‹ Dictionnaire infernalChapitre 329 sur 368 · S AL · texte numérisé non relu

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peut pénétrer, s'il n'est conduit par quelque intelligence. C'est là que les Dives ou mauvais génies ont été confinés, après avoir été subjugués par les premiers héros de la race des hommes, et que les Péris ou fées font leur demeure ordinaire.

Sakîmouni , — génie ou dieu , dont les légendes des Kalmouks racontent qu'il habitait le corps d'un lièvre; il rencontra un homme qui mourait de faim, il se laissa prendre pour satisfaire l'appétit de ce malheureux. L'esprit de la terre, satisfait de cette belle action, plaça aussitôt l'âme de ce lièvre dans la lune, où les Kalmouks prétendent la découvrir encore 1 .

Salamandres. — Selon les cabalistes, ce sont des esprits élémentaires, composés des plus subtiles parties du feu, qu'ils habitent. « Les salamandres, habitants enflammés de la région du feu , servent les sages, dit l'abbé de Villars, mais ils ne cherche t pas leur compagnie; leurs filles et leurs femmes se font voir rarement. De tous les hôtes des éléments, les salamandres sont ceux qui vivent le plus long-temps. » — Les historiens disent que Romulus était fils de Mars. Les esprits forts ajoutent, c'est une fable; les démonomanes disent : il était fils d'un incube. Nous qui connaissons la nature , poursuit le même auteur, nous savons que ce Mars prétendu était un salamandre. Voy. Cabale. — Il y a un animal amphibie , de la classe des reptiles et du genre des lézards, qu'on nomme la salamandre; sa peau est noire, parsemée de taches jaunes, sans écailles, et presque toujours enduite d'une matière visqueuse qui en suinte continuellement. La salamandre ressemble, pour la forme, à un lézard. Les anciens croyaient que cet animal vivait dans le feu. « La salamandre loge dans la terre, dit Bergerac, qui est toujours farceur, sous des montagnes de bitume allumé, comme l'Etna, le Vésuve et le cap Rouge. Elle sue de l'huile bouillante et crache de l eau-forte , quand elle s'échauffe ou qu'elle se bat. Avec le corps de cet animal , on n'a que faire de feu dans une cuisine. Pendu à ia crémaillère , il fait bouillir et rôtir tout ce que l'on met devant la cheminée. Ses yeux éclairent ia nuit comme de petits soleils; et, placés dans une chambre obscure, ils y font l'effet d'une lampe perpétuelle.... »

Salgues (Jean-Baptiste), — auteur d'un livre intitulé Des erreurs et des préjugés répandus dans les diverses denses de la société, 3 vol. in-8°, 3e édit., Paris, 1818. Une quatrième édition a paru depuis.

Voyages de Pallas.

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Salière. — Le sel , chez les anciens, était consacré à la sagesse; aussi n'oubliait-on jamais la salière dans les repas; si l'on ne songeait pas à la servir, cet oubli était regar lé comme un mauvais présage. — Il était aussi regardé comme le symbole de l'amitié; les amis avaient coutume de s'en servir au commencement des repas, et si quelqu'un en répandait, c'était le signe de quelque brouillerie future. — Aujourd'hui c'est encore un trèsmauvais augure pour les personnes superstitieuses, lorsque les salières se renversent sur la table. Voy. Sel.

Salisateurs, — devins du moyen âge , qui formaient leurs prédictions sur le mouvement du premier membre de leur corps qui venait à se remuer, et en tiraient de bons ou mauvais présages.

Salive. — Pline le naturalisé rapporte comme un ancien usage, celui de porter avec le doigt un peu de salive derrière l'oreille, pour bannir les soucis et les inquiétudes. — Mais ce n'est pas là toute la vertu de la salive ; elle tue les aspics, les serpents, les vipères et les autres reptiles venimeux. Albert-le- Grand dit qu'il faut qu'elle soit d'un homme à jeun, et qui ait demeuré long-temps sans boire. — Figuier assure qu'il a tué plusieurs serpents d'un petit coup de bâlon mouillé de sa salive. M. Salgues ajoute qu'il est possible de tuer les vipères avec un peu de salive , mais qu'il est à propos que le coup de bâton qui l'accompagne soit suffisant. — Ce qui est certain, c'est que Redi a voulu vérifier les témoignages d'Aristote, de Galien, de Lucrèce, etc. Il s'est amusé à cracher, à jeun , sur une multitude de vipères que le grandduc de Toscane avait fait rassembler; mais à la grande confusion de l'antiquité, les vipères ne sont pas mortes. Voy. Crachat.

Salomon. — Les philosophes , les botanistes, les devins et les astrologues orientaux regardent Salomon ou Soliman comme leur patron. Selon eux, Dieu lui ayant donné sa sagesse, lui avait communiqué en même temps toutes les connaissances naturelles et surnaturelles; et entre ces dernières, la science la plus sublime et la plus utile, celle d'évoquer les esprits et les génies et de leur commander. Salomon avait, disent-ils, un anneau chargé d'un talisman , qui Lui donnait un pouvoir absolu sur ces êtres intermédiaires entre Dieu et l'homme. Cet anneau existe encore; il est renfermé dans le tombeau de Salomon, et quiconque le posséderait, deviendrait le maître du monde. Mais on ne sait où trouver ce tombeau. Il ne reste que des formules, des

(> — SAM pratiques et des figures , par lesquelles on peut acquérir, quoique imparfaitement, une petite partie du pouvoir que Salomon avait sur les esprits. Ces beaux secrets sont conservés dans les livres niais qu'on attribue à ce prince, et surtout dans ses Clavicules intitulées : les Véritables Clavicules de Salomon, in— 1 8 , à Memphis , chez Alibeck l'Égyptien. On y trouve des conjurations et. des formules magiques. Agrippa, dit-on, faisait grand cas de cet ouvrage. On attribue encore à Salomon un Traité de la pierre philosophale , les Ombres des idées, le Livre des neuf anneaux, le Livre des neuf chandeliers , le Livre des trois figures des esprits , des Sceaux qui chassent les démons, et un Traité de nécromancie, adressé à son fils Roboam. Voy. Conjurations, SAKHAR , SlMORCUE, BELIAL , ASRAEL,

Asmodée, Art notoire, etc.

Salutadores, — gens qui se mêlent en Espagne de guérir certaines maladies , et qui tous ont, dit-on, de naissance, certaine marque sur le corps en forme de demi-roue. Ils se disent descendants de sainte Catherine, qui n'eut pas de descendants. Voy Hommes incombustibles.

Salvation de Rome, — VO\J. YlRGILE.

Salverie (Eusèbe) , — auteur d'un Essai sur la magie, les prodiges, etc., I vol. in— 42 , Bruxelles, '1821, réimprimé à Paris. C'est un traité philosophique, dans le mauvais sens de ce mot.

Samael, — prince des démons, selon les rabbins. Ce fut lui qui , monté sur le serpent, séduisit Ève. C'est encore, chez plusieurs docteurs juifs, l'ange de la mort, qu'ils représentent tantôt avec une épée, tantôt avec un arc et des flèches.

Sambethe , — VO\J. SlBYLLES.

Samuel. — Une nécromancienne, la pythonisse d'E idor, fit voir au roi Saiil l'ombre du prophète Samuel, qui lui prédit ses désastres. Menasseh-ben-ïsraè'l . dans son second livre de la Résurrection des morts , dit que la pythonisse ne pouvait pas forcer l'àme de Samuel à rentrer dans son corps, et que le fantôme qu'elle évoqua était un démon revêtu de la forme du prophète. Cependant Samuel dit au roi : Pourquoi troublez-vous mon repos, en me forçant à remonter sur la terre? Les uns pensent que l'àme du prophète pouvait seule prononcer ces paroles; d'autres soutiennent que ces mots remonter sur la terre s appliquent au corps seulement, que le diable avait pu emprunter. Le rabbin Meyer-Gabay, qui est du sentiment des premiers, ajoute que Samuel seul pouvait dire à Saiil, devant la sor-

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cière qui le faisait venir : Demain, toi et tes fils, vous viendrez me rejoindre. Cras tu et filii tui mecum erunt. C'est aussi l'avis de la plupart des théologiens '.

Sanaves — Amulettes que les femmes madécasses portent au cou et aux poignets; ce sont, des morceaux d'un bois odorant, enveloppés dans une tuile; ils préservent de l'atteinte des sorciers.

Sanche, — serviteur de Pierre d'Engelberf, qui l'avait envoyé à ses frais au secours d'Alphonse, roi d'Aragon, alors en guerre avec la Castille. Le serviteur revint sain et sauf, quand la guerre fut finie ; mais bientôt il tomba malade et mourut. Quatre mois après sa mort, Pierre, couché dans sa chambre, vit entrer au clair de la lune un spectre à demi nu , qui s'approcha de la cheminée, découvrit le feu et se chauffa. Pierre lui demanda qui il était. — Je suis, répondit le fantôme d'une voix cassée, Sanche, votre serviteur. — Eh! que \iens-tu faire ici? — Je vais en Castille, avec quelques autres, expier le mal que nous y avons fait. Moi en particulier, j'ai pillé les ornements d'une église , et je suis condamné pour cela à faire ce voyage. Vous pouvez me soulager par vos bonnes œuvres; et votre femme, qui me doit huit sous, m'obligera en les donnant aux pauvres en mon nom. — Pierre lui demanda des nouvelles de quelques-uns de ses amis morts depuis peu ; Sanche le satisfit là-dessus. — Et où est maintenant le roi Alphonse? demanda Pierre. Alors un autre spectre , qu'il n'avait pas vu d'abord , et qu'il aperçut dans l'embrasure de la fenêtre, lui dit : — Sanche ne peut rien vous apprendre touchant le roi d'Aragon; il n'y a pas assez long-temps qu'il est dans notre bande , pour en savoir des nouvelles; mais moi, qui suis mort il y a cinq ans, je puis vous en dire quelque chose. Alphonse, après son trépas, a été quelque temps avec nous; mais les prières des bénédictins de Cluni l'en ont tiré, et je ne sais où il est à présent. — Alors les deux revenants sortirent. Pierre éveilla sa femme et lui demanda si elle ne devait rien à Sanche. — Je lui dois encore huit sous, réponditelle. Pierre ne douta plus, fit des prières et distribua des aumônes pour l 'âme du défunt2.

Sang de taureau. — Les anciens le regardaient comme un poison ; Plutarque rapporte que Thémistocle s'empoisonna avec ce sang; Pline conte que les prêtres d'Égine ne manquaient jamais d'en avaler avant de descen-

1 Voyez Bergier, Dict. de théologie, au mot pyt.honisse.

2 Dom Calmet, Dissertation sur les apparitions.

7 — SAT dre dans la grotte où l'esprit prophétique les attendait. Quoi qu'il en soit , le sang de taureau n'empoisonne pas, à moins qu'il ne soit vicié; tous les jours on en fait du boudin V. Pline assure que le sang de cheval tue aussi l'homme; mais il se contredit dans un autre passage , lorsqu'il dit que les Sarmates mêlaient de la farine et du sang de cheval pour en faire des gâteaux fort délicats. — Enfin les anciens qui regardaient le sang de taureau comme un poison pour le corps, le regardaient comme un remède pour l'âme : on expiait les crimes en se faisant asperger de sang de taureau. On immolait un taureau , on en recueillait le sang dans un vase dont le fond était percé de petits trous, le criminel se tenait dessous, après quoi il se retirait purifié.

Sausine , — sorcière et prêtresse du sabbat. Elle est très-considérée des chefs de l'Empire infernal. C'est la première des femmes de Satan. On l'a vue souvent dans les assemblées qui se tenaient au pays de Labour 2.

Santabarenus. — Basile, empereur de Constantinople , ayant perdu son fils Constantin , qu'il aimait uniquement, voulut le voir à quelque prix que ce fût. Il s'adressa à un moine hérétique nommé Santabarenus, qui. après quelques conjurations, lui montra un spectre semblable à son fils 3.

Saphis , — morceaux de papiers sur lesquels sont écrits des passages du Koran , et que les Maures vendent aux nègres, comme ayant la propriété de rendre invulnérables celui qui les porte.

Sapondomad, — génie sous la protection duquel est la terre , et qui , selon les Guèbres, fait des souhaits pour celui qui la cultive , et des imprécations contre celui qui la néglige.

Sarmenius-Xiapïs , — pierre à laquelle on attribuait la vertu de prévenir les avortements. Sas , — divination par le sas ou tamis. Voy.

COSQUINOMANCIE.

Sare ( Marguerite ) ; — prévenue de sorcellerie à seize ans, elle mourut en prison à Bordeaux, ou elle avait été renfermée pour avoir fait un pacte avec le diable1. — Vers l'an 1600.

Satan, — démon du premier ordre, chef des démons et de l'enfer, selon l'opinion géné-

1 M. Salgues, des Erreurs et des préjugés.

2 Delancre, Tableau de l'inconstance des dém., etc. p. 141.

3 Michel Glycas.

4 Delancre, Tableau de l'inconstance des dém., etc. , p. 95,

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