‹ Dictionnaire infernalChapitre 34 sur 368 · ARD · texte numérisé non relu

ARD

signe d'alliance; et comment attribuera- t-on à l'arc-en-ciel ce passage d'Is;>ïe : foi mis mon arc et ma flèche clans les nues ?

Ardents (mal des), — appelé aussi feu infernal. C'étaitau onzième et au douzième siècle une maladie non expliquée qui se manifestait comme un feu intérieur et dévorait ceux qui en étaient frappés. Les personnes qui voyaient là un effet de la colère céleste l'appelaient feu sacré; celles qui l'attribuaient à l'influence des astres le nommaient sidération. Les reliques de saint Antoine, que le comte de Jossclin apporta de la Terre Sainte à La Mothe- Saint-Didier, ayant guéri plusieurs infortunés atteints de ce mal , on le nomme encore feu de Saint- Antoine. On fêtait à Paris sainte Geneviève des Ardents , en souvenir des cures merveilleuses opérées alors par la chà-se de la sainte i.

Ardents, — exhalaisons enflammées qui paraissent sur les bords des lacs et des marais, ordinairement en' automne, et qu'on prend pour des esprits follets, parce qu'elles sont à Heur de terre et qu'on les voit quelquefois changer de place. Souvent on en est ébloui et on se perd. Leloyer dit que lorsqu'on ne peut s'empêcher de suivre les ardents, ce sont bien en vérité des démons 2. Il y eut, sous le règne de Louis XIII, une histoire de revenant qui fit assez de bruit à Marseille; c'était une espèce de feu ardent ou d'homme de feu. Le comte et la comtesse d'Alais voyaient toutes les nuits un spectre enflammé se promener dans leur chambre, et aucune force humaine ne pouvait le forcer à se retirer. La jeune dame supplia son mari de quitter une maison et une ville où ils ne pouvaient plus dormir. Le comte, qui se plaisait à Marseille, voulut employer d'abord tous les moyens pour l'expulsion du fantôme. Gassendi fut consulté ; il conclut que ce fantôme de feu qui se promenait toutes les nuits était formé par des vapeurs enflammées que produisait le souille du

comte et de la comtesse; d'autres savants

donnèrent des réponses aussi satisfaisantes. On découvrit enfin le secret. Une femme de chambre, cachée sous le lit, faisait paraître un phosphore à qui la peur donnait une taille et des formes effrayantes; et la comtesse ellemême faisait jouer celte farce pour obliger son mari à partir de Marseille, qu'elle n'aimait pas ....

T Le mal des ardents, qui se nommait aussi feu in* fernal, et J'en Saint- Anloi ne, était à Paris nue affreuse maladie épidémique, une sorte de lèpre brûlante, dont on dut la guérison à sainte Geneviève.

2 Discours des spectres, liv. 1e*, ch. 7,

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