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pieds et poings liés . et qu'il accorderait la paix. La proposition fut acceptée : l'imposteur fut conduit devant Rodolphe , qui le condamna à être brûlé comme sorcier '.
Sïyx, — fontaine célèbre dans les enfers des païens.
Succor-Bénoth , — chef des eunuques de Belzébuth , démon de la jalousie.
Succubes , — démons qui prennent des figures des femmes. On trouve dans quelques écrits, dit le rabbin Elias, que, pendant cent trente ans Adam fut visité par des diablesses, qui accouchèrent de démons, d'esprits, de lamies, de spectres, de lémures et de fantômes. — Sous le règne de Roger, roi de Sicile, un jeune homme, se baignant, au clair de la lune, avec plusieurs autres personnes, crut voir quelqu'un qui se noyait, courut à son secours, et ayant retiré de l'eau une femme, en devint épris, l'épousa et en eut un enfant. Dans la suite, elle disparut avec son enfant, sans qu'on en ait depuis entendu parler, ce qui a fait croire que cette femme était un démon succube. — Hector de Boë'ce , dans son histoire d'Écosse , rapporte qu'un jeune homme d'une extrême beauté était poursuivi par une jeune démone, qui passait à travers sa porte fermée et venait lui offrir de l'épouser. Il s'en plaignit à son évèque , qui le fît jeûner, prier et se confesser, et la beauté d'enfer cessa de lui rendre visite. — Delancre dit qu'en Égypte , un honnête maréchal ferrant étant occupé à forger pendant la nuit, il lui apparut un diable, sous la forme d'une belle femme. Il jeta un fer chaud à la face du démon , qui s'enfuit. — Les cabalistes ne voient dans les démons succubes que des esprits élémentaires. Voy. Incubes.
Sueur. — On dit qu'un morceau de pain placé sous l'aisselle d'une personne qui transpire , devient un poison mortel ; et que si on !e donne à manger à un chien , il devient aussitôt enragé. C'est une erreur. La sueur fie l'homme ne tue pas plus que sa salive.
Summanus, — souverain des mânes dans l'ancienne mythologie.
Supercherie. — Henri Estienne raconte que de son temps un curé de village répandit pendant la nuit des écrevisses sur le dos desquelles il avait attaché de petites bougies. A la vue de ces lumières errantes, tout le village fut effrayé et courut chez le pasteur. Il lit entendre que c'étaient sans doute les Ames du purgatoire qui demandaient des prières. Mais malheureusement on trouva le lendemain
1 Leloyer, Hist. des spectres ou appar. des esprits,
une des écrevisses que l'on avait oublié de retirer 1 , et l'imposture fut découverte : mais ce petit conte de Henri Estienne est une de ces malices que les protestants ont inventées en si grand nombre.
Superstitions. — Saint Thomas définit la superstition : un vice opposé par excès à la religion, un écart qui rend un honneur divin à qui il n'est pas dù ou d'une manière qui n'est pas licite. — Une chose est superstitieuse, 1° lorsqu'elle est accompagnée de circonstances que l'on sait n'avoir aucune vertu naturelle pour produire les effets qu'on en espère; 2° lorsque ces effets ne peuvent être raisonnablement attribués ni à Dieu , ni à la nature; 3° lorsqu'elle n'a été instituée ni de Dieu , ni de l'église ; 4° lorsqu'elle se fait en vertu d'un pacte avec le diable. La superstition s'étend si loin, que cette définition, qui est du curé Thiers, est très- incomplète. — I! y a des gens qui jettent la crémaillère hors du logis pour avoir du beau temps; d'autres mettent une épée nue sur le mât d'un vaisseau , pour apaiser la tempête; les uns ne mangent point de tètes d'animaux , pour n'avoir jamais mal à la tète ; les autres touchent avec les dents une dent de pendu ou un os de mort , ou mettent du fer entre leurs dents., pendant qu'on sonne les cloches, le Samedi Saint, pour guérir le mal de dents; il en est qui portent , contre la crampe, un anneau fait pendant qu'on chante la Passion; ceux-ci se mettent au cou deux noyaux d'aveline joints ensemble, contre la dislocation des membres; ceuxlà mettent du fil filé par une vierge, ou du plomb fondu dans l'eau, sur un enfant tourmenté par les vers. On en voit qui découvrent le toit de la maison d'une personne malade lorsqu'elle ne meurt pas assez facilement, que son agonie est trop longue, et qu'on désire sa mort; d'autres enfin chassent les mouches lorsqu'une femme est en travail d'enfant, de crainte qu'elle n'accouche d'une fille. — Certains Juifs allaient à une rivière et s'y baignaient en disant quelques prières ; ils étaient persuadés que, si l'âme de leur père ou de leur frère était en purgatoire, ce bain la rafraîchirait, — Voici diverses opinions superstitieuses. — Malheureux qui chausse le pied droit le premier. — Un couteau donné coupe l'amitié. — 11 ne faut pas mettre les couteaux en croix , ni marcher sur des fétus croisés. Semblablement , les fourchette» croisées sont d'un sinistre présage. — Grand malheur encore qu'un miroir cassé , une salière répandue, un pain renversé, un tison
1 Henri Ivtienne, Apol. pour Hérodote.
SUR — k
dérangé!... — Certaines gens trempent un balai dans l'eau, pour faire pleuvoir. — La cendre de fiente de vache est sacrée chez les Indiens. Ils s'en mettent , tous les malins , au front et à la poitrine : ils croient qu'elle purifie l'âme. — Quand une femme est en travail d'enfant, on vous dira, dans quelques provinces , qu'elle accouchera sans douleur si elle met la culotte de son mari. — Pour empêcher que les renards ne viennent manger les poules d'une métairie, il faut faire, dans les environs, une aspersion de bouillon d'andouille le jour de carnaval. — Quand on travaille à l'aiguille les jeudis et les samedis après midi, on fait souffrir Jésus-Christ et pleurer la sainte Vierge. — Les chemises qu'on fait le vendredi attirent les poux... — Le fil filé le jour de carnaval est mangé des souris. — ■ On ne doit pas manger de choux le jour de Saint-Eiienne, parce qu'il s'était caché dans des choux. — Les loups ne peuvent faire aucun mal aux brebis et aux porcs, si le berger porte le nom de saint Basile écrit sur un billet, et attaché au haut de sa houlette. — A Madagascar, on remarque, comme on le faisait à Rome, les jours heureux et les jours malheureux. Une femme de Madagascar croirait avoir commis un crime impardonnable si, ayant eu le malheur d'accoucher dans un temps déclaré sinistre , elle avait négligé de faire dévorer son enfant par les bêtes féroces, ou de l'enterrer vivant, ou tout au moins de l'étouffer. — On peut boire comme un trou , sans craindre de s'enivrer, quand on a récité ce vers :
Jupiter his altâ sonuit clementer ab Ida.
La superstition est la mère de beaucoup d'erreurs. C'est cette faiblesse de l'esprit humain qui attache aux moindres choses une importance surnaturelle. Elle engendre les terreurs, bouleverse les faibles tètes, sème les jours de vaines inquiétudes. La superstition amène partout les démons, les spectres, les fantômes; ses domaines sont les déserts, le silence et les ténèbres; elle apparaît aux hommes, entourée de tous les monstres imaginaires. Elle promet à ceux qui la suivent de leur dévoiler les impénétrables secrets de l'avenir. Elle a enfanté le fatalisme, les sectes, les hérésies.
Sureau. — Quand on a reçu quelque maléfice de la part d'un sorcier qu'on ne connaît point, qu'on pende son habit à une cheville, et qu'on frappe dessus avec un bâton de sureau : tous les coups retomberont sur l'échiné du sorcier coupable , qui sera forcé de venir, en toute hâte, ôter le maléfice.
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Surtur, — génie qui doit, selon les Celtes/ revenir, à la fin du monde , à la tête des génies du feu, précédé et suivi de tourbillons enflammés ; il pénétrera par une ouverture du ciel, brisera le pont Bifrost, et, armé d'une épée plus étincelante que le soleil, combattra les dieux, lancera des feux sur toute la terre , et consumera le monde entier. Il aura pour antagoniste le dieu Frey, qui succombera. Voy. Bifrost.
Sustrugiel, — démon qui, selon les clavicules de Salomon , enseigne l'art magique et donne des esprits familiers.
Swedenborg , — célèbre visionnaire suédois. — « Nous ne savons guère, en France , qu'une chose de Swedenborg (dit M. Emile Souvestre) , c'est que dînant un jour de bon appétit dans une taverne de Londres, il entendit la voix d'un ange qui lui criait : — Ne mange pas tant! et qu'à partir de cet instant il eut des extases qui l'emportèrent régulièrement au ciel plusieurs fois par semaine. Selon quelques auteurs, l'illuminé suédois fut un des savants les plus distingués des temps modernes , et celui qui , après Descartes, remua le plus d'idées nouvelles. Ce fut Swedenborg qui, dans un ouvrage intitulé : Opéra philosophica et mineralia , publié en 4737, entrevit le premier la science à laquelle nous avons donné depuis le nom de géologie. La seconde partie de son livre contient un système complet de métallurgie, auquel l'académie des sciences a emprunté tout ce q'ii a rapport au fer et à l'acier dans son Histoire des arts et métiers. Il composa aussi plusieurs ouvrages sur l'anatomie (ce qui est un nouveau trait de ressemblance entre lui et Descartes), et sembla même indiquer, dans un chapitre sur la pathologie du cerveau, le système phrénologique auquel le docteur Gall dut plus tard sa célébrité. Il publia enfin, sous le titre de : Dœdalus hyperboreus , des essais de mathématiques et de physique qui fixèrent l'attention de ses contemporains. Il parlait les langues anciennes , plusieurs langues modernes, les langues orientales , et passait pour le plus grand mécanicien de son siècle. Ce fut lui qui fit amener par terre , au siège de Frédérick-Hall , en se servant de machines de son invention, la grosse artillerie qui n'avait pu être transportée par les moyens ordinaires. — Loin d'être écrits dans un langage mystique , comme on le croit communément, la plupart des traités religieux de Swedenborg se recommandent par la méthode , Tordre et la sobriété. Ils peuvent se partager en quatre classes, que l'on n'aurait jamais dû confondre :