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l'honneur de périr sous le couteau de leurs prêtres. — Il y avait un temple, chez les Thraces , où l'on n'immolait que des victimes humaines; les prêtres de ce temple portaient un poignard pendu au cou , pour marquer qu'ils étaient toujours prêts à tuer. Dans le temple de Bacchus , en Areadie , et dans celui de Minerve, à Lacédémone, on croyait honorer ces divinités en déchirant impitoyablement, à coups de verges , déjeunes filles sur leurs autels. Les Germains et les Cimbres ne sacrifiaient les hommes qu'après leur avoir fait endurer les plus cruels supplices. Il y avait, dans le Pégu, un temple où l'on renfermait les filles les plus belles et de la plus haute naissance; elles étaient, servies avec respect; elles jouissaient des honneurs les plus distingués; mais tous les ans une d'elles était solennellement sacrifiée à l'idole de la nation. C'était ordinairement la plus belle qui avait l'honneur d'être choisie ; et le jour de ce sacrifice était un jour de fête pour tout le peuple. Le prêtre dépouillait la victime, l'étranglait, fouillait dans son sein, en arrachait le cœur, et le jetait au nez de l'idole. — Les Mexicains immolaient des milliers de victimes humaines au dieu du mal. Presque tous les peuples, hors le peuple de Dieu dans l'ère ancienne et les chrétiens dans la nouvelle, ont exercé , sans scrupule , de pareilles barbaries. — On accusait les sorciers de sacrifier au diable, dans leurs orgies, des crapauds, des poules noires et de petits enfants non baptisés.
Sadial ou Sadiel , — ange qui , selon les musulmans, gouverne le troisième ciel et qui est chargé d'affermir la terre , laquelle serait dans un mouvement perpétuel , s'il n'avait le pied dessus.
Saignement de nez. — Quand on perd par le nez trois gouttes de sang seulement , c'est un présage de mort pour quelqu'un de la famille.
Sains (Marie de), — sorcière et possédée. Voy. Possédées de Flandre.
Saînokavara, — endroit du lac Fakone où les Japonais croient que les âmes des enfants sont retenues comme dans une espèce de limbes.
Saint-André. — Ce docteur, qui a écrit contre les superstitions, fut appelé, en '1726, par une femme qui lui fit confidence qu'elle était accouchée d'un lapereau. Le docteur témoigna d'abord sa surprise, mais, quelques jours après, cette femme prétendit ressentir des tranchées : elle ne douta pas qu'elle n'eût encore quelque lapin à mettre au monde.
k — SA!
Saint-André arrive, et, pour ne rien négliger, il délivre lui-même la malade. Elle accouche en effet d'un petit lapin encore vivant. Les voisines et le docteur de crier miracle. On donne de l'argent à la mère des lapins; elle prend goût au métier, et se met indiscrètement à accoucher tous les huit jours. La police, étonnée d'une si féconde maternité, croit devoir se mêler de cette affaire. On enferme la dame aux lapins, on la surveille exactement, et l'on s'assure bientôt qu'elle s'est moquée du public, et qu'elle a cru trouver une dupe dans le docteur Saint-André
Samt-Aubîn , — auteur calviniste de Y Histoire des diables de Loudun, dans l'affaire d'Urbain Grandier. Un vol. in-12, Amsterdam , 1716. Ce livre est écrit avec une grande mauvaise foi.
Saint-Germain (LE COMTE DE) , — charlatan célèbre du dernier siècle qui se vantait de faire de l'or, de gonfler les diamants et d'opérer beaucoup de choses merveilleuses Comme on ignorait son origine, il se disait immortel par la vertu de la pierre philosophale : et le bruit courait qu'il était âgé de deux mille ans. î! avait l'art d'envelopper ses dupes dans le tissu de ses étranges confidences. Contant un jour qu'il avait beaucoup connu Ponce- Pilate à Jérusalem, il décrivait minutieusement la maison de ce gouverneur romain , et disait les plats qu'on avait servis sur sa table un soir qu'il avait soupé chez lui. Le cardinal de Rohan, croyant n'entendre là que des rêveries, s'adressa au valet de chambre du comte de Saint-Germain , vieillard aux cheveux blancs, à la figure honnête : — Mon arni , lui dit-il, j'ai de la peine à croire ce que dit votre maître. Qu'il soit ventriloque , passe; qu'il fasse de l'or, j'y consens; mais qu'il ait deux mille ans et qu'il ait vu Ponce- Pilate, c'est trop fort. Étiez-vous là? — Oh! non, monseigneur, répondit ingénument le valet de chambre , c'est plus ancien que moi. Il n'y a guère que quatre cents ans que je suis au service de M. le comte.
£aint-Gille, — marchand épicier à Saint- Germain en Laye, qui fut présenté comme ventriloque à l'Académie des sciences, le 22 décembre 1770. Il avait le talent d'articuler des paroles très-distinctes, la bouche bien fermée et les lèvres bien closes, ou la bouche grandement ouverte ; en sorte que les spectateurs et auditeurs pouvaient y plonger. Il variait admirablement le timbre, la direction et le ton de sa voix qui semblait venir, tan-
1 M. Saignes, des Erreurs et des préjugés, etc., t. 3,
tôt du milieu des airs , tantôt du toit d'une maison opposée, de la voûte d'un temple, du haut d'un arbre , tantôt du sein de la terre, etc. '.
Sakhar, — génie infernal qui, suivant le Talmud, s'empara du trône de Salomon. Après avoir pris Sidon et tué le roi de cette ville, Salomon emmena sa fille ïéréda ; comme eile ne cessait de déplorer la mort de son père, il ordonna au diable de lui en faire l'image pour la consoler. Mais cette statue, placée dans la chambre de la princesse , devint l'objet de son culte et de celui de ses femmes Salomon , informé de cette idolâtrie par son vizir Asaf, brisa la statue, châtia sa femme et se retira dans le désert où il s'humilia devant Dieu ; ses larmes et son repentir ne le sauvèrent pas de la peine que méritait sa faute. Ce prince était dans l'usage de remettre, avant d'entrer dans le bain, son anneau , dont dépendait sa couronne, à une de ses femmes nommée Amina. Un jour, Sakhar vint à elle sous les traits du roi , et, recevant l 'anneau de ses mains, prit, en vertu de ce talisman, possession du trône, et fit dans les lois tous les changements dont sa méchanceté s'avisa. En même temps Salomon , dont la figure n'était plus la même, méconnaissable aux yeux de ses sujets , fut obligé d'errer et de demander l'aumône. Enfin , au bout de quarante jours, espace de temps durant lequel l'idole avait été honorée dans son palais, le diable prit la fuite, et jeta l'anneau dans la mer. Un poisson qui venait de l'avaler fut pris et donné à Salomon, qui retrouva sa bague dans les entrailles du dit poisson. Rentré en possession de son royaume, ce prince saisit Sakhar, lui chargea le cou d'une pierre, et le précipita dans le lac de Tibériade.
Sakhrat. — Il y a une montagne que les mahométans croient entourer tout le globe. C'est la montagne de Kaf. Elle a pour fondement la pierre Sakhrat , dont Lokman disait que quiconque en aurait seulement le poids d'un grain ferait des miracles. Cette pierre est faite d'une seule émeraude, et c'est de sa réflexion que le ciel nous paraît azuré. Lorsque Dieu veut exciter un tremblement de terre, il commande à cette pierre de donner le mouvement à quelqu'une de ses racines. La terreuse trouve au milieu de celte montagne, comme le doigt au milieu de l'anneau; sans cet appui, elle serait dans une perpétuelle agitation. Pour y arriver, il faut traverser un très-grand pays ténébreux; nul homme n'y
f Le ventriloque de l'abbé de La Chapelle , cité par M. Garinet, Hist. de la Magie en France, p. 278.