VIE — I
Vétin. — Un moine du neuvième siècle, nommé Vétin, étant tombé malade, vit entrer dans sa cellule une multitude de démons horribles, portant des instruments propres à bâtir un tombeau. Il aperçut ensuite des personnages sérieux et graves , vêtus d'habits religieux, qui firent sortir ces démons. Puis il vit un ange environné de lumière qui vint se présenter au pied de son lit, le prit par la main et le conduisit par un chemin agréable, sur le bord d'un large fleuve où gémissaient un grand nombre d'âmes en peine, livrées à des tourments divers, suivant la quantité et 1 enormité de leurs crimes. Il y trouva plusieurs personnes- de sa connaissance, entre autres un moine qui avait possédé de l'argent en propre et qui devait expier sa faute dans un cercueil de plomb jusqu'au jour du jugement. Il remarqua des chefs, des princes, et même l'empereur Chatiemagne, qui se purgeaient par le feu, mais qui devaient èlre délivrés dans un certain temps. Il visita ensuite le séjour des bienheureux qui sont dans le ciel , chacun a sa place selon ses mérites. — Quand Vétin fut éveillé , il raconta au long toute celte vision, qu'on écrivit aussitôt. Il prédit en même, temps qu'il n'avait plus que deux jours à vivre; il se recommanda aux prières des religieux , et mourut en paix le matin du troisième jour. Cette mort arriva le 31 octobre 824 , à Aigue-la-Riche 1 , et la vision de ce bon moine a fourni des matériaux à ceux qui ont décrit les enfers.
Veu-Pacha, — enfer des Péruviens.
Viaram, — espèce d'augure qui était en vogue dans le moyen âge. Lorsqu'on rencontrait en chemin uu homme ou un oiseau qui venait par la droite et passait à gauche, on en concluait mauvais présage; et au sens contraire heureux augure 2.
Vidal de la Porte, — sorcier du seizième siècle, que les juges de Riom condamnèrent à être pendu, étranglé et brûlé, pour ses maléfices, tant sur les hommes que sur les chiens, chats et autres animaux.
Vieille. — Bien des gens superstitieux croient encore que dans certaines familles une vieille apparaît et annonce la mort de quelqu'un de la maison. Cardan conte que dans un palais de Parme , appartenant à une famille noble et distinguée, on voyait toujours, quand quelqu'un devait mourir , le fantôme d'une vieille femme assis sous la cheminée. Voy. Femmes blanches, Mélusine, etc.
1 Lenglet-Dufresnoy.
P Michel Scott, De physiogn., c. 6(3.
* — viK
Villain (l'abbé), — auteur* de YHistoire critique de Nicolas Flamel et de Pernelle sa femme, in-12, Paris, 1761, livre assez recherché.
villars (l'abbé de), — littérateur de ttf moux, assassiné en 1673 sur la route de Lyon.- Il était , dit-on , de l'ordre secret des Rose- Croix. Il a beaucoup écrit sur la cabale, et de manière qu'on ne sait pas très-bien découvrir s'il y croyait ou s'il s'en moquait. Oo a de lui : le Comte de Gabalis, ou Entretiens sur les sciences secrètes, in-12, Londres, 47$?$ les Génies assistants, in- 12, même année, suite du Comte de Gabalis; le Gnome irréconciliable, autre suite du même ouvrage; les Nouveaux Entretiens sur les sciences secrètes, troisième suite du Comte de Gabalis. Nous avons cité souvent ces opuscules, aujourd'hui méprisés. Voxj. Cabale, etc.
Villiers (Flobent de), — grand astrologue qui dit à son père qu'il ne fallait pas qu'il luf bâtit une maison, parce qu'il saurait habiter en divers lieux et toujours chez autrui. En effet, il alla à Beaugency, de là à Orléans, puis à Paris, en Angleterre, en Ecosse, en Irlande; il étudia la médecine à Montpellier ; de là à Rome, à Venise, au Caire, à Alexandrie, et revint auprès du duc Jean de Bourbon. Le roi Louis XI le prit à son service ; il suivit ce prince en Savoie, pour étudier les herbes des montagnes et les pierres médicinales. Il apprit à les tailler et à les graver en talismans; il se retira à Genève, puis à Saint-Maurice en Chablais, à Berne en Suisse, et vint résider à Lyon; il y fit bâtir une étude où il y avait deux cents volumes de livres singuliers, qu'il consacra au public; il se maria, eut des enfants, tint ouverte une école d'astrologie où le roi Charles VII se rendit pour écouter ses jugements. On l'accusa d'avoir un esprit familier, parce qu'il répondait promptement à toutes questions.
Vine, — grand roi et comte de la cour infernale. Il se montre furieux comme un lion ; un cheval noir lui sert de monture. Il tient une vipère à la main, bâtit des maisons, enfle les rivières, et connaît le passé. Dix-neuf légions lui obéissent '.
Vipères. — On trouve sans doute encore en Espagne et en Italie de prétendus parents de saint Paul qui se vantent de charmer les serpents et de guérir les morsures de vipères. Voy. Salive.
Virgile. — Les hommes qui réfléchissent s'étonnent encore de la légende des faits mer-
1 Wierus, in Pseudom. déerçr.
veilleux de Virgile, traclilion du moyen âge, que tous les vieux chroniqueurs ont ornée à l'envi, et qui nous présente comme un grand magicien celui qui ne fut qu'un grand poète. Est-ce à cause de l'admiration qu'il inspira? Est-ce à cause de sa quatrième églogue, qui roule sur une prophétie de la naissance de Jésus-Christ? N'est-ce pas pour l'aventure d'Aristée et les descriptions magiques du sixième livre de Y Enéide? Des savants l'ont pensé. Mais Gervais de Tilbury, Vincent de Beauvais, le poète Adenès, Alexandre Neeckam , Gratian du Pont, Gauthier de Metz et cent autres racontent de lui de prodigieuses aventures, qui semblent une page arrachée aux récits surprenants des Mille et une Nuits. — Nous croyons avoir trouvé l'origine de cette légende surnaturelle. De même qu'on a confondu le docteur Faust , ce grand magicien , avec l'inventeur de l'imprimerie; de même on a pu mêler un contemporain de Peppm-le- Bref, Virgile, évêque de Salzburg, avec le poète de la cour d'Auguste. Ce qui nous paraît de nature à consolider notre assertion , c'est que les légendaires font du beau, de l'élégant Virgile , un petit homme bossu ; or , l'évèque Virgile était contrefait ; il avait beaucoup d'esprit : né en Irlande , selon les uns , dans les Ardennes, selon les autres, il parvint par son seul mérite à la haute dignité de l'épiscopat. Ce fut lui qui soutint qu'il y avait des antipodes; et, comme il s'occupait d'astronomie et de sciences physiques, il laissa un renom de sorcier profondément attaché à sa mémoire. Le savant évêque portait le même nom que le grand poète ; on a pu faire des deux un seul homme ; le temps s'est chargé du reste. Une raison encore de ce que nous disons , c'est qu'une des légendes de l'auteur de YEnèide est intitulée : les Faits merveilleux de Virgile, fils d'un chevalier des Ardennes ; cette légende est celle qui présente le plus de choses extraordinaires. — Nous allons rassembler ici un précis de cette légende bizarre, qui était de l'histoire pour nos pères, il y a cinq cents ans. Elle avait encore tant de croyants au dix-septième siècle , que Gabriel Naudé , dans son Apologie pour les grands personnages accusés de magie, se crut obligé de la réfuter sérieusement. Elle est toujours vivace à Naples, où le peuple en raconte des lambeaux avec bonne foi. — Virgile, suivant les traditions historiques , naquit à Andes, petit village près de Mantoue, l'an de Home ()8i , soixante-dix ans avant Jésus- Christ. Suivant les autorités du onzième et du douzième siècle, on ne peut pas fixer exactemont le lieu de sa naissance. Mais presque