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entendit balayer le grenier à minuit, Il sembla même que les démons qui prenaient cette peine, avaient un tambour et faisaient ensuile des évolutions militaires. La dame , effrayée , quitta Amiens pour retourner à Paris ; c'est ce que voulait la femme de chambre, il n'y eut plus de maléfice dès lors, et Ton a eu tort de voir là autre chose que de la malice.
Armées prodigieuses. — Au siège de Jérusalem par Titus, et dans plusieurs autres circonslances, on vit dans les airs des armées ou des troupes de fantômes, phénomènes non encore expliqués , et qui jamais ne présagèrent rien de bon. Plutarque raconte, clans la Vie de Thémistocle, que pendant la bataille de Salamine, on vit en l'air des armées prodigieuses et des figures d'hommes, qui, de l'île d'Égine, tendaient les mains au-devant des galères grecques. On publia que c'étaient les Éacides, qu'on avait invoqués avant la bataille. — Quelquefois aussi on a rencontré des troupes de revenants et de démons allant par bataillons et par bandes. Vo\j. Retz, etc. — En 1123, dans le comté de Worms, on vit, pendant plusieurs jours , une multitude de gens armés à pied et à cheval, allant et venant avec grand bruit, et qui se rendaient tous les soirs, vers l'heure de none, à une montagne qui paraissait le lieu de leur réunion. Plusieurs personnes du voisinage s'approchèrent de ces gens armés en les conjurant, au nom de Dieu, de leur déclarer ce que signifiait cette troupe innombrable et quef était leur projet. Un des soldats ou fantômes répondit: «Nous ne sommes pas ce que vous vous imaginez, ni de vrais fantômes, ni de vrais soldats ; nous sommes les âmes de ceux qui ont été tués en cet endroit dans la dernière bataille. Les armes et les chevaux que vous voyez sont les instruments de notre supplice, comme ils l'ont été de nos péchés. Nous sommes tout en feu, quoique vous ne voyiez rien en nous qui paraisse enflammé. » — On dit qu'on remarqua en leur compagnie le comte Enrico et plusieurs autres seigneurs tués depuis peu d'années, qui déclarèrent qu'on pouvait les soulager par des aumônes et des prières1. Voy. Apparitions, Phénomènes , Visions , Aurore boréale , etc.
Armide. — L'épisode d'Armide , dans le Tasse , est fondé sur une tradition populaire qui est rapportée par Pierre Delancre 2. Cette habile enchanteresse était lille d'Arbilan , roi de Damas ; elle fut élevée par Hidraote , son oncle, puissant magicien, qui en fit une grande
1 Chronique d'Urspcrg.
* Tableau de rinconstanec des mauvais anges, etc.,
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sorcière. La nature l'avait si bien partagée , qu'elle surpassait en attraits les plus belles femmes de l'Orient. Son oncle l'envoya comme un redoutable ennemi , vers la puissante armée chrétienne que le pape Urbain XI avait rassemblée sous la conduite de Godefroi de Bouillon ; et là , comme dit Delancre , « elle charma en etfet quelques chefs croisés ; » mais elle ne compromit pas l'espoir des chrétiens.
Armomancie , — divination qui se faisait par l'inspection des épaules1. On juge encore aujourd'hui qu'un homme qui a les épaules larges est plus fort qu'un autre qui les a étroites.
Arnaud de Bresse , — moine du douzième siècle, discipie d'Abeilard. Turbulent et ambitieux , il se fit chef de secte. Il disait que les bonnes œuvres sont préférables au sacrifice de la messe ; ce qui est absurde, car le sacrifice de la messe n'empêche pas les bonnes œuvres, il les ordonne au contraire ; et sa comparaison n'avait pas le sens commun. Il avait jeté le froc comme tous les réformateurs. Ayant excité de grands troubles, il fut pris et brûlé à Rome en 1155. On l'a mis au rang des sorciers; il ne l'était guère, mais il fit beaucoup de mal.
Arnauld (àngélique). — Apparition de la mère Marie-Angélique Arnauld , abbesse de Port-Royal de Paris , peu avant là mort de la sœur Marie-Dorothée Perdereau, abbesse intruse de ladite maison; rapportée dans une lettre écrite en 1685 , par M. Dufossé , à la suite de ses mémoires sur Port-Royal. — « Deux religieuses de Port-Royal, étant à veiller le Saint-Sacrement pendant la nuit, virent tout d'un coupla feue mère Angélique, leurancienne abbesse, se lever du lieu où elle avait été inhumée , ayant en main sa crosse abbatiale , marcher tout le long du chœur et s'aller asseoir à la place où se met l'abbesse pendant les vêpres. — Étant assise , elle appela une religieuse qui paraissait au même lieu, et lui ordonna d'aller chercher la sœur Dorothée, laquelle , ou du moins son esprit , vint se présenter devant la mère Angélique, qui lui parla pendant quelque temps, sans qu'on pût entendre ce qu'elle lui disait ; après quoi, tout disparut. — On ne douta point qu'elle n'eût cité la sœur Dorothée devant Dieu ; et c'est la manière dont elle l'interpréta elle-même, lorsque les deux religieuses qui avaient été témoin de cette apparition la lui rapportèrent. Elle s'écria : Ah ! je mourrai bientôt , » et en effet,
1 Du mot latin armus, épaule. Les anciens appliquaient surtout cette divination aux animaux. Ils jugeaient par rarmomancie si la victime était bonne pour les dieux.