps plus précieux que l'argent qu'il en avait donné et le remplit d'idées chimériques dont il ne fut jamais entièrement désabusé. Il mourut en 1 494. On a recueilli de ses ouvrages, des Conclusions philosophiques de cabale et dethéologie, Rome, Silbert, in-fol., extrêmement rare; c'est là le seul mérite de ce livre. Car, de l'aveu même de Tiraboschi, on ne peut que gémir, en le parcourant, de voir qu'un si beau génie , un esprit si étendu et si laborieux , se soit occupé de questions si frivoles. On dit qu'il avait un démon familier.

Pichacha , — nom collectif des esprits follets chez les Indiens.

Picollus, — démon révéré par les anciens habitants de la Prusse , qui lui consacraient

la tête d'un homme mort, et brûlaient du suif en son honneur. Ce démon se faisait voir aux derniers jours des personnages importants. Si on ne l'apaisait pas , il se présentait*une seconde fois; et, lorsqu'on lui donnait la peine de paraître une troisième , on ne pouvait plus l'adoucir que par l'effusion du sang humain. Lorsque Picollus était content, on l'entendait rire dans le temple ; car il avait un temple.

Pie, — oiseau de mauvais augure. En Bretagne , les tailleurs sont les entremetteurs des mariages; ils se font nommer, dans cette fonction, basvanals; ces basvanals, pour réussir dans leurs demandes , portent un bas rouge et un bas bleu , et rentrent chez eux s'ils voient une pie, qu'ils regardent comme un funeste présage \. — M. Berbiguier dit que la pie voleuse , dont on a fait un mélodrame , était un farfadet.

Pied. — Les Romains distingués avaient dans leur vestibule un esclave qui avertissait les visiteurs d'entrer du pied droit. On tenait à mauvais augure d'entrer du pied gauche chez les dieux et chez les grands. — On entrait du pied gauche lorsqu'on était dans le deuil ou dans le chagrin 2.

Pierre d'aigle, — ainsi nommée parce qu'on a supposé qu'elle se trouvait dans les nids d'aigle. Dioscoride dit que cette pierre sert à découvrir les voleurs; Malthiole ajoute que les aigles vont chercher cette pierre jusqu'aux Indes pour faire éclore plus facilement leurs petits. C'est là-dessus qu'on a cru qu'elle accélérait les accouchements. Voyez à leur nom les autres pierres précieuses. Voy. aussi Rugner et Sakhrat.

Pierre du diable. — Il y a dans la vallée de Schellenen , en Suisse , des fragments de rocher de beau granit, qu'on appelle la pierre du diable : dans un démêlé qu'il y eut entre les gens du pays et le diable, celui-ci l'apporta là pour renverser un ouvrage qu'il avait eu, quelque temps auparavant, la complaisance de leur construire.

Pierre philosophale- — On regarde la pierre philosophale comme une chimère. Ce mépris, disent les philosophes hermétiques, est un effet du juste jugement de Dieu , qui ne permet pas qu'un secret si précieux soit connu des méchants et des ignorants Cette science fait partie de la cabale, et ne s'enseigne que de bouche à bouche. Les alchimistes donnent une foule de noms à la pierre philosophale : c'est la fille du grand secret, le soleil est son père; la lune est sa mère, le vent l'a portée dans

1 Cambry, Voyage dans le Finistère, t. III, p. 47. * M. Nisard, Stace.

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son ventre , clc. — Le secret plus ou moins ch:mérique de faire de l'or a élé en vogue parmi les Chinois long-temps avant qu'on en eût les premières notions en Europe. Ils parlent dans leurs livres , en termes magiques , de la semence d'or et de la poudre de projection. Ils promettent c!c tirer de leurs creusets, non-seulement de l'or, mais encore un remède spécifique et universel , qui procure à ceux qui le prennent une espèce d'immortalité. — Zosime , qui vivait au commencement du cinquième siècle, est un des premiers parmi nous qui aient écrit sur l'art de faire de l'or et de l'argent, ou la manière de fabriquer la pierre philosophale. Cette pierre est une poudre ou une liqueur formée de divers métaux en fusion sous une constellation favorable. — Gibbon remarque que les anciens ne connaissaient pas l'alchimie. Cependant on voit dans Pline que l'empereur Caligula entreprit de faire de l'or avec une préparation d'arsenic , et qu'il abandonna son projet, parce que les dépenses l'emportaient sur le profit. — Des partisans de cette science prétendent que les Égyptiens en connaissaient tous les mystères. — Celle précieuse pierre philosophale, qu'on appelle aussi élixir universel , eau du soleil , poudre de projection , qu'on a tant cherchée , et que sans doute on n'a jamais pu découvrir >, procurerait à celui qui aurait le bonheur de la posséder des richesses incompréhensibles, une santé toujours florissante, une vie exempte de toutes sortes de maladies, et même, au sentiment de plus d'un cabaliste, l'immortalité.... Il ne trouverait rien qui pût lui résister, et serait sur la terre le plus glorieux, le plus puissant, le plus riche et le plus heureux des mortels; il convertirait à son gré tout en or, et jouirait de tous les agréments. L'empereur Rodolphe n'avait rien plus à cœur que celte inutile recherche. Le roi d'Espagne Philippe II employa , dit-on , de grandes sommes à faire travailler les chimistes aux conversions des métaux. Tous ceux qui ont marché sur leurs traces n'ont pas eu plus de succès. — Quelques-uns donnent celte recette comme le véritable secret de faire l'œuvre hermétique : Mettez dans une fiole de verre fort, au feu de sable , de lelixir d'aristée , avec du baume de mercure et une pareille pesanteur du plus pur or de vie ou précipité d'or, et la calci nation qui restera au fond de la fiole se multipliera cent mille fois. — Que si l'on ne sait comment se procurer de Pélixir d'arislée et du baume de mercure , on peut implorer les

T Voyez pourtant Ray.ond Lulle, — quant à ce qui concerne l'or.

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