‹ Dictionnaire infernalChapitre 51 sur 368 · BAL · texte numérisé non relu

BAL

le présent et l'avenir. — Ce démon, qui était autrefois de l'ordre des dominations, et qui commande aujourd'hui quarante légions infernales, enseigne les ruses, la finesse, et le moyen commode de voir sans être vu *.

Balance, — septième signe du zodiaque.

Ceux qui naissent sous cette constellation aiment généralement l'équité. C'est, dit-on, pour être né sous le signe de la Balance qu'on donna à Louis XIII le surnom de Juste. — Les Persans prétendent qu'il y aura au dernier jour une balance, dont les bassins seront plus grands et plus larges que la superficie des cieux, et dans laquelle Dieu pèsera les œuvres des hommes. Un des bassins de cette balance s'appellera le bassin de lumière , l'autre le bassin de ténèbres. Le livre des bonnes œuvres sera jeté dans le bassin de lumière, plus brillant que les étoiles; et le livre des mauvaises dans le bassin de ténèbres, plus horrible qu'une nuit d'orage. Le fléau fera connaître qui l'emportera, et à quel degré. C'est après cet examen que les corps passeront le pont étendu sur le feu éternel.

Balcoin ( Marie ) , — sorcière du pays de Labour , qui allait au sabbat du temps de Henri IV. On lui fit son procès, où elle fut convaincue d'avoir mangé, dans une assemblée nocturne, l'oreille d'un petit enfant2. Elle fut sans doute brûlée.

Baleine. — Mahomet place dans le ciel la baleine de Jonas.

Bali , — prince des démons et roi de l'enfer, selon les croyances indiennes. Il se battit autrefois avec Wishnou, qui le précipita dans l'abîme, d'où il sort une fois par an pour faire du mal aux hommes ; mais Wishnou y met ordre. — Les Indiens donnent aussi le nom de Bali aux farfadets, à qui ils offrent du riz, que ces lutins ne manquent pas de venir manger la nuit.

Balles. — On a cru autrefois que certains guerriers avaient un charme contre les balles, parce qu'on tirait sur eux sans les atteindre. Pour les tuer, on mettait dans les cartouches des pièces d'argent, car rien ne peut ensorceler la monnaie.

Baltazo, — l'un des démons de la possession de Laon. Voy. Aubry. 11 paraît que ce démon, ou queltjue chenapan qui se fit passer pour tel, alla souper avec le mari de Nicole Aubry, la possédée, sous prétexte de combi-

1 Wicrus, in Pseudomonarchia dœm.

' Delancre, Tableau de l'inconstance des démons, etc. , p. 19b, liv. m.

BAP —

ner sa délivrance, qu'il n'opéra pas. On remarqua en soupant qu'il buvait très-sec; ce qui prouve, dit Leloyer, que l'eau est contraire aux démons *.

Balthazar, — dernier roi de Babylone, petit-fils de Nabuchodonosor. Un soir qu'il profanait dans ses orgies les vases sacrés de Jérusalem , il aperçut une main qui traçait sur la muraille, en lettres de feu, ces trois mots : Marie, thecel, phares. Ses devins et ses astrologues ne purent expliquer ces caractères ni en interpréter le sens. Il promit de grandes récompenses à qui lui en donnerait l'interprétation. Ce fut Daniel qui , méprisant ses récompenses, lui apprit qne les trois mots signifiaient que ses années étaient comptées, qu'il n'avait plus que quelques moments à vivre, et que son royaume allait être divisé. Tout se vérifia peu après.

Baltus (Jean-François), — savant jésuite, mort en 1743. Lisez sa Réponse à l'Histoire des oracles de Fontenelle, in-8°, Strasbourg, 1709, où il établit que les oracles des anciens étaient l'ouvrage du démon, et qu'ils furent réduits au silence lors de la mission de Jésus-Christ sur la terre.

Banians, — Indiens idolâtres répandus surtout dans le Mogol. Ils reconnaissent un Dieu créateur; mais ils adorent le diable, qui est chargé, disent-ils, de gouverner le monde. Ils le représentent sous une horrible figure. Le prêtre de ce culte marque au front, d'un signe jaune, ceux qui ont adoré le diable, qui dès lors les reconnaît et n'est plus si porté a leur faire du mal 2.

Baptême. — On dit que les sorcières, dans leurs cérémonies abominables, baptisent au sabbat des crapauds et de petits enfants. Les crapauds sont habillés de velours rouge, les petits enfants de velours noir. Pour cette opération infernale, le diable urine dans un trou ; on prend de cette déjection avec un goupillon noir, on en jette sur la tète de l'enfant ou du crapaud, en faisant des signes de croix à rebours avec la main gauche, et disant : In nomme patrica, matrica, araguaco petrica agora, agora Valentia; ce qui veut dire : « Au nom de Patrique, de Matrique , Pétrique d'Aragon, à cette heure, à cette heure, Valentia. » Cette stupide impiété s'appelle le baptême du diable.

Baptême de la ligne. — Lorsqu'on traverse la ligne, les matelots font subir aux personnes

1 Disc, et hist. des spectres, liv. ni, ch. 10.

2 Histoirede la religion des Banians, tirée de leur livre Shaster, etc., traduit de l'anglais de Henry Lord. Paris, 1667. ln-I2.

Page 1