‹ Dictionnaire infernalChapitre 53 sur 368 · BAR · texte numérisé non relu

BAR

cheveux de femme grosse ensemble. Ceux qui la Barbe-à-Dieu sauront par-dessus la planche passeront, et ceux qui ne la sauront, au bout de la planche s'assiseront, crieront, braieront: « Mon Dieu, hélas! malheureux état! » Est comme petit enfant celui qui la Barbe-à- Dieu n'apprend. »

Barbeloth. — Des gnostiques , appelés barbeliots ou barboriens, disaient qu'un Éon immortel avait eu commerce avec un esprit vierge appelé Barbeloth, à qui il avait successivement accordé la prescience, l'incorruptibilité et la vie éternelle; que Barbeloth un jour, plus gai qu'à l'ordinaire, avait engendré la lumière qui, perfectionnée par l'onction de l'esprit, s'appela Christ; que Christ désira l'intelligence et l'obtint; que l'intelligence, la raison, l'incorruptibilité et Christ s'unirent; que la raison et l'intelligence engendrèrent Autogène ; qu'Autogène engendra Adamas , l'homme parfait, et sa femme la connaissance parfaite; qu'Adamas et sa femme engendrèrent le bois ; que le premier ange engendra le Saint-Esprit , la sagesse ou Prunic ; que Prunic engendra Protarchonte ou premier prince, qui fut insolent et sot: que Protarchonte et Arrogance engendrèrent les vices et . toutes leurs branches. Les barbeliots débitaient ces merveilles en hébreu, et leurs cérémonies n'étaient pas moins abominables que leur doctrine était extravagante '.

Barbier. — Pline le jeune2 avait un affranchi nommé Marc, homme quelque peu lettré, qui couchait dans un même ht avec son jeune frère. Marc , dans le sommeil , crut voir une personne assise au chevet c!u lit qui lui coupait les cheveux du haut de la tète. A son réveil il se trouva rasé, et ses cheveux jetés au milieu de la chambre. — La même chose arriva, dans le même temps, à un jeune garçon qui dormait avec plusieurs autres dans une pension. Il vit entrer par la fenêtre deux hommes vêtus de blanc, qui lui coupèrent les cheveux comme il dormait. A son réveil , on trouva ses cheveux répandus sur le plancher. — « A quoi cela peut-il être attribué, dit D. Calmet :î, si ce n'est à des follets? » ou aux compagnons de lit? — Il y a quelques lutins, du genre de ceux-là , qui ont fait pareillement les fonctions de barbiers. Les contes populaires de l'Allemagne vous apprendront que les revenants peuvent ainsi faire la barbe aux vivants *.

1 Bergier, Dict. théolog '' Lib. xvi, epist. 27.

:: Dissertation sur les a 4 Voyez les Légendes h

, au mot Barlcl ius.

ipnritinns, ch. 33, 1"' part.

I (.'maies.

2 — BAPv

Barbîeri. — Dialogues sur la mort et sur les âmes séparées : Dialoghi délia morte e deW anime separate, di Barbier i. In 8°. Bologna, 1600.

Barbu. — On appelle démon barbu le démon qui enseigne le secret de la pierre philosophale. On le connaît peu. Son nom semblerait indiquer que c'est le même que Barbatos, qui n'a rien d'un démon philosophe. Ce n'est pas non plus Barbas, qui se mêle de mécanique. On dit que le démon barbu est ainsi appelé à cause de sa barbe remarquable. Voy. Berith.

Bareste (Eugène) , — auteur de la Fin des Temps et de quelques idées prophétiques dont l'avenir dira la valeur.

Barkokebas OU Barchochebas , — imposteur qui se fit passer pour le Messie juif sous l'empire d'Adrien. Après avoir été voleur de grand chemin, il changea son nom de Barkozibà, fils du mensonge, en celui de Barkokebas, fils de l'étoile, et prétendit qu'il était l'étoile annoncée par Balaam. Il se mit à faire des prodiges. Saint Jérôme raconte qu'il vomissait du feu par la bouche au moyen d'un morceau d'étoupes allumées qu'il se mettait dans les dents, ce que font maintenant îles charlatans des foires. Les Juifs le reconnurent pour leur Messie; il se fit couronner roi, rassembla une armée, et soutint contre les Romains une guerre assez longue. Mais enfin, en l'année 436, l'armée juive fut passée au fil de l'épée et Barkokebas tué. Les rabbins assurent que , lorsqu'on voulut enlever son corps pour le porter à l'empereur Adrien, un serpent se présenta autour du cou de Barkokebas, et le fit respecter des porteurs et du prince lui-même.

Barnaud (Nicolas), — médecin protestant du seizième siècle, qui rechercha la pierre philosophale. 11 a publié sur l'alchimie divers petits traités recueillis dans le troisième volume du Theatrum chimicum , compilé par Zetzner; Strasbourg, 4 659.

Barrabas. — « Quand les sorcières sont entre les mains de la justice, dit Pierre Delancre », elles font semblant d'avoir le diable leur maître en horreur, et l'appellent par dédain Barrabas ou Barrabam . »

Bartholin (Thomas), — né à Copenhague en 1619. On recherche de lui le livre De unguento armario. Ce traité de la poudre de sympathie se ressent du temps et de la crédulité de l'auteur. On y trouve cependant des

1 Tableau de l'inconstance des mauvais anges, etCij ïiv. vi, dise 3. Paris, 1612*

Page 1