‹ Dictionnaire infernalChapitre 54 sur 368 · BAS · texte numérisé non relu

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choses singulières et qui ne sont pas indignes de quelque attention.

Barthole, — juriconsulte , mort à Pérouse en 1356. 11 commença à mettre de l'ordre dans la jurisprudence; mais on retrouve les bizarreries de son siècle dans quelques-uns de ses ouvrages. Ainsi , pour faire connaître la marche d'une procédure , il imagina un procès entre la sainte Vierge et le Diable, jugé par notre Seigneur Jésus-Christ1. Les parties plaident en personne : le Diable demande que le genre humain rentre sous son obéissance; il fait observer qu'il en a été le maître depuis Adam ; il cite les lois qui établissent que celui qui a été dépouille d'une longue possession a le droit d'y rentrer. La sainte Vierge lui répond qu'il est un possesseur de mauvaise foi, et que les lois qu'il cite ne le concernent pas. On épuise des deux côtés toutes les ressources de la chicane du quatorzième siècle, et le diable est débouté de ses prétentions.

Barton (Élisabeth), — religieuse de Kent qui prévit et révéla en 1525 les excès où tomberait bientôt le schisme qu'elle voyait naître en Angleterre. Les partisans de Henri VIII s'écrièrent qu'elle était possédée du diable. La protection de Thomas Morus , loin de la sauver, la perdit : en 1533, celte pieuse et sainte fille fut mise à mort avec beaucoup d'autres, sous prétexte de sorcellerie, par les réformés qui se vantaient d'apporter la lumière et la liberté.

Bas. — Qui a haussé un de ses bas à l'envers, recevra dans la journée un conseil, — probablement celui de le retourner.

Bascanie, — sorte de fascination employée par les magiciens grecs; elle troublait tellement les yeux, qu'on voyait tous les objets à rebours, blanches les choses noires, rondes les choses pointues, laides les plus jolies figures , et jolies les plus laides.

Basile. — Michel Glycas 2 raconte que l'empereur Basile, ayant perdu son fils bienaimé, obtint de le revoir peu après sa mort, par le moyen d'un moine magicien ; qu'il le vit en effet et le tint embrassé assez long-' temps, jusqu'à ce qu'il disparût d'entre ses bras. « Ce n'était donc qu'un fanlôme qui parut sous la forme de son fils 3. »

T Ce singulier ouvrage , intitulé Processus Satanée contra Virginem coram judice; Jesu, est imprimé dans le Processus juris jocoserus. In-8". Hanau, 1611.

'■ Annal., part. 4.

3 D. Calmet , Dissertation des revenants en corps, Ch. 16.

— BAS Basile -Valentin, — alchimiste qui est pour les Allemands ce que Nicolas Flamel est pour nous. Sa vie est mêlée de fables qui ont fait croire à quelques-uns qu'il n'a jamais existé. On le fait vivre au douzième, au treizième, au quatorzième et au quinzième siècle. On ajoute même , sans preuve , qu'il était bénédictin à Erfurt. C'est lui qui, dans ses expériences chimiques, découvrit Yantimoine, qui dut son nom à cette circonstance, que, des pourceaux s'étant prodigieusement engraissés pour avoir avalé ce résidu de métal, Basile en fit prendre à des religieux, qui en moururent. — On conte que long-, temps après sa mort, une des colonnes de la cathédrale d'Erfurt s'ouvrit comme par miracle, et qu'on y trouva ses livres sur l'alchimie. Les ouvrages de Basile, ou du moins ceux qui portent son nom, écrits en haut allemand, ont été traduits en latin, et quelques-uns du latin en français. Les adeptes recherchent de lui YAzoth *, les Douze Clefs de la philosophie de frère Basile Valentin , traitant de la vraie médecine métallique 2, à la suite de la traduction de l'Azoth, in-12, 1660; in-8° , 1669; Y Apocalypse chimique T', la Révélation des mystères des teintures essentielles des sept métaux et de leurs vertus médicinales 4, in-4°, Paris, 1646; du Microcosme, du grand mystère du monde et de la Médecine de l'homme 3; Traité chimico-philosophique des choses naturelles et surnaturelles des minéraux et des métaux 6 ; Halio- (jraphie, de la préparation, de l'usage et des vertus de tous les sels minéraux, animaux et végétaux, aecueillis par Antoine Solmincius dans les manuscrits de Basile Valentin 7, etc. La plupart de ces ouvrages ont fait faire des pas à la chimie utile. .

Basilic , — petit serpent, long d'un demimètre, qui n'a été connu que des anciens. Il avait deux ergots, une tête et une crête de coq, des ailes, une queue de serpent ordinaire, etc. Les uns disent qu'il naît de l'œuf d'un coq couvé par un serpent ou par un cra-

' Azoth. sive aureliee philosophorum. Francfort, 1613. In-4", traduit en français en 1660.

?- Practica,una cum duodecim clavibus et appendice. Francfort, 1618. In-4".

3 Apocalypsis chimica. Erfurt, 1624. In-8°.

4 Manifestatio artificiorum etc. E furt, 1624. Tn -4° La traduction dont on indique le titre est de J. Israël.

•r' De microscomo, de que magno mundi mysterio et medicina hominis. Marpurg, 1609. In-8".

(; Tractatus chimico-philosopliicus de rébus naturalibus et prœternaturalibus metallorum et mineralium. Francfort, 1676. In-8".

7 Haliographia, de praeparatione, usu ac virtutibus omnium salium mineralium, animalium ac vegetabilium, ex manuscriptis Basilii Valentini collecta ab Antonio Salmincio. Bologne, 1644. In-8".

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