‹ Dictionnaire infernalChapitre 61 sur 368 · BOE · texte numérisé non relu

BOE

cruelle; et il dit qu'il y en a lant, que les juges ne suffiraient à les juger ni les bourreaux à les exécuter. « Aussi, ajoute-t-il, n'advientil pas que de dix crimes il y en ait un puni par les juges, et ordinairement on ne voit que des bélîtres condamnés. Ceux qui ont des amis ou de l'argent échappent. » — L'auteur consacre ensuite une dissertation à réfuter Jean Wierus, sur ce qu'il avait dit que les sorciers sont le plus souvent des malades ou des fous, et qu'il ne fallait pas les brûler. « Je lui répondrai, dit Bodin, pour la défense des juges qu'il appelle bourreaux. » L'auteur de la Démonomanie avoue que ces horreurs lui font dresser le poil en la tête, et il déclare qu'il faut exterminer les sorciers et ceux qui en ont pitié, et brûler les livres de Wierus 4.

Bodry , — VOIJ. REVENANTS.

Boèce, — l'un des plus illustres Romains du. sixième siècle, auteur des Consolations de la philosophie. Il s'amusait, dans ses moments de loisir , à faire des instruments de mathématiques, dont il envoya plusieurs pièces au roi Clotaire. 11 avait construit des cadrans pour tous les aspects du soleil, et des clepsydres qui , quoique sans roues , sans poids et sans ressorts, marquaient aussi le cours du soleil, de la lune et des astres, au moyen d'une certaine quantité d'eau renfermée dans une boule d'étain qui tournait sans cesse, entraînée, dit-on, par sa propre pesanteur. C'était donc le mouvement perpétuel. Théodoric avait fait présent d'une de ces clepsydres à Gondebaud, roi des Bourguignons. Ces peuples s'imaginèrent que quelque divinité, renfermée dans cette machine, lui imprimait le mouvement : c'est là sans doute l'origine de l'erreur où sont tombés ceux qui l'ont accusé de magie. Ils en donnent pour preuve ses automates ; car on assure qu'il avait fait des taureaux qui mugissaient, des oiseaux qui criaient et des serpents qui sifflaient. Mais Delrio dit 2 que ce n'est là que de la magie naturelle.

Boehm (Jacob) , — né en 1575, dans la Haute-Lusace. De cordonnier qu'il était, il se fit alchimiste, homme à extases, et chef d'une secte qui prit le nom de boehmistes. Il publia, en un livre de visions et de rêveries

intitulé l' Aurore naissante, que l'on poursuivit. Il expliquait le système du monde par la philosophie hermétique , et présentait Dieu comme un alchimiste occupé à tout produire par distillation. Les écrits de cet illuminé, qui

1 Joannis Bodini universœ naturse theatrum, in quo rerum omnium eff'ectrices catisœ et fines contemplantur. ln-8°. Lugduni, Roussin, 1596.

2 Disquisition. magie, p. 40.

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