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Limbourg, un méchant pâtre, nommé Pierron, conçut un amour violent pour une jeune fille de son voisinage. Or cet homme mauvais était marié ; il avait même de sa femme un petit garçon. Un jour qu'il était occupé de la criminelle pensée de son amour , la jeune fille qu'il convoitait lui apparut dans la campagne : c'était un démon sous sa figure. Pierron lui découvrit sa passion ; la prétendue jeune fille promit d'y répondre s'il se livrait à elle et s'il jurait de lui obéir en toutes choses. Le pâtre ne refusa rien, et son abominable amour fut accueilli. — Peu de temps après, la jeune fille, ou le démon qui se faisait appeler Abrahel par son adorateur, lui demanda, pour gage de son attachement, qu'il lui sacrifiât • son fils. Le pâtre reçut une pomme qu'il devait faire manger à l'enfant; l'enfant, ayant mordu dans la pomme , tomba mort aussitôt. Le désespoir de la mère fit tant d'effet sur Pierron qu'il courut à la recherche d'Abrahel pour en obtenir reconfort. Le démon promit de rendre la vie à l'enfant si le père voulait lui demander cette grâce à genoux , en lui rendant le culte d'adoration qui n'est dû qu'à Dieu. Le pâtre se mit à genoux, adora, et aussitôt l'enfant rouvrit les yeux. On le frictionna, on le réchauffa ; il recommença à marcher et à parler. Il était le même qu'auparavant, mais plus maigre, plus hâve, plus défait, les yeux battus et enfoncés, les mouvements plus pesants. Au bout d'un an, le démon qui l'animait l'abandonna avec un grand bruit; l'enfant tomba à la renverse....
— Cette histoire dreousue et incomplète se termine- par ces mots dans la narration de Nicolas Remy : « Le corps de l'enfant, d'une puanteur insupportable, fut tiré avec un croc hors de la maison de son pére et enterré dans un champ. » Il n'est plus question du démon succube, ni du pâtre.
Absalon. — On a écrit bien des choses supposées à propos de sa chevelure. Lepelletier, dans sa dissertation sur la grandeur de l'arche de Noé , dit que toutes les fois qu'on coupait les cheveux à Absalon, on lui en ôtait trente onces
Abstinence. — On prétend qu'Abaris ne mangeait pas et que les magiciens habiles peuvent s'abstenir de manger et de boire.
— Sans parler des jeûnes merveilleux dont, il est faitmention dans la vie de quelques saints, Marie Pelet de Laval, femme du Hainaut, vécut trente-deux mois (du 6 novembre 4 754 au 25 juin 1757) sans recevoir aucune nourriture, ni solide, ni liquide. Anne Harley, d'Orival près de Rouen, se soutint vingt-six
ACH — ans en buvant seulement un peu de lait qu'elle vomissait quelques moments après l'avoir avalé. — Dans les idées des Orientaux, les génies ne se nourrissent que de fumées odorantes qui ne produisent point de déjections.
Accidents. — Beaucoup d'accidents peu ordinaires, mais naturels, auraient passé autrefois pour des sortilèges. Voici ce qu'on lisait dans un journal de 1841 : — «Mademoiselle Adèle Mercier ( des environs de Saint- Gilles), occupée il y a peu de jours à arracher dans un champ des feuiiles de mûrier, fut piquée au bas du cou par une grosse mouche qui, selon toute probabilité, venait de sucer le cadavre putréfié de quelque animal, et qui déposa dans l'incision faite par son dard une ou quelques gouttelettes de suc morbifique dont elle s'était repue. La douleur, d'abord extrêmement vive , devint insupportable. Il fallut que mademoiselle Mercier fût conduite chez elle et qu'elle se mît au lit. La partie piquée s'enfla prodigieusement en peu de temps: l'enflure gagna. Atteinte d'une fièvre algide qui acquit le caractère le plus violent, malgré tous les soins qui lui furent prodigués et quoique sa piqûre eût été cautérisée et alcalisée, mademoiselle Mercier mourut le lendemain dans les souffrances les plus atroces. » — Le Journal du Rhône racontait le 3 juin : « Un jeune paysan des environs de Bourgoin, qui voulait prendre un repas de cérises, commit l'imprudence , lundi dernier, de monter sur un cerisier que les chenilles avaient quitté après en avoir dévoré toutes les feuilles. Il y avait vingt minutes qu'il satisfaisait son caprice ou son appétit, lorsque presque instantanément il se sentit atteint d'une violente inflammation à la-gorge. Le malheureux descendit en poussant péniblement ce cri : J'éiouffe! j'étouffe! Une demi-heure après il était mort. Les chenilles, ajoute notre correspondant, déposent dans cette saison sur les cerises qu'elles touchent une substance que l'œil distingue à peine, mais qui n'en est pas moins un poison. C'est donc s'exposer que de manger ces fruits sans avoir pris la sage précaution de les laver. »
Accouchements prodigieux. — Voy. IMA- GINATION, Couches, Aétite, etc.
Acham, — démon que l'on conjure le jeudi. Voy. Conjurations.
Acharaï-Rioho , — chef des enfers chez les JTakouts. Voy. Mang-taar.
Achéron, — fleuve de douleur, dont les eaux sont amères; l'un des fleuves de l'enfer des païens. Dans des relations du moyen âge, l 'Achéron est un monstre. Voy. Fondai,.