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relation, on leur prépare une fête ; ils se donnent au diable, qu'ils jurent de servir ; ils se font une piqûre au doigt et signent de leur sang un engagement ou pacte ; on les baptise ensuite au nom du diable , qui leur donne des raclures de cloches. Ils les jettent dans l'eau en disant ces paroles abominables : « De même que cette raclure ne retournera jamais aux cloches dont elle est venue, ainsi que mon âme ne puisse jamais entrer dans le ciel. » — La plus grande séduction que le diable emploie est la bonne chère ; et il leur donne un superbe festin, qui se compose d'un potage aux choux et au lard, de bouillie d'avoine, de beurre, de lait et de fromage. Après le repas, ils jouent et se battent; et si le diable est de bonne humeur il les rosse tous avec une perche, « ensuite de quoi il se met à rire à plein ventre. » D'autres fois il leur joue de la harpe. Les aveux que le tribunal obtint apprirent que les enfants qui naissaient du commerce des sorcières avec les démons étaient des crapauds ou des serpents. — Des sorcières révélèrent encore cette particularité, qu'elles avaient vu quelquefois le diable malade et qu'alors il se faisait appliquer des ventouses par les sorciers de la compagnie. — Le diable enfin leur donnait des animaux qui les servaient et faisaient leurs commissions, à l'un un corbeau, à l'autre un chat, qu'ils appelaient emporteur, parce qu'on l'envoyait voler ce qu'on désirait, et qu'il s'en acquitait habilement. Il leur enseignait à traire le lait par charme, de cette manière : le sorcier planle un couteau dans une muraille, attache à ce couteau un cordon qu'il tire comme le pis d'une vache ; et les bestiaux qu'il désigne dans sa pensée sont traits aussitôt jusqu'à épuisement. Us employaient le même moyen pour nuire à leurs ennemis, qui souffraient des douleurs incroyables pendant tout le temps qu'on tirait le cordon. Ils tuaient même ceux qui leur déplaisaient, en frappant l'air avec un couteau de bois. Sur ces aveux on brûla quelques centaines de sorciers, sans que pour cela il y en eût moins en Suède { . — Voilà des faits ; pour les comprendre, voy. Sabbat.
Bobin (Nicolas), — sorcier jugé a Montmorillon, en Poitou, dans l'année <\ 599. Il fit à peu près la même confession que Berthomé du Lignon. Il était allé comme lui, au sabbat, et s'était donné au diable, qui lui avait fait renier Dieu, le baptême et ses parents. Il conta qu'après l'offrande le diable se montrait quelquefois en forme d'homme noir, ayant la voix cassée d'un vieillard; que, quand il appelait
1 Balthazar Bekker , Le Monde enchanté, liv; iv, ch. 29, d'après les relations originales.
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le diable, il venait à lui en homme ou en bouc ; que lorsqu'il allait au sabbat , il y était porté par un vent; qu'il y rendait compte de l'usage de ses poudres, qu'il avait toujours fidèlement employées à mal faire ; qu'il portait la marque du diable sur l'épaule; que quand il donnait des maladies il les donnait au nom du diable , et les guérissait au même nom; qu'il en avait fait mourir ainsi, et guéri plusieurs1....
Bocal,— sorcier, qui fut arrêté à vingt-sept ans dans le pays de Labour, sous Henri IV, comme convaincu d'avoir été vu au sabbat , vêtu en prêtre , et servant de diacre ou de sous-diacre les nuits des trois jours qui précédèrent sa première messe dans l'église de Sibour (car ce malheureux était prêtre); et, comme on lui demandait pourquoi il disait plutôt la messe au sabbat qu'à l'église, il répondit que c'était pour s'essayer et voir s'il ferait bien les cérémonies. Sur la déposition de vingt-quatre témoins, qui disaient l'avoir vu au sabbat , chantant la messe , il fut condamné à mort après avoir été dégradé. Lorsqu'il allait être exécuté, il était tellement tendu à rendre son âme au diable, auquel il l'avait promise, que jamais il ne sut dire ses prières au confesseur qui l'en pressait. Les témoins ont déclaré que la mère , les sœurs et toute la famille de Bocal étaient sorciers, et que quand il tenait le bassin des offrandes , au sabbat , il avait donné l'argent desdites offrandes à sa mère, en récompense, sans doute, de ce qu'elle l'avait, dè> sa naissance, voué au diable, comme font la plupart des autres mères sorcières \
Bodeau (Jeanne) , — sorcière du pays de Labour qui , au rapport de Pierre Delancre , conta qu'à l'abominable cérémonie appelée la messe du sabbat , on faisait l'élévation avec une hostie noire de forme triangulaire 3.
Bodilis. — Cambry, dans son Voyage au Finistère, parle de la merveilleuse fontaine de Bodilis, à trois quarts de lieue de Landivisiau. Les habitants croient qu'elle a la propriété d'indiquer si une jeune fille n'a pas fait de faute. Il faut dérober à celle dont on veut apprécier ainsi la sagesse l'épine qui attache sa collerette en guise d'épingle, et la poser sur la surface de Peau : tout va bien si elle surnage; mais si elle s'enfonce, c'est qu'il y a blâme.
1 Discours sommaire des sortilèges et vénéficcs tirés des procès criminels jugés au siège royal de Montniorillon,en Poitou, en l'année lô99, p. 30.
Delancre, Tableau i'e l'inconstance des démâtas, etc., lir. \\y page 420.
1 Ibid., liv, vi, dise. 3.
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Bodm (Jean), — savant jurisconsulte et démonc graphe angevin , mort de la peste en 4 596, L'ouvrage qui fit sa réputation fut sa République , que La Harpe appelle le germe de l' Esprit des lois. Sa Démonomanie lui donne ici une place ; mais il est difficile de juger Bodin. On lui attribue un livre intitulé : Colloquium heptaplomeron de abditis rerum sublimium arcanis , dialogues en six livres, où sept interlocuteurs de diverses religions disputent sur leurs croyances, de manière que les chrétiens cèdent souvent l'avantage aux musulmans, aux juifs, aux déistes. Aussi l'on a dit que Bodin était à la fois protestant, déiste, sorcier, juif et athée. Pourtant, ces dialogues sont-ils vraiment de lui ? On ne les connaît que par des copies manuscrites; car ils n'ont jamais été imprimés. — Sa Démonomanie des sorciers parut io-4°, à Paris, en 1581 ; on en a fait des éditions sous le titre de Fléau des démons et des sorciers (Niort, i 64 6) . Cet ouvrage est divisé en quatre livres; tout ce qu'ils contiennent de curieux est cité dans ce dictionnaire. — L'auteur définit le sorcier celui qui se pousse à quelque chose par des moyens diaboliques. Il démontre que les esprits peuvent s'associer et commercer avec les hommes; il trace la différence d'humeurs et de formes qui distingue les bons esprits des mauvais ; il parle des divinations que les démons opèrent, des prédictions licites ou illicites. — Dans le livre II, il recherche ce que c'est que la magie; il fait voir qu'on peut évoquer les malins esprits ; faire pacte avec le diable; être porté en corps au sabbat; avoir au moyen des démons des révélations par extases ; se changer en loup-garou ; il termine par de longs récits qui prouvent que les sorciers ont pouvoir d'envoyer les maladies , stérilités , grêles et tempêtes , et de tuer les bêtes et les hommes. — Si le livre II traite des maux que peuvent faire les sorciers , on voit dans le livre III qu'il y a manière de les prévenir : qu'on peut obvier aux charmes et aux sorcelleries; que les magiciens guérissent les malades frappés par d'autres magiciens. Il indique les moyens illicites d'empêcher les maléfices. Rien ne lui est étranger. Il assure que, par des tours de leur métier, les magiciens peuvent obtenir les faveurs des grands et de la fortune, les dignités, la beauté et les honneurs. — Dans le livre IV . il s'occupe de la manière de poursuivre les sorciers, de ce qui les fait reconnaître, des .preuves qui établissent le crime de sorcellerie, des tortures, comme excellent moyen de faire avouer. Un long chapitre achève l'œuvre , sur les peines que méritent les sorciers. Il conclut à la mort